L’objectif de ce nouveau constructeur hollandais est de lancer une gamme de catamarans luxueux tout en respectant un engagement écologique important. Les matériaux retenus, la motorisation et tous les systèmes liés à l’énergie du bord suivent cet objectif d’une plaisance moderne plus en phase avec les défis de demain.
Lieu de l’essai : Hellevoetsluis, Pays-Bas
Conditions : vent de 10 à 15 noeuds, mer peu agitée
Infos pratiques
- Le chantier : Vaan R4
- La fiche technique
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Les Pays-Bas sont certainement un des leaders mondiaux de la construction navale en acier et en aluminium. Dans le domaine de la plaisance, de très nombreux constructeurs proposent des gammes de trawlers conçus pour les eaux intérieures, mais aussi pour le grand large. Dans ce contexte, il n’est finalement pas si surprenant qu’un fabricant de catamarans s’installe à une vingtaine de kilomètres de Rotterdam. Igor Kluin, le fondateur de Vaan Yachts, a d’ailleurs tenu à conserver cette identité hollandaise – vaan signifie girouette en néerlandais. Quant au R, il est chargé d’apporter une touche Racing… Le concept est donc de bien prendre le vent, de bien voir d’où il vient… et de garder le cap ! Pour Igor, la direction à prendre est celle de la réduction des émissions polluantes et de l’emploi de matériaux recyclables. C’est la raison pour laquelle tous les coques des catamarans Vaan sont constituées à 60 % d’aluminium recyclé provenant d’encadrements de fenêtre, de panneaux de signalisation ou encore de plaques d’immatriculation. D’autres matériaux écologiques, comme le liège ou encore les alternatives végétales au cuir, sont également employés. La motorisation retenue est évidemment électrique, nous le verrons plus en détail.
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La plage avant est entièrement dédiée aux manoeuvres : les deux trampolines sont de grande dimension.
Les passavants sont larges et bordés par un livet de pont épais, ce qui sécurise les déplacements – on attend juste des mains courantes en haut du rouf.
Lignes racées
Le dessin arrondi particulièrement travaillé du rouf accompagné d’une arche arrière couleur gris clair métallisé ferait presque douter que cette pièce est réalisée en aluminium – c’est bien du métal, parfaitement travaillé, enduit et peint. Pas de bouchains et encore moins de tôles épaisses ; ici, on construit en forme sur un maillage serré de couples et de lisses. Ce design très léché donne immédiatement un estampillage « luxe » au R4. Les chandeliers, les taquets, le mât, la bôme, la poutre avant et même les élégants lazy-bags sont noirs. Associés à des vitrages fumés, tous ces éléments participent également à cette ambiance haut de gamme. Le nec plus ultra ? Le logo Vaan découpé sur l’arche de rouf est lumineux la nuit… Le constructeur a renoncé à un grand bimini couvrant fixe afin d’alléger la silhouette et de pouvoir profiter du soleil – ce qui est plutôt agréable dans les contrées des hautes latitudes. Une casquette arrière est néanmoins disponible, tout comme un système de protection amovible, y compris pour les postes de barre. Ici, on s’installe donc sur une des coques – le principe est de profiter de belles sensations et d’une bonne vision sur le plan d’eau et les voiles. Le constructeur a imaginé un siège amovible escamotable dans le bordé. Entre les postes de barre trône une magnifique colonne en V (noire encore) sur laquelle reviennent toutes les manoeuvres à l’exception des écoutes de voiles de portant ; ce V rappelle évidemment Vaan, d’autant que, de part et d’autre, les balcons inox rappellent un A… Au-delà du design, la place ne manque pas pour manoeuvrer, mais l’accès sur les passavants, faute de marches, n’est pas aisé – du coup, on utilise les banquettes… Les accès vers les étraves sont larges (jamais moins de 67 cm) et sont bordés par un pavois épais, lequel borde également le pontage avant. En revanche, il manque des mains courantes sur le rouf. La plage avant est parfaitement dégagée – elle convient avant tout aux manoeuvres et au farniente sur les deux grands trampolines.
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La plupart des manoeuvres sont reprises sur cette colonne en V équipée de deux winches.
Aménagements épurés
On accède à la nacelle grâce à une ouverture de 1,87 m par 1,72 m. A l’intérieur, le chantier a souhaité s’affranchir des tendances générales en privilégiant le sentiment d’espace, quitte à faire l’impasse sur un coin navigation. L’importante surface de plancher disponible est exacerbée grâce à la continuité du plancher en faux teck depuis le cockpit. Le design est ici aussi aux commandes avec un montant de rouf central avant noir qui se prolonge jusqu’au sol et des meubles cuisine blancs parfaitement intégrés. La hauteur sous barrot est généreuse pour un 40 pieds, puisqu’elle frise les 2 mètres. La table du carré, décalée sur tribord, mesure 120 par 70 cm. Un passage un peu bas pour les plus grands gabarits mène sur chaque bord aux coques. Les couchettes arrière, avec 2 m de longueur par 1,55 de large sont très confortables, mais elles occupent tout l’espace de la cabine proprement dite. Dans cette version « double Propriétaire », ce n’est finalement pas gênant, puisqu’il reste toute la coque… Au centre sont concentrés des rangements (et l’accès aux systèmes électriques à tribord), tandis que les salles de bains occupent les pointes avant. La décoration proposée à bord de ce premier modèle propose des panneaux blancs et du bois clair.
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La nacelle privilégie d’une vaste surface de plancher dégagée ; le carré décalé sur bâbord peut faire office de couchage d’appoint (option).
« La croisière de plaisance doit devenir plus durable rapidement, car notre plaisir ne doit plus se faire au détriment des autres et du milieu marin, explique Igor Kluin, fondateur de Vaan Yachts. En considérant les matériaux et le design d’une manière différente et innovante, vous pouvez même construire un yacht de luxe plus respectueux de l’environnement. Le faire est juste un choix. »
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Notre modèle d’essai se contente de deux cabines Propriétaire ; les couchages sont installés à l’arrière et profitent d’une belle vue sur mer grâce aux hublots bien placés.
Le silence de l’électrique
Le Vaan R4 est amarré à l’extérieur du pont ouvrant et des vestiges de l’ancienne écluse de façon à être libre de manoeuvrer. Les moteurs électriques (nous disposons des moteurs 15 kW Oceanvolt) sont silencieux, et offrent largement le couple nécessaire pour lancer des rotations sur place. La vitesse maximum est de l’ordre de 8 noeuds, mais le R4 est plutôt prévu pour adopter une vitesse de croisière de 5 à 6 noeuds. Le constructeur offre un très large panel de possibilités quant à la puissance de ses moteurs. C’est également le cas pour le parc batteries, le système d’hydrogénération et les panneaux solaires. Le générateur nous semble un complément indispensable à l’installation ; en cas de batteries déchargées, il est capable d’assurer une marche à 5/6 noeuds en mode diesel-électrique. Un élément de sécurité non négligeable, même s’il est possible de ne pratiquement pas l’utiliser en croisière – hauturière comme côtière – pour peu de cocher toutes les cases d’options pour compléter et renforcer l’installation. Il s’agit d’un surcoût important mais encore indispensable pour s’affranchir du mode thermique. Sous voile, le Vann R4 nous a agréablement surpris ; sous spi asymétrique, nous avons atteint 8,4 noeuds au grand largue. Vu de l’extérieur, les carènes semblent remuer beaucoup d’eau à l’avant, alors qu’a contrario le sillage est plutôt discret – les larges méplats des étraves expliquent cette agitation à la surface de l’eau - qui finalement se résume juste à peu plus d’écume que la vitesse ne le laisserait supposer. Plus tard, au louvoyage, notre vitesse se stabilise à 6,5 noeuds à 50° du vent réel. Nous sommes à bord d’une version à quillons fixes – en matière d’appendices, la construction en aluminium offre assurément plus de possibilités que des coques moulées en composite ; le Vaan peut ainsi être équipé de quillons courts avec un tirant d’eau limité à 1,50 m, plus longs (1,95 m) ou encore d’une paire de dérives. Notre essai s’est déroulé par mer peu agitée ; reste donc à valider le comportement du Vaan R4 dans les vagues. Le catamaran devrait bien s’en sortir avec ses étraves volumineuses et son fond de nacelle à 59 cm au-dessus de la surface.
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La qualité de finition extérieure le ferait presque oublier : le Vaan R4 est bien un catamaran en aluminium !
Conclusion
Deux R4 sont en commande et ils ne sont pas les seuls : le modèle au-dessus, le R5, est lui aussi commandé à deux exemplaires – la construction du premier est déjà démarrée. Les bonnes nouvelles en provenance de Vaan Yachts ne s’arrêtent pas là, puisqu’un très ambitieux R6 a également été signé… Le concept du catamaran en aluminium plus respectueux de l’environnement ne se résume donc pas à des voeux pieux : les clients plaisanciers sont à l’évidence convaincus par l’intérêt de naviguer à bord d’un multicoque qui ne pollue pas et dont la construction fait un pas vers le respect de l’environnement. Le design soigné et original, associé à un très large panel de personnalisations possibles, sait également convaincre… Le constructeur table sur une production de 5 catamarans par an.
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Une ambiance nocturne ne saurait rendre invisibles les efforts que le constructeur a consenti en matière de design, bien au contraire !
LES + :
+ Un des seuls catamarans en alu de 40 pieds
+ Design séduisant
+ Système de propulsion efficace
LES - :
- Passage cockpit/pont à repenser
- Pas de coin navigation

Grimper au niveau des passavants, faute de passage ad hoc, impose d’utiliser les banquettes comme marches… à revoir.
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Vaan Yachts
Longueur : 12,80 m
Largeur : 7,05 m
Déplacement : 10,90 t
Tirant d’eau : 1,50/1,95 m
Tirant d’air : 19,80 m
Grand-voile : 55 m2
Solent autovireur : 30 m2
Code 0 : 85 m2
Gennaker : 135 m2
Motorisation : 2 x 10 ou 15 kW
Parc batteries : 18 kWh
Prix (livraison incluse) : 437 900 € HT
Principales options en € HT
Pack électronique B&G : 15 862
Dérives : 12 900
Cockpit et jupes arrière en simili-teck : 7 900
Pont en simili-teck : 11 025
Bimini rallongé : 1 975
Eclairage sous-marin : 2 600
Gennaker Quantum et emmagasineur : 8 375
Code 0 Quantum et enrouleur : 11 625
2 winches électriques sur la colonne en V : 7 090
2 Harken Winches (46.2ST) pour gennaker ou Code 0 : 4 128
Ocean Volt SD15 saildrives 2 x 15 kW avec hydrogénération : 22 245
Parc batteries de 42 kWh : 22 450
Générateur 15 kW et réservoir gazole de 200 l : 28 900
Panneaux solaires 640 Wc : 4 750
Panneaux solaires sur extension bimini 640 Wc : 4 750
Dessalinisateur 60 l/h : 11 900
Table de carré modulable : 2 540
Double vitrage nacelle : 3 550
Stores pour vitrages nacelle et porte coulissante : 7 600
Survie 6 personnes : 1 290
Annexe 2,50 m avec moteur électrique : 4 875
Bossoirs avec taquets d’amarrage : 2 615













