Pour le tout nouveau chantier Windelo, la mise à l’eau de ce premier 50 Adventure est la consécration de longs mois de recherche, de mise en place de process et de milliers d’heures de travail ; une forme de consécration qui en appelle d’autres, puisqu’un 54 est en construction et cinq autres catamarans sont commandés. Pour nous, découvrir ce Windelo 50 a été l’occasion de mesurer les incroyables possibilités d’innovations et d’évolutions qu’offre le multicoque en général : ce modèle ne ressemble à aucun autre, et c’est tant mieux !
Infos pratiques
- Le chantier : Windelo 50
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Lieu : Canet-en-Roussillon, France
Conditions : vent d’est-nord-est 6 à 10 nœuds, mer peu agitée
Un nouveau chantier
Voilà des semaines qu’on guettait la mise à l’eau de ce fameux Windelo. Et puis on a encore patienté quelques semaines, histoire que tout fonctionne parfaitement… Bref, on n’a pas boudé notre plaisir le jour où, enfin, nous avons pu tirer quelques bords en Méditerranée. Reprenons au début du film. Olivier Kauffmann recherche sur le marché un catamaran de 50 pieds rapide, léger et confortable, mais il ne trouve pas son bonheur : « Les ORC sont un peu trop sportifs à mon goût, les Catana ont un peu perdu leur philosophie de départ, et la nacelle de l’Outremer 51 manque de volume. » Olivier étudie alors la possibilité de faire construire un catamaran one-off. Précisons que notre homme sait gérer les projets – il a été directeur général France de Décathlon/ président du directoire, puis PDG de Cabesto et d’Orange Marine. L’opportunité de créer un chantier, épaulé par son fils Gauthier, devient une évidence. La marque Windelo – un vocable proche de Mindelo, port d’escale de l’île de São Vicente, au Cap-Vert – est créée, et c’est déjà une invitation au voyage. Le chantier s’installe à Canet-en-Roussillon sur une grande surface de terrain disponible. S’il faut pousser les murs deux, trois voire quatre fois, c’est possible ! Le directeur industriel n’est autre que JeanPierre Prade – un des fondateurs de Catana. Olivier travaille avec les architectes Barreau/ Neuman et de nombreux spécialistes des matériaux afin de donner un cap écoresponsable à la construction. Le principe est d’utiliser le maximum de matériaux recyclables. L’utilisation de fibre de basalte et mousse PET (à 55 %, puisque la mousse PVC reste utilisée dans certaines zones) permet de faire baisser l’empreinte environnementale de 47 %. Construire léger est bien sûr écologique, mais poursuivre l’effort sur l’eau est également au programme. La gamme est lancée, avec d’abord le 50 et le 54. Elle sera complétée prochainement par un 47 et un 57. Chaque modèle est décliné en trois versions : Adventure, Yachting et Sport. Aujourd’hui, Windelo emploie 35 personnes.
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Vu de face, le Windelo 50 dévoile l’angle entre ses deux coques – voilà qui nous rappelle les anciens Catana !
La nacelle est imposante et très reculée… mais le bordé ajouré à l’arrière allège la silhouette.
Le silence de l’électrique
On découvre le Windelo 50 juste en face du chantier – l’avantage de disposer d’un bâtiment à quelques mètres du quai… Le bateau revient tout juste d’une croisière inaugurale avec ses propriétaires. Alors, à quoi ressemble-t-il ? Pas si facile de répondre… on pourrait tenter d’écrire que le dessin des coques est proche de celui d’un Outremer, avec un peu plus de franc-bord, la nacelle imposante et très reculée rappelle celle des Bali, et enfin le poste de barre et de manœuvre avant est typique d’un… Gunboat ! Bref, nous avons affaire à un catamaran inédit. A noter : l’ouverture des bordés au-dessus des jupes arrière parvient à alléger de façon assez subtile la silhouette forcément un peu massive vue de l’arrière. Les manœuvres de port avec les deux moteurs électriques sont déroutantes de facilité… mais surtout de silence. Le constructeur a retenu deux moteurs montés en V dans chaque coque de façon à totaliser 40 kW de poussée. L’alimentation est assurée par 3 300 Wc de panneaux solaires et un groupe électrogène de 18 kW. Avec le parc batteries standard de 560 W en 48 V en plus des 300 W de servitude en 24 V, le Windelo 50 est capable de naviguer 90 minutes à 6,5 nœuds sans nécessiter le démarrage du groupe. Le constructeur propose des formules variées – parc batterie plus puissant, double générateur. L’hydrogénération est possible à partir de 7,5 nœuds de vitesse sous voile, et l’autonomie avec les 500 litres de carburant est de 1 100 milles.

Les deux moteurs électriques de 20 kW sont en fait chacun un couplage de deux moteurs. La transmission est une ligne d’arbre, jugée plus robuste.
Excellentes sensations
Le plan de pont adopte une vaste plate-forme basculante à l’arrière, laquelle intègre des bossoirs d’annexe bien pensés. A l’avant, de vastes trampolines s’étendent de part et d’autre de la poutre longitudinale. Les panneaux solaires se répartissent sur le rouf et l’avant des passavants. Un solarium peut être installé à bâbord du rouf. Le vent faible nous incite à chercher la vitesse en débridant avec le grand gennaker plutôt que de remonter plus au vent. On mesure aussitôt que le Windelo est léger – 12,8 t en charge –, puisqu’il démarre dès les premières risées. On se cale entre 7 et 8 nœuds au GPS alors que le vent réel n’est guère supérieur. Le catamaran ne demande qu’à accélérer ! Précisons qu’avec son mât carbone, il joue un peu dans la cour du modèle Sport. L’architecte promet des pointes à 20 nœuds ; ça ne sera pas pour aujourd’hui, mais la qualité des carènes, le centrage des poids soigné, le déplacement mesuré et le généreux plan de voilure offrent à l’évidence un excellent potentiel. Barrer depuis l’avant de la nacelle offre des sensations excellentes : on a l’œil sur les penons de la voile d’avant. On peut s’installer au vent ou sous le vent. Les barres, grâce à leur transmission à drosses très soignée, sont d’une douceur incroyable : « On n’a pas voulu d’une installation hydraulique », sourit Gauthier. Toutes les manœuvres reviennent dans ce cockpit avant sur trois winches, à l’exception des drisses de solent et de gennaker, et de la balancine – ces bouts restent au mât.

Poste de barre avant
Les capots ouvrants et les ouvertures latérales permettent d’être décapoté ou presque. On peut tout laisser ouvert, puisque le plancher de la zone est autovideur. En revanche, on fermera la porte étanche de 2,22 m de large. Vu de l’arrière, les barres à roue, les winches et les bouts offrent une vision inhabituelle. Mais à l’usage, on se fait très vite à cette disposition centrale qui donne l’impression de manœuvrer un catamaran bien plus petit que 50 pieds. Et quant aux bouts, deux larges caissons permettent de les ranger… A l’image des Bali, la nacelle s’ouvre complètement grâce à des baies coulissantes latérales, mais également à une porte basculante – ici beaucoup plus légère, mais aussi moins rigide. Précisons que cette porte est gigantesque ; pour être tout à fait honnête, c’est la première fois que je mesure un élément à bord d’un multicoque de 4,95 m. Je sais désormais que mon mètre va jusqu’à 5 m… Le constructeur propose de très nombreuses versions d’aménagement (cuisine en U ou en L, table de carré rallongée ou non). La hauteur sous barrot minimale est de 1,98 m ; le plus souvent, elle excède largement deux mètres. Dans notre version d’essai, on profite sur bâbord d’une table de 160 cm par 75 cm, d’un couchage de veille très pratique lors des nuits en mer, et d’une cuisine imposante.
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Le poste de barre et de manœuvre est positionné à l’avant de la nacelle, pratiquement au pied du mât. Différents capots et vitrages permettent d’ouvrir l’espace.
Cabines à la demande
Les cabines arrière s’offrent une incroyable vue sur mer et une belle impression de volume grâce au hublot tournant d’angle. A noter : l’ouverture des bordés dans le prolongement de ces hublots, au-dessus des jupes arrière, parvient à alléger de façon assez subtile la silhouette forcément un peu massive vue de l’arrière. A bâbord, le couchage de la cabine Propriétaire empiète légèrement dans la nacelle afin de caser le matelas de 1,80 m de large en travers. Un bureau est installé à l’avant, ce qui explique l’absence de coin navigation dans la nacelle. Ce plan de travail est accompagné d’une couchette simple rabattable. Dans la coque tribord, on découvre une couchette arrière de 1,40 m de large et deux singles à l’avant. Les deux panneaux avant pourront devenir vitrés sur les prochains modèles.
Dans l’ensemble, le plan d’aménagement proposé ici est convaincant, et la possibilité de personnaliser son catamaran très séduisante. Un seul bémol sur ce tout premier modèle : la finition est perfectible. Assemblages, joints, couinements des planchers, c’est une somme de petits détails que le constructeur compte reprendre au plus vite dans le but de présenter un bateau nickel au Cannes Yachting Festival, sa première présentation au public.
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Lit élargi à 1,80 m, couchage standard de 2 x 1,40 m, couchettes superposées ou rabattables, le constructeur est en mesure de customiser les aménagements.
Conclusion
Découvrir le premier multicoque d’un tout nouveau chantier est assurément un privilège pour un essayeur : c’est bien sûr avec un œil neuf – mais toujours bienveillant – que Multicoques Mag a pu apprécier ce catamaran innovant avec son poste de barre et de manœuvre avant et sa nacelle ouverte. Gunboat ou Bali ? Un peu des deux, mais ni l’un ni l’autre. Ici, la dimension environnementale est plus présente, avec la volonté d’utiliser un maximum de matériaux recyclables et de favoriser la propulsion électrique. Reste que Windelo est bien décidé à se faire une place sur le marché : l’objectif de production est de 10 unités par an.
Découvrez notre vidéo exclusive du Windelo 50
Les +
Performances
Poste de pilotage et de manœuvre à l’avant
Modularité des aménagements
Les -
Peu d’assises extérieures
Finition perfectible
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Windelo Catamarans
Architectes : Barreau/Neuman
Matériau : sandwich basalte-PET/PVC
Longueur : 15,24 m
Largeur : 7,92 m
Tirant d’eau quillons : 1,58 m
Tirant d’eau dérives : 1,20/2,32 m
Tirant d’air : 23,15 m
Déplacement lège : 11,2 t (10,8 t pour version Sport)
GV lattée : 92 m²
Solent : 43 m²
Code 3 : 92 m²
Gennaker : 161 m²
Réservoir d’eau : 400 l
Réservoir de carburant : 500 l
Motorisation hybride électrique : 2 x 20 kW (ou 2 x 24 kW en option)
Prix Windelo 50 Adventure : 735 000 € HT
Prix Windelo 50 Yachting : 789 000 € HT
Prix Windelo 50 Sport : 829 000 € HT
Principales options du Windelo 50 Adventure essayé :
Mât carbone : 79 500 € HT
Pack grand-voile lattée à corne et solent en Hydranet : 14 450 € HT
Code 0 sur emmagasineur et sonaccastillage : 11 050 € HT
Pack électronique : 17 900 € HT
Panneaux solaires souples 3 321 Wc + régulateurs : 24 900 € HT
Dessalinisateur 60 l/h : 9 400 € HT
Porte arrière basculante avec baie vitrée : 38 500 € HT
Prix du modèle essayé : 967 640 € HT
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Ces plans d’aménagement correspondent au modèle présenté dans cet essai : d’autres possibilités, comme la cuisine en L, la table à cartes et des cabines custom, sont envisageables.







