Spécialiste des day-cruisers et catamarans à moteur pour la croisière, le chantier Aquila dévoile une autre facette de son talent avec un véritable sport fishing capable d’aller pêcher au large ou d’offrir un maximum de confort à un équipage familial.
Lieu de l’essai : Clearwater (Floride – USA)
Conditions : petit clapot, 20 noeuds de vent
Infos pratiques
- Le chantier : Aquila 28 Molokai
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Aquila a beau être l’un des leaders du powercat, la marque n’entend pas se reposer sur ses lauriers. Après l’imposant yacht catamaran Aquila 70 Luxury, le constructeur étoffe sa gamme du côté des petites unités avec l’Aquila 28 Molokai. Au passage, ce catamaran inaugure la nouvelle gamme offshore qui devrait bientôt accueillir de plus gros modèles.
La marque américano-chinoise n’était jusqu’à présent pas présente sur le secteur des fishing open catamarans, un domaine dominé par des marques comme World Cat, Invincible et bien d’autres. C’est désormais chose faite, puisque le 28 Molokai se revendique bel et bien comme un fishing et il en possède tous les attributs.
Comme souvent, Aquila ne fait pas les choses comme tout le monde… Pour concevoir son nouveau modèle, le chantier est allé chercher l’inspiration du côté d’Hawaï, et plus particulièrement de l’architecte Kirk Clark, une véritable figure de la conception navale dans cet archipel de l’océan Pacifique. C’est aussi d’une de ces îles tropicales qu’est tiré le nom du bateau.
Le décor posé, on peut maintenant découvrir ce bateau qui, sur bien des points, se démarque donc des embarcations concurrentes. Ce qui frappe en premier lieu, c’est l’aspect très carré du catamaran, avec une proue totalement droite et une ligne de pont n’affichant quasiment aucune ondulation, si ce n’est à l’arrière, où le profil s’adoucit pour venir rejoindre la plage de bain. La largeur reste de son côté assez modérée (2,93 m), ce qui ouvre les portes, pour le Molokai, à des places de port « normales ». Les étraves sont quant à elles acérées comme un sabre japonais ; leur profil rappelle un peu celui des Aquila 32 et 36, mais avec des entrées d’eau beaucoup plus fines. Enfin, à cause d’un pont avant très fin et perché sur de hautes étraves, le bateau offre un aspect à la fois aérien et très sportif. Il évoque même un peu l’univers des catamarans offshore aux performances très affirmées. Dernier clin d’oeil, un faux hublot est peint sur la coque de part et d’autre pour rappeler le design des autres modèles de la marque.
L’accent pêche est apporté par la grosse console centrale et par le T-Top (en option) sur lequel sont installés cinq supports pour les cannes. En fait, il y a des emplacements pour les cannes à pêche presque partout dans ce bateau, autant sur l’arrière que sur les platsbords latéraux.
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Esthétiquement, l’Aquila 28 Molokai évoque à la fois l’univers du fishing, mais aussi celui des catamarans offshores. Le marquage latéral rappelle quant à lui l’identité des autres modèles de la marque.
Conçu par un architecte naval hawaïen, l’Aquila 28 repose sur deux flotteurs aux étraves très acérées. Notez également l’important tunnel et la finesse du pont qui agit presque comme une aile.
Une ligne très sportive
Les moteurs sont installés dans l’alignement des flotteurs, tandis que l’espace central entre les deux profite à une jolie plage de bain avec des mains courantes et une échelle de bain amovible.
On accède à bord par le bordé latéral ou par la plage arrière, car un passage est ménagé au centre du tableau arrière. Un passage qui peut bien évidemment être condamné par un portillon. En revanche, on déplore l’absence de porte latérale, un élément devenu presque indispensable sur ce marché. Comme la plupart des fishing actuels, le Molokai joue la carte de la polyvalence, afin de satisfaire le pêcheur, mais aussi sa famille. Une fois à bord, l’Aquila 28 est organisé autour de trois zones. Le cockpit arrière, plutôt réservé à la pêche, la grande console centrale avec le poste de pilotage, et l’espace avant orienté vers la famille.
De taille correcte, le cockpit dispose de coussins sur les bordés afin de s’appuyer au niveau des cuisses en action de pêche. Un petit détail très appréciable. Il dispose également de sièges repliables sur l’arrière, mais pour en profiter, il faudra prendre le pack « Pro Comfort ». Bon point encore pour les coffres de plancher, dont certains font office de bac à poissons. Adossé au leaning-post, un bloc regroupe un vivier (113 l) et un petit évier ainsi que des rangements pour les boîtes à leurres. En revanche, rien n’est prévu pour installer un grill ou un réchaud.
Profitant du design très carré de la proue et bien entendu de l’espace offert par la conception catamaran, l’avant propose un joli carré avec, sur chaque bord, des dossiers amovibles pour transformer la banquette en assise lounge. Une table avec un pied déporté peut venir s’installer au centre, mais rien n’est prévu pour transformer l’ensemble en solarium, c’est dommage. Le rangement n’a pas été oublié, puisque les assises cachent de grands coffres, dont deux avec une évacuation. Petite fausse note au niveau du coffre central avant, qui n’est pas contremoulé… Adossée à la console, une double assise avec dossier permet de faire route confortablement, il manque juste une main courante pour se tenir.
Dernier élément de cette proue, et pas des moindres, toute la partie avant de la console, incluant le double siège, s’ouvre pour donner accès à un bel espace de rangement ou à un cabinet de toilette si vous prenez l’option « Pro Comfort ». Offrant une hauteur sous barrot de 1,60 m, cet habitacle dispose également de hublots. Enfin, cela permet d’accéder facilement aux connexions électriques derrière le tableau de bord.
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La console de pilotage est similaire à quasiment tous les fishing du marché, avec une protection maximale et assez de place pour deux écrans.
La position de conduite est bien étudiée, avec notamment un grand repose-pieds et une planche qui se rabat pour les pilotes de petit gabarit.
Un poste de pilotage digne des meilleurs fishing boats de la catégorie
Dernier espace de cet intérieur, le poste de pilotage est typiquement celui d’un fishing. Grand tableau de bord vertical où l’on peut intégrer un ou deux écrans selon l’option choisie ; interrupteurs et poignées des gaz bien placés, et même une boîte à gants fermée pour les petits objets, nous sommes bien dans la tradition américaine. Ce poste de conduite profite également d’une protection maximale grâce au haut pare-brise avant et aux vitres latérales, et il dispose de différents niveaux de repose-pieds pour s’adapter aux pilotes de toutes tailles. Question confort, les deux sièges peuvent être utilisés en position assise ou leaning post, et ils bénéficient même d’accoudoirs. Enfin, dans ce niveau de finition, l’Aquila 28 Molokai s’agrémente d’un magnifique T-Top qui donne encore plus de caractère à l’embarcation. Comme toujours, la qualité de construction est assez remarquable, notamment quand on évoque la sécurité. Chaque coque dispose ainsi de quatre compartiments séparés qui peuvent être drainés séparément. Le niveau d’équipement est dans l’ensemble très correct, avec par exemple deux bacs à poissons de 355 litres chacun, les coussins, l’échelle de bain, la table, le système audio, le vivier, la planche à découper ou encore des prises USB partout – et la liste est encore longue. Pour profiter pleinement de ce powercat, le pack « Pro Comfort » est toutefois recommandé, puisqu’il offre les WC, les sièges avant lounge, le chargeur de batterie, les sièges repliables à l’arrière ou encore les lumières sous-marines (indispensables pour briller au port). Si cela ne suffit pas, il existe une multitude d’options pour personnaliser à souhait votre powercat.
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Située au centre du bateau, la console laisse beaucoup de place pour circuler de part et d’autre. Elle dispose en sus d’une double assise sur son avant.
Que ce soit au niveau du leaning-post ou de la partie avant, le confort n’a pas été oublié, avec des dossiers amovibles et une table centrale.
Une version cuddy cabin à venir
A côté de la version open, Aquila va décliner le 28 Molokai en version cuddy. Reprenant la même coque, cette version dispose d’un poste de pilotage plus avancé vers l’avant, d’un cockpit beaucoup plus spacieux dans lequel un grand bloc de rangement vient prendre place, le tout surmonté d’une assise lounge. Le poste de pilotage est suivi d’une petite cabine, tandis que le T-Top se prolonge largement vers l’arrière.
Ce toit peut également intégrer une galerie, pratique pour transporter des kayaks, planches de surf ou même du matériel. Bref, un modèle encore plus polyvalent, plus baroudeur ou plus utilitaire.

Vitesse et confort
Même amarré au port, ce catamaran dégage une impression de vitesse. Un sentiment que l’on doit à son look d’offshore de course, à ses hautes et fines étraves, à sa ligne tendue ou encore à la finesse de son pont avant. Le tunnel est lui aussi très impressionnant, ce qui augure déjà de belles performances. Côté motorisation, le constructeur homologue son Aquila 28 jusqu’à 2 x 200 CV, une puissance qui peut paraître presque modeste au regard de la surenchère mécanique à laquelle on assiste généralement. Ici, compte tenu de la faible surface mouillée et du poids raisonnable, cette motorisation devrait suffire. Pour s’en rendre compte, rien de tel qu’un essai dans la baie de Tampa, balayée ce jour-là par un vent bien établi d’environ 20 noeuds. Facile à manoeuvrer, le catamaran est bien entendu extrêmement stable, ce qui facilite d’autant plus la circulation à bord. Au poste de pilotage, la visibilité est optimale et la protection très efficace. Une fois sorti du chenal, le powercat ne demande pas beaucoup de temps pour s’extirper de l’élément liquide. En fait, le déjaugeage est expédié en tout juste 3 secondes… accrochez-vous ! Il faut moins d’une seconde de plus pour atteindre 20 noeuds, nous sommes là sur des performances dignes de celles d’un offshore. En poussant un peu la poignée des gaz, on atteint vite une vitesse de croisière, autour de 30 noeuds, ce qui permet d’envisager un beau programme de navigation. Enfin, en poussant le powercat à fond, on file à 45 noeuds. Un beau résultat qui pourrait toutefois s’améliorer avec un montage un peu plus affûté. L’hélice de 17’’ n’était en effet pas la plus performante qui soit et, au final, il nous manquait des tours. Reste qu’en dehors de la vitesse, ce qui impressionne avec ce catamaran, c’est sa facilité à appréhender l’élément marin. Ses étraves découpent littéralement le clapot, tandis que l’on sent, au moment de l’accélération, le coussin d’air se mettre en place. Une fois dans ses lignes, l’Aquila n’est pas seulement rapide, il est également confortable et sécurisant. Les grosses virures assurent le guidage et l’accroche ; même en courbe, le catamaran reste quasiment à plat. Des qualités qui ouvrent au Molokai les portes de la pêche au large, comme le fait le propriétaire de ce premier exemplaire en allant taquiner le thon et l’espadon à 100 milles des côtes… Néanmoins, si votre programme est plus conventionnel, ce powercat aura la capacité de vous ramener à bon port même si la météo se dégrade. Le 28 offre en sus un vrai confort en vitesse de croisière, parfait pour les sorties en famille. Du point de vue motorisation, si le twin de 200 CV apporte effectivement des performances intéressantes, 2 x 150 CV devraient déjà rendre ce powercat agréable à mener, et un peu plus économique à l’achat comme à la pompe.
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Conclusion
Avec le Molokai, Aquila fait une entrée remarquée dans l’univers des fishing catamarans, un secteur de plus en plus populaire, notamment aux Etats-Unis. Performant, confortable et relativement polyvalent, ce powercat est capable de s’adapter à un véritable programme pêche, mais aussi à des sorties familiales et à des séances de sport nautiques – le tout avec le confort d’un catamaran, bien sûr. Enfin, pour les régions un peu plus froides, le constructeur prépare une version cuddy de ce modèle. De quoi véritablement trouver son bonheur…

LES + :
+ Performances
+ Polyvalence
+ Confort en navigation
LES - :
- Manque main courante avant
- Pas de solarium
- Pas de porte latérale
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La plage de bain, située entre les deux moteurs, dispose de deux belles mains courantes pour faciliter la remontée à bord.
Si vous prenez l’option « Pro Comfort », tout l’avant de la console s’ouvre pour donner accès à un espace de rangement ou à un cabinet de toilette.
Entre le T-Top et les plats-bords, on compte une quinzaine de supports pour les cannes à pêche.
Bon point pour la baille à mouillage et son rangement spécialement étudié pour l’ancre, cela évite qu’elle ne bouge de trop.
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Aquila (Chine)
Concepteur : Kirk Clark (USA)
Longueur hors-tout : 9,38 m
Longueur à la flottaison : 8,60 m
Largeur hors-tout : 2,96 m
Tirant d’eau : 0,34/0,77 m
Poids lège : 2 797 kg
Carburant : 2 x 285 l
Eau : 60 l
Puissance max : 2 x 200 CV
Puissance conseillée : 2 x 150 CV
Nombre de personnes : 11 (USA)
Couchages : 0
Catégorie d’homologation : B
Prix et options : en attente de chiffrage
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Adossé au leaning-post, le vivier principal affiche une contenance record.
Parmi les options, on trouve une douchette. Utile après la baignade.
L’Aquila dispose de quatre espaces de rangement dédiés aux leurres de part et d’autre du vivier.
















