Le spécialiste du catamaran à moteur a dévoilé, juste avant le Miami International Boat Show, le dernier-né de sa gamme, l’Aquila 42 Yacht. Un powercat moderne qui vient compléter l’offre du chantier sino-américain sur le segment désormais très disputé des multicoques à moteur de 40 à 45 pieds.
Infos pratiques
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Conditions : mer calme, 3 à 4 nœuds de vent
Aquila Power Catamarans poursuit le développement de son offre en effectuant au passage une petite montée en gamme. Le nouveau venu, l’Aquila 42, intègre ainsi la série Yacht du constructeur, et, même s’il s’agit du benjamin de la série, les ambitions vers le domaine premium sont bel et bien au rendez-vous. Qui plus est, le powercat arrive sur un segment du marché très disputé, celui des catamarans à moteur de 12 à 14 mètres, une taille prisée autant par les propriétaires que par les loueurs.
Pour séduire, l’Aquila 42 Yacht compte déjà sur son design, puisqu’il arbore une allure résolument moderne avec des lignes simples et fluides, un style que l’on doit notamment au cabinet de design français VPLP. Il conserve néanmoins la signature de la série Yacht, à savoir ce long hublot de coque trahissant l’habitabilité intérieure du bateau, ou le pont portugais sur l’avant. Outre la partie visible, ce design a modifié la manière de faire du chantier, puisque la coque du multicoque est désormais réalisée en une seule pièce. Un challenge exigeant sur le plan industriel qui apporte l’avantage de la légèreté et de la solidité, puisqu’il n’est plus nécessaire d’assembler plusieurs parties de la coque.
Bien posé sur l’eau, l’Aquila semble même un peu plus grand qu’il ne l’est vraiment. Une impression due notamment aux larges jupes arrière, au cockpit XXL, ou encore au vaste flybridge, lui-même surmonté d’un T-top.
Une conception entièrement nouvelle
Les jupes offrent des dimensions généreuses et sont pourvues d’une échelle de bain. Elles sont complétées par une plate-forme centrale un peu plus haute et destinée à recevoir une annexe de 12 pieds. Toutefois, cette partie centrale est fixe, c’est-à-dire qu’elle ne descend pas au niveau des jupes pour former une grande plage de bain, c’est dommage. On se console avec un accès facile au cockpit, un accès d’ailleurs condamné par un portillon, un bon point pour la sécurité des enfants. Relativement vaste, ce cockpit s’organise autour de la table centrale, capable d’accueillir jusqu’à 8 convives. Une large banquette occupe la partie arrière, tandis qu’à l’opposé, une porte double et pliante donne accès au pont principal. En sus, la fenêtre à gauche de la porte bascule vers le haut, ce qui, avec les deux tabourets, permet de former un petit bar bien sympathique. L’ensemble est couvert par une casquette permettant d’utiliser ce cockpit en étant protégé du soleil ou de la pluie.
De là, les passavants, assez larges, mènent au pont avant. Conçu pour la détente, celui-ci comporte deux solariums individuels avec dossiers inclinables, mais pas de table. On y trouve aussi deux strapontins, deux grands coffres et un immense espace de stockage avec échelle qui, au besoin, peut permettre d’étendre la cabine tribord, c’est une bonne idée. Enfin, si le guindeau est bien dissimulé, l’accès au mécanisme reste très facile.
Facilement accessible depuis le cockpit grâce à un escalier confortable, le flybridge peut également être rejoint depuis le pont avant grâce au fameux pont portugais, un élément auquel Aquila est très attaché. De bonnes dimensions, cet espace supérieur dispose évidemment d’un poste de pilotage complet (le seul à bord sur ce modèle), mais aussi d’un petit bloc cuisine avec gril, évier et réfrigérateur, et d’une banquette en U avec une longue table modulable. En revanche, il n’est pas possible de transformer cette assise en solarium. Bénéficiant d’une excellente visibilité, le flybridge est protégé par un solide T-Top et peut être totalement fermé avec des toiles transparentes de bonne qualité. Il profite même de deux capots de pont ouvrants pour offrir encore plus d’air.
Sous ce flybridge, la partie habitable est assez originale. Le jour de notre essai, nous disposions de la coque numéro 1 dénommée « Special Edition », car le modèle de production sera un peu différent. Dès la porte franchie, on trouve sur bâbord une longue cuisine dotée d’un évier, d’une plaque de cuisson, d’un four micro-ondes ou encore d’un four. Dans la version de série, la cuisine va prendre une forme en U, plus fonctionnelle. On apprécie également son prolongement vers le cockpit, puisqu’en ouvrant la fenêtre basculante, on obtient un vrai bonus à l’heure du mojito, le cocktail roi à Miami. Sur tribord, on trouve un grand réfrigérateur ainsi que quelques rangements.
Jusqu’à huit couchages à bord
En continuant vers l’avant sur tribord, un coin repas en U peut facilement accueillir cinq ou six personnes, et si nécessaire se transformer en couchage d’appoint. Sur bâbord, on trouve pour le moment un rangement sur lequel prend place une console avec l’électronique de navigation. Peu accessible, cette console est positionnée parallèle à la marche, ce qui surprend un peu. Dans la version finale, ce bloc va être complètement revu, avec un siège, et même la possibilité d’un poste de pilotage intérieur, ce qui paraît être une meilleure idée. Pour distraire les passagers, un grand écran de télévision est intégré dans le plafond ; il se descend à la demande.
Autre originalité de ce pont principal : il est prolongé vers l’avant par une petite cabine pouvant faire office de chambre pour un enfant ou pour un capitaine à la veille. On pourra également s’en servir de rangement, puisque c’est aussi là que se trouvent le lave-linge et la cave à vin. Avec son toit incliné et son panneau de pont, ce petit espace dégage un certain charme.
Plus conventionnelles, les coques latérales abritent bien évidemment les cabines. L’espace bâbord, destiné au Propriétaire, dispose ainsi d’un grand couchage double, d’un bureau et d’une grande salle de bains avec douche au format impressionnant. Si l’espace est plutôt généreux, ce que l’on apprécie le plus, c’est la généreuse lumière naturelle offerte par les immenses hublots – la vue panoramique sur l’élément marin est assurée depuis le lit. On note encore quelques détails qui améliorent la vie à bord, c’est le cas des lumières de courtoisie LED, de l’ouverture pour aérer la cabine, des liseuses, ou encore de l’espace maquillage avec une tablette dépliable et un miroir. Notons également que chaque bord peut être fermé par une porte coulissante pour préserver l’intimité de chacun. En version standard, on peut compter sur deux grandes cabines et une cabine polyvalente sur le pont principal ; la coque tribord offre une salle d’eau un peu plus modeste et sur l’arrière du flotteur, tandis que le couchage double est situé sur l’avant. L’ensemble est un peu plus court, car il faut compter avec l’énorme pièce de stockage accessible depuis le pont avant. Toutefois, l’Aquila 42 sera également disponible en version trois cabines avec la troisième cabine installée sur l’avant du pont principal et une salle d’eau à la place de l’espace de stockage. On pourra même profiter d’une version quatre cabines en logeant deux cabines sur bâbord. Plutôt pas mal pour un catamaran de 42 pieds : on profite en effet d’une configuration très modulable relativement unique dans cette catégorie.
Outre ce volume particulièrement habitable et lumineux, l’Aquila offre un niveau de finition en hausse, avec des boiseries bien traitées et des tissus de qualité. L’équipement est à la mode américaine, c’est-à-dire très complet, avec notamment l’électroménager, les différents réfrigérateurs, des prises USB et des points de recharge pour téléphone partout, des interrupteurs multifonctions pour pouvoir commander les systèmes électriques du bateau depuis plusieurs endroits, ou encore des salles de bains complètes et bien équipées. Bref, tout le confort nécessaire est bien au rendez-vous pour vivre à bord le temps d’une croisière. Le luxe proposé permet d’assumer son statut de yacht à ce powercat.
Une navigation toute en douceur
L’Aquila 42 Yacht inaugure un tout nouveau dessin de coque avec une nacelle assez haute et des coques latérales elles aussi assez hautes, relativement fines sur la proue, mais s’élargissant véritablement sur la poupe. Un profil qui assure une excellente stabilité, tandis que les bulbes d’étrave, une spécialité du chantier, permettent de maintenir une assiette stable tout en découpant la vague avant que l’étrave ne la touche pour un confort maximal. En conditions réelles, ce concept fonctionne encore une fois très bien. Le 42 distille un vrai sentiment de facilité et de confort, que l’on soit à la barre ou passager. Très stable, ce powercat permet de ne pas « subir » la navigation, mais au contraire d’en profiter pour discuter, lire un bouquin, boire un verre, ou simplement profiter du spectacle. En outre, de par sa taille, l’Aquila s’avère vraiment facile à manœuvrer sans avoir besoin d’être un expert. En courbe, il conserve un bon équilibre latéral sans survirer, ce qui est plutôt agréable. Côté motorisation, il est proposé en version standard avec un twin Volvo D4 de 230 CV, une puissance déjà très correcte qui devrait correspondre à un programme de balade et de cabotage tranquille et économique. Le multicoque que nous avons testé était quant à lui propulsé par deux moteurs Volvo D4 de 300 CV. Un surplus de puissance plutôt bienvenu. Ainsi équipé, le powercat se montre véloce, avec une mise en route rapide et un déjaugeage effectué en moins de 8 secondes. Il est également réactif, notamment en sortie de courbe, et valide de fait l’idée qu’il est toujours bon d’avoir une petite réserve de puissance. Au regard des chiffres, la prestation est loin d’être ridicule, puisque l’allure de croisière se situe autour de 17 nœuds, tandis qu’en poussant la poignée, on atteint presque 22 nœuds. Ce catamaran à moteur ne revendique donc aucune ambition sportive, mais il propose une allure largement suffisante pour un programme de croisière.
Conclusion
Même s’il s’agit du plus petit modèle de la famille Yacht, le 42 apporte un vent de modernisme sur l’ensemble de la production du chantier. Profitant d’une fabrication innovante, il offre également une gestion de l’espace assez inédite et modulable pour s’adapter à tous les besoins. Confortable et facile à barrer, l’Aquila s’adresse dès lors à une vaste clientèle, du débutant au navigateur expérimenté soucieux de conserver un catamaran de taille « presque » modeste pour une utilisation facile, sans marin. Il sera également parfait pour le marché de la location, sachant que le powercat occupe une place de plus en plus importante sur ce marché. Bref, un vrai couteau suisse en mode multicoque.

Espace habitable
Conduite très douce
Plate-forme arrière ne s’abaisse pas
Pas de solarium sur le flybridge
Descriptif technique
Concepteur : Aquila Power Catamarans (USA)
Longueur hors-tout : 12,64 m
Largeur hors-tout : 6,40 m
Tirant d’eau : 1,10 m
Hauteur (au-dessus de la flottaison) : 5,49 m
Déplacement à vide : 15,7 t
Déplacement en charge : 19 t
Nombre de personnes : 30 (USA)
Couchages : 8 +
Réservoir carburant : 1 100 l
Réservoir d’eau : 460 l
Puissance maxi : 2 x 300 CV
Puissance conseillée : 2 x 230 CV
Catégorie d’homologation : A
Prix : 813 442 USD HT avec 2 x 230 CV D4 Volvo Penta





