Marque leader dans le domaine du catamaran à moteur, Aquila Power Catamarans a récemment dévoilé une nouvelle série Coupe, qui vient s’intercaler entre les modèles Sport et Yacht Cette nouvelle gamme a la particularité d’être propulsée par des moteurs hors-bord ou inboard. Multicoques Mag a été l’un des tout premiers médias à prendre les commandes du 46 Coupe, le temps d’une belle sortie de quelques dizaines de milles au large de la Floride.
Infos pratiques
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Conditions : vent d’est 10-15 nœuds, mer légèrement agitée
Depuis sa création en 2012, la marque Aquila Power Catamarans est devenue le leader mondial du catamaran à moteur, avec, jusqu’à présent, quatre différentes gammes – des Offshore dédiés à la pêche sportive aux modèles Luxury qui empiètent sans complexe sur le marché des yachts « traditionnels », en passant par la série Sport pour les sorties à la journée ou encore les modèles Yacht optimisés pour la croisière. Depuis le début 2025, il faut ajouter à cela la série Coupe, qui propose ni plus ni moins que des weekenders catamarans, une offre assez unique sur le marché, d’autant qu’elle débarque avec deux modèles en même temps, un 42 et un 46 pieds.
Une ligne résolument sportive
Sur le plan esthétique, le 46 Coupe rappelle à la fois le 36 Sport et le 47 Molokai. Un air de famille qui a du sens, puisque l’architecte derrière le 46 n’est autre que Chris Peart, qui est déjà intervenu sur le 47 Molokai. Le résultat, c’est une ligne fluide et sportive avec des étraves traditionnelles – mais particulièrement aiguisées –, un très long hublot de coque qui souligne la silhouette et un arrière qui s’adoucit pour rejoindre la grande plateforme de bain.
Assez haute sur la proue, la nacelle se prolonge par un pare-brise fuyant et un roof à la hauteur contenue, tandis qu’un bimini abritant une partie du cockpit ajoute une touche supplémentaire de sportivité. Un dessin plutôt flatteur qui donne presque déjà une impression de vitesse même quand le powercat est à l’arrêt.
Pour faciliter l’accès à bord ou pour la baignade, la pêche et autres activités nautiques, le 46 Coupe profite d’une vaste plateforme arrière qui occupe tout l’espace entre les moteurs hors-bord dont nous sommes équipés. Cette plage de bain est également équipée d’une grande échelle de bain escamotable qui se range sous un capot pour ne pas encombrer le pont. On trouve également à cet endroit une douche, et on peut même installer (en option) une grue pour soulever un Seabob ou un objet un peu lourd. Seul regret, il n’y a pas de balcon, même amovible ; en revanche, les passages sur les côtés sont fermés par un portillon et l’on peut faire de même avec le passage central. Enfin, au cas où la plage arrière ne serait pas praticable (amarrage longside sur un quai court ou à couple avec un autre bateau), le nouvel Aquila est équipé d’une porte de coupée sur chaque bord, là encore, c’est une excellente idée.
Tirant parti de sa largeur généreuse (5,46 m), le 46 Coupe dispose d’un très grand cockpit avec deux sièges dos à dos convertibles sur l’arrière. Ces assises/solarium abritent deux vastes coffres de rangement et l’on trouve également deux immenses coffres de plancher qui abritent tous les systèmes du bord. C’est aussi dans ces deux coffres que la motorisation inboard (2 x 440 ch Volvo Penta D6) peut prendre place.
S’il n’y a pas de grande table de cockpit (mais rien ne vous empêche d’en installer une), on trouve en revanche un vrai bar comme sur le 44 Yacht grâce à la fenêtre basculante, un endroit très agréable avec ses trois tabourets hauts. Si le bimini n’est pas assez grand pour garder tout le monde à l’abri du soleil, une toile d’ombrage souple peut se déplier électriquement. C’est bien utile également pour faire entrer un peu d’air frais au besoin. Pour laver le pont, un robinet avec tuyau est installé sur bâbord.
Dernier point d’intérêt de ce cockpit, une petite cuisine extérieure avec réfrigérateur et gril est installée sur tribord. Un grill Kenyon de belle qualité – avec même une lampe incorporée dans la poignée !
Un aménagement moderne, fonctionnel et chaleureux
Du cockpit, une porte coulissante permet d’accéder au salon intérieur. Là encore, l’impression d’espace est immédiate. Outre les longues fenêtres sur chaque bord, une allée mène directement au cockpit avant. Sur bâbord, la cuisine occupe un espace non négligeable et elle est très bien équipée, parfaite pour les plaisanciers qui ont l’âme d’un chef. Face à la cuisine, une assise en L accueille quatre ou cinq personnes, et une table peut être installée au centre pour dîner face au cockpit.
Enfin, toujours sur bâbord, le poste de pilotage bénéficie d’une visibilité optimale et de trois sièges indépendants – c’est idéal pour faire route sans laisser le Capitaine isolé.
Grâce à des couleurs simples et chaudes, cet espace intérieur est à la fois moderne et cosy, on s’y sent immédiatement bien. Pour parfaire l’ambiance, des éclairages LED sont installés un peu partout et configurables directement depuis le tableau de bord ou depuis votre smartphone grâce à l’application Raymarine. Même chose pour les lumières sous-marines Ocean Led.
En poursuivant vers l’avant, une porte bascule vers le haut et s’ouvre sur le bowrider. Là encore, grâce à la largeur de l’Aquila, ce bowrider affiche des dimensions totalement hors normes. Cela a permis aux concepteurs de loger trois sièges sur tribord et un quatrième sur bâbord. Qui plus est, ces assises se prolongent par de petites banquettes, et une table dépliante est à disposition. L’ensemble peut accueillir une table centrale ou se transformer en solarium. C’est aussi à la proue que l’on trouve une grande baille à mouillage, un espace pour le guindeau, un rangement pour les défenses ou encore un coffre avec une évacuation si vous voulez l’utiliser comme une glacière. Enfin, grâce à un franc-bord assez haut, on est très bien protégé dans ce bowrider, ce qui ne gâche rien. Seul bémol, l’accès aux côtés extérieur du powercat, au niveau de la partie centrale, est extrêmement difficile – Aquila réfléchit à une solution à travers une fenêtre pour pouvoir au moins installer des défenses sans tomber à l’eau.
De retour à l’intérieur, il reste à explorer la partie nuit. Pour être francs, lors de la présentation du 46 Coupe, nous avions été surpris d’entendre qu’il ne comportait que deux cabines. Un choix dicté par des contraintes techniques, et notamment celle de proposer une version inboard, mais aussi par l’usage prévu du catamaran. En effet, contrairement à la série Yacht (de 42 à 54 pieds), les modèles Coupe sont avant tout des weekenders, c’est-à-dire qu’ils sont conçus pour des sorties à la journée ou pour des week-ends à bord, ce qui limite le besoin de cabines. Partant de là, ce 46 pieds offre une cabine dans chaque bord. Si toutes les deux offrent un couchage double et une salle d’eau complète, la cabine tribord profite d’un peu plus d’espace. Grâce au contraste entre les murs blancs et des bois plus foncés, l’ambiance est très cosy. Les longs hublots apportent beaucoup de lumière et l’équipement est plutôt généreux, avec par exemple des prises électriques, des prises USB et même des chargeurs sans fil.
Powercat moderne par excellence, le 46 Coupe intègre de nombreuses technologies et un système entièrement intégré qui peut être commandé en différents points du bord ou depuis votre smartphone. Le catamaran est également équipé pour recevoir des panneaux solaires et il possède un générateur Fisher Panda de 10 kW avec quatre batteries lithium de 230 Ah chacune pour stocker l’énergie.
Avant de passer au test dynamique, il convient de s’attarder un peu sur le sérieux de la construction. Réalisé en Chine par Sino-Eagle, le partenaire industriel d’Aquila, ce catamaran profite de standards de qualité très élevés. Le powercat été construit en infusion sans renforts en bois pour améliorer la durabilité, mais avec des âmes en mousse PVC. Le 46 Coupe intègre également des cloisons étanches à l’avant et à l’arrière. Quant à la finition du gelcoat, elle ne souffre d’aucun reproche. Niveau équipement, l’Aquila 46 Coupe en offre beaucoup, et cela dès la version standard. Pour autant, la liste des options est également très complète, permettant au professionnel de personnaliser son catamaran selon ses envies.
Équipement high-tech et grosse cylindrée
Avec la série Coupe, l’idée du chantier était de construire une embarcation logeable, mais aussi plus sportive que celles de la série Yacht. Pour cela, le constructeur n’a pas fait dans la demi-mesure, puisque le nouvel Aquila est proposé avec 2 x 600 ch en version hors-bord et avec 2 x 430 ch en version inboard, de quoi propulser aisément les 14,5 tonnes de l’ensemble. En outre, le 46 Coupe intègre, dès la version standard, l’Hydro Glide Foil System, en d’autres termes, un système de foils qui permet au catamaran de diminuer sa surface mouillée. Dans le détail, on découvre un premier foil transversal réalisé en fibre de carbone, complété par un autre petit foil sur l’arrière pour accentuer l’effet de portance et améliorer la stabilité. Cela profite à la vitesse, bien sûr, mais aussi à la consommation (le constructeur annonce 40 % de moins qu’un bateau équivalent sans foils) et au confort. Enfin, comme ce n’était pas suffisant, les coques du 46 Coupe intègrent deux steps, qui eux aussi diminuent la surface mouillée tout en améliorant le flux d’eau sous la carène au niveau des hélices pour une meilleure efficacité.
Pour notre essai, nous disposions de la version hors-bord avec deux moteurs Mercury V12 de 600 ch chacun. Une motorisation très bien adaptée au powercat, puisque les embases mobiles permettent d’étendre au maximum la plage de bain arrière.
Une fois à la barre, le tableau de bord très high-tech fait sensation, avec ses deux grands écrans, son joystick, son chargeur sans fil ou encore les sorties pour l’air conditionné. Toutefois, ce qui bluffe le plus, c’est cet incroyable volant avec ses palettes et une partie centrale constituée d’un écran qui tourne avec les mouvements du volant. Cet écran peut d’ailleurs être configuré en fonction de ce que vous voulez afficher.
Côté dynamique, l’Aquila s’accorde spécialement bien avec les Mercury, qui procurent une accélération progressive, mais efficace, puisque le catamaran déjauge en seulement quelques secondes et sans se cabrer. La vitesse de croisière, autour de 28 nœuds, est atteinte rapidement, et à partir de là, ce n’est que du bonheur. Souple à la barre, le catamaran est également très confortable pour le reste de l’équipage. Le jour de notre essai, nous avions un petit clapot avec des creux entre 50 cm et 1 m, et force est de constater que l’Aquila 46 Coupe n’a jamais été mis en difficulté. Mieux, il avale les vagues avec aisance, faisant preuve d’une stabilité étonnante, tandis que le travail des foils offre un passage en douceur dans le clapot. Un système tellement efficace qu’il est difficile de savoir à quel moment nous sommes réellement en mode « foil ». En fait, l’Aquila se comporte un peu comme une berline allemande où le confort prime. Bon point aussi pour l’insonorisation, très efficace, y compris quand le toit est ouvert, rendant là encore très plaisante la navigation. En poussant un peu la poignée des gaz, nous atteignons 35 nœuds, une vitesse un peu inférieure à celle annoncée par le chantier (40+ nœuds), mais qui n’est pas surprenante au regard des conditions. Sur mer plate, le powercat devrait aller beaucoup plus vite. Quoi qu’il en soit, les résultats obtenus sont déjà plus que corrects pour une unité de 46 pieds équipée de deux cabines et au programme familial. Pour une utilisation encore plus économique, la version inboard, avec 2 x 430 ch, devrait être intéressante.
Conclusion
Une fois encore, Aquila imprime sa marque dans le monde du catamaran à moteur, avec un weekender un peu hors norme qui conjugue des prestations haut de gamme, un grand confort, une vraie polyvalence et même un caractère sportif. Une recette intéressante d’autant que la marque sino-américaine est aujourd’hui pratiquement la seule à proposer ce type de produit. Enfin, outre son aménagement intelligent, le fait de pouvoir choisir entre des motorisations hors-bord ou inboard lui apporte encore plus de flexibilité pour que chaque plaisancier y trouve son compte.
Comportement marin
Technologie embarquée
Pas de version 3 cabines
Accès aux côtés extérieurs
Descriptif technique
Architecte : Chris Peart
Longueur hors-tout : 14,44 m
Largeur : 5,46 m
Tirant d’eau moteurs relevés : 1,08 m
Déplacement lège : 14,5 t
Motorisation standard hors-bord : 2 x 600 ch Mercury
Motorisation standard inboard : 2 x 430 ch Volvo D6
Carburant : 2 334 l
Eau : 440 l
Cabines : 2
Cabinets de toilette : 2
Certification CE : B12/C22
Prix : 2 100 000 $ HT

