Décidément, Aquila Boats a décidé de nous surprendre, cette année… La marque aura lancé pas moins de 4 nouveautés moteur et vient d’annoncer une gamme complète de voiliers ! Dans ce festival d’annonces, l’Aquila 46 Yacht prend une place un peu à part : en plus de remplacer le 44, best-seller de la marque, il a assuré sa Première Mondiale en Europe. C’est donc quelques jours avant sa présentation officielle au Cannes Yachting Festival que nous avons pu découvrir ce nouveau modèle.
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Conditions de l’essai : 2 à 6 nœuds de vent, mer belle
Souvenez-vous, c’était en 2015 – il y a 10 ans déjà, une éternité… Aquila Boats, jeune marque née 3 ans plus tôt lançait un powercat ambitieux, l’Aquila 44. Ce modèle s’est immédiatement fait remarquer par sa cabine pleine largeur à l’avant de la nacelle et la descente directe depuis le flybridge sur la plage avant – deux caractéristiques fortes qui n’ont pas manqué d’être reprises, l’une comme l’autre, par d’autres marques concurrentes, preuve de la justesse de ces initiateurs. Les années ont passé, et la concurrence s’est repositionnée ; c’est le moment pour Aquila, qui a développé entre-temps ses gammes moteur (Sport, Molokai, Yacht et désormais Coupe), de reprendre la main avec des nouveaux modèles très aboutis. Tout comme le nouveau 50 Yacht a remplacé le 48, le 46 Yacht est donc destiné à prendre la relève du 44. Un changement qui s’affirme d’abord par une différence de longueur de coque significative – 14,36 m au lieu de 13,44 – et ensuite par la possibilité de convenir à plus de programmes. Alors que le 44 n’était disponible qu’en trois ou quatre cabines doubles, le 46 propose trois, quatre et même cinq cabines doubles, toutes équipées d’une salle d’eau privative. La clientèle potentielle devient bien plus étendue, notamment pour la location, car, dans la version cinq cabines, une des cabines à lits jumeaux peut accueillir un équipage. N’oublions pas qu’Aquila est né en 2012 de l’association du géant chinois du composite Sino Eagle… et du leader de la location moteur aux Etats-Unis Marine Max.
Vous vous en doutez déjà, l’Aquila 46 Yacht a bien d’autres atouts à nous faire découvrir – ils ne seront pas de trop pour supplanter l’Aquila 44 qui s’est écoulé à quelque 200 exemplaires – ce qui en fait le best-seller de la catégorie. De ce point de vue, le marché des powercats est très porteur, et le 46 pourrait bien égaler, voire dépasser, cette performance commerciale.
Un pont avant rehaussé
Depuis une vingtaine d’années, nous avons assisté, dans le monde du yachting à moteur de grande plaisance, au rehaussement progressif des ponts avant. Cela a commencé par le rétrofit d’unités de travail au pont avant très haut, type remorqueur de haute mer, en véritables yachts de luxe. Ce côté baroudeur a tout d’abord séduit, avant que les designers ne s’aperçoivent que l’habitabilité y gagnait énormément. De fait, les constructeurs de super-yachts ont suivi la tendance dans le but de loger des suites impressionnantes à l’avant. C’est la même recette qui est appliquée ici à bord du 46 : le décrochement longitudinal du pavois qui rehausse le franc-bord au niveau du pare-brise et permet de fait au pont avant d’augmenter sa hauteur (et donc de favoriser la défense face aux vagues) est très réussi. Ce dessin dégage une impression de puissance, un sentiment de protection… bref, nous avons déjà l’impression d’avoir affaire à un petit navire d’exploration. Ce design permet aussi d’incruster une immense surface de hublot de bordé sans que cela détériore la silhouette, d’autant plus que le rehaussement du pont avant raccourcit le pare-brise et fluidifie la jonction avec la grande casquette de flybridge dans laquelle est habilement dissimulée une partie de la descente. L’homogénéité avec ces superstructures supérieures, hard-top compris, est indéniable, en dépit d’un tirant d’air qui avoisine les 5,80 mètres. On remarquera que la pente des étraves reste « classique » – un héritage traditionnel défendu par le fondateur d’Aquila Boats, Lex Raas lui-même ; on ne peut pas lui donner tort, car la clientèle américaine n’apprécie pas les étraves inversées, c’est un fait….
Espaces extérieurs bien pensés
Puisque que l’on parle du flybridge, le point important est le réaménagement sur tribord d’un second accès sur la plage avant. Cette découpe permet d’avancer le poste de pilotage central au plus près du saute-vent, et ainsi de bénéficier d’une surface plus grande à l’arrière. On y découvre une très grande table avec sa banquette en L qui fait face à une cuisine bien équipée – elle comprend un gril, le tout est abrité sous le hard-top évoqué plus haut – et une belle surface de farniente avec un grand bain de soleil et de quoi poser ses gobelets. La palme revient néanmoins aux deux méridiennes qui entourent le poste de pilotage, une double à bâbord et une simple de l’autre côté du passage. La circulation entre les deux escaliers en enfilade ne perturbe d’ailleurs absolument pas les invités. La plage avant est équipée d’un immense bain de soleil qui se transforme en méridienne et en petit salon avec les banquettes qui recouvrent la proue.
Cette découpe façon baignoire permet de loger les hublots pour la cabine avant, mais il manque la possibilité d’y installer une table – le chantier va y remédier rapidement. Le cockpit arrière, plutôt classique, est assez grand pour disposer d’une belle table où l’on pourra installer huit convives très confortablement. La séparation avec l’intérieur comporte ce fameux bar qui a fait le succès du 44 ; cette configuration assure une communication très efficace avec la cuisine, car ce bar peut servir de passe-plat au moment du repas. Pour l’accès à l’eau, c’est encore le pratique qui prédomine. Les jupes arrière sont en effet très larges ; elles débordent du pavois sur les côtés pour un accès au quai facilité, tout comme sur l’intérieur, rognant sur la plate-forme centrale fixe. L’échelle de bain oscillante est digne d’une piscine de villa avec des poignées hautes pour remonter – génial ! La raison pour laquelle la plateforme centrale est petite, c’est tout simplement que repose dessus le milieu d’une belle annexe type Highfield 340 T ; le dinghy dépasse un peu de chaque côté, mais c’est sans importance, puisque sa mise à l’eau est assurée par une grue escamotable (elle supporte 450 kg) qui se déplie depuis la casquette de roof. C’est simple et super efficace, surtout dans mouillage clapoteux. Pour cette taille, on peut dire que les espaces extérieurs sont parfaitement optimisés et particulièrement agréables à utiliser.
Une cabine Propriétaire qui en vaut trois !
Toujours à l’écoute d’une clientèle exigeante, Aquila Boats a encore peaufiné ’ergonomie des aménagements qui avait fait le succès du 44. En premier lieu, le rehaussement du pont avant permet d’installer la suite Propriétaire sur toute la largeur et quasiment sur le même niveau. Ensuite, la principale amélioration concerne la distribution des cabines. Les deux descentes latérales en milieu de carré, entre cuisine et salon, sont repoussées ici à l’avant au niveau de l’accès de la cabine centrale. Une coursive, de deux marches inférieures, permet d’accéder de plain-pied à la cabine Propriétaire en face, tandis que, sur les côtés, en descendant encore trois marches, on atteint les cabines invités. A bord de la version Propriétaire trois cabines, on trouve sur chaque bord une cabine VIP vers l’arrière. Mais en version quatre ou cinq cabines, on découvre une ou deux cabines vers l’avant. En fait, la suite Propriétaire dont nous profitons sur cette coque #1 est si vaste qu’elle peut être découpée en trois cabines ! Nous sommes vraiment surpris par le volume et le confort offerts pour un catamaran de moins de quinze mètres. Le lit est baigné de lumière par les hublots du cockpit avant. Pour gagner la salle de bains et le coin sofa, sur les côtés, il ne faut franchir que deux marches ; partout la vue sur mer est exceptionnelle. En revenant dans le salon, les deux escaliers supprimés permettent à la cuisine en U de prendre ses aises – le plan de travail fait plus de trois mètres linéaires. Cela permet aussi de loger un grand frigo colonne en miroir, un incontournable pour la croisière de nos jours. En avant de cette cuisine, un coin bar peut aussi être aménagé en timonerie intérieure. Comme la vision vers l’avant réclame un peu plus de hauteur, le fauteuil est réglable en conséquence. Une seule réserve : en face, le plus petit coin repas ne pourra pas accueillir plus de quatre personnes – mais ce carré-dînette est très cosy et ce ne sont pas les grandes tables extérieures qui manquent. Les menuiseries en bois reconstitué et en placage tranché sont de très bonne facture. Deux finitions, claire ou foncée, permettent de créer une ambiance personnalisée.
Une stabilité remarquable
Le jour de notre essai, la mer est belle et plate – des conditions parfaites pour tester un powercat de croisière, mais notre modèle d’essai n’est pas pourvu du foil optionnel qui relie les deux coques, dommage… Il vous faudra lire notre essai de l’Aquila 42 Coupe, qui en était équipé, pour en savoir plus ! En tout cas, la sécurité n’a pas été oubliée. En témoignent les bulbes de coque perce-vagues, qui sont des pièces moulées séparément et fixées aux brions. Dans ce registre, un bon point pour les crash-boxes avant et arrière, installées contre des cloisons étanches. Les carènes des Aquila font l’objet de tests en bassin de carène virtuel et l’implantation des moteurs sur ligne d’arbre directe, très en avant, garantit une assiette longitudinale très équilibrée. Notre version est équipée de la motorisation Volvo D6 de deux fois 480 ch. Il nous semble que cette puissance est bien adaptée à cette coque, les moteurs standards de 320 ch étant un peu justes, à notre avis, sauf à ne pas dépasser une allure de trawler. La console de pilotage au flybridge est très bien agencée et bénéficie d’une banquette trois places réglable en profondeur, très pratique, que l’on soit petit ou grand. Dans cette baie bien plate, nous attei- gnons sans problème la vitesse de 20 nœuds face à une très légère brise, ce qui laisse augurer 21 à 22 nœuds avec le vent dans le dos. La consommation s’établit à 185 litres/heure. A 15 ou 16 nœuds, l’Aquila ne réclame plus que 112 litres/heure et nous serions curieux de voir ce que la version à foil apporterait dans les mêmes conditions. Les changements de cap s’opèrent bien à plat, sans déversement perceptible. Lors de la navigation, les mouvements du powercat restent doux, un comportement qui devrait être très apprécié par ceux qui seraient à l’intérieur. Nous profitons du sillage de l’Aquila 42 Coupe pour simuler des passages de vagues : les étraves avalent les paquets de mer en souplesse…
Conclusion
En perpétuant les cinq concepts fondamentaux de sa gamme yacht – à savoir bulbes perce- vagues, accès au flybridge par l’avant et l’arrière, grue d’annexe, bar de cockpit et grande cabine Propriétaire pleine largeur –, Aquila Boats complète avec ce 46 sa gamme Yacht avec un design de baroudeur plus affirmé. Ce powercat non seulement est très séduisant et sécurisant, mais il confère une habitabilité bien plus importante que celle – déjà très satisfaisante – du 44. La cabine Propriétaire est la grande gagnante de ce nouveau plan d’aménagement, et le volume offert profite aussi bien à la version charter à cinq cabines. Les qualités marines de l’Aquila 46 Yacht, y compris par mer formée, sont celles d’un powercat homogène dont l’ergonomie pratique facilite la vie à bord en toutes circonstances.
Design réussi
Confortable en mer comme au mouillage
Manque table cockpit avant
Pas de version hybride en option
Descriptif technique
Architecte : VPLP Design
Design intérieur : Aquila Boats
Longueur hors-tout : 14,36 m
Maitre Bau : 7,10 m
Tirant d’eau : 1,24 m
Tirant d’air : 5,95 m
Déplacement lège : 20,7 t
Déplacement en charge : 26,3 t
Motorisation : 2 x 320 ch Volvo D4 Vitesse max : 20 nœuds
Vitesse croisière : 15 nœuds
Carburant : 1 800 l + 400 l (option)
Eau : 800 l
Panneaux solaires : 2,6 kWc
Cabines : 3/4/5
Catégorie CE :A8/B12/C16/D24
Tarif
Prix de base : 1 100 000 US$ HT
Prix du modèle essayé : 1 600 000 US$ HT
Options en US$ HT
Volvo D6 480 ch : 76 400
Foil Hydroglide : 31 390
5 cabines : 30 070
Timonerie intérieure : 29 070
Pack électronique : 25 019
Air conditionné : 47 800
Grue électrique : 21 370
Annexe Highfield CL340GT : 24 889
Générateur 12 kW : 47 720
Parc batteries lithium : 62 618
www.aquilaboats.com



