Second modèle de la gamme fishing signée Aquila, le 47 Molokai accumule les superlatifs et propulse d’un coup le constructeur dans le monde de la pêche au gros avec de surcroît un aménagement assez original.
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Conditions : mer calme, 3 à 4 nœuds de vent
Avec le 28 Molokai, le leader mondial du catamaran à moteur avait affiché sa volonté de s’attaquer au monde du fishing en produisant un catamaran open performant. Cette fois, le constructeur pousse le curseur beaucoup plus loin. Ce deuxième modèle confirme non seulement cette orientation, mais surtout, avec ses dimensions conséquentes, il fait une entrée remarquée dans le monde de la pêche au gros.
C’est à Pompano Beach, en Floride, que le constructeur nous a donné rendez-vous. Encadré de deux motor yachts, le powercat ne dénote pas, bien au contraire. Affichant une longueur totale de 49 pieds pour 4,44 m de large, le Molokai est un gros bébé qui offre plutôt l’aspect d’un 55 pieds. Outre sa largeur, le canot exhibe quatre moteurs de 450 CV derrière, ce qui donne aussi le ton quant aux performances présagées…
Contrairement au 28, le 47 n’a pas été dessiné par un architecte hawaïen, mais par Chris Peart du cabinet sud-africain Peart Yacht Design. Si l’on retrouve donc quelques similarités avec son petit frère à commencer par le long hublot de coque, le 47 affiche aussi sa différence. On note par exemple des proues moins verticales que sur le 28 et une ligne générale beaucoup plus effilée, beaucoup plus sportive. Petit détail intéressant, les longs hublots de coque donnent sur les passavants et d’autres hublots sont installés sur les côtés de la cabine ce qui permet de profiter d’une vue sur mer.
Des coques inspirées par le monde de l’offshore
Autre caractéristique intéressante, l’Aquila exhibe de coques très larges pour la catégorie. Cela permet non seulement d’améliorer la flottabilité et la tenue en mer, et aussi de profiter d’un volume intérieur conséquent. Du coup, le tunnel est assez étroit, mais relativement haut, car l’avant de la nacelle est plutôt fin. Elles aussi très fines – en tout cas à l’avant -, les carènes s’appuient sur une grosse virure inversée et sur une deuxième qui se transforme en bouchain vif. Dernier détail et pas des moindres, l’architecte a intégré deux étages de step à la manière des coques offshore, un vrai plus pour la performance, mais aussi pour la consommation. Pour couronner le tout, le constructeur a greffé sur les tableaux arrière quatre moteurs 450 R, la version racing de chez Mercury. Même si les coques sont larges à l’arrière, les deux moteurs semblent presque un peu à l’étroit. La version commerciale sera quant à elle disponible avec 4 x 400 CV V10 ou avec 2 x 600 CV V12 et même avec des configurations plus inédites sur demande. Les amateurs de grosses mécaniques seront ravis.
Une fois à la barre, inutile de dire que la puissance délivrée donne un peu la banane. À peine sorti du port, il suffit de pousser un tout petit peu la manette des gaz pour se retrouver à 25 nœuds. L’allure de croisière est atteinte une poignée de secondes plus tard et se situe autour de… 35 nœuds. À ce stade, le catamaran passe tellement bien que l’on n’a presque aucune idée de la vitesse réelle. Rien ne bouge, les vagues sont avalées avec une facilité déconcertante et le coussin d’air sous la coque apporte sa contribution pour une navigation tout en douceur. S’ajoute à cela l’excellente protection fournie par le pare-brise et les vitres latérales et l’on est prêt à aligner les milles. Encouragé par le comportement du powercat, nous poussons la manette et là, le GPS s’affole, 40, 45, 50 nœuds et ça continue. En un rien de temps, nous accrochons 60 nœuds et toujours dans un confort total. Le plus fou, c’est que nous n’avons même pas les bonnes hélices, il nous manque des tours… Les courbes sont quant à elles avalées à haute vitesse et avec très peu d’angle. Pour jouer un peu, on peut désynchroniser les trims entre la coque bâbord et tribord pour être plus agressif en virage, mais dans l’absolu, ce n’est même pas nécessaire, car ce catamaran est vraiment sain. Il sera d’ailleurs intéressant de voir ce que ça donne avec 2 x 600 CV V12, la douceur du comportement de la carène et cette configuration moteur devraient en effet s’accorder parfaitement.
Un catamaran pensé pour la pêche
Outre son aspect dynamique non négligeable qui permet par exemple d’aller pêcher au large rapidement, le Molokai 47 offre un plan de pont confortable et très polyvalent. Nous sommes bien entendu sur un fishing, cela se manifeste notamment au travers du grand cockpit dans lequel peut prendre place un support de cannes complet, voire un siège de combat. On y trouve également deux viviers de bonne dimension sans oublier les coussins pour les cuisses ou les deux portes de coupée, très pratiques pour remonter les prises ou simplement pour accéder à bord. Autre originalité, le tableau arrière possède une porte en son centre qui se prolonge par une longue plateforme de bain entre les moteurs. Cette plateforme cache elle-même une très belle échelle de bain avec mains courantes pour faciliter la remontée à bord. Définitivement une bonne idée. Des banquettes rétractables disparaissent dans le tableau arrière et plusieurs coffres sont dissimulés dans le plancher, deux réservés aux accès techniques et deux qui peuvent faire office de rangement ou être transformés en vivier comme sur notre modèle d’essai. Dos à la partie centrale, une banquette permet d’observer la partie de pêche ou les activités nautiques. En sus, elle dissimule sous les assises deux glacières et, derrière le dossier, une grande boite à leurres. Au besoin, cette banquette peut être remplacée à la commande par une cuisine extérieure comprenant une plaque de cuisson, deux éviers et un réfrigérateur.
Au total, ce cockpit compte plus d’une vingtaine de supports pour les cannes et même, en option, des prises pour les moulinets électriques. Sur l’arrière du hard-top, un écran a été installé et agit comme un répétiteur pour le sondeur ou le GPS. Enfin, l’Aquila a été conçu pour recevoir une Tuna Power à laquelle on pourra accéder par les marches sur les côtés arrière du hard-top.
À ce stade, il convient également de parler un peu de la construction. Majoritairement réalisé en infusion, le powercat dispose de cloisons en carbone sur l’avant et l’arrière pour gagner du poids et augmenter la rigidité. Le hard-top est lui aussi réalisé en carbone, ce qui le rend évidemment très solide et rigide.
En continuant vers l’avant grâce aux passavants à la fois larges et profonds, on découvre deux grands bacs à poissons sur chaque bord. Ce passage mène à la partie avant qui est quant à elle plutôt dédiée au farniente. Pour cela, on dispose de trois chaises longues sur le roof de la cabine et d’un solarium bien abrité sur la proue. Dommage qu’aucune table ne soit prévue, ni à l’avant ni à l’arrière. Tirant parti du volume, des rangements sont installés sous ces assises et également sous le solarium. Le nez du bateau recèle de son côté trois coffres, deux dédiés au guindeau électrique et à la chaine et un troisième qui inclue un système de rinçage sous pression et qui peut faire office de rangement en utilisant toute la profondeur de la coque. Un bon point qui comprend un revers puisque si vous faites tomber quelque chose au fond, ce sera compliqué de le récupérer.
Le confort à bord n’a pas été oublié
Abritée par le hard-top et le pare-brise, la partie centrale du Molokai offre deux rangées d’assises individuelles, soit sept places. La rangée arrière est d’ailleurs un peu plus haute pour que les passagers profitent de la vue et ils disposent tous d’un repose-pieds. Le poste de pilotage en lui-même est à l’image des meilleurs fishings du marché avec une boîte à gants, quelques interrupteurs, des porte-gobelets et une façade noire brillante. En fonction du pack d’options choisi, on dispose de deux ou trois écrans de grande taille, le tout très bien intégré pour un aspect lisse et moderne. En dépit de la taille modeste de votre serviteur, la visibilité à la barre reste correcte, mais on peut également utiliser la rehausse, ce qui rend les choses encore plus faciles, notamment lors des manœuvres. Au passage, tous les sièges bénéficient d’une position leaning-post.
Reste la cabine et ce n’est pas la partie la moins intéressante. En effet, pas facile de concevoir un open pour la pêche sur une base catamaran et en y ajoutant une vraie cabine, le tout en conservant une ligne sportive, assez basse sur l’eau. C’est pourtant ce que l’architecte a fait puisque ce powercat est totalement open, mais il dispose tout de même d’une cabine avec un couchage double, une vraie salle d’eau et quelques rangements. L’astuce a consisté à loger le lit sur le tunnel et à se servir du creux des coques pour circuler de chaque côté, c’est assez malin. Petite contrepartie, pour aller d’un côté à l’autre du lit, il faut soit passer sur le lit, soit utiliser les deux ouvertures, l’une sur tribord, à côté du poste de pilotage ou l’autre, sur bâbord, dans le passavant. La partie tribord comporte quelques rangements tandis que sur tribord, on trouve en plus le cabinet de toilette. Ce dernier n’est pas très grand, mais il permet d’aller aux toilettes et de prendre une douche sans trop se contorsionner. Pour la détente, un écran est installé face au confortable couchage double. Pour ce qui concerne la gestion de l’énergie, Aquila a opté pour un parc de batteries lithium pour un total de 900 Ah. Une solution qui évite d’embarquer un générateur et qui produit de l’électricité pour une bonne journée sans vraiment se priver.
Comme l’ensemble du bateau, qualité de fabrication et niveau de finition sont de très bon niveau et nous sommes ici sur le tout premier de la série. Le polyester est bien traité, les boiseries bien protégées et les assemblages sérieux. Côté équipement, la monte d’origine est plutôt généreuse et le catalogue des options assez long pour que tout le monde y trouve son compte.
Conclusion
Performant, marin, confortable et assez polyvalent, le Molokai 47 est également joli à regarder. Conçu pour aller pêcher loin ou pour caboter au long des côtes, ce powercat offre également un peu de confort pour les sorties en famille et permet même de passer quelques nuits à bord, avec l’option cuisine si possible. Un sacré challenger dans le club encore assez restreint des fishing catamarans de plus de 45 pieds. Mêlant le meilleur des deux mondes, celui des monocoques et des multicoques, l’Aquila devrait séduire une clientèle assez large à la recherche d’une embarcation pour aller loin et pour aller vite.
Descriptif technique
Concepteur : Aquila (USA)
Designer : Peart Yacht Design
Longueur hors tout : 15,06 m
Largeur hors tout : 4,44 m
Tirant d’eau : 0,65 m
Hauteur (au-dessus de la flottaison) : 2,93 m
Poids à vide : 10 350 kg
Poids en charge : 15 150 kg
Nbre de personnes : B7 / C12
Couchages : 2
Réservoir carburant : 3 960 l
Réservoir d’eau : 303 l
Puissance maxi : 4 x 400 CV
Puissance conseillée : 2 x 600 CV
Catégorie d’homologation : B
Prix : 1 298 250 $ HT
Performances
Aménagement astucieux
Petite salle d’eau
Cuisine en option
C’est aussi un pur fishing avec le style et tous les attributs qui vont avec.