Le dernier-né de la gamme powercat Aquila franchit une étape importante, avec, pour la première fois, une cabine Propriétaire qui fait partie intégrante de la nacelle centrale. Le 50 Yacht fait également évoluer le style extérieur avec un design plus affirmé et des prestations haut de gamme tant pour la vie au grand air que pour les nuits au mouillage.
Infos pratiques
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Conditions : vent de sud-est 5-6 nœuds, mer belle
Tout juste mis à l’eau, le 50 Yacht est, comme son nom le suggère, affilié à la gamme Yacht du constructeur sino-américain, une série qui s’étend de 42 à 54 pieds. Contrairement au 42, Aquila n’a cette fois pas fait appel au cabinet VPLP, mais a travaillé avec le cabinet J&J Design qui était déjà intervenu sur le 70 et le 44 et qui compte une liste impressionnante de réalisations à son actif.
Dans l’organisation de la gamme, le 50 succède au 48, disparu il y a quelques années, mais le nouveau venu affiche une conception totalement différente. Pour créer ce catamaran, Aquila s’est également fortement inspiré des retours et des demandes de ses clients. Cela se manifeste notamment par la présence d’une cabine Propriétaire dans la continuité du pont principal, un élément qui séduit une clientèle en quête d’un confort ultime « comme à la maison ».
Autre évolution majeure pour Aquila, le franc-bord du 50 est beaucoup plus élevé que sur les modèles précédents, notamment sur l’avant, avec une ligne de pont qui remonte vers la proue. Un style dénommé « Explorer » en interne et qui permet de bien protéger l’avant du bateau tout en offrant un espace intérieur remarquable. Il résulte de ce choix une impression assez massive, puisque le nouvel Aquila paraît bien plus de 50 pieds. Vue de face, la nacelle affiche une épaisseur rare pour ce genre de catamaran, ce qui laisse espérer une bonne habitabilité intérieure. L’Aquila conserve toutefois un tunnel bien dimensionné qui permet de passer confortablement dans le clapot. Suivant la tendance actuelle dans le monde des yachts, l’Aquila arbore un très grand hublot occupant les trois quarts de la longueur de coque. Un hublot qui s’élargit en allant vers l’avant trahissant – encore une fois – une habitabilité record. En revanche, pas de pavois ouvrant comme c’est déjà le cas chez certains constructeurs.
Pour réaliser ce powercat, Aquila a utilisé les dernières technologies disponibles, avec des coques et un pont construits en infusion, tout comme les cloisons intermédiaires. Le chantier utilise en fait une construction en sandwich avec une âme en PVC. On trouve également des cloisons étanches pour la sécurité, et les bulbes sont prévus pour se casser en cas de choc afin de préserver les coques. Enfin, les fenêtres sont réalisées en verre trempé pour accroître leur solidité.
Une allure très robuste
Vu de la poupe, le 50 Yacht est là encore imposant, avec deux jupes de bonnes largeur et une plate-forme hydraulique (en option) qui reçoit une annexe jusqu’à 12 pieds. Ce dinghy peut être mis à l’eau grâce à la plate-forme hydraulique ou grâce à une grue intégrée dans l’épaisseur du flybridge. Outre leur largeur, ces plates-formes de bain comportent d’une échelle de bain intégrée et un portillon pour la sécurité des jeunes enfants. On note aussi la parfaite intégration des échappements, comme sur une berline de luxe.
Le cockpit est pour sa part inspiré des 42 et 44, avec une grande banquette arrière, une table pour dîner à six ou huit, et beaucoup d’espace. La séparation entre le cockpit et le pont principal est éalisée grâce à une solide porte coulissante sur tribord, tandis que la partie bâbord se compose d’une baie vitrée basculante et d’un petit plan de travail repliable. Une fois la fenêtre ouverte et le plan de travail déplié, on profite d’un bar, parfait pour prendre un verre ou pour manger. Mieux, une fois l’ensemble fermé, ce petit plan de travail fait office de crédence, c’est plutôt bien vu.
Dès la porte franchie, on est interpellé par le volume intérieur. En rehaussant la ligne de pont, les concepteurs ont généré une hauteur sous barrot tout simplement impressionnante. Une impression d’espace renforcée par la présence de baies vitrées sur quasiment tout le pourtour de ce pont et par un jeu de couleurs habilement pensé.
L’aménagement de cet espace rappelle un peu celui des modèles précédents, notamment au niveau de la cuisine sur bâbord. Complète et s’ouvrant sur le cockpit, cette dernière se montre très fonctionnelle, avec de bonnes idées, à l’image de l’évier profond qui intègre un second petit évier amovible et coulissant sur le dessus.
Sur l’avant, un salon en U peut accueillir six convives autour d’une table. Celle-ci peut d’ailleurs s’abaisser pour former un couchage double supplémentaire.
Sur tribord, on trouve un autre canapé, mais l’espace peut éventuellement être aménagé de manière différente en fonction des demandes du client, avec par exemple un poste de conduite intérieur.
Dans le prolongement du pont principal se trouve donc l’un des principaux atouts de ce powercat, à savoir LA cabine Propriétaire. Cette grande nouveauté de chez Aquila a de plus le bon goût de prendre ses aises sur toute la largeur disponible. De fait très vaste, cet espace profite d’une belle hauteur sous barrot et d’une généreuse lumière naturelle grâce aux hublots de coque sur chaque bord, mais aussi aux larges fenêtres sur l’avant. La partie tribord profite d’un canapé d’angle et d’un petit bureau/coiffeuse, mais le chantier propose également un bureau pour ceux qui veulent travailler à bord. De là, une porte s’ouvre sur un dressing et, dernière surprise, un très grand coffre de plancher permet de loger du matériel encombrant. La partie centrale est occupée par un lit au format king size tandis que sur bâbord se trouve la salle de bains. Sur notre modèle d’essai, il n’y avait aucune séparation entre le couchage et la salle de bains, mais le chantier propose au besoin de mettre une vitre brouillée pour un peu plus d’intimité. Cette salle d’eau comporte deux lavabos, des toilettes et une douche séparées.. On y trouve également un grand meuble de rangement, c’est toujours pratique. L’ensemble de cette cabine propose une décoration très zen, et même le grand écran de télévision est très bien intégré
3, 4 et presque 5 cabines
Pour recevoir la famille ou les invités, l’Aquila 50 Yacht existe en version trois ou quatre cabines. Dans la version trois cabines, l’espace VIP est situé dans la coque tribord et comporte un lit queen size ainsi qu’une jolie salle de bains de l’autre côté de l’escalier. La cabine dispose également d’une coiffeuse/bureau. La coque bâbord dispose elle aussi d’un couchage queen size, mais avec une salle de bains plus petite, tandis que sur l’arrière, on trouve un espace qui peut être aménagé en laverie, comme sur notre modèle de test, ou recevoir deux lits superposés pour les enfants. Outre l’espace disponible, chaque cabine bénéficie d’un grand hublot panoramique pour une vue imprenable sur la mer.
L’autre point fort ce ces cabines, ce sont aussi les nombreux rangements, un domaine dans lequel Aquila a toujours été fort.
Pour la version quatre cabines, le chantier utilise un très grand coffre de rangement situé sur l’avant de la coque tribord, et le transforme en chambre. Les deux cabines profitent alors d’une salle de bains privative, mais bien évidemment plus petite que sur la version VIP. En fait, si l’on inclut l’espace avec les lits superposés, l’Aquila peut quasiment offrir cinq cabines, ce qui assez remarquable pour un catamaran de 50 pieds et… parfait pour le charter.
De manière générale, il convient de saluer le volume habitable qui permet de circuler aisément à bord, ou encore la finition d’un excellent niveau. Les salles de bains intègrent ainsi un plan de travail en Corian et de grands miroirs. Le catamaran peut bien sûr être personnalisé lors de la commande dans la limite du raisonnable. L’équipement est lui aussi très correct, avec l’air conditionné, des lampes de lecture, des lampes LED ou encore des prises USB. La liste des options est également très complète, de quoi personnaliser son powercat.
Du cockpit, il est également facile de se rendre sur l’avant grâce à de larges passavants bien sécurisés et à de nombreuses mains courantes pour se tenir. Ce pont avant est également très nouveau par rapport aux autres modèles de la marque. Tirant parti de l’épaisseur de la nacelle, les concepteurs ont logé un mini cockpit avec un banc complètement sur l’avant et une série de solariums pouvant se transformer en assise grâce à un dossier relevable. Ce cockpit comporte également le logement pour le guindeau, ainsi que deux coffres de rangements. Enfin, n’oublions pas les deux petits sièges, parfaits pour observer les dauphins ou pour contrôler les fonds en eaux peu profondes.
Reste la dernière partie et pas la moindre, le flybridge. Accessible par un escalier depuis le cockpit, il peut également être rejoint depuis le pont avant par le pont portugais. A la différence des autres modèles, cet accès a été déplacé sur tribord, ce qui libère le champ de vision depuis le poste de pilotage.
Occupant plus de la moitié de la longueur du catamaran, ce flybridge offre sans surprise une très belle surface habitable. L’espace a été conçu dans une optique très conviviale et pas simplement pour s’asseoir en faisant route. Cela commence par un poste de pilotage très complet – le seul sur cette version – incluant deux grands écrans et les panneaux de commande ainsi qu’un joystick, très pratique pour les manœuvres au port. Un bon point aussi pour les rangements de chaque côté de la console. Sur chaque bord, on trouve une assise lounge permettant de se relaxer tout en étant proche du Capitaine. Enfin, deux capots de toit peuvent être ouverts pour faire entrer de l’air frais sur le flybridge. Pour parfaire son bronzage, il faut se diriger vers le solarium arrière, assez vaste pour deux personnes. Ce flybridge compte aussi une grande table autour de laquelle cinq ou six personnes peuvent s’asseoir. Enfin, point d’orgue de cet espace, la partie tribord arrière est occupée par une vraie cuisine d’extérieur, avec évier, réfrigérateur, ice-maker et gril, parfait pour recevoir ou pour organiser une soirée grillade à bord.
Une motorisation standard très sage
Reste la partie dynamique, et dans ce domaine, le chantier possède une véritable légitimité. Le dessin de carène reste assez traditionnel, même si l’on retrouve les bulbes de proue chers à la marque. En dépit d’un aménagement cosy, le chantier a également réussi à limiter le déplacement, puisque, en ordre de marche, l’Aquila 50 Yacht pèse juste au-dessus de 32 tonnes – cela reste raisonnable.
Grâce aux propulseurs d’étraves et au joystick, les sorties de port demeurent plus faciles, et Aquila a également installé un système de caméra tout autour du catamaran ce qui fait que le Capitaine profite sur son écran d’une vue à 360° comme sur une automobile. Là encore, cela s’avère très pratique pour surveiller les environs dans une marina encombrée.
Pour propulser le powercat, Aquila propose trois motorisations, 2 x 380 et 2 x 480 ch D6 Volvo Penta, ainsi que 2 x 550 ch Yanmar. Lors de notre test, nous avions la version standard, c’est-à-dire celle avec 2 x 380 ch. Une puissance qui n’est pas ridicule et qui permet de naviguer à une allure de croisière d’environ 15 nœuds pour atteindre un peu plus de 20 nœuds en pointe.
En revanche, le déjaugeage est un peu lent, même si nous ne sommes pas ici sur un bateau de course. Au passage, il est intéressant de noter que l’accélération se fait tout en douceur. Le mieux est encore de naviguer à 5 ou 6 nœuds, puis de pousser la poignée des gaz. Dans ce cas de figure, le powercat sort rapidement de l’eau pour se mettre dans ses lignes, et cela tout en souplesse. Le comportement en lui-même ne souffre d’aucun reproche. Outre la souplesse des coques, le powercat conserve une très bonne assiette et un très bon équilibre latéral. Plus surprenant, le rayon de giration est vraiment court, un bon point pour un navire de cette taille.
Toutefois, pour plus de polyvalence, nous vous conseillons vivement d’opter pour la motorisation supérieure. En dehors du gain de vitesse qui permet d’allonger les programmes de navigation, cela vous offrira plus de reprise et un déjaugeage plus rapide, ce qui est plutôt agréable.
Avec près de 2 000 litres de carburant, le 50 Yacht devrait offrir une belle autonomie. De même, le catamaran embarque jusqu’à 800 litres d’eau fraîche, de quoi voir venir. L’autonomie électrique est assurée par un parc de quatre batteries lithium totalisant 800 Ah, tandis que deux batteries de 180 Ah sont dédiées au moteur.
Des caractéristiques qui devraient évoluer dans le futur, puisque le chantier travaille sur une version hybride de ce catamaran, un modèle qui devrait aussi intégrer des panneaux solaires. Enfin, une version avec foils est également à l’étude, à l’image de ce qui a été fait sur le 42.
Conclusion
Avec le 50 Yacht, Aquila propose donc un catamaran avec une cabine Propriétaire au même niveau que le pont : ce concept – qui gagne en popularité – était plutôt réservé à des powercats bien plus grands. L’aménagement est en tout cas parfaitement adapté à la clientèle visée. Toutefois, le nouvel Aquila ne s’arrête pas là, puisqu’il présente des espaces de vie bien séparés, que ce soit dans le cockpit, sur le pont avant, à l’intérieur, et bien sûr au niveau du flybridge. Ce dernier est également l’un des atouts majeurs de ce powercat, car il a vraiment été pensé pour recevoir. Enfin, avec un prix de départ situé juste en dessous d’1,3 million de dollars, l’Aquila est plutôt bien placé face à une concurrence de plus en plus importante.
Volume habitable
Aménagement du flybridge
Plate-forme hydraulique en option
Propulseurs d’étraves en option
Descriptif technique
Architecte : J&J Design
Longueur hors-tout : 15,99 m
Largeur : 7,76 m
Tirant d’eau : 1,26 m
Déplacement lège : 23,01 t
Déplacement en ordre de marche : 32 281 kg
Cabines : 3/4
Couchages : 10+
Motorisation standard : 2 x 380 ch D6 Volvo Penta
Motorisation max : 2 x 550 ch Yanmar
Eau douce : 800 l
Carburant : 1 964 l
Eaux noires : 250 l
Certification CE : A12 / B12 / C20
Prix : 1 269 571 US$ HT
Principales options en US$ HT
Version 4 cabines : 14 879
Motorisation Volvo 2 x 480 ch : 54 020
Motorisation Yanmar 2 x 550 ch : 108 865
Propulseurs d’étraves (2) : 33 843
Générateur 16 kW : 52 162
Panneaux solaires (1 400 Wc total) : 5 882
Dessalinisateur : 38 000
Air conditionné (50 000 Btu) : 52 083
Poste de pilotage intérieur : 44 468
Lumières sous-marines : 4 865


