EXCLUSIVITE MULTICOQUES MAG - Dernier né du chantier Aquila, le 54 vise tout à la fois le marché de la grande croisière et celui des unités de luxe. Une évolution qui semble logique pour cet acteur majeur du marché du multicoque à moteur.
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Lieu de l’essai : Clearwater (Floride - USA)
Mer calme, 3 à 4 noeuds de vent.

Dans le clapot, le travail des bulbes avant est impressionnant, assurant une bonne assiette au catamaran et évitant le phénomène de spray.
La silhouette de l’Aquila est élégante, avec un profil dynamique et un flybridge qui ne pèse pas trop sur la ligne.
Depuis 2012 et son premier powercat, l’Aquila 38, la marque sino-américaine, a fait un sacré bout de chemin avec à la clé des modèles couronnés de succès. L’Aquila 44 est par exemple, avec largement plus de 100 unités vendues, en passe de devenir le catamaran à moteur le plus vendu dans le monde. Une réussite due en partie à un homme – Lex Raas – et à un partenariat intelligent avec Marine Max (le plus gros réseau de concessionnaires d’Amérique du Nord). Aquila n’entend toutefois pas s’arrêter là. Face à la demande, la marque s’est lancée dans le développement d’une gamme de yachts catamarans avec l’ambition d’aller chatouiller les ténors du domaine, y compris ceux se contentant d’une seule coque. Si le 44 avait posé les jalons de cette évolution, le 54, et plus encore le 70 – tous deux présentés cet hiver –, poussent le concept beaucoup plus loin, et cela, à tous les niveaux. Une stratégie qui semble d’ores et déjà payante, puisque, avant même son lancement officiel, le 54 a déjà reçu vingt-six commandes. Des requêtes émanant principalement de propriétaires d’autres modèles Aquila. Un excellent signe pour la marque, qui montre qu’elle est capable de fidéliser sa clientèle. C’est justement pour suivre ces fervents utilisateurs que le constructeur souhaite étendre son offre.

En dépit d’une nacelle à l’épaisseur conséquente, le tunnel central reste impressionnant.
Un premier pas dans le domaine des grosses unités
Dès le premier coup d’œil, l’Aquila 54 ne laisse pas indifférent. Étonnamment, il prend clairement de la distance avec le design du 44 pour afficher des lignes que l’on trouve plutôt sur le 36, voire le 32, avec des étraves fines et une ligne très élancée, presque raffinée. Le chantier ne cache d’ailleurs pas que ses sources d’inspiration se situent en Europe, et plus particulièrement du côté des yachts. Avec ses 16,5 m de long et ses 7,68 m de large, l’Aquila reste toutefois imposant, d’autant qu’en ajoutant le flybridge, on arrive à une hauteur de 7,43 m, ce qui en fait un beau bébé. La nacelle est un autre élément imposant ; elle affiche une épaisseur impressionnante, un bon point pour la rigidité de l’ensemble, mais aussi pour l’habitabilité intérieure.
Outre la ligne élancée des superstructures, le 54 arbore de vastes surfaces vitrées, tant au niveau de la coque que du pont supérieur, un élément qui évoque sans ambiguïté l’univers des yachts. Il en est de même pour le grand flybridge – surmonté d’un hard-top – qui se prolonge largement afin d’offrir protection et ombrage au cockpit.
L’accès à bord se fait par l’intermédiaire de la plate-forme arrière et de trois marches. Cette poupe, au profil identique sur chaque bord, est composée de deux jupes arrière et d’une grande plate-forme centrale destinée à recevoir une annexe jusqu’à 14 pieds.
Une fois à bord, une sorte de mini ber permet de bloquer l’annexe, mais sur un seul côté, car Aquila a également développé une gamme de petits semi-rigides catamarans pour servir d’annexe à ses bateaux, c’est plutôt malin. Autre caractéristique de cette plate-forme, elle est surmontée par une grue rétractable qui disparaît totalement dans le toit du cockpit et qui peut être manipulée à distance. Là encore, c’est plutôt bien vu. Enfin, elle dispose d’un coffre adossé à la banquette arrière pour ranger les amarres ou autres accessoires importants. Du côté des jupes arrière, outre l’échelle de bain intégrée et rétractable, avec au passage une belle poignée pour aider à la remontée, on trouve un grand coffre de rangement (un sur chaque bord) pour faire disparaître les équipements nautiques.
En haut des escaliers, un petit portillon condamne l’accès à l’arrière, un bon point pour la sécurité des jeunes enfants. De là, on pénètre dans le cockpit. Il intègre une longue banquette arrière et est suffisamment spacieux pour accueillir une grande table de pont. Sur bâbord, une porte s’ouvre vers le haut pour dévoiler un escalier d’accès à la cabine de l’équipage. Plutôt bien traité, cet habitacle dispose de deux lits simples, d’une salle de bains complète, d’un bureau et d’un hublot. Si vous ne disposez pas d’un équipage, cette cabine à l’accès indépendant sera aussi parfaite pour un adolescent. Sur la partie tribord du cockpit, un escalier assez confortable mène au flybridge, mais nous y reviendrons.
Pour accéder à la partie avant, il suffit d’emprunter les passavants dont la largeur – 44 cm – permet d’évoluer aisément. Qui plus est, un balcon assez haut sécurise encore plus ce déplacement. Comme tous les modèles de la marque, la proue, totalement rigide, se veut un espace de détente, et le 54 ne fait pas exception. On y trouve en effet deux solariums pour deux personnes et, dans le prolongement, deux banquettes pour faire face au large ou apprécier un coucher de soleil sur l’horizon. Une solution pour installer une petite table aurait été appréciée, mais ce n’est malheureusement pas le cas. On se consolera avec le dossier relevable des bains de soleil – ils offrent une position des plus confortables. Comme sur les côtés du powercat, cette proue est bien sécurisée par des balcons assez hauts, et la circulation demeure aisée. C’est là aussi que se trouve l’ancre secondaire, sur son davier, la principale restante à poste. Enfin, deux panneaux de pont translucide offrent un accès à un immense coffre de rangement à la manière des coffres à voile sur les voiliers. Cette fois, il accueillera par exemple les défenses.
De retour dans le cockpit, l’Aquila dispose d’une porte classique pour accéder au pont principal, mais aussi d’une fenêtre qui s’ouvre vers le haut. On déplie ensuite une partie du plan de travail de la cuisine, et voilà que le cockpit, grâce aux deux tabourets, se transforme en bar, une bonne idée pour la convivialité.

Le pont avant dispose de deux solariums doubles avec dossier inclinable, un must pour peaufiner son bronzage.
Un confort première classe
Tirant parti de sa largeur, le pont principal de l’Aquila 54 s’organise autour d’un bel espace canapé/ salle à manger. Concrètement, on y trouve une grande assise en U pouvant recevoir huit ou neuf personnes, à laquelle s’ajoute un autre sofa pour deux ou trois convives supplémentaires. Petit bonus, la table se déplie, permettant de dîner confortablement. La cuisine en U occupe quant à elle la partie bâbord arrière de ce pont et dispose de tout l’électroménager nécessaire à la croisière. Autre point positif, l’espace dispose d’une excellence luminosité grâce aux nombreuses fenêtres présentes tout autour. Enfin, des rangements sont dissimulés un peu partout, ce qui est important en navigation. Sur l’avant, une porte s’ouvre sur la cabine Propriétaire – on devrait plutôt évoquer ici la « suite Propriétaire ». Occupant toute la largeur du pont principal, cet espace profite d’un couchage king size (195 x 204 cm), mais aussi d’une salle d’eau avec deux lavabos, de toilettes séparées, d’une douche séparée, d’un espace coiffeuse/bureau ou encore d’un véritable dressing. Là encore, les rangements sont légion et la luminosité optimale. Petite particularité, si la taille XXL de la douche est à saluer, l’emplacement de la machine à laver est plus curieux, car situé dans la douche, derrière une porte…
Les coques sont quant à elles destinées aux cabines invités, sachant que le catamaran est disponible en version trois ou quatre cabines. Pour notre essai, nous disposions du modèle trois cabines avec donc une chambre sur chaque bord. Particulièrement spacieuses, ces cabines offrent un couchage queen size (163 x 198 cm), une salle de bains privée, un petit bureau et, une fois encore, une avalanche de rangements. Catamaran ancré dans son époque, l’Aquila 54 offre un très bon niveau de confort technologique. Outre les nombreux écrans TV, habilement dissimulés dans les meubles ou dans le plafond, on trouve des prises USB et des stations de recharge sans fil pour smartphone un peu partout, et les éclairages sont quasiment tous LED et indirects. La décoration intérieure est moderne et de bon goût avec des bois clairs, des tissus sobres et des finitions soignées, autant d’éléments qui accentuent l’aspect haut de gamme du navire. Qui plus est, un certain degré de personnalisation est disponible à la commande.

La cabine Propriétaire occupe toute la largeur du pont principal, de quoi loger un lit king size.
Dernier espace de ce bateau et pas des moindres, le flybridge apporte un véritable plus au 54. En effet, loin d’être un simple poste de pilotage avec une banquette ou un bain de soleil, ce pont supérieur est quasiment aussi vaste que le pont principal On y trouve aussi de nombreuses assises, une banquette en L, une cuisine extérieure avec grill et une terrasse libre pour installer une table et des chaises, un bain de soleil ou des assises lounge, au bon vouloir du propriétaire. A noter que ce flybridge est proposé en version ouverte ou en version fermée, comme sur le modèle de notre essai. Dans ce cas, le fly se pare d’un véritable vitrage (pas d’une toile en plastique) et, sur l’arrière, d’une porte coulissante très bien construite, la partie terrasse restant ouverte. Un concept qui ne manque pas d’intérêt, autant dans les zones un peu humides ou fraîches pour rester à l’abri, que dans les zones chaudes et tropicales où l’on pourra profiter de la climatisation.
Les portes latérales de ce flybridge donnent accès à la passerelle supérieure, un endroit bien protégé par le bordé du fly et qui permet d’en faire le tour, c’est très bien vu. C’est aussi de cette passerelle que l’on accède au pont portugais. Très confortable, il est également sécurisant grâce notamment à une belle main courante. Il donne un accès direct aux solariums et au pont avant sans pour autant alourdir la ligne. L’un des avantages de ce catamaran, c’est bien évidemment la répartition des différents espaces de vie. Entre le pont avant, le cockpit, l’intérieur ou le flybridge, chacun peut trouver sa place sans être gêné par les autres. Le powercat est d’ailleurs homologué pour trente personnes aux Etats-Unis, de quoi organiser une jolie fête.
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Deux tabourets, une fenêtre qui bascule vers le haut, un comptoir qui se déplie, et vous voilà, en moins de deux minutes, avec un vrai bar de cockpit.
La table du salon/salle à manger se déplie ; le plateau parvient à pratiquement doubler sa surface.
Des performances plus qu’honorables
Reste la partie dynamique, et ce n’est pas la moins intéressante. Construit en partie en infusion, le 54 offre une très belle rigidité, une caractéristique renforcée notamment par l’épaisseur de la nacelle. Les deux carènes profitent quant à elles d’un véritable travail de recherche. A l’opposé de certains catamarans à moteur qui ne sont que des adaptations de modèles à voile, l’Aquila 54 a été conçu dès le départ comme un bateau à moteur. Il suffit de jeter un œil aux étraves pour mesurer le travail effectué. Pour commencer, on retrouve le fameux bulbe d’étrave cher à la marque. Un système hérité des navires commerciaux et qui permet au bateau de conserver une meilleure assiette en gardant l’étrave au contact de l’eau. En navigation, le résultat est assez remarquable. Cet appendice apporte aussi plus de souplesse, notamment dans le clapot, puisque le bulbe attaque la vague avant le reste de l’étrave. Enfin, il évite le phénomène de spray, un bon point pour le confort à bord. L’étrave en elle-même est acérée comme un couperet et affiche un angle d’entrée de seulement 15°. Elle est également nantie de deux solides virures inversées qui vont repousser les embruns et améliorer le guidage. A cela s’ajoutent l’effet coussin d’air provoqué par le tunnel et une excellente répartition des poids qui, au final, procurent au bateau une très belle attitude en navigation et surtout un excellent confort à bord. Pour animer l’ensemble, le chantier propose trois motorisations différentes de 2 x 380 CV Volvo Penta D6 à 2 x 550 CV Cummins pour adapter le powercat aux desiderata de chaque propriétaire. Pour un usage polyvalent axé sur la croisière, la puissance intermédiaire, 2 x 480 CV D8 Volvo Penta représente un excellent compromis pour déplacer les 30 tonnes du bateau en ordre de marche. C’est justement celle dont nous disposions lors de l’essai.
La clé de contact tournée, le premier constat concerne le volume sonore, vraiment bien maîtrisé. De fait, la cale moteur mérite un coup d’œil. Très propre et ordonnée, elle facilite d’autant plus la maintenance. A côté des moteurs, on trouve les générateurs et le reste des systèmes techniques du bateau, tous très accessibles. Grâce à l’insonorisation, la partie mécanique se fait donc oublier y compris dans le cockpit, là encore, c’est un véritable plus pour la croisière.
Pour prendre la barre de l’Aquila 54, il faut se rendre sur le flybridge, là où est situé l’unique poste de pilotage. En version ouverte, on préférera donc les navigations par beau temps. En revanche, une fois installé sur le siège de conduite, on profite d’une visibilité optimale et la position dominante permet de voir loin. Face au pilote, deux superbes écrans permettent de retrouver les principales informations relatives à la navigation et aux contrôles du moteur, et le reste de l’instrumentation trouve naturellement sa place. Très facile à manœuvrer grâce à la double motorisation, le catamaran s’extirpe de la marina sans peine. La barre est douce et le navire se montre immédiatement (et avec un peu de surprise) très réactif. Restant parfaitement à plat, l’Aquila prend son envol rapidement et, à 1 000 tr/min, on se retrouve déjà à 6,5 nœuds. La vitesse de croisière s’établit quant à elle autour de 16 nœuds avec un régime de 2 800 tr/min qui se montre relativement économique. L’autonomie est d’ailleurs l’un des points forts du bateau puisqu’à une vitesse de 8 nœuds, on peut parcourir près de 1 000 milles, c’est plutôt pas mal. Si cela ne suffit pas, on peut ajouter en option deux réservoirs supplémentaires de 360 litres.
Pour corroborer cette autonomie, l’homologation est d’ailleurs en catégorie A selon la certification internationale. Autant dire que vous pouvez prévoir un joli programme de croisière. En poussant les poignées à fond, on atteint 22 nœuds, mais ce n’est absolument pas le programme du bateau. Au-delà de l’aspect performance, ce qui est vraiment agréable, c’est le confort en navigation, un avantage que seules deux coques peuvent procurer. De plus, le bateau vire totalement à plat sans comportement survireur comme chez certains concurrents. La barre est douce et le powercat réagit rapidement, tant au niveau de l’accélération que des changements de cap en faisant un véritable catamaran familial où l’activité à bord peut continuer, même en navigation. Bref, un véritable plaisir. On pourra bien évidemment opter pour la puissance maximale, qui devrait propulser le navire au-delà de 25 nœuds, tout dépend de votre programme.
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Conclusion
Avec ce 54, le chantier Aquila confirme donc sa position dominante sur le marché du powercat, et démontre que son savoir-faire est aussi applicable dans le monde des grandes unités, tant sur le plan dynamique qu’au niveau de la finition et de la décoration. Le 54 ouvre également les portes de la grande croisière, un domaine où le constructeur était jusqu’alors absent. Une belle évolution qui se confirme avec le 70, mais ça, c’est une autre histoire…
Les +
Un espace intérieur très volumineux
La version fermée du flybridge
Les déplacements à bord
Les -
Emplacement machine à laver
Pas de table sur le pont avant
Pas de véritable « salle à manger » intérieure
Les chiffres de Multicoques Mag
Motorisation et équipage : 2 x 480 CV D8 Volvo Penta, 6 personnes à bord
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Aquila (Chine)
Concepteur : Aquila (USA)
Longueur hors tout : 16,50 m
Longueur à la flottaison : 15,10 m
Largeur hors tout : 7,68 m
Tirant d’eau : 1,37 m
Hauteur (au-dessus de la flottaison) : 7,43 m
Poids à vide : 22 525 kg
Poids en charge : 30 000 kg
Nbre de personnes : 30 (USA)
Couchages : 8 (10 en version 4 cabines)
Réservoir carburant : 2 200 Litres
Réservoir d’eau : 1 000 Litres
Puissance maxi. : 2 x 550 CV
Puissance conseillée : 2 x 480 CV
Catégorie d’homologation A
Prix et options en cours de cotation



