Aquila continue à imprimer son empreinte dans le monde du powercat. Après avoir pris l’ascendant sur le marché des 40 pieds avec l’incroyable 44, le chantier entend bien se faire une place sur le marché des motoryachts avec ce surprenant 70 qui combine espace et confort.
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Essai réalisé à Clearwater (Floride – USA)
Conditions : Mer calme, 3 à 4 noeuds de vent
Le marché du multiyacht poursuit son développement avec de plus en plus d’acteurs sur le segment. Et quand un leader de la construction des powercats décide à son tour d’investir le domaine, cela peut donner un résultat à couper le souffle, où l’espace rejoint le confort et le style. Pour se faire une place au soleil sur le marché du luxe, Aquila a réorganisé ses modèles pour faire émerger une série « Yachts ». Si cette gamme regroupe le 44, le 54 et le 70, c’est ce dernier modèle qui en définit réellement les contours. Dévoilé en début d’année, ce multiyacht affiche clairement de grandes ambitions. La marque entend ainsi démontrer qu’un catamaran possède tous les arguments pour convaincre les possesseurs de yachts classiques à une seule coque. L’idée, comme l’explique Lex Raas, le président de la marque, c’était donc de dessiner un catamaran qui ait l’allure d’un yacht, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, avec en bonus l’espace offert par un multicoque. Le chantier sino-américain est donc allé chercher l’inspiration du côté de l’Europe, et notamment des marques italiennes qui possèdent dans ce domaine une longue expérience. Le résultat est une réussite – dès le premier coup d’oeil, l’Aquila 70 accroche le regard, à commencer par ses mensurations imposantes. Avec plus de 21 mètres de long, 8,2 mètres de large et un hard-top qui culmine à 7,8 mètres au-dessus de l’eau, ce powercat XXL passe difficilement inaperçu.

De trois quarts avant, l’Aquila se montre imposant, et dégage également une impression de puissance. Le tunnel sous la nacelle est énorme et la ligne de pont très haute.
Un design d’inspiration européenne
Côté design extérieur, le 70 reprend clairement les lignes du 54, avec une proue très élancée, des étraves fines et des superstructures qui semblent avoir été sculptées par le vent. L’inclinaison du pare-brise du pont principal est ainsi bien alignée avec le flybridge, ce qui donne un aspect très aérodynamique au profil. Les immenses surfaces vitrées améliorent également le style – cela se vérifie particulièrement au niveau du long hublot de coque, directement hérité de l’univers des motoryachts. De profil, il est même difficile de savoir que nous sommes en présence d’un catamaran. De trois quarts avant ou de face, c’est la nacelle qui impressionne. Très épaisse, elle donne un côté très robuste à l’embarcation, tandis que la ligne du pont avant, très haut perchée, accentue l’aspect statutaire du catamaran. Même impression de puissance sur l’arrière, où l’Aquila 70 offre une immense plate-forme de bain sur toute la largeur. En fait, le constructeur a mis à profit la largeur des deux coques pour installer sur les jupes deux grandes plages de bain, tandis que la partie centrale s’incline pour y loger une annexe de 15 pieds. Une fois l’annexe à l’eau, cette plate-forme centrale devient une terrasse supplémentaire pour se relaxer. Outre cette ingénieuse disposition, les plates-formes profitent d’un balcon inox, de rangements pour le matériel humide, ou encore d’une magnifique échelle de bain en inox brevetée par la marque. Bref, une véritable plage privée avec tout le confort possible, incluant, en option, une douche sur chaque bord.
De cet espace, quatre marches mènent au cockpit. On apprécie au passage le portillon sur chaque bord, un vrai plus pour la sécurité des enfants. Très bien protégé par le flybridge, le cockpit s’organise autour d’une grande banquette arrière devant laquelle une table pour six à huit personnes peut prendre place. On y trouve également quelques rangements sur tribord et l’accès à la cabine équipage sur bâbord. A noter que les quartiers du marin sont plutôt bien traités, avec une salle d’eau privée et un vrai hublot.
Pour rejoindre le pont avant, on peut, au choix, emprunter le passavant bâbord ou tribord, tous deux assez larges et bien protégés par unbalcon inox. Quelques mains courantessupplémentaires auraient cependant été appréciées. Tirant parti de la longueur du catamaran, le pont avant est plus qu’accueillant. Outre la facilité de circulation et l’accès auxcoffres avant avec capot transparent ou à l’énorme baille à mouillage, cet espace dispose de deux niveaux. La partie supérieure offre deux doubles solariums, tandis qu’en contrebas, deux doubles banquettes sonnent comme une invitation à la détente ou à la contemplation. Seul regret, il n’y a aucune table de prévue. Reste le passage central, qui conduit directement au flybridge via un pont portugais sécurisé par une grande main courante – c’est plutôt bien vu.
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Entre les coques, la partie arrière s’abaisse pour accueillir une annexe de bonne taille. Une fois l’annexe à l’eau, cette rampe devient un pont supplémentaire pour profiter du paysage.
Un pont principal avec vue à 360°
Pour passer de l’extérieur à l’intérieur, on emprunte une large baie vitrée dont chaque porte coulisse sur le côté. C’est bien pensé, dommage que le seuil de cette porte ne soit pas intégré dans le plancher, il faudra donc faire attention à ses pieds… Profitant des immenses surfaces vitrées latérales, ce pont principal est baigné de lumière. Catamaran oblige, il bénéficie également d’une surface exceptionnelle, et le constructeur a encore accentué cette impression en jouant la carte de l’open concept. En fait, de l’entrée jusqu’au pare-brise avant, rien ne bloque la vue. Pour mettre toutes les chances de son côté, Aquila a fait appel au bureau de design italien Manzoni & Tapinassi, et cela se ressent dès les premiers pas à l’intérieur. Sur bâbord, on trouve d’abord un long canapé en L signé Natuzzi et dénommé « Moby Dick », avec une structure rappelant une queue de baleine, le tout desservi par une élégante table de salon. A la suite vient la table de la salle à manger, qui profite, comme l’ensemble de ce pont principal, d’une vue à 360°. Sur tribord, juste après l’escalier menant au flybridge et celui descendant aux cabines, on trouve un bar avec double réfrigérateur, distributeur d’eau fraîche ou encore four micro-ondes. Dans la continuité, un îlot fait véritablement office de cuisine avec son évier central et l’électroménager parfaitement intégré. Petite subtilité, une vitre en verre sablé se relève pour faire écran, ce qui permet aux invités de profiter du cocktail ou du dîner sans avoir sous les yeux l’éventuel bazar qui accompagne la cuisine. Un petit détail qui a toute son importance pour le bien-être des passagers.
Enfin, sur tribord avant, un poste de commande intérieur, comprenant un joystick, une poignée des gaz et quelques écrans, rappelle tout de même que nous sommes sur un bateau, et permet surtout d’effectuer quelques manoeuvres depuis le pont principal. Depuis ce dernier, on accède facilement au pont supérieur par l’escalier intérieur. En partie fermé, ce flybridge – qui devient donc un « sky lounge » selon le terme consacré dans le monde des yachts – offre une vue exceptionnelle sur les alentours. On y trouve bien évidemment un poste de pilotage complet, avec trois sièges, mais aussi une petite banquette sur bâbord avant et une autre en L sur l’arrière avec une belle table pour un repas avec vue. Le tout bénéficie également de l’air conditionné, une bénédiction pendant la fournaise tropicale qui accompagne cet essai. Sur l’arrière, la terrasse intègre une cuisine extérieure avec gril et évier, et laisse assez de place pour installer un salon, quelques chaises longues ou un petit canapé, au choix du propriétaire. En sus, on profite depuis cette terrasse d’une vue incroyable.
Côté pratique, ce flybridge intègre une porte latérale coulissante qui permet d’accéder à la passerelle supérieure dotée d’un haut pavois, puis au pont portugais pour rejoindre le pont avant. Un aménagement qui rend les déplacements aisés et qui représente également un joli lieu de promenade pour profiter du paysage.

Véritable marque de fabrique du chantier, les deux bulbes avant garantissent une excellente tenue en mer.
Des cabines bien séparées pour préserver l’intimité
Reste la partie nuit, et là encore, le chantier a particulièrement bien optimisé l’espace. Disponible en version standard avec trois cabines plus celle du marin, le catamaran est également disponible en version quatre cabines – toujours plus celle du marin.
Logée dans la nacelle et sur l’avant des coques, la cabine Propriétaire, ou plutôt la suite Propriétaire, occupe toute la largeur du multiyacht. Cela permet d’y loger un lit king size au milieu avec des tables de chevet comprenant chacune un chargeur de smartphone sans fil. On y découvre un confortable canapé et un bureau. Sur bâbord, deux marches conduisent à l’espace toilette comportant un meuble avec deux lavabos, une douche séparée et des toilettes indépendantes, le tout profitant d’une vue magnifique sur la mer. La partie tribord est consacrée au rangement, avec une penderie et plusieurs tiroirs. Toutefois, il est un peu surprenant de ne pas y trouver un véritable dressing, comme sur le 54.
En sortant de la suite Propriétaire, un petit escalier sur bâbord mène à la première cabine invités. Grâce à la largeur de la coque, cet espace bénéficie d’un beau volume, avec un lit installé perpendiculairement, ce qui permet de profiter d’une vue imprenable sur la mer quand on est allongé. On y trouve également une salle de bain complète et un volume de stockage.
L’accès à la coque tribord se fait par l’arrière du pont principal, ce qui confère une certaine indépendance à la deuxième cabine invités qui s’y trouve. Cette dernière reprend le même schéma que la première cabine invités, avec un lit positionné perpendiculaire pour profiter de la vue, une jolie salle d’eau avec douche fermée et de nombreux rangements.
Outre une confortable cabine, cette partie tribord dispose d’une lingerie avec machine à laver, sèche-linge et rangements. Au besoin, cet espace pourra être aménagé en cabine supplémentaire pour les enfants. De même, l’arrière de ce flotteur dispose d’une salle d’eau pour les invités, ce qui permet, lors des réceptions ou des séances de baignade, de ne pas utiliser l’une des salles d’eau des cabines, c’est bien vu. Enfin, c’est de là que l’on accède à la salle des machines.
Au final, on peut très bien imaginer une famille avec enfants dans la partie propriétaire et un couple d’invités dans la cabine arrière, le tout en gardant chacun son « espace vital ». La même recette s’applique aux espaces de jour, puisque, entre le pont avant, le flybridge, le pont principal, le cockpit ou les plages de bain, le choix est vaste. Hormis le fait d’être bien pensé, cet intérieur profite également d’un soin particulier qui va bien au-delà de ce que l’on trouve habituellement sur un catamaran de croisière. Tissus de bonne qualité, bois sobres, éclairages indirects, équipement de qualité, L’Aquila 70 met véritablement le cap vers l’univers du luxe. Le multiyacht dispose aussi des dernières technologies disponibles, à commencer par les éclairages LED, de nombreux écrans TV habilement dissimulés dans les meubles ou dans le plafond, des prises USB, des rideaux électriques et des stations de recharge sans fil pour smartphone un peu partout. A noter : même s’il ne s’agit pas là d’un custom, l’Aquila 70 propose un certain degré de personnalisation, disponible à la commande. Enfin, cet équipement peut bien sûr être adapté en fonction des besoins et désirs du client.
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La partie centrale de la cabine Propriétaire dispose d’un lit king size et d’un bureau.
Les deux cabines invités sont à peu près identiques, avec un lit en position perpendiculaire, une vue à couper le souffle et un cabinet de
toilette complet.
La cabine de l’équipage est bien traitée, avec un cabinet de toilette privé et un vrai hublot.
2 x 1 000 CV et 23 noeuds en croisière
Comme les autres modèles de la famille, le 70 Luxury est construit en partie en infusion, ce qui lui assure une bonne rigidité, mais aussi un déplacement bien maîtrisé. Les carènes reprennent la même idée directrice que celles du 54, avec notamment deux solides virures
inversées qui repoussent les embruns et améliorent le guidage, et ce bulbe d’étrave qui, à la manière des navires commerciaux, permet au bateau de conserver une meilleure assiette en gardant l’étrave au contact de l’eau. En navigation, cela apporte plus de souplesse, notamment dans le clapot, puisque le bulbe attaque la vague avant le reste de l’étrave. Le système empêche le catamaran de trop se lever sur l’avant, et enfin, il évite le phénomène de spray. A cela s’ajoute une étrave fine et tranchante qui assure à elle seule un bon confort dans la vague. En fait, cette carène a été pensée dès le départ pour un powercat, il ne s’agit pas d’une quelconque adaptation, et cela fait ici la différence. La répartition des masses est elle aussi exemplaire, ce qui, combiné à l’effet coussin d’air du tunnel, procure au bateau un excellent comportement. Reste qu’avec près de 55 tonnes en ordre de marche, l’Aquila 70 réclame un peu de puissance. Pour obtenir des performances satisfaisantes, le chantier n’a donc pas hésité, et a installé dans la cale moteur deux imposantes mécaniques Volvo D13 de 1 000 CV chacune. Il convient au passage de saluer la qualité de l’installation moteur, avec un espace suffisamment grand pour assurer la maintenance mécanique sans se contorsionner, des mains courantes et des plates-formes inox pour intervenir sur les moteurs. Chaque cale est quasiment identique et reçoit également un générateur de 21 kW. Détail intéressant, les réservoirs de carburant peuvent opérer de manière indépendante, mais l’on peut aussi activer un transfert pour conserver le même niveau de diesel dans chaque coque, histoire de ne pas modifier l’équilibre du bateau.
Enfin, le multiyacht embarque un total de vingt-quatre batteries lithium pour continuer à profiter de tous les systèmes du bord, même lors d’une longue croisière.
Très bien isolée, la mécanique ne se fait guère entendre, et moins encore quand on est à la barre, sur le flybridge. De là-haut, on bénéficie d’une vue panoramique, un vrai plus pour les chenaux d’accès ou les mouillages encombrés. Bon point également pour le siège pilote qui intègre dans les accoudoirs un joystick et un clavier de commande. Le reste de ce poste de conduite est plus conventionnel, avec trois grands écrans, une poignée des gaz et quelques interrupteurs. En dépit de ses 55 tonnes, le 70 se montre plutôt réactif, et quelques sollicitations sur le joystick suffisent à le sortir de son emplacement. La hauteur du poste de conduite élimine en partie la notion de vitesse, mais en jetant un oeil au GPS, on est rapidement surpris. Il ne faut en effet que quelques secondes au powercat pour s’extirper de l’élément liquide et se mettre dans ses lignes, le tout sans même que l’on s’en aperçoive, car l’embarcation ne se cabre pas. Tout se passe de manière progressive et en douceur. Une fois déjaugé, l’Aquila 70 file à bonne allure, puisque la vitesse de croisière s’établit à environ 21 noeuds à seulement 2 000 tr/min, merci au gros diesels Volvo. En poussant au maximum, on atteint plus de 23 noeuds, mais dans les faits, le 70 évoluera plutôt entre 15 et 20 noeuds, une vitesse qui lui offre également une très belle autonomie.
A 15 noeuds, on peut ainsi espérer parcourir plus de 460 milles, et 100 milles de plus à 11 noeuds, ce qui constitue déjà un joli programme. Pour les plus pressés, l’autonomie à 27 noeuds tombe à 350 milles – une valeur qui reste honorable.
Pour ce qui est des manoeuvres, l’Aquila 70 se montre une fois encore très réactif, et surtout très précis, un avantage certain lorsque l’on utilise le joystick. Compte tenu du confort en mer, le pilotage automatique sera certainement très apprécié pour les longs trajets.

Le flybridge rassemble le poste de pilotage/manoeuvres et un vaste espace de farniente.
Conclusion
En nommant son 70 « Luxury », le chantier Aquila n’a pas menti. Cette unité permet véritablement au constructeur de franchir une marche importante pour pointer ses étraves dans l’univers des motoryachts. Et pour ne rien gâter, il débarque sur le marché avec quelques atouts considérables par rapport aux monocoques : l’espace et la stabilité en marche. Deux avantages qui pourraient bien attirer de nouveaux clients dans l’univers du catamaran.

Les +
+ La répartition des espaces
+ Les deux espaces nuit indépendants
+ La décoration haut de gamme
Les -
- Rail de la porte du pont principal
- Pas de vrai dressing
- Pas de table sur le pont avant
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Aquila (Chine)
Concepteur: Aquila (USA)
Design intérieur : Manzoni & Tapinassi (Italie)
Longueur hors tout : 21,26 m
Longueur à la flottaison : 20,55 m
Largeur hors-tout : 8,20 m
Tirant d’eau : 1,45 m
Hauteur (au-dessus de la flottaison) : 7,8 m
Déplacement lège : 43 000 kg
Déplacement en charge : 54 577 kg
Nombre de cabines : 4 (option 5 cabines)
Couchages : 8 (10 en version 5 cabines)
Réservoir carburant : 4 400 litres
Réservoir d’eau : 1 560 litres
Puissance maxi : 2 x 1 000 CV
Puissance conseillée : 2 x 1 000 CV
Catégorie d’homologation : A
Prix : à partir de 4 200 000 $ avec 2 x 1 000 CV
D13 Volvo Penta




