Le premier Aventura 38 est sorti de l’usine de Bizerte, en Tunisie, juste avant Noël dernier ; c’était une version SC (Sport Cruiser) que nous avons pu découvrir à Denia, en Espagne, quelques mois plus tard… C’est cet essai que nous avions prévu de partager avec vous, mais entre-temps, le constructeur a déjà lancé deux autres versions de son nouveau modèle – Flybridge et Sedan – avant de s’attaquer à la dernière déclinaison Sport du 38. Les responsables du chantier ont tenu à ce que nous essayions le modèle Sedan, a priori le plus séduisant de la fratrie… Voilà pourquoi je me suis retrouvé dans le sud de la Corse en cette toute fin de saison.
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Conditions : vent d’ouest 5 à 10 nœuds, mer plate
L’avantage de voyager en octobre dans une destination plutôt prisée l’été, c’est que tout va très vite – récupération des bagages à l’aéroport, temps de transfert en taxi… Ajoutez une arrivée à Figari tôt le matin un peu en avance et me voilà à 8h30 à Porto-Vecchio en train d’embarquer à bord de l’Aventura 38 Sedan. Je suis accueilli par Gaël Tannou et Morgane Nicolle-Malpas, qui travaillent pour Corse Grand Large. Leur société propose des voiliers en location, assure une division école de croisière et dispose de la carte Aventura Yachts. Le soleil se lève à peine dans un ciel azur que les deux moteurs de 370 ch ronronnent déjà dans les cales. La machine à café ronronne également, accompagnée de viennoiseries ; ma nuit a été courte, mais je ne vais pas me plaindre.
Déjaugeage à 13,5 noeuds
Porto-Vecchio est en pleins travaux, ce qui rend le chenal un peu plus sinueux qu’à l’accoutumée, mais on a vite fait de rejoindre les eaux libres. Vu de l’extérieur, l’Aventura 38 Sedan révèle une silhouette trapue mais plaisante, avec sa cassure d’angle à l’étrave, sa tonture de pont inversée sur les deux tiers avant et ses hublots de coque bien intégrés. Au-dessus de ces ouvertures, une réserve dans le moule en milieu de coque répond subtilement – et en diagonale – au redan d’étrave. A partir de 2 000 tours, les moteurs de 370 ch sont un peu bruyants si on laisse la nacelle ouverte. Depuis le tableau de bord, on a une bonne visibilité sur le plan d’eau – un peu moins si la porte avant est ouverte et salée par les embruns. L’instrumentation est aussi moderne que complète et on est parfaitement installé au poste de pilotage. Le tunnel entre les coques est précédé par une imposante nervure centrale – celle-ci a une triple fonction : celle de rigidifier la plateforme, de déflecter les vagues et enfin d’abriter le mouillage. Le 38 déjauge précisément à 13,5 nœuds ; Gaël Tannou peut nous en dire plus sur le comportement en mer de ce powercat, puisque c’est lui qui l’a ramené de Tunisie. Une belle traversée de la Méditerranée bouclée en 20 h à 15 nœuds de moyenne avec juste un refueling en Sardaigne. De fait, c’est bien entre 14 et 16 nœuds que les deux inboards Yanmar de 370 ch offrent le rendement le plus intéressant avec 40-45 l/h par moteur – même si l’autonomie ne dépasse guère les 200 milles à ce régime de 2 750 tr/min. L’effet « tunnel » entre les coques se fait déjà sentir, amortissant aisément vagues, clapot et autres sillages. A la barre, la conduite est souple et sereine, y compris lors des courbes engagées. On notera que l’Aventura 38 se veut simple et accessible – il n’y a pas de flaps pour éventuellement optimiser l’assiette. En poussant les gaz, on bute rapidement à 3 300 tours et 20 nœuds. Le confort en mer reste excellent ; les étraves fines passent avec souplesse dans la mer, tandis que le double redan limite les effets de tangage et le spray. A priori, les moteurs ont encore 400 tours à offrir pour atteindre 25 nœuds, mais les hélices de cette première monte semblent inadaptées – un grand classique du neuvage. L’accès à ces puissants blocs moteur (le constructeur démarre en effet avec 2 x 250 ch puis 2 x 320) est aisé depuis les grands coffres arrière. Précisons que le constructeur peut proposer deux moteurs hors-bord (jusqu’à 2 x 400 ch) ou encore une propulsion électrique.
A l’issue de nos tests de vitesse, de consommation et de comportement, nous nous dirigeons, juste au nord, vers la plage de Saint-Cyprien. Seuls 3 ou 4 bateaux sont au mouillage, nous offrant une eau transparente à perte de vue.
Toit ouvrant et porte avant
C’est le moment de démarrer le tour du Propriétaire que je ne suis pas… Premier constat par rapport au modèle Sport Cruiser que j’avais découvert en avril dernier : le grand module solarium/cuisine est ici remplacé par une plus classique banquette en U complétée par une table de 1,67 m de long par 0,80 de large (en moyenne, car le plateau est un peu triangulaire). On peut s’installer ici à 8 personnes. Sur chaque bord, un grand pavois rabattable permet d’agrandir le cockpit au mouillage. La manœuvre s’opère grâce à des treuils électriques. Quant à l’immense plateforme arrière, elle peut être immergée à la demande tout en restant facile grâce à son escalier intégré.
Contrairement à la tendance générale qu’on observe à bord des nouveaux powercats de moins de 40 pieds avec passage central, le cabinet d’architecture Lasta Design a préservé de vrais passavants ; si les marches d’accès côté cockpit n’affichent que 38 cm, on gagne vite 50 voire 60 cm en progressant vers l’avant. J’apprécie la main courante bien placée qui permet de bien se tenir s’il y a un peu de mer. Sur le rouf, pas de flybridge sur cette version, évidemment, mais des panneaux solaires, et surtout un incroyable toit ouvrant électrique de 184 par 114 cm. Je chronomètre Morgane à la télécommande : en moins de 15 secondes, c’est ouvert ou fermé (mais ça fait un peu de bruit…). A l’avant, le pontage en dur accueille un charmant salon avant avec une table de 96 par 70 cm convertible en bain de soleil. Quant à la baille à mouillage, elle est repoussée dans le coffre central ; tout à l’avant.
2 ou 3 cabines
La nacelle est accessible classiquement par une baie de 187 cm de hauteur par 174, mais également par une porte avant qui s’ouvre en deux parties (largeur = 47 cm), de sorte que la circulation est particulièrement facile et conviviale à bord de l’Aventura 38 Sedan. L’aération est elle aussi particulièrement favorisée – les trois grandes ouvertures optimisent évidemment la circulation de l’air, parfois même un peu trop, ce qui peut obliger à fermer la porte avant rapidement. La hauteur sous barrot maxi est de 2,01 m. La finition est flatteuse ; je regrette juste que de nombreux meubles présentent des angles très vifs – ce qui présente un danger quand la mer est agitée.
Un détail facile à régler en menuiserie. La partie arrière de la nacelle accueille à bâbord un beau carré avec une table de 155 par 66 cm ; les banquettes peuvent accueillir 5 ou 6 personnes, et même plus avec deux tabourets volants. En face, le constructeur a aménagé une vaste cuisine en L tout équipée ; ce plan d’aménagement n’a donc plus grand-chose à voir avec la version SC, qui propose deux tables symétriques. On accède par deux descentes (5 marches très larges) plus avancées aux cabines.
Des capots en L coulissants permettent de préserver l’intimité.
A bord de cette coque #3, le Propriétaire a opté pour deux cabines seulement. Celle de bâbord lui est dédiée ; elle est plus avancée que sa consœur de tribord, et surtout propose un dressing supplémentaire au milieu – celui-ci a été réalisé sur mesure. Chaque cabine dispose d’une hauteur sous barrot généreuse de 1,97 m, de grands couchages de 2 x 1,60 m, d’une vue sur la mer imprenable et d’une grande salle d’eau à l’avant. La version 3 cabines redistribue les volumes, avec le Propriétaire désormais installée à tribord – mais sans dressing. La coque bâbord accueille deux cabines autour d’une petite salle d’eau centrale.
Conclusion
Déjà trois versions en trois coques, sans parler des différentes motorisations offertes ! Le premier exemplaire de l’Aventura 38 était en effet un Sport Cruiser, suivi par un modèle Flybridge et un Sedan… La déclinaison Sport disposera d’un simple pare-brise pour se transformer en véritable cabriolet des mers. Reste qu’on ne peut donner tort aux responsables d’Aventura qui ont souhaité mettre cette coque #3 sous les feux de la rampe : le Sedan que nous avons découvert en Corse- du-Sud est assurément plus polyvalent que le SC. A bord, le confort et l’agrément pour une navigation à la journée sont assurés, mais on s’imagine aussi parfaitement caboter de crique en crique pendant l’été, ou encore flâner dans les eaux tièdes et turquoise des Bahamas…
Bon comportement en mer
Unité très séduisante pour le cabotage côtier… mais pas que !
Motorisation un peu bruyante quand la nacelle est ouverte
Beaucoup d’angles vifs dans les aménagements
Descriptif technique
Longueur hors-tout : 11,95 m
Longueur à la flottaison : 10,36 m
Largeur : 5,63 m
Tirant d’eau : 0,94 m
Déplacement lège : 9,8 t
Motorisation : 2 x 250/320/370 ch ou jusqu’à 2 x HB 400 ch ou hybride
Carburant : 1 200 l
Eau : 400 l
Cabines : 2 ou 3
Homologation CE : B10/C18/D24
Prix : à partir de 495 000 E HT



