Certes, les avancées techniques révolutionnaires des propulsions électriques et la promesse d’une autonomie sans limites sont aujourd’hui une réalité à bord de nos multicoques ; la prise en compte des enjeux écologiques n’est plus qu’un voeu pieux… Du côté de la propulsion « classique », les moteurs thermiques modernes constituent encore une formidable solution pour un catamaran à moteur simple, léger et durable. Les blocs de 110 CV qui équipent le C-Cat 40 Power Fish se caractérisent en effet par leur parfaite fiabilité, leur rendement remarquable et leur relative sobriété – sans parler de leur prix abordable.
Lieu de l’essai : Fiumiccino, Italie
Conditions : 0 à 5 noeuds de vent, mer calme
Infos pratiques
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Un powercat, pourquoi ? Pour quoi faire ?
Question aussi banale que provocatrice à l’orée d’un essai tel que celui-ci. La plupart des catamaransvoiliers du marché sont aujourd’hui largement (sur- ?) motorisés et les tendances récentes en matière d’équipement, de confort et d’espace ont eu pour conséquence d’alourdir significativement ces multicoques et de rendre la propulsion thermique… de moins en moins auxiliaire. Dans le cadre des navigations estivales, l’utilisation des voiles peut devenir quasi secondaire. Du coup, même si la navigation au moteur ne constitue pas forcément une source de plaisir, la plupart des pratiquants de multicoques à voile sont déjà bien rompus à la « route pêche ». Proposer à ces plaisanciers un powercat n’est donc pas une hérésie. Sans compter que le marché du catamaran à moteur se complète de la clientèle motonautique lassée du roulis des monocoques, et des primo-accédants. Si la voile pure, dans les régions ventées, reste un pur bonheur pour le cabotage, la régate ou le vagabondage océanique, elle impose des manoeuvres et se plie mal aux exigences d’un agenda serré.
Dans ce contexte, le marché du powercat connaît un essor particulièrement significatif – tout particulièrement aux Etats-Unis – depuis quelques années ; sa part dans le marché du multicoque de croisière est aujourd’hui de 15 %. Si le cahier des charges de la plupart des powercats impliquait d’atteindre voire de dépasser les 20 noeuds, cette pression sur les constructeurs quant à la haute vitesse tend à disparaître – on assiste à un retour en force du concept trawler, privilégiant la modération en termes de performances et de consommation pour gagner en autonomie. Le C-Cat 40 Power Fish, avec sa motorisation raisonnable, est tout à fait dans cette tendance. Difficile, dans ce contexte, de ne pas évoquer le Lagoon 40 PC et ses deux moteurs de 75 CV – un modèle né presque 10 ans trop tôt…
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Sur le plan du design, la transformation voilier-moteur est plutôt réussie ; le constructeur planche sur un flybridge classique.
L’architecte Marc Lombard mise sur ce léger cabrage pour faciliter le passage des étraves dans les vagues.
Un catamaran à moteur de taille raisonnable
Notre C-Cat 40 d’essai est une commande spéciale d’un amateur de pêche au gros qui souhaitait à la fois un intérieur cosy, une autonomie et une consommation raisonnables dans le cadre d’un périmètre Méditerranée ouest, le tout sans dépasser 40 pieds. L’évolution power du C-Cat 37 voilier (essai dans MM n° 195) semblait tout indiquée, la réputation et l’expérience du cabinet Lombard dans ce domaine étant indiscutables.

Le bastingage tout inox qui ceinture le pont est très sécurisant. Le plan de pont est bien celui du C-Cat 37 : l’empreinte du pied de mât est encore visible à l’avant du rouf.
Les échelons intégrés dans la structure du poste de commande/ veille n’assurent pas un accès aisé par mer agitée.
Marc Lombard : « Une large autonomie et une consommation raisonnable »

« En ce qui concerne les formes du C-Cat 40 Power Fish, les carènes du C-Cat 37 ont été rallongées de 80 cm environ afin de compenser le poids des moteurs, plus élevé que la version standard du voilier. Conformément aux conceptions de notre cabinet pour des catamarans conçus originellement comme voiliers et transformés en version power (Nautitech 47 Power, Euphorie 5, Long Island 78 et 85), la partie rallongée présente une zone plate et en nette inflexion par rapport à la ligne de quille du voilier afin de limiter l’angle de cabrage aux vitesses supérieures à 10 noeuds. Ces modifications de carènes, développées en CFD depuis bientôt 10 ans par notre cabinet, se sont avérées très efficaces et simples à mettre en oeuvre. Pour les mêmes raisons de simplicité de fabrication, cette zone plate ne possède pas de redans latéraux, mais reste très efficace pour les vitesses comprises entre 12 et 18 noeuds. L’avant de la carène est inchangé par rapport au voilier et permet au powercat de rester légèrement cabré, ce qui facilite le passage dans la mer formée. Les motorisations permettent d’atteindre une vitesse confortable voire relativement élevée pour rejoindre les lieux de pêche, tout en conservant une large autonomie et une consommation raisonnable. »
Aménagements soignés et douillets
La silhouette du C40 Power est agréable à l’oeil, moderne sans ostentation avec ses étraves légèrement inversées. Le garde-corps rigide épouse habilement la tonture du pont, tandis que le roof se révèle esthétiquement fluide et largement vitré. Les cloisons textiles du cockpit se fondent dans le toit du bimini, créant un bel espace semi-outdoor convertible, à vivre à la mer comme au mouillage pluvieux ou sous le soleil d’été. L’espace flybridge de la version fishing est un poste de pilotage et d’observation bien adapté à l’usage, mais réservé à une fréquentation agile ; ce n’est pas un salon de pont.
Une déclinaison plus conventionnelle et mieux adaptée au farniente ou au pilotage côtier sera proposée par le chantier. Le cockpit aménagé est sobre, comme il convient à l’usage marin (a fortiori en pêche), mais deux belles banquettes et une table 6 personnes permettent l’accueil de l’équipage en le protégeant du soleil, des embruns ou encore des frimas. La cloison mobile du salon de pont offre un accès direct à l’îlot cuisine ; une table dînette transformable en tatami fait aussi partie de l’équipement, comme le petit bureau table à cartes face à la marche. Comme toujours chez C-Cat, les menuiseries réalisées au chantier comme la superbe sellerie maison composent une atmosphère soignée et douillette. Dans les flotteurs, la lumière issue des grands panneaux découpés dans les bordés est spectaculaire ; la salle d’eau de notre version propriétaire est spacieuse et pratique, elle semble empruntée à une unité plus grande. Les deux cabines doubles du flotteur bâbord sont également très avenantes et confortables. Elles disposent d’un cabinet de douche-WC commun.
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Le cockpit, bien protégé, prolonge naturellement les aménagements.
On mesure sur cette image que la nacelle est relativement courte ; pour autant, à défaut d’une grande surface de plancher disponible, tout y est – carré, cuisine et table à cartes.
Une aisance surprenante
Depuis le tender vidéo-photo, l’attitude du C-Cat 40 Power est caractéristique : les étraves fines, la mise en volume progressive, l’aide du petit redan déflecteur, les rallonges arrière porteuses et le centrage des masses moteurs lui confèrent une aisance surprenante, malgré un léger cabrage. La vitesse de déplacement, l’agilité et le passage dans l’eau sont parmi les meilleurs observés. A bord, la souplesse du toucher d’eau se confirme. Au poste de pilotage, la vélocité du catamaran est bien réelle, et avec cette motorisation de 2 x 110 CV, la vitesse maximum dépasse les 18 noeuds – et elle est vraiment exploitable. Plusieurs paliers de compromis consommation- agrément-vitesse existent entre 12 et 15 noeuds. L’allure « promenade » à 10-11 noeuds est économique et favorise la vie à bord. Il est certain qu’un flybridge de hauteur plus modeste avec moins de prise au vent améliorera encore des performances déjà significatives. Les manoeuvres de port avec cette machine assez ramassée sont aisées. Quant au tirant d’eau, faible, il autorise une bonne accessibilité des fleuves et du trait de côte. La motorisation FNM (constructeur italien) offre un excellent cocktail qualité-prix-poids-puissance, puisque ce petit 1 300 cm3 à rampe d’injection commune développe donc 110 CV en version turbo (à géométrie variable) pour un poids de 202 kg. Le test des 1 500 premiers milles a confirmé que le choix est pertinent, si l’on en croit le témoignage d’Amerigo Guardigli de C-Catamarans : « Le C-Cat 40 atteint sa vitesse de croisière de 13 noeuds facilement, en laissant à l’équipage la liberté de se consacrer aux différentes activités à bord. Vous oubliez presque que vous voyagez vite ! La consommation à ce régime se limite à 2 l/ mille. Dans le carré, vous disposez d’une vue à 360 degrés tout en cuisinant ou en vous relaxant sur le canapé. Quand l’on traverse les sillages des autres bateaux, le passage est doux et le mouvement du catamaran cesse immédiatement après. Dans le cas d’une croisière super économique, vous pouvez également naviguer avec un seul moteur à 8 noeuds. Actuellement, nous étudions de nouvelles hélices qui devraient encore faire progresser les performances et le rendement. »
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Pas d’island bed et de lit kingsize à bord de ce powercat compact, mais tout de même une coque tribord qui peut être dédiée au propriétaire.
Le couchage avant bâbord s’accommode d’une coque aux entrées d’eau fines…
Conclusion
Bravo à C-Cat d’avoir osé la mise au point de ce « petit » powercat agréable et confortable. Sa polyvalence peut tenter l’amateur de vitesse comme le croiseur raisonnable. Une version avec flybridge compact et aérodynamique offrira un beau potentiel de baroudeur au voyageur qui se contentera d’une belle moyenne de 10 noeuds. Dans cet esprit, l’option 2 x 150 CV ne m’a pas du tout semblé indispensable.
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Le tirant d’eau réduit à 60 cm autorise la remontée et la découverte de la plupart des cours d’eau navigables.
Les moteurs sont coiffés d’un capot qui fait office de marche ; bien utile pour descendre dans les cales !
LES + :
+ Maniabilité
+ Agilité
+ Rendement mécanique
LES - :
- Accessibilité fishing station sportive
- Consommation à vitesse élevée
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : C-Catamarans
Architecte : Marc Lombard Yacht Design
Longueur : 11,82 m
Largeur : 5,84 m
Tirant d’eau : 0,60 m
Tirant d’air : 5,05 m
Déplacement lège : 6,50 t
Déplacement en charge : 9,30 t
Motorisation : 2 x 110 CV ou 2 x 150 CV
Carburant : 2 x 200 l
Eau : 2 x 300 l
Cabines : 2 ou 4 Salles d’eau : 2
Prix version standard 2 cabines/ 2 salles d’eau : 343 000 € HT
Principales options en € HT
Version Club 3 cabines : 7 300
Version Armatoriale 4 cabines : 12 000
Pack électronique + électricité intérieure avec 220 V : 13 000
Guindeau et mouillage : 3 350
Equipement sécurité : 3 597
Livraison et mouillage 1 semaine à Fiummiccino : 7 500
Options moteurs : 110 CV : 22 000 - 150 CV : 35 000
Dessalinisateur Schenker 50 l/h : 6 900 Chauffage Webasto air pulsé : 5 000







