La genèse de ce petit powercat est intéressante, puisqu’il s’agit d’une évolution d’un modèle utilitaire pour la plaisance. Robustesse, rusticité et esprit pratique sont toujours bien présents à bord de ce modèle de la gamme Adventure, mais des aménagements spécifiques permettent à des plaisanciers d’en profiter pleinement… Nous avons pu découvrir ce concept de plus près lors du dernier Grand Pavois de La Rochelle, où le Cheetah Adventure 690 était présenté.
Infos pratiques
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Conditions : mer peu agitée, 12 nœuds de vent de nord-ouest
Une cloison tous les 60 cm
La marque de powercats Cheetah est connue avant tout en Grande- Bretagne : depuis 30 ans, le constructeur a construit là-bas plus de 350 unités. Au départ, il s’agissait de disposer d’engins capables d’être mis à l’eau depuis une plage de l’île de Wight. L’endroit n’a rien d’un abri tout temps, et c’est justement parce que les rouleaux pouvaient être de la fête que les Cheetah ont d’entrée de jeu imposé et perpétré un ADN de vrais marins. Ces catamarans à moteur constituent aujourd’hui une gamme relativement stable – comprenez que les modèles ont une durée de vie plutôt longue – de 6 à 11 m. Côté construction, Cheetah Marine Catamarans privilégie l’application de résine au contact. Les œuvres vives sont réalisées en monolithique pour faciliter les éventuelles réparations. Les œuvres mortes adoptent un sandwich PVC. La particularité des coques des powercats Cheetah, c’est qu’elles sont cloisonnées tous les 60 cm. De fait, ces catamarans sont quasi insubmersibles.
Un cockpit à tout faire
Le Cheetah Adventure 690 se présente comme un walk around dont la timonerie semi-ouverte est très avancée, libérant un très vaste cockpit de 2,20 m de large. Les aménagements se résument en effet à une banquette de 140 cm en L sur l’arrière bâbord et à une petite table ronde attenante de 57 cm de diamètre. On peut compter sur quelques coffres ; le plus spectaculaire d’entre eux est aménagé à l’extérieur du cockpit, entre les deux moteurs. Ce volume de rangement XXL fait également office de mini plate-forme arrière – une échelle de bain est bien présente. D’autres rangements se concentrent sous la planche du tableau de port, avec un évidement de chaque côté et un coffre avec panneau au milieu. Tout le fond du cockpit est recouvert d’un épais revêtement particulièrement doux pieds nus ; en revanche, sa couleur gris foncé pourrait se révéler incompatible avec le soleil tropical, et même l’été méditerranéen. Le pavois, haut de 74 cm, est particulièrement protecteur et rassurant quand on embarque des jeunes enfants. Du coup, l’accès à la plage avant n’est pas si évident. Le constructeur a pensé à proposer un caisson qui fait office de marche là où on a besoin – très pratique ! Plus haut sur le pont, de part et d’autre de la timonerie, les passavants sont étroits (17 cm minimum), mais la circulation reste sécurisée grâce à un balcon avant aussi robuste qu’enveloppant et aux bonnes prises qu’assure la structure en aluminium « barre de toit ». Nous abordons enfin les spécificités « Adventure » ! La structure métallique avec son échelle latérale (sur bâbord) permet de mettre rapidement en place un taud de soleil, mais également de fixer surfs, paddles et même des vélos. L’autre innovation, c’est le pavois ouvrant sur tribord attelé à un système de relevage à manivelle. Quelques secondes suffisent pour ouvrir complètement le cockpit sur la mer – ou le quai. Cette configuration rappelle les standards des pontoon boats, mais avec des qualités marines qui n’ont rien à voir, comme nous allons le constater. A noter : le constructeur est ouvert à la personnalisation de chaque coque ; on peut ainsi envisager un grand solarium, des banquettes supplémentaires, une cuisine extérieure, un WC, etc.
Les vagues ne lui font pas peur…
On ne le répétera jamais assez : deux moteurs bien écartés sont un gage de manœuvres faciles. En inversant les commandes, le Cheetah pivote sur place, et s’extraire du labyrinthe de pontons du salon devient amusant.
Dans le chenal du port, nous sommes accueillis par un vent de mer modéré et un petit clapot. La vitesse est logiquement limitée à 5 nœuds jusqu’à la dernière paire de bouées verte et rouge ; c’est parti pour le test ! A défaut d’un design de carène à la mode, le Cheetah 690 s’appuie sur l’expérience de son constructeur en matière de qualités marines. Difficile de douter, en la matière, de l’expérience de l’équipe qui conçoit ces powercats destinés aux usages les plus exigeants. Pas de confort feutré, mais des mouvements souples et rapidement amortis. Face au clapot, quelques embruns – faute de déflecteurs et/ou de redans suffisamment efficaces – s’invitent à bord. On est parfaitement protégés dans la timonerie ouverte – un peu moins quand on est placé plus en arrière dans le cockpit. Le vitrage déperlant retenu permet de se passer d’essuie-glaces. Nous disposons de la motorisation la plus puissante avec 2 x 100 CV ; le constructeur propose également deux paires de 80 CV ou 90 CV. Le range est donc relativement serré dans un registre qui n’a rien à voir avec les puissances habituellement validées aux Etats-Unis. De fait, les performances sont plutôt sages. La vitesse max avec les 2 x 80 CV est de l’ordre de 20 nœuds, 24 avec 2 x 90 CV, alors que nous avons atteint 28,2 nœuds avec nos 2 x 100 CV. Côté accélération, il nous a fallu 7,81 s pour atteindre 20 nœuds (déjaugeage vers 11 nœuds à 2 800 tr/min). Des chiffres à mettre en perspective avec ceux de l’Aquila 28 Molokai – 0 à 20 nœuds en 3,8 s et 40,8 nœuds de vitesse max – et du WorldCat 280CC-X – 0 à 20 nœuds en 5 s et 43 nœuds de vitesse max. Précisons que ces deux powercats que nous avons pu essayer étaient dotés de 2 x 200 CV – et présentent des coques un peu plus longues. Logiquement, la consommation du Cheetah est raisonnable, puisqu’on parvient, à pratiquement 17 nœuds, à brûler 1,4 l de carburant par mille parcouru.
En revanche, les réservoirs livrés (2 x 100 l) n’autorisent pas de très longues traites, avec une autonomie inférieure à 200 milles dès les 6 nœuds dépassés.
La rigidité de la plate-forme est perceptible : le pont ne montre aucune souplesse. Les virages s’enchaînent facilement et à plat ; la direction hydraulique n’est pas un modèle de douceur, mais elle a l’avantage d’être très directe. Mer de travers, on retrouve la stabilité qui prévalait déjà à l’arrêt. Avec ses deux coques bien défendues (98 cm de franc-bord à l’avant, 90 à l’arrière) et son centre de gravité très bas, le Cheetah 690 ne connaît pratiquement pas le roulis. Si nos conditions du jour plutôt maniables ne nous ont pas permis de pousser l’Adventure dans ses retranchements, le passif de cette coque qui équipe depuis presque 10 ans des pilotes, douaniers, gendarmes et autres plaide pour une confiance absolue. Ce powercat est assurément un marin avant tout !
Conclusion
Cette déclinaison plaisance d’un catamaran à moteur de travail est très convaincante ; le grand cockpit à tout faire, assorti de son pavois ouvrant et de ses barres de toit, se prête à de nombreux programmes de navigations à la journée (surf, découverte, plongée) avec la garantie de disposer d’un powercat dont la carène est éprouvée. On aimerait juste pouvoir aller encore plus loin sans embarquer trop de bidons de carburant – l’installation de réservoirs plus grands devrait être envisageable.
690 ou 720 ?



Descriptif technique
Longueur : 6,90 ou 7,20 m
Largeur : 2,55 m
Tirant d’eau : 0,30 m
Motorisation : HB 2 x 80/90/100 CV
Vitesse max avec 2 x 100 CV : 28,2 nœuds
Carburant : 2 x 100 l
Prix avec 2 x 80 CV : 129 167 € HT
Design rustique, mais attachant et indémodable
Cockpit personnalisable
Mouille un peu face à la mer


