Le catamaran Cora 48 est un nouveau venu dans le monde des powercats de 45 à 50 pieds. Pour autant, même si le secteur est de plus en plus concurrentiel, il s’appuie sur le savoir-faire d’un chantier hautement qualifié, et apporte avec lui une qualité de fabrication et des prestations résolument haut de gamme.
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Conditions : vent de sud-est 7-9 nœuds, mer belle
Les powercats sont de plus en plus nombreux en Australie, comme j’ai pu le constater lors du récent Sanctuary Cove Boat Show, où toutes les grandes marques mondiales étaient représentées. Les acheteurs qui montent à bord sont nombreux à devenir Propriétaires d’un multicoque pour la première fois. En discutant avec certains de ces primo-accédants, j’ai découvert que ce qui les attirait sur ce type d’embarcation, c’est avant tout l’espace à bord et le fait qu’un multicoque se manœuvre de manière relativement facile. S’ajoute à cela une consommation de carburant modérée, une caractéristique particulièrement importante en raison du vaste littoral australien. Des critères intéressants qui semblent justement correspondre à ce que le Cora 48 propose.
Une nouvelle marque, mais un solide héritage
Le Cora 48 est construit par le chantier thaïlandais PMG Shipyard. Ce chantier peu connu du grand public possède pourtant une longue expérience dans la construction d’unités à voile ou à moteur de 38 à 105 pieds, et principalement de catamarans. Philippe Guénat, un ressortissant suisse, a monté ce chantier sur le golfe de Thaïlande (plus précisément à Rayong, à quelques heures au sud-est de Bangkok) en 2004. Les influences sont largement européennes, avec notamment la participation de l’architecte naval Dr Albert Nazarov, mais on relève également aussi un savoir-faire venu d’Asie-Pacifique, puisque le chef de projet Dean Thompson est originaire de Nouvelle-Zélande. Diplômé du New Zealand Shipyard Marine Technical College, Dean s’est spécialisé dans l’utilisation de la fibre de carbone infusée sous vide pour les catamarans à voile, dont un récent modèle de 80 pieds signé Berret-Racoupeau Yacht Design.
Les ventes sont quant à elles assurées par un concessionnaire australien expérimenté, The Yacht Sales Co, qui est spécialisé dans d’autres marques semi-custom telles qu’Iliad. Mark Elkington, le patron de l’entreprise, considère ainsi que Cora Cat s’intègre parfaitement entre leur marque de production Fountaine Pajot et leur marque d’aventure haut de gamme Iliad.
Des propos qui ont bien sûr du sens au regard du positionnement de la marque. Philippe Guénat explique ainsi que « le Cora 48 est une évolution des modèles Héliotrope, construits de manière semi-custom depuis plusieurs années, et que ce catamaran est spécifiquement adapté aux eaux australiennes ».
De fait, la série Héliotrope a déjà connu un certain succès en Australie, et le chantier entend poursuivre dans cette direction. Compte tenu du haut degré de personnalisation, le constructeur prévoit de ne construire qu’environ trois unités par an, ce qui renforce le côté exclusif de cette production confidentielle.
Une ligne moderne et intemporelle qui inspire le respect
Dessiné par le cabinet Albatross Marine Design, le Cora 48 affiche une allure moderne, mais pas extravagante. Les lignes simples sont relativement fluides, ce qui donne un côté intemporel à ce coup de crayon. Le Cora 48 se distingue également grâce à son très grand hard-top (peut-être même un peu trop grand) : une caractéristique qui permet d’offrir une protection optimale au flybridge et qui autorise aussi l’installation de panneaux solaires. On note encore que ce flybridge s’étend largement de chaque côté pour protéger l’intégralité du cockpit.
Vu de l’arrière, ce dessin donne un aspect très robuste au catamaran, d’autant qu’il profite d’une bonne largeur. Les jupes ne sont pas très grandes, mais elles sont complétées par une plate-forme centrale hydraulique qui accueille l’annexe grâce à des cales ad hoc – cette grande surface à fleur d’eau peut aussi faire office de plage privée au mouillage.
Une bonne esthétique, en plus d’être agréable à l’œil, se traduit souvent à l’usage par un navire marin et efficace ; le Cora 48 ne déroge pas à la règle... Les lignes angulaires et inclinées réduisent la prise au vent, tandis que la coque utilise un bouchain vif pour minimiser la traînée tout en offrant plus de volume au-dessus de la ligne de flottaison. Quant aux étraves inversées, elles procurent un look moderne au Cora 48, tandis que de petites ailettes permettent de limiter les projections d’eau sur l’avant du navire.
Un plan de pont simple, mais fonctionnel
Depuis les jupes arrière, deux marches permettent d’accéder au cockpit arrière. Il s’agit d’un grand espace habillé de Flexiteek avec une banquette et deux tables – le tout est donc couvert par le flybridge. Un bar a également été installé le long de la cloison de séparation entre le cockpit et le carré. Dès lors, une fois la fenêtre ouverte, on profite d’une communication directe avec la cuisine, et d’un espace idéal pour prendre un verre ou pour manger. De nombreux rangements sont disponibles sous les banquettes, et un placard sous les marches du flybridge abrite le lave-linge et le sèche-linge. Des trappes de chaque côté du cockpit facilitent l’accès aux salles des machines. L’accastillage comprend des rails en inox 316 et des portillons de tableau arrière de la même qualité.
La circulation vers l’avant est facilitée par de larges passavants et des balcons assez hauts. Le constructeur a aussi décidé d’utiliser des capots de pont surélevés, une petite faute de goût au niveau esthétique, mais je les préfère pour ma part aux modèles totalement encastrés qui risquent de fuir. Le pont avant est assez traditionnel, avec un double solarium et des appuie-têtes rabattables, heureusement pas trop proéminents, ce qui n’obstrue pas la vue en navigation. On trouve encore dans cet espace quelques coffres de rangement ainsi que le puits à chaîne et le guindeau vertical fixé à un rouleau d’étrave sous le pont et à une ancre Delta de 30 kg avec 50 m de chaîne. En outre, trois jeux de taquets de chaque côté garantissent un amarrage en toute sécurité.
Un flybridge pour naviguer au grand air
Surplombant le pont, le flybridge ajoute forcément de la prise au vent et, à bord de notre modèle d’essai, cela a été accentué par le Propriétaire qui a ajouté des toiles de protection pour empêcher les insectes tropicaux et la pluie d’atteindre le poste de barre. Toutefois, ce flybridge offre aussi l’avantage d’offrir un troisième espace de vie avec une dînette et une banquette à l’arrière. On y trouve également quelques éléments très qualitatifs, à l’image des deux tables en teck fabriquées à la main avec des inserts, un grand wet bar en forme de L et un barbecue. Cet espace sera assurément fonctionnel et élégant à l’heure des cocktails au coucher du soleil. A l’avant, sous le hard-top en fibre de verre, se trouve le poste de pilotage (le seul du bord) avec un siège baquet réglable et un canapé à côté. Les commandes sont un mix agréable d’ancien et de moderne – compte-tours analogiques pour les deux moteurs Steyr de 280 ch –, ainsi que la manette du propulseur d’étrave et l’écran de navigation Garmin.
Un pont principal pensé pour les longues croisières
Du cockpit, de solides portes coulissantes donnent accès au salon situé au même niveau. Dès la porte franchie, on trouve sur bâbord une cuisine dotée d’un îlot central. Cette cuisine est très fonctionnelle dans cette configuration, mais aussi grâce aux plans de travail en composite Hi Max autour des deux éviers, à la plaque de cuisson en céramique à deux feux et enfin au four à convection au-dessus. Il y a également de la place pour un micro-ondes. Sur tribord, on trouve un grand réfrigérateur, deux congélateurs à tiroirs et d’autres placards de rangement avec de profonds puits de rangement qui abritaient des plantes sur notre powercat d’essai. Bref, le Cora 48 est parfaitement équipé pour la croisière au long cours.
En continuant sur l’avant, un salon prend place sur une partie rehaussée. Cela offre une vue dégagée lorsque l’on est assis, mais il faudra faire attention à la marche. Là encore, les aspects pratiques abondent, notamment la table qui se transforme en lit et la grande fenêtre avant qui laisse passer l’air, sans oublier les ventilateurs électriques Caframo de qualité.
L’autre atout de cet espace, c’est la grande hauteur sous barrot et les larges surfaces vitrées qui en font un espace aéré, ce qui est essentiel pour les croisières sous les tropiques. La finition réalisée en gelcoat et en stratifié de bois clair est très soignée. On note les angles arrondis présents sur tous les meubles, y compris les structures des couchages. Ce genre d’attention donne une idée du soin apporté à l’ensemble.
Des aménagements intelligents
Le Cora 48 est disponible en version trois ou quatre cabines, cette dernière étant idéale pour la location. Le powercat que nous essayons est destiné à un usage familial. Dès lors, la coque bâbord est entièrement occupée par une suite. En descendant dans la cabine, je suis accueilli par une chaise longue qui pourrait faire l’affaire pour la nuit, tandis qu’à l’arrière se trouve le lit double queen size (il mesure 1,70 x 2,00 m). L’espace est entouré de grandes penderies et divers rangements, avec beaucoup de ventilation naturelle. En avançant, je passe devant le bureau/coiffeuse et son siège, et je parviens à la salle de bains longitudinale aux murs carrelés et aux accents en teck. La douche est équipée d’un siège et d’un caillebotis en teck avec une grande évacuation d’eau, et les éclairages indirects distillent une atmosphère chaleureuse à l’ensemble.
Savamment dissimulée, une porte mène à un grand espace dédié au système électrique, un agencement de rêve pour un technicien.
La coque tribord accueille de son côté deux cabines jumelles avec salle d’eau et douche communes. L’espace au-dessus du lit transversal avant est suffisamment dégagé pour permettre aux occupants de s’asseoir sans se cogner la tête, et le capot de pont permet d’aérer l’ensemble. Le lit arrière est le même que celui du Propriétaire, donc très spacieux et, là encore, on y trouve des rangements et une ventilation naturelle. Enfin, que ce soit sur bâbord ou sur tribord, il convient de saluer la qualité des équipements, avec notamment des fermetures métalliques et des portes parfaitement ajustées.
Une coque robuste qui tient bien la mer
La croisière côtière est un territoire idéal pour ce type de catamaran à flybridge, loin des rigueurs du large qui peuvent rendre ce style de navire inconfortable (en tout cas leur poste de barre surélevé). Au contraire, le Cora 48 permet de longer la côte et même de s’échouer, et c’est l’une des principales raisons pour lesquelles le Propriétaire – un agriculteur du Queensland – a choisi ce catamaran : « Nous vivons dans un endroit appelé Bowen, qui possède une longue plage. A l’aide de nos engins agricoles, nous prévoyons de remorquer si besoin le Cora sur le sable », a-t-il expliqué.
En effet, l’extrême nord de l’Australie connaît parmi les plus grandes marées du monde avec un marnage pouvant atteindre plus de 10 m. Ayant navigué dans cette région et vu des navires échoués, j’apprécie les efforts du chantier naval PMG pour s’assurer que le Cora 48 puisse être mis à sec ; les gouvernails et le sabot de la coque protègent efficacement les hélices. La coque est réalisée en polyester monolithique autour de ces points de pression, avec une infusion de mousse sous vide au-delà. Cela crée une coque assez légère, plus facilement propulsée par les moteurs de 280 ch. La structure de la coque en elle-même comprend des cloisons étanches – pour les salles des machines et les étraves. Les normes de construction proposées par le chantier sont conformes à la charte australienne AMSA et à la norme européenne CE, ainsi qu’à la norme Lloyds. Enfin, lors de mon essai en mer, la hauteur de la nacelle m’a semblé plus qu’adéquate (0,85 m).
Pour tester ce catamaran, la navigation au moteur dans les conditions calmes derrière les îles abritées de la Gold Coast australienne était idéale, bien qu’il s’agisse d’un test plutôt facile au regard des aptitudes du bateau. Pourtant, c’est ce que les propriétaires de bateaux de croisière font le plus souvent. Néanmoins, le sillage des bateaux à moteur qui passaient a créé un mouvement de vague important qui a été facilement géré par le Cora 48, la houle étant balayée sous la nacelle. Les performances restent modestes, comme on peut s’y attendre compte tenu du rapport poids/puissance, mais on peut tout de même atteindre 17 nœuds si nécessaire. La vitesse de croisière s’établit quant à elle autour de 10 nœuds, ce qui permet au catamaran d’afficher une consommation d’environ 9,45 litres par heure. D’après mon essai en mer, le Cora 48 est ainsi capable de parcourir 1 600 milles avec un seul réservoir, c’est plutôt bien.
Autre bon point, les deux moteurs Steyr étaient silencieux et leurs boîtes de vitesses souples lorsque j’ai enclenché la marche arrière pour faire tourner le bateau. Pour les skippers expérimentés, le propulseur d’étrave n’est guère nécessaire, mais pour les autres, il est pratique pour accoster un quai lorsqu’un vent latéral souffle sur les flancs du powercat. Le siège baquet s’est avéré confortable et les toiles transparentes ont permis de garder la console à l’abri, tandis que le hard-top protège efficacement du soleil.
Conclusion
Au final, le Cora 48 tient parfaitement ses promesses : ce powercat conçu pour la croisière côtière est bien construit, et sa puissance modérée associée à de grands réservoirs lui offre une autonomie record. Ce nouveau modèle propose aussi de nombreuses fonctionnalités et un maximum de confort. C’est enfin un catamaran semi-custom, c’est-à-dire qu’il peut vraiment être adapté à vos besoins, et le tout à un prix intéressant. Qui dit mieux ?
L’avis du pro : Des systèmes intelligents

En ce qui concerne le système propulsif, les deux moteurs Steyr de 280 ch sont conçus pour des coques à déplacement, ce qui offre l’avantage d’offrir une autonomie importante. Leur construction en alliage et les boîtes de vitesses avant avec V-Drive permettent d’économiser beaucoup d’espace. Il y a également beaucoup de place autour des moteurs pour accéder à tous les points d’entretien. A l’extérieur de ceux-ci, j’ai remarqué le quadrant robuste et les traverses du système de direction hydraulique. A tribord se trouve également le générateur Fischer Panda de 15 kW, tandis qu’à bâbord se trouvent le dessalinisateur Stella de 160 l/h et un système de climatisation à cycle inversé de 64 000 BTU. Grâce à des grilles situées sur le haut du tableau arrière, les deux salles des machines profitent d’une bonne ventilation et, enfin, le catamaran est équipé d’un système d’extinction d’incendie Fireboy.
Autonomie
Confort à bord
Marche devant le salon intérieur
Jupes un peu petites
Descriptif Technique
Architecte : Albatross Marine Design
Longueur hors tout : 14,75 m
Largeur : 7,23 m
Tirant d’eau : 0,99 m
Tirant d’air : 6,79 m
Déplacement à vide : 12 800 kg
Déplacement en ordre de marche : 24 000 kg
Motorisation standard : 2 x 280 ch Steyr
Eau douce : 800 l
Carburant : 2 000 l
Eaux noires : 300 l
Eaux grises : 300 l
Certification CE : Catégorie A
Prix : 1 450 000 US$ HT départ chantier (Thaïlande)





