Encore optimisé et toujours plus confortable, le catamaran à moteur Cumberland 47 LC conserve des qualités nautiques exceptionnelles doublées d’une autonomie quasi inégalée : les océans sont à portée d’étrave.
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Le cata à moteur, on y croit chez Fountaine Pajot depuis 2000. Et le chantier a su profiter d’un certain flottement sur ce créneau de son gros concurrent Lagoon. La gamme moteur (Power 43 puis Power 44) du leader mondial du catamaran a en effet été mise sur la touche il y a six ans pour assurer la production de la gamme Hybrid. Mais il semble que certains bruits de couloirs indiquent que les catamarans à moteur chez Lagoon vont bientôt revenir en force, avec un 62 pieds qui serait en gestation. Mais chut, c'est encore un secret ! De son côté, le chantier Fountaine Pajot parvient, avec un certain brio, à prendre clairement l’avantage avec une gamme de trois modèles de catamarans conçus spécifiquement pour un usage moteur. Le plus récent est le Cumberland 47 LC, présenté à la Grande Motte à l’occasion du Salon du Multicoque. Ce Cumberland est bien connu des amateurs de bateaux à moteur puisqu'il est issu du vénérable 44, lancé en… 2001 ! A l’époque, il rejoint comme Flagship – bateau amiral – les Greenland 34 et Maryland 37. 110 exemplaires plus tard, il gagne un peu en longueur pour devenir 46. Nous sommes alors en 2010. Et cette année, Fountaine Pajot a décidé de remettre son Cumberland une nouvelle fois à l’ouvrage. L’idée maîtresse est avant tout un tournant marketing : fini le vocable trawler (littéralement chalutier…) synonyme de lenteur et de caractère un peu mou. Et puis, sur le plan économique, c’est « trop restrictif », assène Steven Guedeu, directeur commercial du chantier. « Le trawler représente 150 millions d’euros sur les 4 milliards que représente le marché des bateaux à moteur de 35 à 70 pieds, soit 5 % seulement du marché. » Place à la gamme MotorYacht, dont le nouveau-né est ce Long Cruise ! Deux mots qui démontrent que le chantier croit au luxe dans le catamaran à moteur et qu'il défend toujours la très grande autonomie de ses modèles tout en mettant l’accent sur les performances, nettement supérieures à celles des trawlers traditionnels. La cible de ce repositionnement ? Les vedettes « traditionnelles ». A une seule coque… Les arguments massues ? Ils sont nombreux. A commencer par la première des qualités des catas à moteur, une consommation réduite de 40 à 50 % grâce à une maîtresse section immergée de traînée moindre. « Jusqu’en 2005, détaille Steven, nos clients se moquaient du poste carburant. Depuis, ça ne plaisante plus du tout : la consommation revient dès la 5e question. » Deuxième point fort du cata, un roulis réduit par mer de travers comme au mouillage. « Quand on sait que l’équipage passe 90 % sur le fly, forcément plus sensible encore aux mouvements du bateau et le coût des stabilisateurs mis en place sur les vedettes, on mesure l’intérêt des deux coques », poursuit notre skipper du jour. Troisième avantage, bien connu des adeptes des catas à voile, la séparation des fonctions avec une nacelle et de vastes surfaces extérieures conviviales et des coques qui proposent des vraies cabines où l’intimité n’est pas une simple vue de l’esprit. Quant aux points noirs souvent évoqués au sujet des catamarans à voile, ils sont ici moins nombreux. La largeur importante des voiliers à deux coques – indispensable pour les performances et la stabilité – est ici bien plus faible, presque comparable à une vedette classique. Reste le prix, plus élevé pour la même longueur… Mais le confort du 47 LC équivaut à celui d’un yacht de 60/65 pieds.
Le Cumberland 47 LC atteint les 24 nœuds sur eau plate : un vrai bateau à moteur avec des carènes spécialement étudiées.
Vitesse ou grande autonomie, il faut choisir
Dans le port des Minimes, malgré un vent de travers soutenu, le Cumberland 47 LC parvient à s’extraire facilement de sa place. Selon les employés du chantier, nul besoin de monter des propulseurs. Une fois embouqué le chenal et paré la dernière bouée, je mets la barre un peu à droite et enfonce les deux manettes de gaz. Face à un clapot court, le 47 LC atteint 23 nœuds – il marche à 24 sur eau plate. Nous sommes équipés de la plus forte motorisation – 2 x 300 CV Volvo – alors que les deux moteurs livrés en série sont des 225 CV, permettant tout de même de dépasser les 20 nœuds. Evidemment, à plus de 3 500 tours, la consommation tourne autour des 100 litres/heure, offrant environ 500 milles d’autonomie. Si vous baissez le régime pour atteindre la vitesse de croisière, soit 15 nœuds, la consommation est déjà divisée de moitié… Mais c’est en reprenant un régime trawler – décidément, on ne s’en sort pas si facilement – que le Cumberland devient selon nous particulièrement intéressant. En restant un peu en dessous de 7 nœuds, on parvient à se caler à un litre au mille, soit une autonomie exceptionnelle de 2 400 milles. Car la capacité des réservoirs, initialement de 1 600 litres, a été portée à 2 x 1 200 litres. De quoi traverser un océan ! La distance peut être optimisée encore en jouant sur les deux moteurs : par vent et mer arrière, on ne met qu’un moteur en route, celui qui est sous le vent pour soulager le travail de la barre. Le chantier est bien conscient de l’intérêt que porteront les adeptes de la grande croisière à ces possibilités de traversées océaniques : le Cumberland 47 LC présenté dans quelques semaines à Cannes s’offrira un tour d’Espagne… sans refaire les pleins ! A noter : le montage IPS – avec des pods orientables – permettra d’optimiser la consommation de 10 à 15 % selon le constructeur. Le premier modèle équipé de la sorte est actuellement en finition.
C'est à 7 nœuds que ce cata à moteur offre l’autonomie la plus importante.
Un poste de barre à quatre mètres au-dessus de la mer
La position de barre sur le flybridge est très confortable et séduisante : perché à 4 mètres au-dessus de la surface, la visibilité est optimum sur 360°. Un plus évident à l’heure de la manœuvre. Le petit volant est d’une douceur exemplaire, il est particulièrement aisé et rapide de le tourner de butée à butée. Et la bonne idée du chantier est d'avoir prévu un très léger point dur pour indiquer le neutre : pratique ! Quand on tourne à fond à plein régime, la sensation est étonnante comparée à une vedette : le rayon est plus grand et la contre-gîte absente. Rappelons que, pour les manœuvres à faible vitesse, on joue principalement sur les moteurs (avant/arrière) et non pas sur les safrans. Le vent et les très rares embruns – nous sommes encore à fond, rappelons-le – sont efficacement cassés par le brise-lame en plexiglas. Banquettes, table, bain de soleil, mini-cuisine (en option), ce fly est une vraie terrasse avec vue imprenable de près de 20 m2 ! Le comportement du bateau avec cette courte mer de face est exemplaire. Les mouvements sont étonnamment doux et amortis. Reprenons en détail les fameuses carènes du 47 LC, légèrement rallongées comparées à celles du 46. Elles forment un V marqué pour avaler les vagues en douceur. Les entrées d’eau sont fines mais coiffées juste au-dessus du brion d’étrave d’un léger redan – lequel s’épanouit franchement plus en arrière – pour déflecter les embruns. Marqué à l’intérieur, il assure une largeur supérieure au niveau des couchages tandis que l’arrière présente un volume important. On note enfin la hauteur très importante de la nacelle afin de limiter au maximum les chocs dans la mer formée.
Large passavant, grandes jupes, le Cumberland est bien plus confortable que n'importe quelle vedette à moteur…
Le plan de pont n’a bien sûr rien à voir avec celui d’une vedette. Le 47 LC offre une plage avant XXL – équipée d’une belle banquette – et surtout des vrais passavants larges et dégagés. Promenez-vous sur le pont d’une vedette et vous comprendrez de quoi nous parlons… Le guideau et son mouillage sont abrités dans un énorme coffre bien centré. Les mains courantes sont constituées par la lèvre inférieure du sommet du rouf. On préférerait des vraies mains courantes en inox, à l’ancienne. Mais le bastingage fixé sur l’élégante lisse en bois assure déjà une bonne sécurité. Plus bas, sous les vitrages, la très longue ceinture du rouf est malheureusement trop pentue pour faire office d’assise… Pas très grave, des endroits pour se poser, il y en a partout, à commencer par les bancs de balcons nichés dans les étraves, le cockpit arrière, bien équipé avec sa table – on y mange à six en utilisant quatre chaises et une petite cuisine – sans oublier les deux jupes arrière.
Pour les quarts de nuit, ou si la météo ne permet pas de naviguer sur le fly, on pilotera le 47 LC de l'intérieur avec le joystick. Facile, ludique et... confortable !
Aménagements intérieurs : un design plus nerveux
A l’intérieur, le chantier a conservé une trame classique pour ses aménagements. On retrouve donc une vaste pièce centrale généreusement vitrée, une belle hauteur sous barrot de 1,97 m, le poste de commande central assorti d’une table à cartes, la cuisine en U sur bâbord et le carré en face. Le design a toutefois évolué par rapport au Cumberland 46 : fini les meubles arrondis, place à des formes plus anguleuses et des liserés en cuir. Toute l’installation électrique est désormais de type Multiplex, c’est-à-dire sans fil. La table du carré – un peu petite avec ses 51 par 103 cm – est modulable. La nôtre dispose d’un volume de rangement. Il possible de commander un plateau plus grand (jusqu’à 75 par 130 cm, soit la dimension de la table de cockpit) et plus haut. On note, sur le vaste poste de pilotage intérieur, la présence d’un joystick qui remplace la traditionnelle barre. On peut s’y installer à trois et il y a encore une banquette à bâbord. La vue sur l’extérieur est parfaite. C’est assurément le parfait emplacement pour piloter le 47 LC par mauvais temps ou la nuit. La cuisine s’étale sur le bordé bâbord. Vaste plan de travail, rangements à profusion, deux grands frigos de 90 litres, vous vous sentirez comme à la maison – sinon mieux. Dans les coques, deux possibilités : la version quatuor présente quatre cabines. Celles de l’arrière sont les plus généreuses avec un lit king size de 2 mètres par 1,6. Côté ouvertures, toujours le fameux puits de lumière assorti à un capot de pont circulaire et un spectaculaire – et nouveau – hublot latéral de 1,82 par 0,43 m. Si la hauteur sous barrot est très confortable – 2 m –, on s’accroche un peu sur la poignée de la porte car la coursive est un peu étroite. Même sentiment dans les cabinets de toilette, un peu étriqués. La cabine avant est plus classique, avec un matelas de 1,4 m de large, soit un format terrestre standard. A noter que les cocons qui protègent les moteurs ont permis de gagner 4 décibels à haut régime : bravo ! La version Maestro réserve toute la coque bâbord au propriétaire. Là, c’est une vraie salle de bains et un bureau qui vous attendent. Pour ceux qui tiendraient à personnaliser leur unité, le chantier est à l’écoute : il est possible d’aménager un poste d’équipage, un lit supplémentaire ou encore une buanderie.
Dans les (belles) cabines, on a une vue sur le mouillage par une large baie vitrée de près de 2 m…
Conclusion
Force est de reconnaître que ce 47 LC, descendant en ligne directe du Cumberland 44 apparu il y a 13 ans, est un bateau moderne et parfaitement adapté à la manière de naviguer d'aujourd'hui. Ses deux gros points forts sont assurément ses qualités marines et la possibilité, en baissant singulièrement la vitesse quand même, de réaliser de très grandes traversées, Atlantique compris. L’objectif du chantier est d’imposer le cata à moteur comme un concurrent de la vedette – un peu comme il l'a fait avec le catamaran à voile face aux monocoques il y a 30 ans. Le Cumerland 47 LC représente aussi une vraie alternative pour les amateurs de grands voyages lassés – ou fatigués – de brasser de la toile. Et la possibilité pour ceux qui découvrent la navigation d’accéder plus rapidement à notre Graal à tous, la découverte de nouvelles terres lointaines…
La nouvelle gamme de catamarans à moteur du chantier s'appelle "MotorYacht". Et ça se voit jusque dans les moindres détails, comme ici dans les salles de bains.
L’avis de l’architecte, Michel Joubert :
« Le Cumberland 47 LC a été étudié en concertation avec le BE de Fountaine Pajot en tenant compte de l’effet de gamme. Il ne s’agissait pas de s’éloigner de la signature visuelle des deux plus petits modèles. Le 47 dispose de la plage d’utilisation la plus large, avec une grande autonomie et la possibilité de naviguer à 24 nœuds. Les carènes de catamaran à voile se cabrent et tapent assez rapidement faute de volume suffisant, de bouchain latéral, et d’une surface mouillée trop importante. Ça peut le faire avec un bateau qui sature à 12 nœuds, sans prétention d’aller plus vite. Le Cumberland, lui, a été étudié pour une plage de vitesse de 12 à 24 nœuds. Ses entrées d’eau sont plus fines, il y a plus de volume à l’arrière, le bateau est plus étroit car on n’a pas besoin de la stabilité d’un voilier. Dans le domaine du cata à moteur, on demeure encore un peu dans le brouillard, il n’y a pas l’expertise du monocoque. On avait été tous très agréablement surpris par les performances et le comportement du 44 et du 46, les précédentes versions. Si ça repart, c’est que la coque était réussie ! J’aurais à la refaire, ce serait le même, je ne changerais rien... »

Les concurrents
Modèle FlashCat 47 Jaguar 48 Aquila 48 Constructeur Flash Catamaran Jaguar Catamarans Marinemax Longueur 13,50 m 14,47 m 14,02 m Motorisation 2 x 350 2 x 260 2 x 330 Prix HT 448 000 NC 995 900 US$
Les plus
Comportement marin exceptionnel Autonomie suffisante pour traverser l’Atlantique Peu de nuisances sonores
Les moins
Table de carré de surface limitée Coursives étroites dans les coques Cabinet de toilette invité étriqué
Fiche Technique
Longueur hors-tout 13,95 m Longueur à la flottaison 13,40 m Largeur 6,55 m Tirant d’eau 1,10 m Déplacement lège 14 200 kg Déplacement 18 400 kg Motorisation standard 2 x 225 CV Motorisation optionnelle 2 x 300 CV Eau douce 2 x 350 l Carburant 2 x 1 200 l Certification CE A10 B10 C16 D25 Architecte Michel Joubert Constructeur Fountaine Pajot Année de lancement 2013 Prix version Quatuor 589 000 euros HT Prix version Maestro 599 000 euros HT Pack Grand Large 24 000 euros HT Pack Océanique 40 000 euros HT

Détails du bateau
1 : le léger redan qui surplombe la flottaison déflecte très efficacement les embruns. 2 : le poste de barre perché sur le fly offre une vision parfaite sur le plan d’eau. 3 : le cockpit est parfaitement protégé du soleil et de la pluie grâce au bimini. 4 : les passavants sont bien plus larges que ceux d’une vedette classique. 5 : ce grand hublot latéral est la signature du 47 LC, comparé à son prédécesseur le 46. 6 : la casquette du rouf qui déborde au-dessus du vitrage permet de limiter très efficacement l’effet de serre. 7 : en série, le chantier monte deux moteurs de 225 CV capables de propulser les 14 tonnes du bateau à plus de 20 nœuds. 8 : la coque bâbord peut être aménagée avec deux cabines invités (version Quatuor) ou une seule dédiée au propriétaire (Maestro). 9 : le bastingage inox sécurise parfaitement les déplacements, même par mer agitée. 10 : la nacelle, très haute, ne cogne pas du tout dans la mer. Un gage de confort au large !
