Exposé à l’International Multihull Show, le Dracan 42 était disponible pour des essais en mer – nous ne nous sommes évidemment pas privés de cette opportunité de tester ce powercat lancé par une dynamique équipe basée en Pologne.
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Conditions : vent de nord-ouest 3 à 5 nœuds, mer plate
En 2024, le Dracan 42 a été présenté à flot en Pologne, puis au Cannes Yachting Festival ; c’est finalement à La Grande-Motte que nous nous apprêtons à larguer les amarres pour un essai en mer. La coque #2 que nous découvrons diffère sensiblement de la #1. En effet, le premier modèle était décliné en version Sport-Top avec un pare-brise qui ne montait pas jusqu’au T-Top et arborait un covering à losange gris métal assez élégant et surtout très moderne. Aujourd’hui, nous montons à bord de la version Full Hard-Top avec le pare-brise frontal et latéral enveloppant, lequel monte cette fois jusqu’au T-Top. A l’avant, une porte centrale qui donne accès au cockpit avant. Une troisième version, que l’on peut qualifier de médium, est proposée par le constructeur ; elle présente un pare-brise montant et des saute-vent latéraux qui laissent ouverts les côtés – cette déclinaison est dénommée s Hard Top. Le design signé Robert Blazejack est indiscutablement moderne avec des étraves perce-vagues fortement inversées et des reliefs angulaires sur les flancs. Le style l’est tout autant grâce à l’incrustation d’accessoires et de logos de teinte cuivrée. Quant aux finitions, elles sont très soignées : sellerie à losange en Silvertex, plan de travail en Staron (une pierre/résine acrylique)… pas de doute, nous avons bien affaire à un powercat open de nouvelle génération dans le segment premium. Encore un, seriez-vous tenté de dire ? Pourquoi une nouvelle marque se lance-t-elle sur ce marché déjà devenu concurrentiel ? Explications.
Nouvelle marque, mais pas nouveau chantier
L’excellente qualité générale du modèle présenté interroge ; il est en effet très rare qu’un nouveau constructeur fasse preuve dès son démarrage d’une telle maîtrise du composite et des assemblages. En effet, si Dracan Marine est une nouvelle marque, elle est pilotée par Model Art, le chantier polonais qui produit depuis trente ans des marques telles que Windy, De Antonio, Nimbus ou encore Parker. Soit un fabricant fort de 1 000 employés qui produit chaque année autant de bateaux. En ce qui concerne Dracan Marine, dont Model Art est actionnaire, un créneau d’une trentaine d’unités par an est programmé avec un délai de livraison n’excédant pas quatre mois. Un réseau de service après-vente rodé et une logistique éprouvée complètent les atouts industriels. On mesure l’ambition des dynamiques dirigeants de la jeune marque en se penchant sur les prochains projets – une dernière déclinaison du 42 baptisée Gran Coupe sera dévoilée en 2026, un prochain 36 sera lancé en 2027 en version ST et FHT, tandis qu’un grand Dracan 52 XC attend son heure en 2028.
Le cahier des charges du 42 démontre également une étude fine du marché ; plutôt que de s’aventurer sur le créneau walkaround suivi par la plupart des constructeurs de powercats, Dracan s’est orienté vers un plan de pont bowrider avec passage central, une configuration qui augmente l’habitabilité grâce à l’optimisation de toute la largeur de la plate-forme. La concurrence se limite ainsi (pour l’heure) à un nombre de modèles limité. L’idée maîtresse est donc d’offrir un maximum d’espace de vie, et cela semble se vérifier, puisque 75 m² exploitables sont annoncés.
Plusieurs configurations de plan de pont
Comme évoqué plus haut, il y a déjà trois versions de protection de l’espace central, lesquelles s’adaptent ainsi aux différents programmes et climats de la zone de navigation. A cela va donc s’ajouter une version GC, pour Grand Coupé, avec une cloison arrière fermant avec une porte vitrée. Une version avec flybridge est semble-t-il aussi à l’étude, à suivre... Bien sûr, l’absence de passavants pourrait sembler rédhibitoire à l’heure de frapper les pare-battages, mais Dracan a prévu ce cas de figure avec des systèmes de fixation et de réglage des protections de coque super pratiques. Le bout s’accroche en une fraction de seconde et se règle en hauteur de la même façon. La distribution de l’espace est très simple, mais efficace. On découvre ainsi deux grands bains de soleil qui recouvrent les moteurs, un très grand carré avec deux tables en vis-à-vis, deux comptoirs avec les compartiments froid (trois fois 150 l tout de même) d’un côté et la cuisine très bien équipée de l’autre. Le poste de pilotage, quant à lui, est complété par un espace accompagnateur, les deux descentes qui mènent aux cabines et enfin le passage central qui mène au cockpit avant.
A bord, tout est largement dimensionné, et on peut passer une journée avec 16 personnes à bord sans se gêner et sans manquer de rien.
Les coffres de rangement sont très grands, eux aussi. Des compartiments plus petits dédiés spécifiquement sont prévus pour certains accessoires. Dans la version hors-bord, il aurait été judicieux de placer des supports pare-battage dans les coquerons moteur où la place est disponible. Au chapitre des bémols, la plateforme de bain, si elle s’étend sur toute la largeur, nous a paru vraiment courte. Un point un peu gênant car il n’y a pas de garage pour l’annexe. Le cockpit avant est en revanche vaste et très convivial ; il est bien protégé des regards si on le transforme en bain de soleil. Il lui manque juste une table.
2, 3 ou 4 cabines
Le Dracan 42 pousse très loin la personnalisation sur catalogue, puisque, dans le but de matcher avec les souhaits du plus grand nombre d’acquéreurs, le powercat offre trois plans d’aménagement avec deux, trois ou quatre cabines correspondant respectivement à des programmes Propriétaire, famille ou charter. Dans la première version, on trouve à tribord un bureau, pendant qu’à bâbord une coiffeuse occupe la même place. Les lits arrière sont assez larges, mais un peu encaissés sous le pont. Les finitions en chêne – clair ou foncé au choix – sont d’excellente facture, tout comme le traitement des commodes, tiroirs et penderies. Plus en détail encore, les concepteurs n’ont pas été avares en recoins et autres tablettes très pratiques. Dans la version avec cabine avant, les lits sont plus étroits, mais ce sont souvent les enfants qui vont les occuper – tant mieux, car le coin salle d’eau est vraiment exigu. La version Propriétaire, dont la douche est en coursive, possède une paroi vitrée qui s’occulte par télécommande, un gadget bien judicieux dans cette configuration. Les éléments en Staron sont très jolis et il se dégage de l’ensemble une ambiance bien agréable.
20 nœuds en vitesse de croisière
Dracan équipe en option ce 42 du système finlandais Q Experience, une interface qui dispense une gestion automatisée (et éventuellement à distance) de la navigation, le confort, la sécurité et la communication, via une console paramétrable. Cette interface est bien sûr activée sur les écrans du poste de commande et reliée avec tous les capteurs du bord et votre smartphone à partir duquel vous pourrez intervenir. L’utilisation de Q Experience s’avère intuitive, et les mises à jour automatiques à distance éliminent l’incertitude de l’extrapolation des données tout en consolidant les paramétrages que vous entrez vous-même dans le système. Dans le même esprit, le système Dockmate, avec son joystick en mode télécommande sans fil, est sacrément efficace. Vous pouvez vous déplacer sur le pont et continuer à manœuvrer tout en contrôlant au plus près les éventuels obstacles. Ce Dracan #2 est équipé de deux moteurs hors-bord Mercury V10 de 400 ch. C’est sans doute la version la plus rapide et elle ne manque pas d’intérêt. Tout d’abord, les moteurs ne sont pas placés sur les tableaux arrière, ils sont dans des coffres, bien en avant, ce qui offre un meilleur rendement. L’autre avantage, c’est que les puissants blocs de 5 719 cm3 chacun sont plus silencieux – en navigation, le niveau sonore devient plus acceptable, y compris à vitesse élevée. Le jour de notre essai, nous sommes une dizaine à bord et les réservoirs d’essence et d’eau sont pleins. La mer est belle et nous apprécions la possibilité de naviguer à 10 nœuds sans déplacer beaucoup d’eau – merci à la carène catamaran. Une fois les manettes poussées à fond, nous atteignons presque 30 nœuds, avec la nette impression qu’on pourrait faire mieux… De fait, le système de trim ne fonctionnait pas bien et nous étions bien chargés. Mikolaj Chlopek, le directeur de Dracan Marine, nous confirme qu’il a déjà atteint 32 nœuds dans des circonstances plus favorables. La vitesse de 20 nœuds nous semble très propice pour la croisière rapide. A cette allure, la consommation des deux Mercury avoisine les 100 litres/heure, ce qui procure une autonomie de 175 milles, et même 245 milles si l’on prend l’option des réservoirs de 1 500 litres. Le comportement du 42 est très sain ; il ne déverse pas trop lors des virages serrés. La visibilité avec ce grand pare-brise enveloppant est excellente tant que l’on est debout. Assis, en revanche, les petits gabarits n’auront plus une bonne vision du plan d’eau, mais cela doit pouvoir se résoudre facilement.
Conclusion
Dracan fait une entrée remarquée dans le monde du powercat, et son succès naissant est justifié par un positionnement et un cahier des charges modulable bien réfléchis. La qualité de fabrication – en polyester infusé pour la coque et le T-Top, et injection pour les capots – est quant à elle irréprochable. Le plan de pont du Dracan 42, simple et bien pensé, intègre intelligemment l’absence de passavants. Le tarif de base – qui comprend beaucoup d’équipements livrés en standard, comme le magnifique revêtement de pont en teck synthétique Evafoam – est dans la moyenne du marché. Il y a encore, on l’a vu, de petits défauts de jeunesse, comme la plateforme un peu juste ou le manque de vérins sous certains capots, mais le bilan est plus que positif.
Bon comportement en navigation
Finitions de très bon niveau
Plateforme de bain un peu courte
Pas de plateforme hydraulique en option
Descriptif technique
Architecte : Blazejak Yacht Design
Longueur hors-tout : 12,60 m
Largeur : 4,85 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Poids lège : 10,8 t
Motorisation In-bord : 2 x 250/320/370 ch Yanmar
Hors-bord : 2 x 350/400 ch Mercury Verado
Vitesse : plus de 30 nœuds
Carburant : 1 000/1 500 l
Eau : 400 l
Cabines : 2
Catégorie CE : B8/C12/D16
Prix standard : 521 430 € HT sans moteur version Sport Stop
529 113 € HT sans moteur version Full Hard Top
Prix version essayée : 818 157 € HT
Principales options en € HT :
2 x Mercury V10 400 ch : 87 345
Dockmate à télécommande : 14 990
Wraping de coque : 10 200
Simrad Navigation System : 20 893
Système son Audio JL : 6 880
Teck sur le pont : 21 790
Passerelle carbone : 6 634
Clim réversible : 16 600 à 30 800





