On le sait, maintenant, le catamaran est forcément l’avenir du bateau à moteur… La preuve avec ce FlashCat 44.
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Nous sommes toujours heureux de voir de nouveaux acteurs investir le milieu du multicoque. Le constructeur espagnol Flash Catamaran développe depuis 3 ans et avec beaucoup de sérieux des catamarans à moteur. C'est à l'occasion du Salon nautique de La Ciotat qu'il a présenté son dernier-né, que nous avons pu essayer. Alors qu’un climat printanier règne sur les côtes méditerranéennes depuis plusieurs semaines, la grisaille et le plafond bas des fameuses "entrées maritimes" se sont fait un plaisir de réduire la luminosité de notre journée d’essai. Nous nous efforcerons de ne pas y voir un symbole du contexte économique ambiant, mais plutôt l’image d’un marché du multicoque à moteur qui tarde à décoller. En effet, depuis le retrait de Lagoon, et en dehors de Fountaine Pajot qui persévère avec succès, et de Leopard qui pointe de plus en plus régulièrement le bout de ses étraves sud-africaines en Europe comme aux USA, les chantiers de grande production sont peu nombreux à côtoyer des productions plus exotiques ou plus proches du super yacht (Bamba, VG, Alu Marine…). Sans oublier bien sûr Sunreef et son fameux 70’ qui, en séduisant monsieur Laurent Bourgnon "himself", a jeté un sacré pavé dans la mare des catamarans à voile !
A fond, le Flash Cat nous a emmenés à 23 nœuds avec une facilité très agréable.
Flash Catamaran : naissance d'un chantier
Une formule aux multiples attraits, peu d’acteurs, il n’en fallait pas plus pour décider, il y a trois ans, l’entreprenant Jordi Molina à se lancer dans le passionnant, mais on le sait aussi ô combien risqué, projet de création d’un chantier naval. Saluons ici sa démarche, prudente, méthodique, rationnelle mais qui ne manque pas pour autant d’ambition. Premier bon réflexe, s’adjoindre pour le premier modèle les services d’un chantier naval réputé d’Almeria, spécialisé dans les catamarans de travail (pêche et passagers) : en sortira un 43’ dédié à la pêche-loisir, le 43 Fishing. Fort du bon accueil et conscient de la nécessité de toucher une clientèle plus large, une première évolution, plus croisière, avec notamment un flybridge beaucoup plus grand, est lancé : ce sera le Flash Cat 435. Le chantier est alors rapatrié à Valence pour se rapprocher du siège social, mieux maîtriser la production et monter en gamme. La volonté étant aussi de satisfaire une clientèle certes cosmopolite (100 % de vente à l’export), mais très attirée par le climat méditerranéen et la proximité de l’archipel des Baléares.
Si la météo n'a pas été de la partie pour cet essai, nous avons pu profiter à fond de ce catamaran à moteur qui offre de belles perspectives de navigation…
Un 44' moderne et séduisant
Dernier-né de la série, le Flash Cat 44, que nous découvrons aujourd’hui, à deux jours de l’ouverture du Salon de La Ciotat, est le fruit de ces trois années d’évolution. Dans sa livrée rouge "Raspberry" (framboise) choisie par le propriétaire, il est immanquable dans le bassin. Trapu mais aux formes bien dessinées, les étraves sont hautes, bien défendues, et un liston de protection PVC ceinture tout le bateau. Première impression, on a affaire à un vrai baroudeur qui n’aura peur de rien. Et les procédés de fabrication le confirment : coque en polyester monolithique, premier parement en vinylester pour annihiler tout risque d’osmose, varangage sérieux, le tout bientôt entièrement réalisé sous le process d’infusion. Mais en y regardant de plus près, les lignes, dues aux architectes italiens Mezzera et Gandino, redescendent joliment vers la proue. La plate-forme arrière, le cockpit et le pont en teck donnent une première touche de chaleur. Les portillons inox aux armes du chantier et la magnifique baie vitrée à trois vantaux, ouvrant largement sur un intérieur a priori cossu, finissent de rassurer : la bête sait aussi se montrer civilisée. Et c’est là la plus grande différence avec son prédécesseur, le 435 : les aménagements sont bien plus rationnels, l’impression d’espace sans commune mesure, et les finitions ont sensiblement progressé. Et si chaque centimètre gagné entre moule et contre-moule de coque (les mêmes que sur le 435) a son importance, si les 30 cm ajoutés à la plate-forme arrière n’ont rien d’anecdotiques, c’est surtout la modification du plan d’aménagement qui change tout. La baie vitrée, en gagnant un vantail, ouvre beaucoup plus largement l’intérieur de plain-pied sur le cockpit, favorisant communication et convivialité. En s’affranchissant du cabinet de toilette qui envahissait la nacelle de son prédécesseur, et qui n’était pourtant pas vraiment indispensable à ce niveau, le 44 a gagné sur tous les autres tableaux : un vrai carré, une cuisine digne de ce nom et un poste de pilotage intérieur, comment dire… royal ! Centrale, offrant une vision panoramique aussi agréable pour profiter du paysage que rassurante pour éviter toute mauvaise rencontre, sa banquette double accueillera confortablement pilote et co-pilote par mauvais temps.
Les nouveaux aménagements sont vraiment réussis et l'ambiance à bord est très agréable…
Premier tour sur le pont avant l’appareillage. Les passavants sont larges, et les garde-corps tubulaires inox affichent l’attention portée à la sécurité. Peu d’obstacles, des mains courantes additionnelles là où il faut, le Flash Cat continue de rassurer. Pour monter au flybridge, l’imposant escalier polyester du 435 a été avantageusement remplacée par une échelle inox et teck du plus bel effet, et beaucoup plus discrète visuellement. Contrepartie d’une protection maximale du cockpit, l’échancrure dans le bimini est prévue au plus juste et il faut donc garder la tête bien en avant pour ne pas la heurter. Mais l’inclinaison de l’ensemble permettra de descendre de face, comme un véritable escalier. Au niveau supérieur, la surface est impressionnante (18 m2) et a permis de loger : - un bain de soleil double (135 x 185 cm), - un carré arrière, - une cuisine d’extérieur, - un poste de pilotage central avec banquette deux places. Pour quitter le quai, c’est le poste de commande idéal, alors que, pour l’accostage, une caméra arrière se révélera quasiment indispensable.
Les cabines avant sont agréables et la ventilation comme la luminosité n'amènent que des éloges.
En mer
Amarres larguées, le Flash Cat zigzague entre lignes de mouillages tendues, pontons et haut-fond avec une facilité déconcertante. La tradition de manœuvrabilité des multicoques, aidés par leurs deux moteurs écartés de l’axe du bateau, serait-elle la seule raison de cette aisance ? Non, Flash Catamarans a fait encore mieux en installant à bord de notre 44 d’essai le système Zeus du motoriste Américain Cummins. Précurseur des systèmes de navigation à pods dès 2006, Zeus propose un système de pilotage au joystick 360 tout simplement bluffant en l’absence de propulseur d’étrave. Chargé de toutes les options possibles, dépassant largement les 13,5 tonnes lèges données par le chantier, le propriétaire a opté pour des 400 CV, parfaitement accessibles depuis le cockpit, mais presque un peu trop puissants, pour remplacer les 170 CV d’origine. Ces derniers, de l’aveu même du chantier, seront avantageusement relayés par la version 270 CV, visiblement la plus rationnelle pour la taille et le déplacement. Mais il faut bien avouer que placer cette unité, déjà conséquente, au millimètre est un vrai plaisir de gosse : rotation autour de l’axe, déplacement latéral, tout se fait du bout des doigts, et d’une seule main. Un simple début de rotation de la conséquente molette qui gère aussi bien la puissance que la direction corrige miraculeusement tout début de sortie de l’axe voulu. Avec sa double commande au flybridge et à l’intérieur, ainsi que le modèle sans fil, on est toujours au bon endroit pour réaliser la manœuvre de son choix : MA.GI.QUE ! En l’absence de safrans, les deux pods, tournant à 360°, sont équipés chacun de deux hélices à sens de rotation opposés : l’une de quatre pales, l’autre de cinq. Avantages, selon le constructeur : 30 % de consommation en moins et 15 % de vitesse en plus, aussi bien en régime de croisière qu’en pointe. Dernier "truc" confirmant la fin de la navigation traditionnelle, le "Skyhook", littéralement le "crochet du ciel". Vous souhaitez rester à un point fixe sans avoir à mouiller l’ancre (attente d’un poste à quai, que la station essence se libère…) ? Appuyez sur le bouton ad hoc, l’électronique intègre votre position GPS et joue des gaz comme de l’orientation des pods pour ne plus vous en faire bouger d’un cheveu. Rassurant.
Les salles d’eau, surtout celles de l’avant, sont tout à fait séduisantes avec même une douche séparée et un… sauna !
Mais aujourd’hui, le fond de l’air reste frais et humide ! Il est temps de descendre du fly pour rejoindre le confortable intérieur. Depuis le double poste de barre, on sera parfaitement installé pour essayer les différents régimes moteur. Manuel, le sympathique skipper du chantier, met les gaz à 2 700 tours et nous sommes tout de suite à 19,6 nœuds. Ma préférence irait plutôt pour un bon 15 nœuds à 2 300 tours. Source d’économie puisque que l’on passe de 60 à 43 l/h par moteur, et plus conforme au concept qui prime le duo confort/consommation sur la vitesse. Si toutefois vous êtes pressés, sachez que nous avons atteint sans souci 23 nœuds. Depuis la nacelle, quel que soit le régime moteur choisi par le skipper, bruit et vibrations sont toujours bien contenus. Mais c’est dans les cabines que se juge vraiment ce point crucial. Celles de l’avant sont forcément les plus silencieuses. Cela tombe bien, ce sont aussi les plus spacieuses. Seul l’accès au lit, haut perché (110 cm) sous la nacelle pourra leur être reproché. Mais la dimension des couchettes (triple à tribord et 180 x 190 cm à bâbord), la luminosité offerte par le grand hublot de pont, la ventilation qui en découle et l’équipement sont irréprochables. Les salles d’eau, elles aussi, ne souffrent d’aucune critique. Si celles de l’arrière font le minimum syndical du fait de leur position centrale, celles de l’avant son tout à fait séduisantes. Notamment celle de la coque bâbord de notre version d’essai qui dispose d’une douche séparée proposant même un… sauna ! Un vrai casse-tête à intégrer pour le chantier, mais le genre de défi que seule une petite structure est à même de relever, pour permettre à ses clients toutes les excentricités. Toutes ne sont d’ailleurs pas à reproduire : ainsi, le ciel étoilé de leds sous le bimini rigide du fly-bridge est sûrement magnifique de nuit, mais de jour, la dispersion aléatoire de la multitude de micro-trous fait plus penser à un problème de finition !
Pièce maîtresse du Flash Cat 44, le fly est bien sûr l'incontournable des catas à moteur avec son poste de pilotage du plus bel effet.
Avant de rentrer au port, une petite démonstration de la plate-forme arrière hydraulique s’impose. Certes, le poids est conséquent (800 kg), mais là encore, quel confort ! Que ce soit pour l’accès depuis le quai, la baignade, relever l’annexe ou, comme prévu ici par le propriétaire, un jet-ski, c’est l’idéal. Dès que nous avons regagné notre place à quai, nous pouvons profiter encore un peu du carré. Nos hôtes espagnols, Barbara et Sefo, savent recevoir et sortent les tapas. La cuisine est parfaitement agencée : nombreux rangements, plan de travail en corian blanc aussi esthétique que pratique, évier inox double bac et réfrigérateur comme à la maison, mais avec la vue en plus. Une machine à laver, indispensable quand on veut vraiment vivre à bord, manque à l’appel ? Que nenni, elle s’est juste dissimulée à tribord du poste de pilotage. Avec un chargement vertical, elle est parfaitement intégrée et pratique. Le temps maussade ne nous empêchera pas de rêver. On s’imagine très bien poser son sac à bord et pas seulement pour 2-3 jours. Vivre sur le Flash Cat 44 est plus qu’envisageable, c’est tentant ! Des îles grecques aux fjords nordiques, en passant par les Baléares, bien sûr, toute destination semble séduisante. Nous attendons avec impatience le grand frère de 75 pieds qui est dans les cartons et offrira, nous l’espérons, l’autonomie d’une transat !
Manœuvrer un cata de 44 pieds avec deux doigts : c'est vraiment facile. Un vrai plus pour le Flash Cat.
Fiche technique Flash Cat 44
Architectes : Mezzera et Gandino (Italie) Constructeur : Flash Catamarans (Valence – Espagne) Longueur : 13,50 m Largeur : 6,10 m Tirant d’eau : 1,15 m Déplacement lège : 13,5 t Capacité des réservoirs de gasoil : 1 450 l Capacité des réservoirs d’eau : 450 l Motorisation standard : 2 x 170 CV Cabines : 4 (3 doubles + 1 triple) Prix standard : 448 000 euros HT Principales options : Motorisation 2 x 270 CV : 24 900 euros HT Motorisation 2 x 425 CV Cummins Zeus : 108 800 euros HT Plate-forme AR, cockpit et fly Tecaflex : 10 900 euros HT Pont Tecaflex : 8 900 euros HT Groupe électrogène 6 kVA : 14 670 euros HT Air conditionné cabines avant et carré : 15 800 euros HT Bimini de fly-rigide : 17 900 euros HT Plate-forme AR hydraulique : 22 650 euros HT
Les plus
Le confort de vie à bord L’aspect marin sécurisant La motorisation Cummins Zeus
Les moins
Quelques détails de finition La hauteur des couchettes La ventilation des salles d’eau AR
Les performances/la consommation
Régime Tours/minute 3050 2700 2300 1900 1550 1350 Vitesse Nœuds 23 19,6 15 10 9 8,5 Conso/moteur Litres/heure 90 60 43 28 16 10,5 Autonomie Miles nautiques 179 229 244 250 394 567