Très attendu, le TH36 est l’interpré- tation Four Winns du powercat. Une nouveauté qui tente de marier le monde du bow-rider – bateau à moteur offrant une seconde zone de vie distincte à l’avant du pont, accessible le plus souvent grâce à un passage ouvert dans le pare-brise ouvert – et celui du catamaran qui garantit une polyvalence et un confort de bon niveau.
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Conditions : vent 3 de 4 nœuds, petit clapot
Après une présentation surprise lors du Cannes Yachting Festival 2022, en tant que prototype, le TH36 est désormais prêt à envahir les show rooms des concessionnaires. Un bateau intéressant sur nombre d’aspects, à commencer par son appartenance à Four Winns. En effet, l’histoire de cette marque prestigieuse est indissociable de celle du nautisme américain. Fondée en 1975 par les trois frères Winns et leur père, Four Winns est devenue une véritable icône pour le secteur du bow-rider. Achetée en 2014 par le Groupe Bénéteau, la marque profite, depuis 2020, d’un repositionnement complet. Après l’avènement des séries H, Four Winns présente cette fois quelque chose de totalement nouveau, puisqu’il s’agit d’un catamaran. En fait, l’idée était de propulser la marque dans le futur en lui donnant une dimension plus internationale, mais sans casser son image et sans renier son ADN. Qui plus est, l’équipe en charge voulait trouver un moyen d’accompagner ses clients dans leur progression en leur offrant un modèle plus grand. Après maintes réflexions, le choix s’est donc porté sur un catamaran, appelé TH (Twin Hull) chez le constructeur. Le multicoque est un segment en pleine explosion, puisque certains experts prédisent qu’il représentera plus de 30 % des nouveaux bateaux d’ici 10 ans. Un chiffre qui intéresse au plus haut point le Groupe Bénéteau. Outre l’évolution du marché, le powercat offre de multiples avantages, à commencer par la place disponible à bord, la stabilité, la facilité de manœuvre, ou encore l’économie de carburant. La décision arrêtée, le challenge consistait à mêler l’univers traditionnel Four Winns avec ce nouveau concept pour séduire à la fois les habitués de la marque, mais aussi les nouveaux clients ou les adeptes du multicoque. Pour mener à bien cette tâche, les concepteurs ont fait appel au célèbre studio Garroni, qui a dessiné un bateau à l’allure de bow-rider, mais s’appuyant sur deux coques et offrant un plan de pont aussi original que polyvalent. Nicolas Harvey, le directeur de la marque, définit ainsi le TH36 comme « un deck boat sous stéroïdes ». On apprécie ou non la formule… mais en tout cas on comprend de quoi il en retourne.
De l’espace à revendre
Le fait est que dès le premier coup d’œil, on est séduit par sa ligne. De loin et de profil, le TH n’apparaît pas comme un multicoque, mais plutôt comme un gros bow-rider, avec cependant une ligne de pont bien plus haute et un large T-Top protégeant l’équipage et servant à recevoir le radar et les antennes. Vu de près, le volume du bateau surprend encore plus, mais il faut dire que nous sommes quand même sur un 36 pieds. Avec ses étraves droites – et même légèrement inversées –, ses longs hublots de coques qui trahissent une bonne habitabilité et sa poupe se terminant par une grande plate-forme sur laquelle les moteurs viennent se poser, le TH36 ne laisse pas indifférent ; on reconnaît bien là la patte du studio italien.
C’est une fois à bord que l’on réalise vraiment la différence avec un bow-rider « classique ».
Avec 4,47 m de large, le Four Winns offre quasiment 1 m de plus qu’un monocoque de taille équivalente. Dès lors, les concepteurs ont profité au maximum de cet espace pour créer un plan de pont original, et surtout pensé pour la vie à bord. Cela commence dès la plate-forme arrière : vraiment très grande, elle tire avantage de l’espace entre les deux coques et entre les deux moteurs pour offrir une véritable plage privée. Une grande échelle de bain est intégrée et un système de barrières amovibles peut servir à fermer le cockpit sur l’arrière ou, en les positionnant différemment, de garde-corps et de poignée de remontée pour la plate-forme de bain. Je trouve ça malin. Vient ensuite la banquette arrière, qui est, elle aussi, très ingénieuse. Elle peut en effet se présenter comme une banquette en U pour quatre à six personnes avec une table au milieu, comme un grand bain de soleil, ou encore se séparer en deux parties pour dégager un chemin au milieu et offrir des assises sur chaque bord, sans oublier les rangements intégrés.
En continuant sur l’avant, on découvre sur tribord une petite assise dos à la route et un grand réfrigérateur tiroir. Sur l’autre bord se trouve un bloc-cuisine, avec évier, plaque de cuisson et rangements.
En dépit de ces aménagements généreux, la surface disponible pour circuler reste conséquente. Le large passage central mène directement vers le bow-rider. Organisé exactement de la même manière que sur un monocoque, ce salon avant fait même presque oublier que l’on se trouve sur un catamaran, si ce n’est au niveau de la largeur disponible. Dans les faits, on peut s’y asseoir à six, ce qui est plutôt rare dans cette taille de bateau. On peut bien entendu loger une table entre les deux banquettes, et un coussin permet de transformer chaque côté en solarium, offrant une surface inédite. En option, ce bow-rider peut également recevoir un bimini. Autre point positif : le Four Winns bénéficie d’une ancre à poste et d’une baille à mouillage digne de ce nom. Enfin, en s’appuyant sur des coques assez hautes, le TH36 offre des coffres de rangement de presque 2 m de profondeur sous les banquettes avant avec des supports pour les défenses ou encore assez de place pour un réservoir d’eau.
Deux cabines confortables avec salle d’eau privée
Le dernier espace qui nous intéresse sur le pont est le poste de conduite. Décalé sur tribord, ce dernier adopte un style très moderne avec une partie surélevée presque flottante pour accueillir les écrans. On y trouve aussi des interrupteurs au design soigné. Quant aux commandes (poignées des gaz et joystick), elles sont disposées sur le repose-bras droit et tombent bien sous la main. Le joystick, en option, facilite encore plus les manœuvres. Seuls petits regrets : il manque un petit vide-poche fermé et nous avons été surpris par l’absence de support/chargeur pour un smartphone, alors que cet élément est présent sur la gamme H.
Bien qu’il se présente sous la forme d’un open, le TH36 cache une dernière surprise, et pas des moindres. Chaque coque abrite en effet une confortable cabine avec couchage double et salle d’eau privée intégrant une douche séparée. La hauteur sous barrot de plus de 1,80 m est appréciable et l’on dispose même de rangements. Le long hublot apporte un maximum de lumière et offre une vue imprenable sur l’élément marin. Pour plus d’intimité, il suffit de fermer le store qui vous protège des regards indiscrets. Le chantier a soigné les détails, avec par exemple des liseuses et des prises USB en tête de lit, mais aussi la climatisation. Les deux cabines sont strictement identiques, à une exception près, on trouve un four micro-ondes dans la descente bâbord, alors que cet emplacement est dévolu au tableau électrique sur tribord.
De retour dans le cockpit, on apprécie le hard-top, qui permet de rester à l’abri du soleil et de la pluie. Enfin, ce cockpit peut être entièrement fermé par une toile, un vrai plus pour laisser le catamaran au mouillage ou pour agrandir l’espace intérieur lors d’un programme de cabotage côtier. Le bateau propose également quelque chose d’unique, puisque c’est le seul powercat de sa catégorie à offrir des vrais passavants fréquentables (27 cm de large). Ces passages sont par ailleurs bien protégés grâce à la présence d’un balcon et d’une vitre latérale aussi efficace pour le style que sécurisante à l’usage.
Plutôt bien fini, le TH36 bénéficie d’un équipement dans la norme, avec notamment une échelle de bain, une pompe de cale ou un réfrigérateur de 65 litres. On peut également opter pour un des packs d’option ou plonger dans le catalogue pour adapter le powercat à ses besoins.
Une navigation tout en douceur
Si l’on doit le style à Garroni, pour la partie dynamique, Four Winns s’est attaché les services d’un des meilleurs spécialistes du catamaran à travers le monde, le cabinet d’architecture navale Marc Lombard Design. Le résultat, c’est une double carène avec des étraves étroites et effilées garantissant une bonne pénétration dans la vague, et des virures pour l’accroche et le guidage. Un bouchain démarrant sur l’avant augmente encore la stabilité. La nacelle, assez épaisse, assure la rigidité de l’ensemble tout en conservant assez de volume entre les coques pour que le catamaran se constitue un coussin d’air amortisseur lors des navigations rapides. Sur l’eau, ces carastéristiques se traduisent par un comportement très sain. Assez véloce, le TH36, une fois dans ses lignes et sur son coussin d’air, se montre très souple, ce qui procure un confort optimal à bord. Catamaran oblige, la stabilité latérale est excellente, mais un bon travail a également été fait sur la répartition des masses, ce qui offre au bateau une très bonne assiette. Même plaisir en courbe, puisque, au contraire de certains multicoques, le Four Winns ne survire pas, il reste quasiment à plat, même en virage serré. En fait, cette embarcation a été, dès le départ, conçue comme un powercat, et, avec un magicien comme Marc Lombard à la manœuvre, nous ne sommes pas surpris du résultat. Des aptitudes qui confirment la double vocation – avant tout familiale, mais également un peu sportive quand même ! – de ce multicoque.
Niveau performances, le Four Winns est homologué jusqu’à 700 CV. Pour notre test, sur la coque #1, nous disposions de 2 x 350 CV Mercury six cylindres (ancienne génération). Ainsi propulsé, le powercat déjauge en 5,5 secondes et met 11 secondes pour atteindre 20 nœuds. Des données conformes à son programme et qui sont par ailleurs loin d’être ridicules. En pointe, nous avons accroché 31 nœuds. La vitesse de croisière se situe entre 18 et 20 nœuds, ce qui autorise déjà de belles balades. Mieux, la carène Twin Hull permet d’économiser du carburant, puisque notre consommation moyenne s’est établie autour de 26,4 l/h pour les deux moteurs, ce qui est plus que raisonnable. Dans sa version commerciale, le TH36 va être proposé en deux motorisations, avec 2 x 300 CV V8 Mercury ou avec 2 x 350 CV V10 Mercury. Cette dernière configuration devrait rendre le powercat encore plus vivant et lui permettre de flirter avec la barre des 40 nœuds, ce qui est largement suffisant de mon point de vue.
Conclusion
En se donnant les moyens pour mener à bien ce projet, l’équipe de Four Winns fait une entrée fracassante dans le monde du multicoque en arrivant à concilier l’ADN et l’histoire de la marque avec son évolution. Car, vous l’aurez compris, le TH36 préfigure également ce que sera le futur de cette marque iconique américaine.
Un résultat qui va surprendre plus d’un habitué, et surtout séduire une toute nouvelle clientèle. Aguicheur, polyvalent et très marin, le Four Winns se prête à quasiment tous les programmes, de la pêche au cabotage en passant par le ski nautique ou le pique-nique dans une crique déserte. Reste que le programme du PC60 est plus centré sur le confort que sur un programme de navigation au long cours, et qu’il sera plutôt utilisé pour du cabotage sur de courtes distances.
Espace disponible
Confort des cabines
Manque main courante sur le côté de la console
Tarif élevé
Descriptif technique
Architecte : Marc Lombard Design
Design : Studio Garroni
Longueur hors tout : 11,71 m
Largeur hors tout : 4,47 m
Déplacement lège : 7 237 kg
Puissance maxi : 2 x 350 CV
Puissance conseillée : 2 x 300 CV
Vitesse max : 30 à 40 nœuds
Carburant : 2 x 465 l
Eau : 2 x 95 l
Cabines : 2
Couchages : 4
Catégorie d’homologation : B8 / C12
Prix :
520 000 € avec 2 x 300 CV V8 Mercury
554 000 € avec 2 x 350 CV V 10 Mercury
Principales options (€ HT)
Pack électronique : 6 990
Pack audio : 2 290
Climatisation : 14 000
Lumières sous-marines : 5 600
Bimini avant : 1 590
Four micro-ondes : 500
Table avant : 1 000
Toile de fermeture du cockpit : 8 150
Générateur 6,4 kW : 23 750




