Les powercats Open sont bien plus populaires – pour l’heure – aux Etats-Unis qu’en Europe, et de nombreux constructeurs étoffent leurs gammes pour répondre à ce marché prometteur. Garnet Offshore, quant à lui, est né il y a quelques années seulement au Brésil, tout près de Rio de Janeiro, et propose deux modèles, le 270 et le 300. Nous avons pu essayer le plus grand des deux en version Flybridge avec second poste de commande.
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Conditions : mer peu agitée, 5 à 8 nœuds de vent de sud-est
La première impression qui se dégage du Garnet 300 est celle d’une forte puissance contenue dans un gabarit compact ; les concepteurs ont en effet dessiné un powercat plutôt étroit mais bien défendu : la largeur est inférieure à 3 m, mais le franc-bord maximum atteint 1,14 m. La tonture de pont très prononcée est même accentuée par le livet de pont qui plonge sur la partie arrière de la coque. A l’arrêt, la coque atteint sa hauteur maximale au tiers avant alors que l’angle arrière n’est plus qu’à 0,80 m de la surface. Les coques présentent deux redans en partie supérieure ; ils limitent les embruns et atténuent le tangage dans la mer formée. La livrée bicolore grise et blanche rehaussée par une bande de flottaison orange est très réussie.
Plan d’eau et conditions au top !
Pour cet essai, nous sommes sacrément vernis : nous avons été conviés à découvrir le Garnet 300 HT Fly au cœur du Bassin d’Arcachon, un plan d’eau unique niché entre dunes, pins et bien sûr océan – on le rejoint grâce à une passe qui peut se révéler agitée pour peu que houle et vent contraire s’en mêlent. Rien de tout cela aujourd’hui : cette fin de mois de septembre joue les étés indiens avec un vent tiède de terre et une mer plate. Pour ne rien gâter, nous sommes lundi et il n’y a personne sur l’eau !
Taillé pour le large
La prise en main des commandes est immédiate ; au moment de se dégager du quai, je me suis demandé si la relative étroitesse de ce powercat allait nuire à sa manœuvrabilité, mais les deux Mercury F225 sont suffisamment puissants et écartés pour assurer une rotation sur place. La direction est douce et précise ; en option, on peut bénéficier d’un système « full electric ». Grâce à un rapport poids/puissance favorable – on peut estimer le déplacement du Garnet avec ses deux moteurs et les pleins à 3,8 t –, le powercat ne se fait pas prier quand on lui demande d’accélérer : il déjauge à 15 nœuds en 5,2 s et atteint 20 nœuds en 6,75 s. Son tunnel relativement haut et étroit peut taper à faible vitesse en croisant le sillage d’un bateau, mais la carène semble glisser au-dessus de l’eau à partir de 20 nœuds. L’effet coussin d’air fait donc le job, amortissant parfaitement les « imperfections » du plan d’eau. Pour les tests à très grande vitesse, nous sommes sortis du Bassin d’Arcachon à la faveur d’une mer très calme. Les virages serrés se traduisent d’abord par une faible contre-gîte, suivie d’une légère gîte quand la courbe est bien appuyée. Un comportement toujours sain, mais l’objectif du Garnet n’est pas de dessiner des courbes pour un skieur nautique… Le truc de ce powercat, c’est de s’affranchir d’une mer assez dure pour se rendre, quelles que soient les conditions météo, sur un spot de pêche. Le 300 y parvient très bien puisqu’il a été présenté au Grand Pavois de La Rochelle par la mer, soit une longue traite dans le golfe de Gascogne de près de 100 milles. Et c’est également par la mer que Jérôme Pourtalet, importateur de la marque en France, a rejoint son port d’attache. Le rendement optimum des moteurs en termes de vitesse et de consommation est atteint à 3 500 tours. Le Garnet navigue à 25 nœuds et consomme 51,2 l/h. Cela peut paraître beaucoup, mais, rapporté au mille parcouru, c’est à peine plus de 2 l – une excellente valeur. En poussant les manettes à fond, on atteint tout juste les 40 nœuds ; nul doute qu’on devrait encore pouvoir attraper 10 nœuds de plus avec la motorisation maximale proposée – mais est-ce vraiment nécessaire ?
Priorité à la pêche
Si vous doutez des aptitudes du Garnet 300 pour la pêche, vous serez vite convaincu de ses capacités en comptant pas moins de 20 supports de cannes (8 en bas, 6 en hauteur et encore 6 à l’arrière du fly) et deux supports pour mettre en place des écarteurs de 6 mètres. Les pavois (0,61 cm) sont protégés par des coussins afin de protéger les cuisses. On peut compter évidemment, en plus de la baille à mouillage, sur de nombreux coffres et viviers – le plus grand est situé derrière la console. Certains panneaux mériteraient d’être montés sur vérins et d’être équipés de butées. Le plan de pont privilégie logiquement la circulation plutôt que les surfaces dédiées à la détente. Bravo pour le revêtement de pont, très doux même pieds nus : il ne brûle pas au soleil et reste antidérapant mouillé. Sur la partie avant, on profite tout de même d’un bain de soleil de 2 m de largeur à sa base, d’une banquette de 2 m encore et d’une assise moins large de 1,15 m. Les déplacements sont sécurisés par de nombreuses mains courantes et deux garde-fous latéraux. On remarque le logement prévu spécialement pour la bouée de sauvetage – cette dernière, parfaitement intégrée au pavois, reste prête à l’utilisation en cas de besoin.
Le poste de commande s’organise autour d’une robuste console – l’implantation de cette dernière est d’ailleurs suffisamment large pour qu’elle puisse abriter un WC. On y est bien protégé avec une vue parfaite sur le plan d’eau. Les deux assises sont conçues pour qu’on s’installe assis ou debout. L’instrumentation est claire et reste lisible quelle que soit la luminosité. Le pontage arrière est plus spécifiquement réservé à la pêche – il est toutefois possible de s’asseoir au dos de la console et tout à l’arrière sur des strapontins rabattables. Un passage – obsturé à la demande par un portillon – est aménagé au centre du tableau arrière ; il mène à une petite plate-forme arrière nichée entre les deux hors-bords ; ici aussi, le cheminement est bordé par des mains courantes. Une échelle de bain télescopique et basculante est intégrée.
L’option Flybridge avec second poste de commande est évidemment idéale pour la pêche – la position en hauteur permet de traquer au mieux les mouvements des poissons. L’accès se fait en montant d’abord une jambe sur le plat-bord avant d’attaquer l’ascension par l’échelle. Auparavant, vous aurez basculé le capot supérieur afin de libérer l’accès. Bref, on pourrait rêver mieux – surtout si la mer est agitée. Une fois en place, debout devant les commandes, la conduite du Garnet est idéale.
Conclusion
Cette nouvelle marque propose un powercat très séduisant pour la pêche. Au prix de quelques améliorations bénignes, ce Garnet 300 sera un excellent support pour s’aventurer au large grâce à ses indéniables qualités marines. La motorisation de notre modèle d’essai, avec ses deux 225 CV, nous a semblé idéale – surmotoriser la coque avec deux hors-bords de 300 CV ne nous semble pas nécessaire.




Plan de pont fonctionnel
Poste de barre agréable
Equipement des coffres succinct
Descriptif technique
Longueur : 8,65 m
Largeur : 2,89 m
Tirant d’eau : 0,30 m
Déplacement : 2 500 kg (sans moteurs)
Motorisation : 2 x HB 200 à 300 CV
Vitesse max avec 2 x 225 CV : 40 nœuds
Carburant : 720 l
Eau : 100 l
Prix coque : à partir de 112 793 € HT
Deuxième poste de barre sur le flybridge : 23 100 € HT
2 moteurs Mercury F225 Blanc – Direction Seastar optimus Full-electric : 58 333 € HT
Principales options en € HT :
Assises double poste : 1 685
Sol mousse EVA : 1 945
Panneau de bord noir : 207
Holding tank 47 l : 1 271
Couleur de coque + bande déco : 2 281
Guindeau électrique : 2 567
Bar (rangement verres + bouteilles) : 602
Eclairage LED : 161
Porte arrière : 312
Coussins avant : 492
Echelle de beachage : 804
Plate-forme arrière avec échelle de bain : 1 529
Projecteur de recherche : 504
Table de cockpit : 778
Tangon GIBI Rétractable : 2 500
Pack électronique : 25 000
VHF Navicom RT1050 : 742
Système son : 3 000
Kit mouillage : 1 682
Sécurité 6 personnes : 2 708
Transport, préparation, immatriculation, mise en main : 30 000
Primaire époxy + antifouling : 1 242
Prix du modèle essayé : 275 833 € HT
