Modèle intermédiaire du chantier Horizon Power Catamarans, le PC60 joue la carte du confort et du luxe, et vient directement s’attaquer au marché des yachts monocoques. Un positionnement intelligent pour ce catamaran aux dimensions imposantes, d’autant qu’il affiche quelques solides arguments à même de séduire…
Lieu de l’essai : Fort Lauderdale (Floride – USA)
Conditions : vent 8 à 9 noeuds, houle d’est de 1 à 1,50 m
Infos pratiques
- Le chantier : Horizon PC60
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Horizon Power Catamarans est une marque surtout connue aux Etats-Unis et en Asie pour le moment. Créée en 2009 par Richard Ford et Stuart Hegerstrom, l’enseigne ambitionne cependant de conquérir d’autres marchés, notamment en Europe. La fabrication est quant à elle assurée par le chantier naval Horizon Yachts, fondé en 1986 et situé à Kaohsiung, sur l’île de Taïwan. Horizon Yachts est spécialisé dans la construction de yachts de 52 à 150 pieds et s’est taillé une jolie réputation sur le marché grâce à ses prestations luxueuses et à son concept semi-custom. La gamme Horizon Power Catamarans s’articule quant à elle autour de quatre modèles de 52 à 74 pieds, un panel qui devrait évoluer dans les prochaines années puisque, depuis son lancement, Horizon Power Catamarans connaît un succès croissant, avec déjà plus de 50 unités vendues. Une performance d’autant plus remarquable que le constructeur ne propose que des modèles semi-custom, voire totalement custom pour le PC74.
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L’Horizon PC60 est très imposant, tant au niveau de ses dimensions que de sa structure – laquelle inspire confiance.
Les grandes jupes se terminent par deux immenses plages de bain. En option, une plate-forme peut relier les deux plages arrière.
Un powercat à la carte
Chez Horizon, l’idée est donc de prendre une base et de bâtir un projet avec chaque client en fonction de ses désirs ou besoins. Il en résulte une certaine diversité, puisque aucun powercat ne ressemble à un autre. La personnalisation ne se limite pas aux équipements, mais intègre le design intérieur, et même l’implantation de certaines cloisons. Le chantier entend aussi démontrer qu’un catamaran peut offrir le même niveau de confort qu’un yacht monomoteur, avec en sus un espace plus important. De fait, une fois à bord de ce powercat, on oublie rapidement que l’on se trouve sur un catamaran.
L’autre caractéristique du chantier, c’est la méthode de construction utilisée, directement inspirée par le monde de l’aéronautique et qui emprunte notamment des techniques de contrôle qualité très innovantes faisant appel aux ondes sonores, au laser ou encore à la technologie optique pour s’assurer de la qualité finale de chaque multicoque, autant au niveau de la coque que des structures internes.
Le PC60 est également disponible en version cabine propriétaire avant ou avec un pont principal de type Open concept. C’est cette dernière déclinaison que nous avons testée au large de Fort Lauderdale, en Floride.
Côté conception, le PC60 est le fruit d’une collaboration internationale entre le studio néo-zélandais Lavranos Marine Design pour les carènes, Winchester Design Group pour l’aménagement intérieur et JC Espinoza pour la coordination. Normal donc qu’il possède une dimension très internationale, même si son marché principal reste les Etats-Unis.
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De face, l’épaisseur de la nacelle est vraiment impressionnante, et augure d’une habitabilité hors-norme.
Vu du dessus, le PC60 trace sa route sans être inquiété par le clapot.
Une construction robuste et soignée
Pour ceux qui ne connaissent pas les modèles de la marque, la première impression distillée par le PC60 est pour le moins imposante. Avec près de 19 m de long, 7,47 m de large et un T-Top qui culmine à 5,73 m au-dessus de l’eau, le catamaran affiche une allure assez massive. Même ressenti concernant la nacelle, très épaisse et venant rejoindre les coques assez bas – une belle promesse pour l’habitabilité. Le pont principal dispose quant à lui d’une large surface vitrée, mais aussi de structures très robustes qui respirent le sérieux. Enfin, l’Horizon bénéficie d’un flybridge presque entièrement fermé, à la manière des skylounges, très populaires dans le monde des sports fishings. On peut toutefois enlever les fenêtres souples latérales et arrière pour profiter du grand air. Si le dessin ne fait pas forcement dans la légèreté, on est vite rassuré quant à la solidité de l’ensemble. En outre, les lignes des coques, assez allongées, offrent un peu de dynamisme, et la proue plus haute augure d’un bon comportement marin.
Conçu pour être très habitable, le PC60 possède une ligne de pont assez élevée. De fait, une fois sur l’une des deux plates-formes de bain arrière, il faut monter trois marches pour arriver dans le cockpit. Au passage, on note la grande douche fixe implantée sur le dessus du panneau arrière, un vrai luxe au retour de la baignade. L’espace entre les deux plages de bain arrière peut recevoir une annexe de taille généreuse, mais on peut aussi opter pour une plateforme centrale offrant de fait au PC60 l’une des plus grandes plages de la catégorie. A noter que l’on peut également accéder à bord par l’une des deux portes de coupée.
Relativement traditionnel, le cockpit est intégralement couvert par l’arrière du flybridge, et offre assez de place pour accueillir une table pour huit personnes et une grande banquette arrière intégrée au tableau arrière. En y regardant de plus près, les choses deviennent intéressantes. Le PC60 a en effet été conçu de manière à optimiser l’espace au maximum. Du coup, on trouve dans ce cockpit une véritable cuisine extérieure avec réfrigérateur, évier et icemaker, ainsi que quelques coffres de rangement. Sur bâbord, les concepteurs ont tiré parti de l’espace situé sous l’escalier d’accès au flybridge pour intégrer un grand placard avec un système permettant de tout organiser : c’est tout simplement remarquable.
Pour comprendre la minutie et l’organisation du chantier, il suffit d’ailleurs de jeter un oeil sur l’énorme classeur remis au propriétaire et qui énumère tous les systèmes du catamaran dans les moindres détails – la maintenance, qu’elle soit quotidienne ou annuelle, la référence des consommables, et toutes les informations dont le propriétaire ou un professionnel intervenant sur le bateau peut avoir besoin.
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L’arrière du flybridge dispose d’une grue capable de soulever une annexe ou un toy. Cet espace peut également servir de terrasse, recevoir un salon de pont ou à peu près tout ce que souhaite le propriétaire.
Le pontage avant est peu exploité
Du cockpit, on peut se rendre facilement sur l’avant grâce à des passavants de bonne largeur et à un balcon suffisamment haut pour rester en sécurité. Très vaste, ce pont avant est cependant peu exploité. Il peut recevoir un grand bain de soleil, on peut aussi juste profiter des petits bancs sur chaque proue ou tirer parti de l’espace pour les manoeuvres. Dommage toutefois qu’il n’y ait pas de banquette, voire une table pour un verre au grand air.
Dernier espace extérieur, mais pas des moindres, le flybridge est tout simplement gigantesque. En fait, c’est le même que celui du 65 : autant dire que l’on ne se sent pas à l’étroit. Outre le poste de pilotage digne d’un Airbus, le flybridge propose un bar avec réfrigérateur et tabourets, une grande banquette en L pour s’asseoir autour de la table, qui peut, au besoin, se transformer en solarium. Une vaste terrasse occupe quant à elle la partie arrière pour y installer des chaises longues, un autre solarium, ou un petit salon d’été. C’est là aussi que l’on trouve l’imposante grue permettant de mettre à l’eau les « jouets » du bord.
Grâce à un système de toiles, ce flybridge peut être totalement fermé, ou en grande partie ouvert.
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Le pont avant est vaste, mais finalement pas très bien exploité.
Grâce aux larges passavants et au balcon, la circulation vers le pont avant demeure assez facile.
Un volume habitable impressionnant
Imposant au niveau de ses dimensions extérieures, l’Horizon PC60 l’est tout autant à l’intérieur. Dès la grande porte coulissante franchie, on découvre un immense espace ouvert où un canapé fait face à une vaste cuisine équipée dotée d’un îlot central. La partie avant est occupée par un second salon pouvant recevoir six ou sept personnes tout en profitant d’une vue imprenable à quasiment 360°. Dans les faits, le PC60 est disponible en deux versions : ouvert, comme sur le modèle de notre essai, ou en configuration Deck Master avec la cabine propriétaire située sur l’avant, à la place du salon. Une distribution d’aménagement jusqu’alors plutôt réservée aux unités monocoques de 90 pieds et plus. En dehors du volume, ce pont principal offre un grand nombre de rangements et tout l’électroménager dont vous pouvez rêver. La décoration est entièrement réalisée à la demande du client, ce qui fait qu’il n’y a pas deux modèles identiques.
Les coques sont bien entendu réservées aux cabines, avec, là encore, la possibilité d’opter pour une version trois ou quatre cabines. Sur le modèle trois cabines, la coque tribord dispose d’un couchage king size sur l’avant en position perpendiculaire, ce qui laisse assez de place pour circuler autour du lit. L’arrière du flotteur est quant à lui consacré à une énorme salle de bains sur la proue avec une douche aux dimensions XXL. La coque bâbord accueille de son côté un couchage double sur l’avant et deux lits séparés sur l’arrière, chaque cabine disposant de sa propre salle d’eau.
Contrairement à une tendance forte du domaine, la surface des hublots est un peu plus limitée (ce qui n’est pas forcément idiot sur le plan de la sécurité), mais cela n’empêche pas ces espaces de vie de bénéficier d’un bon éclairage. Si la décoration est à la discrétion de chaque propriétaire, la qualité de réalisation et la finition sont tout simplement remarquables. Enfin, les concepteurs ont dissimulé des rangements partout, un vrai plus pour la croisière.
Semi-custom oblige, l’équipement est défini par le client, mais Horizon se montre vraiment très ouvert par rapport à cela, tant au niveau des éclairages que du système audio ou encore du frigo avant, on peut quasiment tout intégrer à bord, le reste n’est qu’une question de coût.
Annonçant une autonomie de plusieurs centaines de milles, le catamaran de notre essai est également conçu pour être presque autonome au niveau énergétique. Il dispose pour cela de panneaux solaires et d’un générateur Onan de 21,5 kW.
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Outre la table, le grand cockpit arrière offre une vaste banquette, une petite cuisine extérieure et un accès facile au flybridge.
Le flybridge est hérité du 65. Dès lors, l’espace ne manque pas, et on y trouve un coin repas, un bar et bien sûr un poste de pilotage complet.
Production semi-custom oblige, chaque modèle est unique, notamment au niveau de sa décoration, comme ici avec le panneau de l’îlot central de la cuisine.
Qualités marines
Accusant un poids à vide de 40 tonnes, le PC60 demande naturellement un peu de puissance pour se déplacer. En standard, le chantier équipe le powercat avec 2 x 705 CV Cummins QSM11. Une mécanique généreuse et pleine de couple qui est plutôt bien adaptée. En outre, le dessin des carènes a été pensé pour une efficacité maximale alliant une vitesse correcte et une consommation maîtrisée. Pour arriver à cela, les coques à semi-déplacement sont dotées d’une partie plate sur l’arrière qui permet d’élever un peu l’embarcation en dehors de l’eau. Un tunnel a également été aménagé pour optimiser l’arrivée de l’eau sur l’hélice et ainsi améliorer l’efficacité de la motorisation. Enfin, une petite quille sur l’avant de chaque hélice assure une bonne protection et procure un meilleur guidage. Un soin particulier a aussi été apporté à la répartition des poids pour offrir au PC60 une assiette optimale. Au final, le chantier annonce une économie de 18 % par rapport à un dessin de carène plus classique.
Une fois en mer, il faut reconnaître que le résultat est assez convaincant. Relativement véloce, le catamaran accélère franchement, pour atteindre une vitesse de croisière d’environ 20 noeuds à 2 200 tr/min. Pour du cabotage tranquille, on se calera plutôt autour de 1 200 tr/min, ce qui propulse l’ensemble à environ 10 noeuds. En cas de besoin, l’Horizon est même capable de flirter avec les 24 noeuds, même si ce n’est pas du tout son programme. L’autre promesse du constructeur était de conserver une consommation de carburant raisonnable. Là encore, le pari est en partie gagné, puisqu’à 10 noeuds, la consommation totale (les deux moteurs) est de 11 gallons par heure 41,6 l/h, ce qui offre au powercat une autonomie d’environ 760 milles, c’est plutôt pas mal. A 20 noeuds, la consommation grimpe à 51 gallons par heure 193 l/h, pour une autonomie d’un peu plus de 300 milles, ce qui reste là encore assez correct. Le confort en navigation est également l’un des points forts du PC60. Profitant d’un poids conséquent, d’une longueur de flottaison importante et d’étraves assez fines, le catamaran trace sa route sans subir les affres de la houle. Même avec 1 m à 1,50 m de gros clapot, le powercat reste stable et passe en souplesse. Le dessin des étraves permet enfin d’éviter le phénomène de spray, un bon point pour profiter du pont avant par beau temps.
Reste que le programme du PC60 est plus centré sur le confort que sur un programme de navigation au long cours, et qu’il sera plutôt utilisé pour du cabotage sur de courtes distances.
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Le PC60 est disponible en deux versions, avec un grand salon avant ou avec, à la place, la cabine propriétaire.
Le catamaran est disponible en 2, 3 ou 4 cabines ; toutes profitent d’un volume proche de celui d’un yacht de 80 pieds monocoque.
La salle d’eau de la cabine propriétaire avance des dimensions totalement hors-norme et dignes d’un hôtel de luxe.
Conclusion
Venant marcher sur les plates-bandes des yachts monocoques, le PC60 propose des prestations similaires à un cruiser de 80 ou 90 pieds, mais avec un meilleur confort en mer. Il offre également un haut degré de personnalisation, et un tarif de départ plutôt attractif pour une telle surface habitable. De quoi séduire les adeptes de la croisière full confort ou ceux qui souhaitent vivre à bord sans sacrifier l’aspect cosy de leur précédent logement.

Friand d’une organisation particulièrement aboutie, le constructeur propose un grand placard de rangement dans le cockpit, où chaque chose est à sa place.
LES + :
+ Volume intérieur
+ Robustesse
+ Semi-custom
LES - :
- Déplacement conséquent
- Pont avant peu utilisé
- Hublots de coque un peu petits

DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Horizon Yachts (Taiwan)
Design : Lavranos Marine Design (carène)
Winchester Design Group (aménagements)
Longueur hors-tout : 18,78 m
Largeur : 7,47 m
Tirant d’eau : 1,46 m
Tirant d’air : 5,73 m
Déplacement lège : 40,09 t
Couchages : 6 (3 cabines) à 8 (4 cabines)
Carburant : 3 785 l
Eau : 945 l
Motorisation standard : 2 x 705 CV Cummins QSM11
Catégorie d’homologation : A
Prix : 3 850 000 $ en version de base HT
Options : sur demande













