Avec seulement quelques modèles à son catalogue et moins de 10 ans d’existence, le chantier australien s’est déjà bâti une excellente réputation. Un succès qui ne doit rien au hasard, comme le démontre le nouveau 53F, tout juste élu Multihull of the Year dans la catégorie Multipower.
Infos pratiques
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Conditions : Mer calme, 4 à 5 nœuds de vent
Iliad est une marque australienne qui existe depuis 2016. Le chantier a été fondé par Mark Elkington, Riccardo Bulgarelli, un ancien spécialiste du design de chez Azimut, et enfin Michael Crook, expert dans le domaine des catamarans. Après le 50, dévoilé en 2019, puis le 70 en 2020, la marque a petit à petit étoffé sa gamme, qui compte désormais cinq modèles de 53 à 75 pieds, ce dernier étant en cours de production.
Dès le départ, l’idée était d’offrir des powercats de croisière océ- aniques qui soient confortables et faciles à entretenir. Iliad offre également des unités semi- custom, c’est-à-dire que le Propriétaire peut demander nombre de modifications au niveau du plan de pont, des décorations intérieures ou encore de la motorisation.
Bienvenue dans le monde de la grande croisière !
Le 53 Sport Sedan a été présenté il y a environ un an, et la ligne a immédiatement séduit. Toutefois, l’objectif était là encore, dès le départ, de proposer une version flybridge, un élément qui donne une tout autre stature au powercat. Le 53 est par ailleurs une évolution du 50, qui a rencontré un joli succès.
Vu de l’extérieur, l’Iliad 53S flattait déjà l’œil. Nous avions apprécié les étraves droites et fines et la belle hauteur sous nacelle. La timonerie, dont la hauteur n’est pas excessive, procure au catamaran un look sportif, un peu félin, à la manière d’un coupé sport automobile. La version F reprend quasiment à l’identique l’ensemble de la partie inférieure. Toutefois, le flybridge donne à l’Iliad 53F un statut de catamaran 100 % croisière tout en augmentant considérablement l’espace de vie à bord.
Cela commence par les jupes arrière, assez grandes, et par la plate-forme hydraulique centrale (en option) qui supporte l’annexe. Cet appendice peut descendre dans l’eau pour faciliter la remontée du dinghy, elle sert aussi de plage privée au mouillage. Témoins de la hauteur des coques, quatre marches sont nécessaires pour arriver au cockpit. Au passage, on note que chaque accès est fermé par un portillon, un plus pour la sécurité des enfants ou de votre animal domestique. Sans être immense, ce cockpit offre suffisamment de place pour se relaxer sur la banquette arrière ou pour prendre un repas avec huit personnes autour de la table. En sus, l’espace est totalement protégé par le flybridge, parfait pour rester à l’abri d’une averse ou du soleil tropical. Un meuble avec plan de travail est installé juste en dessous de la fenêtre qui sépare le cockpit du carré intérieur. Petite astuce, cette fenêtre coulissante donne directement sur la cuisine, ce qui fait que le plan de travail peut rapidement se transformer en bar. C’est encore à cet endroit que l’on trouve les coupe-batteries et deux prises, c’est très pratique.
Du cockpit, deux petites marches et de larges passavants permettent d’accéder facilement au pontage avant. Un cheminement qui s’effectue en toute sécurité grâce aux passavants de 68 cm de large, aux balcons assez hauts et à la longue main courante.
De taille convenable, ce pont avant offre une configuration pouvant être utilisée en tant que solarium ou en espace pique-nique, avec éventuellement l’ajout d’une table pour admirer le coucher du soleil en sirotant un cocktail – mojito pour moi. Enfin, de nombreux coffres permettent de ranger les défenses ou dissimulent le guindeau électrique avec un grand puits à chaîne.
Espace généreux et aménagement complet sur le flybridge
L’autre possibilité depuis le cockpit, c’est d’emprunter l’escalier sur bâbord pour se rendre au flybridge. Parfaitement intégré à la ligne du catamaran, cet escalier est également confortable. De là, on découvre un très bel espace qui va certainement devenir la place préférée de l’équipage. Ce flybridge accueille bien entendu un poste de pilotage complet, avec une vue entièrement dégagée et une assise comprenant une position leaning-post. On y trouve également une immense banquette en L occupant une bonne partie du côté tribord. Grâce à un dossier incliné, cette assise peut faire office de méridienne dans la partie jouxtant le pilote, tandis que la partie arrière devient un espace repas pour cinq ou six personnes. Sur tribord, le chantier a installé une grande cuisine extérieure, avec un grill, un évier, un réfrigérateur et nombre de rangements pour une grillade au grand air. Bien entendu, cet aménagement peut être aménagé différemment selon les désirs du client ; il suffit de bouger les meubles ! Dernière partie de ce flybridge, l’arrière est composé d’une grande terrasse, qui peut être meublée, encore une fois, selon les envies de chacun. On peut imaginer des chaises longues, un grand solarium, voire un emplacement pour entreposer les kayaks ou les jet-skis, puisqu’une grue peut y être installée.
Enfin, dernière surprise, la partie avant du flybridge peut être entièrement fermée par un taud transparent, idéal pour les navigations par mauvais temps ou pour garder le bateau propre quand il ne navigue pas.
Entre le cockpit, le pont avant ou encore le flybridge, il y a donc largement le choix pour profiter du grand air et, à chaque fois, dans un très bon niveau de confort.
Un intérieur cosy et presque entièrement customisable
Ce sens de l’hospitalité se retrouve également à l’intérieur. Une fois la porte vitrée franchie, le pont principal offre un espace très ouvert, avec un coin repas sur tribord et une cuisine en U très moderne sur bâbord. En faisant coulisser la fenêtre, on l’a vu, cette cuisine est en lien direct avec le cockpit, c’est vraiment pratique et convivial. Elle est également très fonctionnelle, et comporte tout un ensemble électroménager complet et haut de gamme, à commencer par le frigo américain bien adapté aux longues traversées. Une petite marche mène à la partie avant de ce pont et à un grand salon pouvant facilement accueillir sept personnes. La table basse est parfaite pour l’apéritif, en revanche, le canapé n’est pas convertible. On se consolera avec l’écran de télévision escamotable de 65 pouces… Accolé à ce salon, le poste de pilotage intérieur offre une vue assez dégagée tout en permettant de rester avec ses invités. Là encore, l’aménagement est vraiment customisable, puisque certains clients ont par exemple demandé à ce que la salle à manger soit située sur l’avant.
Presque totalement encerclé de fenêtres, ce pont principal est sans surprise très lumineux en journée et l’on profite d’une vue panoramique sur tout ce qui entoure le catamaran. Bon point aussi pour la fenêtre centrale avant, qui s’ouvre afin d’améliorer la ventilation.
Pour ce qui est de la partie nuit, le 53F est disponible en version trois ou quatre cabines. Pour notre test, nous disposions d’un aménagement trois cabines, avec la suite Propriétaire sur tribord et deux cabines sur bâbord.
Profitant de coques assez larges, ces espaces ne manquent pas de volume. Le Propriétaire profite ainsi d’un couchage double en position transversale avec une vue directe sur la mer. La cloison arrière est équipée d’une grande armoire, tandis que, dans le couloir, on trouve bien entendu des rangements, mais également un bureau/coiffeuse et un petit canapé pour lire au calme. Enfin, sur l’avant du flotteur, une salle d’eau aux dimensions plus que généreuses rassemble les toilettes, un meuble avec double vasque et une douche séparée – le tout, comme l’ensemble de cette cabine, profite d’une douce lumière naturelle.
Sur bâbord, la répartition des espaces est un peu différente, mais vraiment intéressante. La partie arrière comporte ainsi une cabine avec deux lits individuels, mais l’on peut bien sûr opter pour un seul couchage double. Vers l’avant, on trouve un lit queen size et, petite surprise, un couchage en extra est situé sur le côté en hauteur, c’est idéal pour un enfant. Chacune de ces cabines dispose de sa propre salle d’eau et d’une porte pour garder un peu d’intimité.
Bien qu’il s’agisse d’un des premiers exemplaires, force est de constater que le sérieux de la fabrication impressionne et que la qualité des finitions séduit. Bien entendu, l’aménagement de chaque coque peut être modifié, et la décoration, les boiseries ou la couleur des murs sont entièrement au choix du futur Propriétaire.
L’équipement est à l’unisson, avec des prises conventionnelles ou USB un peu partout, des chargeurs sans fil ou encore de beaux éclairages indirects.
Autonomie transocéanique
Configurable à souhait, l’Iliad 53F peut par exemple embarquer un système d’alimentation électrique secondé par des panneaux solaires avec un pack de batteries lithium 24 volts.
S’appuyant sur une coque à semi- déplacement, le powercat est proposé en standard avec deux moteurs Volvo de 440 CV ou deux moteurs Yanmar. Une mécanique qui lui permet d’atteindre 21 nœuds et surtout, en régime de croisière, de profiter d’une autonomie jusqu’à 3 000 milles nautiques !
Le chantier propose également une version plus puissante avec deux moteurs Cummins QSB 6,7 L de 550 CV, et c’est dans cette configuration que nous l’avons essayé.
Une fois à la barre, la première chose que l’on remarque, c’est la souplesse de l’ensemble. Le catamaran accélère de manière progressive, sans brutalité et sans bruit ni vibrations excessives. En fait, que ce soit au poste de commande intérieur ou sur le flybridge, on se trouve loin des cales moteur. Toutefois, on peut aussi envisager de rester dans le cockpit sans être trop gêné.
Avec les Cummins, l’allure de croisière s’établit autour de 17 nœuds à 2 700 tr/min et la vitesse de pointe de 22 nœuds est atteinte à 3 400 tr/min.
Si le Cummins n’apporte pas beaucoup plus de vitesse que les autres motorisations plus modestes, il offre en revanche pas mal de couple, c’est toujours utile, surtout quand le catamaran affiche un poids à vide de 27,5 tonnes.
Pour terminer avec l’aspect technique, il faut descendre dans les cales moteur, très propres et bien organisées. On y découvre alors un générateur Onan, tout le système de gestion des panneaux solaires et un dessalinisateur Parker, bref, tout ce qu’il faut pour une longue traversée.
Conclusion
Agréable à l’œil, bien aménagé, bien équipé et profitant d’une finition remarquable, l’Iliad 53F coche déjà beaucoup de cases. Si l’on ajoute à cela un bon comportement marin et une autonomie intéressante, il ne reste pas énormément de reproches à faire à ce powercat, si ce n’est peut-être son prix, mais c’est difficile d’avoir un catamaran à moteur haut de gamme au tarif d’un powercat d’entrée de gamme, évidemment… Bref, cette unité séduit, et c’est peut-être aussi pour cela que le 53F a obtenu les faveurs de nos lecteurs lors de l’élection du Multihull of the Year 2024 !
Flybridge spacieux
Finitions soignées
Une seule échelle de bain
Descriptif technique
Design : Riccardo Bulgarelli
Longueur hors-tout : 16,37 m
Largeur : 7,63 m
Tirant d’eau : 1,25 m
Déplacement lège : 27,5 t
Réservoir carburant : 3 500 l
Réservoir d’eau : 800 l
Puissance max : 2 x 550 CV
Homologation CE : A
Prix de départ version SC : 2 115 000 $ US HT










