Dans le domaine de l’industrie nautique, le marché des catamarans à moteur est celui qui connaît la plus forte croissance. Frugalité, confort et, en ce qui concerne les yachts de plaisance comme l’Iliad 53Sport, de réelles capacités hauturières en sont les raisons principales. Le style de vie est l’autre facteur important qui explique la demande croissante pour ce type de bateaux aux caractéristiques bien particulières : faible tirant d’eau et, dans le cas du 53S, la possibilité d’échouer sur une plage, en font des bateaux idéaux pour partir à l’aventure.
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Conditions : vent de 0 à 5 nœuds, mer calme, 7 personnes à bord
Iliad Catamarans est une marque très récente, puisque les premiers 50 pieds sont apparus en Australie en 2019, suivis en 2020 par un 70 pieds, avant que la gamme ne s’enrichisse des 53, 62 et 74 pieds. Le 62 a été présenté pour la première fois lors du Sydney Boat Show de 2022 – à la fin duquel j’ai pu monter à bord. En 2023, les événements les plus marquants sont la sortie de ce 53Sport, premier modèle sans flybridge qui a fait sa première apparition en Australie lors du Sanctuary Cove Boat Show (25-28 mai), puis le lancement du 53 avec flybridge lors du Sydney Show (3-6 août).
Des références dignes d’un aventurier
Ces yachts à coques semi-planantes peuvent atteindre des vitesses à deux chiffres sur de longues distances. L’élément clé est un large éventail de moteurs, tous à transmission à lignes d’arbre, pour répondre à la demande de chaque client. Les lignes d’arbres, protégées par de petits carénages, minimisent les dégâts éventuels en cas d‘échouement.
Ces yachts conçus pour partir à l’aventure sont de plus en plus populaires, car leurs Propriétaires apprécient leur conception qui leur permet de se passer des services à terre et de fuir la foule. Pour les yachts à moteur, l’autonomie est fondamentale, et les coques à faible déplacement des catamarans répondent pleinement à cette exigence. A la recherche d’un bateau bien particulier et ne trouvant pas son bonheur sur le marché existant, le patron d’Iliad Catamarans Mark Elkington forma un consortium avec l’architecte Riccardo Bulgarelli, qui avait travaillé avec Azimut avant de créer son propre cabinet, et avec un chantier de premier plan du Sud-Est asiatique. Il y ajouta l’expérience du célèbre expert maritime et directeur général Michael « Nod » Crook, accompagné de son équipe financière et administrative. Iliad Catamarans est né de cette collaboration.
Un Sedan aux lignes épurées
Tout au long des quatre journées ensoleillées lors du Sanctuary Cove Boat Show dans le Southern Queensland, région qui abrite des milliers d’îles tropicales le long de la Grande Barrière de corail, le premier Sport Sedan de la marque attira de très nombreux visiteurs. Ce premier exemplaire du 53Sport est un powercat tous temps, avec un cockpit arrière entièrement recouvert et fermé par des stores en plastique transparents montés sur enrouleurs. Mais un passage à bord révélait bien d’autres choses, comme j’ai pu le constater lors de ma visite guidée en compagnie de Michael. « Le savoir-faire du chantier chinois a été vraiment important pour nous, particulièrement pour la personnalisation de ces bateaux », m’a expliqué Nod.
« En fait, dit-il, la construction semi-personnalisée et une finition exceptionnelle dans les moindres détails sont des éléments clés pour faire la différence sur le marché. » Un autre élément vendeur est le fait de mettre sur le marché des bateaux entièrement équipés dès le départ, au lieu de proposer tout un catalogue d’options, une solution adoptée avec succès par d’autres constructeurs de qualité. Par exemple, sur ce premier exemplaire du 53S, les seules options importantes par rapport au modèle de base ont été le dessalinisateur, une climatisation améliorée et la plage de bain relevable. Etant donné que ce powercat, dont les Propriétaires habitent dans l’ouest de l’Australie, va effectuer une toute première croisière de 3 mois dans les régions tropicales reculées du nord de l’Australie et qu’il sera ensuite basé à Fremantle, une bonne climatisation et une grande autonomie étaient des prérequis.
Par rapport aux modèles flybridge de la marque, ce 53S offre nettement moins de fardage et une meilleure stabilité, il a donc une ligne plus élancée, un élément auquel tenait beaucoup Marc, le nouveau Propriétaire, qui possédait auparavant un Riviera très gourmand en carburant doté d’un flybridge. Sur le pont principal, la partie arrière constituera un bon argument de vente, particulièrement pour les acheteurs potentiels habitués au maître-bau plus étroit des Riviera, car l’Iliad 53S est doté d’un très grand espace de détente dégagé que seul un catamaran à moteur peut offrir. Un bar doté d’un évier, un barbecue, une machine à glaçons et une table pouvant accueillir 8 personnes font de cette partie arrière une extension en plein air du carré et de la cuisine située juste à côté. Entièrement abritée par le prolongement du roof soutenu par des jambes en inox de belles dimensions équipé de panneaux de pont à commande électrique, toute cette partie arrière s’intègre parfaitement au carré auquel on accède par de robustes portes coulissantes.
Un carré spacieux
A l’intérieur, le carré ouvert abrite la cuisine à bâbord, le coin repas à tribord et le salon situé sur l’avant à bâbord. A tribord se trouvent le poste de barre et les sièges de barre Besenzoni à double commande électronique. Il y a également une banquette à tribord derrière le poste de barre. Cette partie avant du carré est surélevée afin d’assurer une bonne visibilité, comme j’ai pu m’en rendre compte en prenant la mer un peu plus tard dans la journée. Le Propriétaire a sélectionné Garmin pour les équipements électroniques avec deux grands écrans et le pilote automatique. On trouve également dans le poste de barre l’écran et les commandes du moteur Yanmar et du propulseur d’étrave situé dans la coque bâbord. En option, le Propriétaire a opté pour des correcteurs d’assiette verticaux pour améliorer celle-ci et la consommation à pleine charge. L’autre élément essentiel est le tableau électrique général à côté de la cuisine. Il accueille les interrupteurs 12 V et 24 V et toutes les commandes essentielles, y compris le système Sea-Fire pour la salle des machines, le climatiseur et la gestion du générateur Cummins.
Le carré offre un bel espace grâce à un plan ouvert et des meubles de rangement en position basse avec une finition en orme, un bois aux tons chauds qui se marie parfaitement avec les cloisons et les placards d’un blanc immaculé. Une moquette recouvre le sol en gommier tacheté. Les parois latérales verticales donnent beaucoup de volume et de lumière naturelle, tandis qu’un panneau ouvrant à l’avant, de la taille d’un homme, permet à l’air de circuler au mouillage et même à un adulte agile (moi !) de l’utiliser pour accéder à la plage avant.
Dans la cuisine, un agencement en forme de U a été choisi au lieu de la version optionnelle avec un comptoir fermé incluant un réfrigérateur de taille domestique. « Nous voulons que toute la famille profite de cet espace et utilise la partie arrière pour desservir le cockpit », explique Marc, le nouveau Propriétaire. Les équipements installés sont complets et comprennent une plaque de cuisson électrique Fisher&Paykel à 4 feux, un micro-ondes et un lave-vaisselle, tandis qu’un réfrigérateur-congélateur à 6 tiroirs amovibles permet de conserver la nourriture au frais ou de la congeler. L’équipement électroménager comprend également une machine à laver placée dans la coque dédiée aux invités. De grands plans de travail en composite Himacs et un évier profond en inox complètent l’équipement. Des équipets situés en hauteur et sous les plans de travail permettent de ranger l’avitaillement pour une longue traversée, et un espace de rangement étanche dans la nacelle offre un endroit idéal pour conserver votre vin à la bonne température. Mon seul reproche est l’absence totale de fargues, mais elles peuvent être fournies en option. Le niveau de détail et la qualité des finitions sont remarquables, comme pour le plateau de la table à manger encadré par des banquettes confortables pour accueillir plus d’invités. Les finitions des menuiseries sont faites à la main dans la plupart des cas avec des bordures arrondies comme les angles des tables basses, les coutures des banquettes en Ultraleather sont impeccables.
Une vraie cabine de Propriétaire
En empruntant les quelques marches situées à l’avant de la cuisine pour descendre dans la coque tribord, je suis arrivé dans la plus grande cabine du bord. Celle-ci, fermée par une porte coulissante, occupe entièrement la coque réservée au Propriétaire. Elle abrite un grand lit en îlot situé dans la partie arrière, là où les mouvements sont les plus doux en mer, puis la coiffeuse/bureau suivi de la salle de bains et des toilettes privatives dans la partie avant. Solution astucieuse, un dressing (qui pourrait à la demande être transformé en toilettes) permet d’atténuer le bruit provenant de la salle des machines attenante. Le lit queen size installé perpendiculairement fait face aux grands hublots rectangulaires. Le somptueux lambris en orme et le plancher recouvert de moquette parachèvent la sensation de confort. Ici encore, l’attention aux moindres détails est des plus subtiles, avec des poignées de portes et de placards en métal de qualité, un lit joliment capitonné et des mains courantes judicieusement positionnées. Dans la salle de bains, le franc-bord important permet de dégager un volume important et les hublots ouvrants garantissent une bonne circulation de l’air, facteur essentiel sous les tropiques afin de limiter l’utilisation de la climatisation. Le sol est en teck confortable sous les pieds. Plus haut, on a affaire à un gelcoat bien pratique (bien qu’assez éblouissant) pour faciliter le nettoyage. Des toilettes électriques fonctionnant à l’eau douce complètent le tout.
La coque bâbord est clairement conçue pour un usage familial, le Propriétaire ayant plusieurs enfants dans son entourage. A l’arrière, deux grandes couchettes simples avec des matelas en mousse à mémoire de forme sont entourées d’équipets et d’un éclairage d’ambiance de bon goût, il existe une option de lit queen size. Les salles de bains attenantes avec leurs douches spacieuses – une pour chaque cabine – sont entièrement équipées, tout comme celle du Propriétaire. Des panneaux de pont et des hublots assurent une parfaite aération de l’ensemble. La couchette avant est de taille standard, avec une couchette simple surélevée à tribord sous le roof.
Une coque échouable
Au cours d’un voyage sous les tropiques, il est important d’avoir un plan de pont offrant un bel espace utilisable, celui-ci est particulièrement généreux sur l’Iliad 53S grâce aux grands cockpits avant et arrière. Je suis passé facilement vers les étraves grâce aux larges passavants, aux pavois profonds et aux filières de bonne hauteur. A l’avant, deux bains de soleil surélevés en tissu Sunbrella encadrent le puits du mouillage et un grand espace de rangement pour les coussins. Dans les étraves, deux autres espaces de rangement dotés d’échelle peuvent, à la demande, être transformés en couchettes supplémentaires.
A l’abri des pieds nus sous la nacelle, le mouillage (ancre Lewmar en acier inoxydable de 40 kg) aboutit à un guindeau vertical Quick de 2 000 W. Dans l’idéal, un 2e davier d’étrave devrait être installé (il l’est sur les nouveaux modèles), mais les points positifs concernent une paire de taquets de taille respectable et de grands écubiers pour évacuer rapidement l’eau embarquée. En repartant vers l’arrière, chaque coque est dotée de marches moulées descendant jusqu’à l’eau, et la plate-forme de bains hydraulique entre les deux coques peut recevoir une annexe. Le cockpit arrière accueille également les deux panneaux d’accès aux moteurs. Deux Yanmar 440 CV équipaient ce bateau, mais le modèle de base est doté de Volvo 440 CV. Des Yanmar 480 CV et des Cummins 550 sont également proposés, mais toutes les marques sont envisageables. Ils profitent tous de la protection offerte par les coques échouables, puisque leurs arbres sont protégés par des ailerons moulés. « La liberté de choix de la plupart des équipements, tels que les moteurs et l’électronique, est notre devise. Nous sommes là pour conseiller le client en fonction de ses préférences en cas de besoin », explique Nod.
En jetant un coup d’œil dans le compartiment moteur, on découvre un bel espace bien agencé avec les éléments électriques et les batteries AGM placées au-dessus des moteurs. A noter que les pots d’échappement passent désormais par les jupes arrière pour réduire les émanations (alors que, sur les précédents modèles, l’échappement se faisait par les flancs des coques). Les meilleurs composants industriels standards sont mis en œuvre, comme le convertisseur/chargeur Victron 5000 VA, les filtres Raco et les systèmes d’extinction automatique d’incendie Seafire. L’électricité du bord est installée dans un coffret dédié situé dans la nacelle, un autre coffret à proximité abrite les batteries domestiques au lithium ; l’ensemble est de la marque Victron, qui a donc garanti la totalité de l’installation. L’énergie renouvelable provient des panneaux solaires de 3 200 Wc installés sur le roof, qui ont fourni environ 50 ampères lors de ma visite. L’accès aux bouchons de remplissage pour l’huile, aux courroies, à l’appareil à gouverner et aux drosses de celui-ci est aisé. Autre élément fondamental à bord, le générateur Cummins Onan de 13,5 kW pour l’approvisionnement en eau chaude du powercat est opérationnel.
Le tout est abrité dans de robustes coques en fibre de verre répondant à la norme CE A, lesquelles sont dotées de mini-ailerons pour permettre l’échouage (ou le carénage de la coque sur une plage à marées). Une autre caractéristique importante est la hauteur sous nacelle qui permet de minimiser l’impact des vagues – j’ai estimé cette garde à la mer à environ un mètre. Des cloisons étanches sont utilisées dans tout le catamaran, dans les compartiments moteurs, la partie centrale des coques et dans les étraves en cas de collision. Les coques, et pas seulement les œuvres vives, sont entièrement construites en vinylester avec des renforts monolithiques ou en fibre de verre le long des quilles et des parties vitales. Pour le reste, le chantier Iliad a utilisé une construction par infusion et injection sous vide, il a d’ailleurs reçu, à différentes étapes clés de la construction, la visite d’inspecteurs indépendants appartenant à la Communauté européenne.
Essai en mer sur la Gold Coast
Les eaux abritées de la Gold Coast, protégées par les îles de la Grande Barrière, constituent un bassin de croisière idéal pour les catamarans. Ceci dit, même au large, la houle n’était guère présente lors de notre journée à bord de l’Iliad 53Sport.
Il n’était pas évident de sortir de la marina à l’issue du Sanctuary Cove Boat Show, nous avons eu besoin de la puissance des deux moteurs tout en utilisant d’un léger coup de pouce le propulseur d’étrave pour qu’il nous éloigne du catway, suivi d’une courte marche arrière, le tout sous l’œil vigilant du skipper Jason Norton. Il a ensuite accéléré en douceur à l’aide des manettes électroniques pour faire route le long des méandres de la rivière Coomera. La plupart des catamarans répondent bien à une utilisation judicieuse des manettes en marche avant et en marche arrière pour faire pivoter les coques, mais, à cause du franc-bord important des coques, un skipper amateur appréciera la présence d’un propulseur dans l’une des étraves. En glissant le long des demeures majestueuses et des innombrables berlines de luxe, l’Iliad 53Sport n’était nullement dépaysé. Arrivé dans l’estuaire de la Gold Coast Broadwater, j’ai pris les commandes du powercat. Confortablement installé sur le siège rembourré, avec la barre à roue à hauteur de la taille, j’ai pu profiter d’un panorama superbe. Grâce au système de barre électrique et hydraulique et aux deux safrans bien écartés l’un de l’autre, la prise en main a été d’une facilité déconcertante. Quand j’ai poussé sur les manettes électroniques, un léger grondement émanant des deux 440 CV se fit entendre au moment de partir au planning. Auparavant, nous étions en mode croisière à 8 nœuds, ce qui correspond à la vitesse requise pour une croisière hauturière avec une autonomie de 1 750 milles. En augmentant la vitesse, par exemple pour échapper à un orage tropical, on réduit ce rayon d’action de manière significative, mais la vitesse (21 nœuds maximum pendant les essais) est bien présente si vous en avez besoin, et le niveau sonore (environ 60 dB) permet quand même de poursuivre une conversation. En coupant les sillages des nombreux bateaux à moteur de tailles imposantes qui naviguent sur ces eaux très fréquentées, l’Iliad 53S n’a jamais bronché, nous n’avons jamais entendu le moindre grincement, même en passant à travers des vagues de sillages plus importantes. Les aménagements ouverts permettent d’avoir une bonne vue sur l’arrière, un élément de sécurité essentiel sur des voies de navigation étroites et lors des manœuvres à vitesse lente que j’ai effectuées sous le contrôle de Marc en faisant pivoter son bateau sur son axe puis en passant en marche arrière. En regagnant la marina, j’ai apprécié le confort du siège baquet. Je dois dire que j’ai envié cette famille qui allait entamer son odyssée de 3 000 milles dans les eaux tropicales du nord de l’Australie, une aventure parfaitement adaptée à cet Iliad 53Sport.
Excellent niveau de finition
Accessibilité des organes techniques
Guideau sous-dimensionné
Quelques fargues manquantes en série
Descriptif technique
Architecte : Riccardo Bulgarelli
Longueur : 16,35 m
Largeur : 7,60 m
Tirant d’eau : 1,25 m
Tirant d’air : à partir de 4,50 m
Déplacement lège : 24 t
Moteurs : 2 x Yanmar 440 CV, transmission par arbre (option 480 CV ou Volvo 440 CV ou 550 CV Cummins)
Carburant : 3 500 l
Eau : 800 l
Eaux grises : 250 l
Eaux noires : 250 l
Certifications : CE A-12, CE B-12, CE C-20, CE D-30
Prix : à partir de 1 599 428 € HT
Prix du bateau essayé : 2 072 011 € HT (3 400 000 $AU)




