Dernier-né du chantier américain Invincible, le 33 est un pur Open de pêche conçu pour aller vite et loin, là où se trouve le poisson. Une véritable machine de pêche, mais aussi un catamaran aux qualités nautiques exceptionnelles, prêt à affronter la grosse mer.
Infos pratiques
- Le chantier : Invincible 33
- La fiche technique
-
Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Invincible33
- Assuez votre Invincible33
- Articles autour du Invincible33
Conditions : vent 7 à 8 nœuds, houle de sud-est de 0,50 m
Invincible est une marque américaine fondée en 2006 et basée en Floride. Son fondateur, John Dorton, est un féru de pêche sportive, et il était frustré de ne pas trouver le bateau de pêche assez solide, assez rapide ou assez confortable pour répondre à ses besoins. Il décida alors de créer sa propre marque et, pour cela, de s’attacher les services de Michael Peters, un célèbre architecte naval pour les monocoques. Après quelques années, Invincible, en quête d’encore plus d’efficacité, s’est tournée vers la conception de catamarans en faisant cette fois appel à Morrelli & Melvin, un cabinet d’architectes navals largement reconnu dans le domaine du multicoque. De là est donc née la gamme de catamarans, qui se caractérise par une légère asymétrie, des coques très hautes aux étraves très effilées et un pont sur un seul niveau pour faciliter la vie à bord. La gamme compte aujourd’hui six modèles de 33 à 46 pieds en version Open ou Pilothouse.
Un design signé Morrelli & Melvin
Le 33 est donc le benjamin de la famille, mais il ne s’agit pas pour autant d’un modèle d’entrée de gamme. Bien planté sur ses deux coques au profil impressionnant, le catamaran offre une ligne de pont assez haute et un avant très défendu, histoire d’offrir sécurité et protection à son équipage. Il reprend également les codes des fishings traditionnels américains, avec notamment de généreux plats-bords, une console centrale et un T-top, mais, grâce à sa conception multicoque, il offre d’entrée un volume bien plus généreux que ses concurrents à une seule coque.
On pénètre à bord par la plage arrière équipée d’une échelle de bain intégrée et d’un portillon installé sur tribord. Dès le premier contact avec l’Invincible, on mesure la qualité de la fabrication. Le tableau arrière est ainsi d’une rare épaisseur, même dans cette catégorie, et il intègre six supports pour les cannes et un grand vivier, ainsi que quelques espaces de rangement accessibles depuis le cockpit. La porte refermée, on profite alors d’un grand cockpit arrière, avec un espace surprenant pour une embarcation de 33 pieds. Très dégagé, cet endroit est parfait pour pêcher. Pour plus de confort, on bénéficie de coussins latéraux au niveau des cuisses, un vrai plus en action de pêche. On y trouve aussi nombre de supports pour les cannes et un système de lavage de pont sur chaque bord, une bonne idée pour nettoyer le sang ou les écailles. Autre point intéressant, le plancher dispose de plusieurs coffres, dont un pouvant faire office de vivier supplémentaire, tandis que, de part et d’autre de la console, on trouve des bacs à poissons.
Petite concession au confort lorsque l’on fait de la route, ce cockpit offre une banquette arrière face au sillage pour trois personnes. Particulièrement confortable, cette dernière cache un rangement sous l’assise et, en abaissant le dossier, on découvre quatre tiroirs et un rangement pour les boîtes à leurres, ce qui confirme la vocation pêche de l’Invincible.
Des volumes surprenants
La console centrale laisse assez de place pour se déplacer à bord sans trop de problèmes et en restant en sécurité grâce au franc-bord généreux. Plus polyvalente, la proue offre elle aussi un très bel espace qui peut être utilisé par les pêcheurs, mais elle se veut également plus familiale, avec cette longue assise lounge pour deux personnes avec accoudoirs. Un endroit idéal pour bouquiner ou papoter. En sus, ce carré avant dispose de coffres supplémentaires et de rangement dans le grand plat bord avant. Enfin, en basculant l’assise, on découvre un immense espace de stockage compartimenté, c’est vraiment bien vu. Conception américaine oblige, il n’y a pas d’ancre à poste, ce qui est un peu dommage. Du coup, il faudra se rabattre sur la très profonde baille à mouillage, heureusement dotée d’un passe-amarre. Toutefois, compte tenu de la taille du catamaran, ancre et chaîne seront un peu lourdes à manipuler…
Reste la partie centrale, occupée comme il se doit par une grosse console. Dans le plus pur style fishing, ce poste de commande monte assez haut, ce qui offre une protection efficace tout en dégageant assez de place pour installer deux écrans de belle taille et des accessoires supplémentaires, comme un smartcraft, une VHF ou le système audio. La partie inclinée permet quant à elle de recevoir un des porte-gobelets, un joystick ou autres éléments nécessaires. Bon point encore pour la fargue constituant un vide-poche sur toute la largeur ou pour le coussin protégeant les genoux du pilote et du copilote. L’ergonomie est d’ailleurs de la partie, puisque l’on profite d’un repose-pieds, tandis que la banquette trois places demeure très confortable. L’ensemble du poste de conduite est efficacement protégé par un pare-brise et deux vitres latérales pour les escapades au large. Enfin, le solide T-top permet de rester à l’abri du soleil ou de la pluie, et supporte les cannes de traîne, l‘antenne VHF et le radar.
Conçu pour la pêche au gros, l’Invincible regorge littéralement de supports de cannes, puisqu’on en compte 14, rien qu’au niveau de la console et du T-top. Dernière surprise de ce bloc central, une porte latérale sur bâbord donne accès à une petite cabine. Situé au centre de la nacelle, cet habitacle est un peu petit pour y installer un vrai couchage, elle reçoit en revanche un WC marin, et servira à stocker tout le matériel nécessaire à bord ainsi que les effets personnels. Très bien construit et vraiment très bien fini, l’Invincible 33 a également été conçu par des pêcheurs pour des pêcheurs. Cela se ressent au niveau de l’organisation des espaces, au niveau de l’équipement, vraiment axé vers la réalisation du Big Game, mais aussi au travers de quelques détails, comme les mains courantes omniprésentes et bien positionnées, la lumière sous le T-top ou encore les deux viviers. La mise standard est pour le coup assez généreuse, et la marque se définit également comme un constructeur de bateaux semi-custom, ce qui veut dire que le plan de pont comme la liste des accessoires peuvent vraiment évoluer au moment de la commande en fonction des désirs du client.
Vitesse, stabilité et confort
Logeable et accueillant, c’est sous le pont que ce canot cache son atout majeur. Contrairement à nombre de catamarans, y compris dans le domaine du fishing, ce bateau conserve une largeur modérée (3,10 m). Qui plus est, il s’appuie sur deux coques très fines et surtout très hautes sur l’eau, ce qui dégage un tunnel de taille respectable. Le profil de carène de chaque coque est intéressant, avec une étrave très droite, un bouchain qui part directement de l’étrave, et des virures imposantes pour assurer l’accroche et la stabilité latérale. Une mini coque centrale vient prendre place sous le tunnel pour modérer les ardeurs du coussin d’air et le tout présente un profil légèrement asymétrique. Un dessin complexe, mais qui a du sens. S’ajoutent à cela une répartition des masses sans erreur et un très bon contrôle de l’assiette. Concrètement, on se retrouve avec un catamaran qui ne se cabre pas au départ et qui déjauge très rapidement. Mieux, une fois dans ses lignes, l’Invincible trace sa route sans sourciller, se moquant littéralement du clapot. Il est comme sur des rails. Autre petit miracle de cette carène, le catamaran vire quasiment à plat, sans survirer. C’est dans les courbes que l’on reconnaît d’ailleurs qu’une coque est saine. Un élément primordial pour le chantier, qui insiste sur le fait que les modèles de la marque n’ont pas besoin de flaps pour bien naviguer. Lors de notre test, malheureusement un peu court, nous avons pu mesurer tout le bien-fondé de ce profil. Efficace, confortable et plutôt alerte, le catamaran n’a jamais été pris en défaut, et les virages s’effectuent effectivement à plat. Pour être franc, nous aurions vraiment apprécié un peu plus de vague pour mettre à l’épreuve cette embarcation. Une chose est sûre : il en faut beaucoup pour commencer à mettre l’Invincible 33 en difficulté. Taillé pour aller pêcher au large, il remplit parfaitement sa tâche, et avec en plus une bonne dose de confort. Question performances, nous avions accroché aux tableaux arrière deux moteurs Mercury Verado de 400 CV. Une puissance conséquente qui peut encore monter un peu, puisque le powercat est homologué jusqu’à 900 CV, rien que ça. Si là encore nous n’avons pas pu effectuer totalement les tests que nous réalisons d’habitude, le canot s’est tout de même extirpé de l’élément liquide en à peine plus de 5 secondes. Le déjaugeage s’effectue autour de 3 200 tr/min, ce qui amène déjà l’ensemble à environ 20 nœuds. En poussant la poignée, la prise de vitesse est linéaire, puisque rien ne semble perturber le comportement du catamaran. Une fois que l’Invincible est dans ses lignes, le coussin d’air dans le tunnel joue son rôle à plein en sortant un peu plus l’embarcation de l’eau, ce qui diminue sa surface mouillée, et donc améliore performance et consommation. Ce coussin agit également comme un amortisseur, ce qui rend le voyage encore plus confortable. Dès lors, on atteint une vitesse de croisière située autour de 40 nœuds, juste au-dessous des 5 000 tr/min. Une allure élevée qui permet d’aller pêcher assez loin sans pour autant vider le réservoir trop vite. A 30 nœuds, à 4 000 tr/min, chaque moteur consomme 50 litres/heure, soit 100 au total. L’autonomie est à ce régime de 454 milles. Ce jour-là, notre vitesse maximale plafonnera à 52,5 nœuds, mais le constructeur annonce une vitesse de 57 à 58 nœuds en pointe, peut-être avec la motorisation maximale… Reste qu’avec une capacité d’évolution à plus de 50 nœuds, le 33 autorise un programme ambitieux, que ce soit pour aller chercher un ban de thon au large, ou simplement pour emmener la famille en balade pour la journée.
Conclusion
Bénéficiant d’une fabrication très robuste, d’une finition remarquable et d’un espace à bord considérable, l’Invincible 33 est un bateau avant tout conçu pour la pêche, mais qui peut aussi se plier à quelques escapades familiales, même s’il ne dispose ni d’une cuisine, ni d’une vraie cabine. Un parti pris assumé par le chantier, tout comme les capacités nautiques hors-normes de ce powercat au dessin de carène particulièrement réussi.


Qualité de fabrication
Comportement marin
Pas de hublot cabine
Taille plage de bain arrière
Descriptif technique
Design : Morrelli & Melvin
Longueur hors-tout : 10,30 m
Largeur hors-tout : 3,10 m
Déplacement avec moteur : 6 350 kg
Tirant d’eau : 0,33 m
Couchages : 0
Carburant : 1 514 l
Eau : 286 l (Vivier)
Puissance max : 900 CV
Catégorie d’homologation : B
Prix : approx. 350 000 US$
Principales options :
Prise électrique moulinet
Banquette arrière
Batterie supplémentaire
Couleur de coque
Bimini arrière
