La formule du multicoque poursuit désormais sa conquête sur tous les segments de marché et dans tous les pays. Le nouveau K-30 conçu et produit en Espagne se présente ainsi comme un powercat compact – concept très populaire aux Etats-Unis et aux Caraïbes, mais beaucoup moins en Europe. Dans un premier temps, les petits Kattum (un 38 devrait être lancé prochainement) se positionnent donc en alternative day boats monocoques européens.
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Conditions : Vent d’ouest 3-4 nœuds, mer belle
Kattum Yachts est une toute jeune marque espagnole créée en 2022 par deux ingénieurs navals, Daniel Hernández et Félix López. Leur rêve était de créer une marque de bateaux à moteur qui soit différente des autres. Pour cela, ils ont choisi le concept du catamaran, car il offre à la fois une bonne tenue en mer et beaucoup d’espace à bord. La gamme compte pour le moment deux bateaux à l’eau, le K-28 et le K-30.
Celui qui nous intéresse aujourd’hui est en fait une version allongée du 28, une modification qui se manifeste au niveau de la plage arrière puisque, sur le 30, celle-ci entoure complètement les moteurs. Une option intéressante qui permet vraiment de profiter de la baignade ou d’embarquer facilement depuis le quai ou à bord d’un jet ski. Qui plus est, des trappes s’ouvrent pour remonter sans difficulté les moteurs.
Une ligne épurée et moderne
Sur le plan esthétique, le K-30 affiche un design dépouillé avec des lignes plutôt rectilignes, notamment au niveau du livet de pont, qui s’incurve sur l’arrière pour rejoindre la plage de bain. La proue, quant à elle, reste assez haute, un plus pour protéger l’équipage. Un joli T-top chapeaute l’ensemble, ce qui, finalement, confère une allure moderne, presque minimaliste à ce powercat.
Bien qu’il s’agisse d’un catamaran, la largeur reste contenue à 3,40 m. De fait, le K-30 n’est pas transportable par la route ; en contrepartie, il peut occuper une place réservée à un monocoque de 10 à 12 m.
Grâce à la plate-forme très allongée, l’accès à bord se fait très facilement, et l’on peut même envisager d’embarquer une personne à mobilité réduite. En revanche, l’arrière est totalement ouvert, sans portillon, ce qui représente un danger pour les jeunes enfants. Une fois à bord, on est accueilli par un grand solarium ; la banquette est équipée d’un dossier mobile permettant d’adopter une position lounge. Curieusement, ce solarium ne cache pas un grand rangement comme l’on pourrait s’y attendre, mais deux réfrigérateurs. De mon point de vue, c’est un peu de la place perdue. Pour compenser cela, plusieurs grands coffres sont tout de même présents dans le plancher.
L’assise pilote dispose elle aussi d’un dossier basculant, ce qui permet de constituer un carré-dînette. Entre les deux assises, une table de grande dimension permet de déjeuner à cinq ou six personnes avec un emplacement dédié pour les bouteilles au centre. L’idée est bonne, dommage que les sièges soient si hauts, et par conséquent peu confortables à la longue. En outre, les dossiers sont eux aussi très rehaussés ; on y gagne un peu d’agrément, mais ce n’est pas une réussite sur le plan esthétique. Le T-top, quant à lui apporte toute satisfaction – à commencer par un ombrage bienvenu.
Les amateurs de soleil s’installeront sur le pontage avant ; profitant de la largeur du catamaran, cet espace offre en effet un grand solarium avec des dossiers assez hauts pour rester à l’abri des regards indiscrets ou simplement à l’abri du vent. Grâce à une manipulation assez simple, on peut transformer cette zone en salon avec une table (en option) au milieu. De même, des rangements se cachent sous les assises et c’est aussi de là que l’on accède à la baille à mouillage avec guindeau, ancre à poste et deux petits coffres pour ranger les défenses. Enfin, il convient de signaler la grande hauteur du franc-bord, un vrai plus pour rester à l’abri des embruns et pour la sécurité.
Une console trop haute qui réduit la visibilité
Reste à évoquer la console centrale qui, formule catamaran oblige, n’offre pas beaucoup de hauteur sous barrot. Toutefois, les concepteurs ont vraiment tenu à y installer un vrai cabinet de toilette avec WC et lavabo, de sorte que l’ensemble est bien plus volumineux qu’il ne devrait. Dans les faits, si l’on apprécie d’avoir des toilettes à bord (même sans hublot), on se retrouve avec un tableau de bord bien trop haut et une visibilité presque nulle si l’on mesure moins de 1,90 m ou si l’on veut conduire en position assise. Pour pallier cela, le constructeur a ajouté un gros coussin sur le siège pilote… heureusement, on peut tout de même compter sur un repose-pieds.
Pour le reste, ce poste de pilotage est plutôt joli et comporte assez d’espace pour installer un bel écran et une VHF – dommage qu’il n’y ait ni fargues ni vide-poches pour les objets personnels, comme un téléphone ou des clés. En revanche, on trouve un chargeur de téléphone par induction sur le côté de la console – très pratique.
De manière générale, la qualité de fabrication semble plutôt bonne et les finitions très correctes avec des gelcoats soignés et une jolie sellerie. L’équipement est dans la norme, mais sans excès, et nous aurions aimé profiter de plus de mains courantes, notamment à l’arrière et à l’avant, où elles sont absentes – un détail facile à corriger.
Homologué jusqu’à 600 ch
Assez haut sur l’eau, le Kattum présente des étraves bien prononcées et s’appuie sur deux coques dotées chacune d’un V profond et de bouchains vifs pour la stabilité. Le tunnel est de bonne dimension, ce qui permet de profiter – à bonne vitesse – d’un coussin d’air efficace. Le dessin est assurément intéressant, d’autant plus que le powercat est homologué jusqu’à 2 x 300 ch pour seulement 2,80 t à vide. C’est donc avec le sourire aux lèvres que je quitte la marina au petit matin pour profiter de la baie de Cannes pour moi tout seul, ou presque. Pour l’occasion deux moteurs Mercury V6 délivrant chacun 200 ch sont accrochés aux tableaux arrière. Une fois la mécanique en température, nous poussons un peu la manette et, sans surprise, le K-30 s’extirpe très rapidement (5,2 secondes) de l’élément liquide pour se mettre dans ses lignes. Jusque-là, je suis très satisfait. Nous atteignons la vitesse de croisière, autour de 28 nœuds, mais le réglage de trim me donne du fil à retordre. Nous avons beau essayer tous les réglages, le Kattum marsouine et peine à garder son assiette. Probablement un problème de répartition des masses, voire d’hélice, ce sera à vérifier. Les choses se gâtent encore en virage, car un problème de montage rend le maniement de la direction extrêmement difficile, c’est embêtant. Nous revenons à la ligne droite et tentons de faire quelques pointes pour atteindre 35 nœuds à 5 500 tours, mais nous ne pourrons pas aller plus loin tant le K-30 devient instable à ce régime. Autant dire que j’ai finalement été satisfait de ne pas disposer des 200 ch supplémentaires disponibles – un sentiment que je n’ai pas ressenti souvent, je le reconnais.
C’est un peu dommage que ce modèle n’ait pas pu profiter d’une plus longue mise au point et d’un montage plus soigné, car je suis convaincu, au vu du design de la carène, que le K-30 peut offrir des performances et un comportement satisfaisants.
Conclusion
Honnêtement, moi qui partait super motivé pour cet essai, cette sortie m’aura finalement laissé sur ma faim. Si la ligne du K-30 est globalement réussie, l’ergonomie à bord est à revoir et il n’est peut-être pas nécessaire de vouloir tout avoir sur un catamaran open de 30 pieds, au risque de faire de mauvais choix, comme cette console décidément trop imposante. Pour ce qui est du comportement marin, il serait intéressant de refaire ce test sur une unité bien montée et éprouvée (réglages trim, répartition des poids, direction), car le K-30 vaut certainement mieux que ce que nous avons pu voir le jour de notre essai.
Finition flatteuse
Grande plate-forme arrière
Position de conduite à revoir
Comportement marin à optimiser
Descriptif technique
Longueur hors-tout (avec plate-forme) : 9,38 m
Largeur : 3,40 m
Déplacement à vide : 2,8 t
Puissance recommandée : 2 x 200 ch Mercury
Puissance maximale : 2 x 300 ch Mercury
Carburant : 2 x 190 l
Eau douce : 2 x 75 l Cabinet de toilette : 1
Certification CE : Catégorie B
Nombre max de passagers : 14
Prix : à partir de 218 000 € HT départ chantier (Espagne)
