Avec sept exemplaires vendus depuis un an, le Lagoon SEVENTY 8 confirme le bien-fondé de sa genèse, déjà entrevu avec son "petit" frère à voile, le SEVENTY 7. Une finition très haut de gamme sur catalogue caractérise cette unité qui apporte une légitimité à la grande plaisance en recherche de rationalité.
Infos pratiques
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En embarquant sur le SEVENTY 8, la première impression est de monter à bord d'un bateau connu, en l'occurrence le Lagoon SEVENTY 7 auquel on aurait enlevé le mât. Mais, dès les premiers pas à bord, on découvre une unité haut de gamme bien différente. Tout d'abord, le classique trampoline avant présent sur la version voilier a disparu et est remplacé par un pont amovible couvert de teck. La plate-forme propose ainsi 250 m² sur le pont principal, avec cockpit avant et arrière de respectivement 15 et 35 m² et un salon panoramique de 70 m². On y ajoute un fly de 35 m², sur lequel un jacuzzi est aménageable. Puis, dans les coques, une cuisine de 20 m², avec quartier équipage contigu, une suite propriétaire de 25 m² avec terrasse escamotable – le must de ce bateau – et deux cabines VIP de 20 m². En tout, plus de 350 m² sont utilisables pour les espaces de vie dans un bateau s’abrogeant des lourdes contraintes réglementaires, et donc aussi financières, des unités de plus de 24 m. Bien joué !
La décoration et les finitions n’ont rien à envier aux motoryachts les plus en vue du marché. Mais ce n’est pas tout. Ce yacht est capable d’une vitesse de 20 nœuds grâce à une carène semi-planante concoctée par les architectes, mais avec une paire de moteurs de 580 CV uniquement, là où il en faudrait au moins deux fois plus sur un yacht classique de cette taille. A cette vitesse, la consommation horaire atteindra tout juste 100 l par moteur ! Mais, en vitesse de croisière – 8,5 nœuds –, son appétit de 20 l à l’heure seulement vous fera traverser l’Atlantique, avec de la réserve. Autre avantage de ce catamaran, c'est qu'au moment de signer le bon de commande, vous serez surpris d'apprendre que vous allez recevoir votre yacht dans seulement 9 mois ! Incroyable dans le milieu du motoryacht. Et ce, pour la "modique" somme d’un peu plus de 4,4 millions d’euros HT. Cherchez l’erreur…
Une longue démarche
D'erreur, il n'y a pas, mais plutôt un excellent mix d’expériences et d'excellence qui réalise ce que l’on aurait pu penser impossible il y a encore 10 ans. Un cabinet d’architectes (VPLP) ayant élaboré, non seulement l’ensemble de la gamme Lagoon depuis ses débuts en 1987, mais aussi les premiers grands yachts catamarans "Douce France" et "Hémisphère", pour ne pas les nommer. Un designer extérieur ayant participé au succès du premier constructeur automobile mondial, Patrick Le Quément. Un cabinet de design intérieur – Nauta – ayant réalisé aussi bien des yachts de série que "Azzam", le plus grand yacht du monde. Un chantier – CNB/Lagoon – ayant construit plus de 4 300 catamarans, mais aussi ceux qui comptent parmi les plus beaux voiliers custom et semi-custom de ces trente dernières années. Enfin, la puissance de groupe du premier constructeur mondial de navires de plaisance – Bénéteau. Cet ensemble de talents bien encadré par la détermination du chef de projet, Bruno Belmont, qui se trouve être à l’origine de la marque en 1984, ne peut constituer que de bons ingrédients, mais ce n’est pas suffisant. Afin de produire les deux SEVENTY, le7 et le 8, de manière rationnelle, le chantier bordelais a inauguré un nouvel atelier baptisé "Bâtiment 6", dont la construction a débuté en janvier 2016 et qui est opérationnel depuis le début de l’année 2017. D’une hauteur de 13 mètres et de 35 mètres de portée sous charpente (afin de pouvoir retourner la coque dans le hangar), le désormais plus grand atelier du quai de Brazza dispose de tous les moyens modernes pour le moulage, l’ébarbage et le montage des unités de luxe. Il permettra d’anticiper une montée en cadence de la production, et, déjà aujourd’hui, ce sont pas moins de quatre SEVENTY qui peuvent être produits simultanément. Sept à huit semaines pour construire la coque et sept à huit mois pour exécuter les finitions. Tiens, ça rime avec leur numérologie…
Le semi-custom de série
Mais que serait cette débauche d’expériences talentueuses et plus que trentenaire sans une stratégie précise... La méthodologie déjà mise au point pour les monocoques semi-custom de CNB est à nouveau mise ici à profit. Après l’étude des envies des clients Lagoon depuis plus de trente ans que le chantier existe, il est ressorti un dénominateur commun des équipements et choix esthétique attendus. En l’occurrence, pour le SEVENTY 8, ce dénominateur commun représente un équipement standard exhaustif, notamment au niveau technique, où tout est prévu pour satisfaire la demande – importante – d’énergie. Autre demande de la clientèle, différentes ambiances pour la décoration. Sur le 8, on a le choix entre trois ambiances intérieures différentes, Alpi chêne foncé, clair ou gris pour meubles et cloisons, et plusieurs mobiliers. Et 96 pages d’options ! Pour le plan d’aménagement, plusieurs solutions sont proposées, allant de trois à cinq cabines, et pouvant intégrer salle de conférence, salle de cinéma ou même un spa. Mais toutes ces options sont mûrement réfléchies, sélectionnées, paramétrées et intégrées au processus de production. La combinaison de toutes ces hypothèses constitue un énorme choix pour la clientèle, presque infini, mais pas d’imprévus sur la ligne de fabrication, où tout a déjà été envisagé. En fait, on se retrouve avec la possibilité de créer une unité pratiquement sur mesure et custom avec des éléments et des équipements de série. Ceci explique donc cela.

Fait pour les grands espaces et la détente
C'est juste après sa première présentation au public que nous avons rendez-vous pour tester le bien-fondé de la formule. En montant à bord, on mesure l’espace immense et le confort ressenti partout à bord. Mais le plus intéressant est l’ergonomie avec laquelle il est mis à notre disposition. Chaque phase de vie à bord a été anticipée, pour offrir la meilleure circulation possible dans les moments de détente comme dans les moments de manœuvres ou de travail pour l’équipage.
Dans le carré, de multiples espaces ont été dessinés, pour favoriser les échanges ou bien préserver des instants d’intimité ou de repos. Ces différentes zones ne sont pour autant pas cloisonnées, et l’on bénéficie d’une vue à 360° sur l’environnement (qui pour l’occasion sont les magnifiques îles de Lérins) même confortablement assis dans les canapés. Des buses d’aération sont disposées au sol et sous le plafond pour favoriser la circulation d’air chaud ou frais selon les besoins. Chaque cabine possède sa descente, sa salle de bains privative et des toilettes séparées. Les lits king size Victoria sont placés transversalement à la marche et sont à la même hauteur que ceux que l’on trouve dans les plus beaux hôtels du monde… Pour pinailler, on peut dire que seule l’absence de toilettes de jour détonne par rapport aux prestations de luxe par ailleurs atteintes. Sur le fly, le poste de pilotage, central, est idéalement complété de chaque bord par deux joysticks, permettant d’effectuer les manœuvres de port sereinement. Le clapot résiduel de la baie de Cannes nous permet de vérifier l’excellent passage des carènes semi-planantes, qui ont été optimisées pour supporter la propulsion moteur. Entre 15 et 20 nœuds, l’assiette longitudinale légèrement cabrée mériterait une possibilité de réglage, peut-être à l’aide de flaps. Les moteurs John Deer se révèlent assez silencieux, et surtout leur bruit rond est acceptable à l’oreille. En allant dans la cabine propriétaire, on s’aperçoit que l’objectif de ne pas dépasser 54 décibels est validé en naviguant à 8-10 nœuds. C’est d’ailleurs la vitesse de grande croisière par excellence. A cette allure, la vie s’écoule paisiblement à bord. Chacun peut vaquer à ses occupations ou se retrouver de-ci, de-là, pour une discussion ou un drink. Nous sommes à peine arrivé au mouillage entre les îles, que l’annexe Williams est mise à l’eau en un clin d’œil, et qu'elle fait place à une grande plate-forme de bain. La peinture champagne des coques souligne l’élégance du design, qui ne perd pas son air de famille, cher à Patrick Le Quément. Unique mais reconnaissable, exclusif mais rappelant aussi une filiation forte et appréciée. En retournant vers le port, chacun s’affaire à lancer des invitations pour la soirée. La fête peut commencer sur la plage avant, comme dans un rêve…
Conclusion
La conception, la mise au point et l’homogénéité du Lagoon SEVENTY 8 lui permettent de faire une entrée remarquée dans la cour de la grande plaisance, et ce, par la grande porte ! Pourtant, les heureux propriétaires de ce véritable yacht n'auront pas eu à payer leur ticket d’entrée au prix fort. L'habitabilité, le confort du 8 sont dignes d’unités beaucoup plus grandes et bien plus onéreuses. Ses qualités marines lui permettent de caboter entre les îles de Méditerranée ou de traverser l’Atlantique, voire plus, sans plus d’appréhension, que ce soit au niveau technique ou budgétaire.
Les plus
- Une ligne tendue et très élégante qui cache bien une habitabilité hors normes
- Un concept combinant expériences et savoir-faire d’exception
- Une ergonomie et un confort inédits jusqu’alors sur une unité de moins de 5 millions
Les moins
- L’absence de toilettes de jour pour les réceptions à la journée
- Les délais de livraison, qui vont sans doute s’allonger, vu le succès rencontré
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Chantier : Lagoon
Construction : Composite fibre de verre/mousse
Longueur : 23,80 m
Bau maxi : 11,00 m
Tirant d'eau : 1,27 m
Tirant d’air : 8,95 m
Moteurs : 2 x 510 CV/580 CV
Capacité gasoil : 8500 l
Capacité eau douce : 2 x 800 l
Déplacement lège : 62,10 t
Invités : jusqu'à 12 personnes
Equipage : jusqu’à 5 personnes
Architecte : VPLP
Design ext : Patrick Le Quément
Design int : Nauta Design