Après un succès remarqué sur le marché des trimarans de croisière, NEEL s’intéresse au moteur – toujours sur trois coques. NEEL devient LEEN ; une nouvelle marque est née ! Et avec elle, deux modèles taillés pour le grand voyage, le 56 et le 72. Nous avons pu naviguer à bord du premier, fraîchement mis à l’eau.
Infos pratiques
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Lieu : La Rochelle
Conditions : Mer peu agitée, 10 nœuds de vent d’est

Avec une consommation réduite à 2 litres par mille nautique à 9 nœuds et 5 000 litres de carburant, le LEEN 56 peut prétendre à une autonomie record.
La finesse des entrées d’eau garantit un bon passage dans la mer.
Découvrir le LEEN 56, c’est tout d’abord être capable de faire un reset sur tout ce que vous avez appris, vu, expérimenté et débattu à propos des multicoques – et même de tous les bateaux de grand voyage. Sans cette remise à zéro, vous serez plongé dans des abîmes de réflexion quant au design retenu, bien sûr, mais également dans de stériles comparaisons avec d’autres modèles… Le concept même du LEEN 56 pourrait même vous échapper. Bref, ce trimaran à moteur – powertri, pourrions-nous oser – est assurément un support inédit, une troisième voie au sens propre. Commençons par comprendre la genèse de ce projet. Fort du succès de ses trimarans à voile, NEEL s’est intéressé au moteur – sur trois coques, bien évidemment. Mais là où la plupart des bureaux d’études se seraient contentés d’une déclinaison power plus ou moins proche du support voile existant, NEEL – donc désormais LEEN pour les powertris – est parti d’une feuille blanche pour ce LEEN 56, destiné à la croisière au long cours. Bernard Nivelt, à l’origine du projet, assume le programme – pourtant ringardisé avec insistance depuis une quinzaine d’années – des trawlers. Le 56 met donc en avant la faible consommation et l’autonomie océanique. Là où tous ses concurrents à deux coques ont plié au diktat de la performance – ou plutôt de la vitesse, puisque tous les modèles, excepté certains powercats électriques, sont capables de dépasser 20 nœuds –, le LEEN 56 a été conçu pour naviguer entre 8 et 10 nœuds – 11,5 étant une valeur maximum, quatre fois plus gourmande en carburant que 9,7 nœuds !

Le LEEN 56 reprend la plupart des éléments distinctifs des navires professionnels – ce trimaran se prête parfaitement à un programme d’expéditions.
Inspiré des bateaux professionnels
Pour tenir et accompagner ce cahier des charges de trimaran trawler, le LEEN 56 a adopté sans complexes les recettes des bateaux professionnels. Sur le plan visuel, le vitrage frontal inversé, les passavants devenus coursives couvertes et bien sûr la timonerie et sa porte de coupée – accès sur le pont – en sont les principaux ingrédients. Sur le plan technique, comme nous le verrons plus loin, le souhait du constructeur a été de privilégier les montages et les produits fiables. Ces choix assumés s’accompagnent d’un dessin complètement inédit. Les flotteurs sont bien plus courts à l’avant par rapport à la coque centrale, mais les trois éléments se retrouvent à la poupe, d’une largeur maximale. Les étraves très fines sont surplombées par d’imposantes superstructures – qui, elles, rappellent les navires professionnels.

Le constructeur assume une vitesse maximum limitée à 11,5 nœuds.
Timonerie et sa coursive
Eric Bruneel est aux manettes. Devant lui, un imposant tableau de bord. A sa droite, un accès direct à la coursive extérieure grâce à la porte de coupée. Un escalier central mène à la cabine avant, mais vers l’arrière, une fois traversé un cabinet de toilettes, me voilà dans une incroyable salle des machines. Parc batteries XXL d’abord, imposant bloc 305 CV Cummins QSB6.7 ensuite : encore un choix de type professionnel. L’insonorisation est particulièrement soignée : 50 mm de masse lourde et une peinture anti-vibrations. Sous nos pieds, quatre réservoirs distincts – ils totalisent 5 000 litres – afin de prévenir toute contamination du carburant. Les manœuvres de port sont facilitées par les deux moteurs électriques de 15 kW placés dans les flotteurs – le propulseur d’étrave est inutile. L’important parc électrique (22 kWh en 48 V lithium-ion Mastervolt et parc tampon en 24 V) mis en place dans le « Pack Hybrid » permet de naviguer pendant une heure à 4/5 nœuds sans solliciter le moteur principal. Ensuite, le générateur permet de tenir cette vitesse réduite – sans grand intérêt, puisque la consommation du groupe est de 5 l/h – le moteur thermique fait aussi bien sinon mieux à une vitesse si faible. Le principe général est plutôt de naviguer « propre » dans les zones où c’est exigé – ou souhaitable –, et ensuite de caler le régime du Cummins entre 1 800 et 2 000. La vitesse idéale est de 9 nœuds pour une consommation de 18 litres/heure, soit 2 litres au mille. Le calcul de l’autonomie avec les réservoirs de carburant totalisant 5 000 litres est vite fait : 2 500 milles ! En baissant un peu les gaz à 7/8 nœuds, on dépasse les 4 000 milles. En comparaison avec les powercats de même taille, la consommation du LEEN 56 est deux fois moindre. En coupant un moteur, les engins à deux coques pourraient néanmoins revenir dans le match…. En revanche, comme évoqué plus haut, la plupart de ces multipowers caracolent à 24 nœuds manettes dans le coin. Rien de tout ça avec le LEEN 56. 11,5 nœuds est sa vitesse maximum. Une valeur modeste qui se traduit par une consommation de 88 l/h, contre 22 à 9,7 nœuds…
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Les passavants sont particulièrement bien protégés : ils sont couverts et le bastingage est très haut.
Le pare-brise inversé garantit une bonne visibilité même lors des pires conditions météo. La porte de coupée permet un accès direct sur le pont.
Un flybridge de plus de 30 m2
Le plan de pont du LEEN 56 est particulièrement agréable et sûr grâce à ses coursives couvertes et bien défendues. Les passavants sont rehaussés de deux marches par rapport au cockpit. Si la vaste plage avant est complètement dégagée, le cockpit arrière est parfaitement protégé ; il adopte l’architecture des NEEL, c’est-à-dire que la table extérieure (89 cm x 161 cm), décalée sur bâbord coïncide parfaitement avec celle de l’intérieur de façon à créer un seul espace repas une fois les baies vitrées ouvertes (2,70 m x 2 m) – c’est le concept cockloon, contraction de cockpit et saloon. A l’heure de la baignade ou du débarquement à quai ou dans l’annexe, on peut compter sur trois jupes arrière, pas moins. Sur tribord, un escalier mène au flybridge. Les dix marches sont un peu raides. On découvre « là-haut » un poste de pilotage, une cuisine, une grue et son annexe. La structure rehaussée sur la moitié avant et le saute-vent assurent une bonne protection, d’autant qu’un grand hard-top coiffe cette partie du fly.

30 m2 de terrasse, voilà ce que vous propose cet immense pont supérieur équipé d’un poste de pilotage, d’une cuisine et même d’une grue pour l’annexe.
Cabine propriétaire de plain-pied
Dans la nacelle, la hauteur sous barrot est généreuse – elle oscille entre 2,08 m et 2,24 m. La table affiche exactement les mêmes cotes que sa jumelle à l’extérieur. La cuisine est agencée en U. Par comparaison avec la gamme NEEL voile, le constructeur a souhaité aller plus loin côté finitions ; à bord du 56, il y a plus de bois massif, une crédence en alu pour la cuisine, du vitrage en verre Securit pour la timonerie… Cette dernière est rehaussée de deux marches. Le poste de commande est accompagné d’un petit salon de veille – avec vue imprenable sur la route, évidemment. La hauteur sous barrot est ici de 2,07 m. A l’instar des NEEL, la cabine Propriétaire est agencée de plain-pied. On peut compter ici sur un lit de 1,80 m de largeur à la tête (1,30 m aux pieds). La hauteur sous barrot est de 2,09 m. Pour les WC et le bureau, on descend dans le flotteur tribord. Une cabine invités est aménagée dans le flotteur bâbord ; nous sommes 1,70 m sous le niveau de la nacelle et les marches sont ici particulièrement raides. La hauteur sous barrot offre pratiquement deux mètres et le lit 1,50 m de large. Les ouvertures se limitent à deux minuscules hublots latéraux. A l’avant de la coque centrale, une troisième cabine double est disponible. Le constructeur propose également des couchages simples ou superposés à l’arrière de la coque centrale et du flotteur tribord. L’accès à ces cabines se fait par les panneaux de pont.
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La cabine Propriétaire est de plain-pied avec la nacelle. Le volume est vaste, avec de belles vues sur mer. Un grand bureau est aménagé. Les toilettes, quant à eux, sont aménagés dans le flotteur.
Conclusion
La gamme LEEN compte déjà deux modèles – le premier 72 pieds a été commandé. Ces trimarans à moteur remettent au goût du jour le concept trawler, c’est-à-dire de naviguer loin, confortablement et pas forcément vite… A l’heure d’une prise de conscience générale de la nécessité de la sauvegarde de l’environnement, nul doute qu’afficher une consommation très réduite est un argument de poids. Le LEEN 56 est un support idéal pour le long cours en famille ; il conviendra également à une expédition, d’autant que le constructeur propose une finition et des équipements custom. La production annoncée est tout de même de 5 ou 6 unités par an, gage de l’ambition de la marque.

Le cœur du navire, c’est cette impressionnante salle des machines, où trônent l’imposant moteur Cummins et le parc batteries.
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Les +
Motorisation hybride efficace
Autonomie transocéanique
Agencement proche des navires professionnels
Les -
Escaliers parfois un peu raides
Pas de hublots flush sur les passavants
Hublots de coques trop petits
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DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : LEEN Trimarans
Architectes : Nivelt and Frutschi
Matériau : sandwich composite et renforts Kevlar®
Mode de construction : infusion
Longueur hors-tout : 17,10 m
Largeur hors-tout : 8,25 m
Tirant d’eau : 1,30 m
Déplacement lège : 22 t
Déplacement en charge : 32 t
Motorisation : 305 CV Cummins QSB6.7
Moteurs électriques (option) : 2 x 15 kW
Réservoir carburant : 5 000 l
Réservoir d’eau : 825 l
Certification CE ICNN
Prix HT : 1 199 800 €
Principales options HT :
Pack Hybrid (moteurs électriques, générateur 17,5 kW, batteries lithium…) : 89 200 €
Pack électronique/son/vidéo : 39 €300 €
Climatisation réversible : 49 900 €
Routeur 4G/wifi et antenne : 4 400 €
Cuisine extérieure complète : 5 800 €
Bimini de flybridge et arche composite : 23 400 €
Teck synthétique partout (pont, cockpit, fly, intérieur…) : 77 570 €
Plate-forme hydraulique : 29 800 €
4 x panneaux solaires total 448 Wc : 7 060 €
Grue hydraulique sur le flybridge : 37 500 €
Annexe semi-rigide et HB 20 CV : 14 300 €
Cabestan électrique arrière : 2 800 €
Eclairage sous-marin LED coque centrale : 3 520 € €






