Ce modèle est le powercat best-seller du constructeur sud-africain Robertson & Caine – 139 exemplaires, contre 137 pour le 51 PC. De 2015 à 2020, une grosse moitié a été livrée chez The Moorings en gestion, l’autre a fait le bonheur des particuliers. En ces temps de forte demande sur le marché du neuf, les disponibilités pour un Leopard 43 PC sont par ricochet réduites ; les quelques modèles proposés à la vente partent très vite !
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Le Leopard 43 PC est le vocable générique de deux modèles distincts. On distingue tout d’abord les versions destinées à des particuliers, déclinées le plus souvent en version trois cabines, et ensuite les powercats armés par le loueur The Moorings. La plupart de ces derniers modèles sont baptisés Moorings 434 PC, avec quatre cabines. La déclinaison 433 PC abrite seulement trois cabines (on la trouve plutôt aux Antilles). Le Leopard 43 PC n’est plus construit à ce jour – il sera bientôt remplacé par le Leopard 46 PC – et les premières sorties de flotte sont mises en place après 5 ans d’utilisation. Ce powercat est une lointaine déclinaison du Leopard 40 voile : les aménagements sont identiques – l’épontille en moins – et déclinés en version 3 ou 4 cabines. Sur le pont, les lignes sont proches, mais le Power gagne un pont rigide à l’avant, et surtout un flybridge de belle surface avec un poste de pilotage sur tribord. D’entrée, précisons qu’il s’agit du seul poste de pilotage… Le 43 PC est donc un support plutôt dédié aux zones bercées par un climat tropical ou à la Méditerranée à la belle saison, surtout si des navigations de nuit sont envisagées. Un air de famille au-dessus de la surface de l’eau avec le Leopard 40, donc, mais des carènes complètement redessinées en dessous, avec des brions plus profonds, des sections en U qui s’élargissent très progressivement, des quillons réduits (l’échouage est possible grâce aux skegs qui protègent hélices et safrans) et des poupes creusées qui se prolongent pour créer un effet tunnel au-dessus des hélices. L’idée défendue par les architectes Simonis-Voogd est de conserver une assiette quasi constante quel que soit le régime moteur, dans le but de limiter la consommation.
Les carènes ont été étudiées dans le but d’optimiser le rendement des hélices et de limiter le cabrage.
2 x 260 puis 2 x 320 CV
Les premiers modèles – comme celui que nous avions essayé en 2016 – étaient équipés de deux blocs Yanmar de 260 CV. Dès 2017, le constructeur a opté pour une puissance supérieure de 2 x 320 CV. Les performances des deux versions restent proches : on passe de 19/20 noeuds en vitesse de pointe à 23/24, et la consommation est pratiquement identique – voire courbes – quand le powercat est chargé, c’est-à-dire en usage normal… Le régime de croisière économique est de 2 000 tours/minute, ce qui assure une confortable vitesse de 9 noeuds avec une consommation en carburant d’environ 24 litres/heure, soit un peu moins de trois litres au mille. Depuis le poste de commande, on profite d’une belle vue sur le plan d’eau. On est ici évidemment très exposé au vent – peu aux embruns. Un kit de bâches « vitrées » permet de fermer tout ou partie du fly, mais ce n’est ni élégant, ni longtemps transparent. La direction est douce, précise : on prend rapidement le 43 PC en main. Les manettes des gaz sont particulièrement agréables ; elles permettent de doser de manière intuitive la puissance, sans aucun effort. La souplesse de ces commandes autorise des « avant/arrière » capables de faire pivoter le powercat sur sa longueur. En revanche, il est peu commode de gérer seul ce multicoque, en particulier lors des appontements. En mer, le comportement du 43 PC est très sain. Il passe bien dans la mer, surfe volontiers au portant. A pleine vitesse, les coques semblent glisser sur l’eau avec une incroyable légèreté. Depuis le flybridge, le roulis est forcément amplifié et parfois un peu sec, mais le tangage reste limité. Le tirant d’eau réduit – 0,94 m – permet d’évoluer dans les eaux les moins profondes.
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Le flybridge sera plébiscité par tout l’équipage, en navigation comme au mouillage.
L’imposant bimini protège parfaitement le cockpit.
Sacré flybridge et grande nacelle
L’immense flybridge est assurément le point fort de ce powercat. Certes, le cockpit et ses jupes arrière, le bastingage en inox tout comme le vaste pontage avant en dur n’appellent aucune critique, mais la vaste terrasse panoramique l’emporte aisément sur l’échelle de l’hédonisme, surtout au mouillage. De fait, on apprécie de partager les repas là-haut. La nacelle est parfaitement agencée. Elle présente l’intérêt de s’ouvrir sur le pontage avant et d’offrir une circulation en diagonale très pratique. La cuisine est installée à l’avant tribord. De l’autre côté de la porte, une vraie table à cartes. Le carré en L jouxte le cockpit, sur bâbord. Partout, les rangements sont nombreux et l’aération efficace. Les cabines sont vastes et dotées de salles de bains confortables. A l’extérieur, une grande table bien protégée du soleil et du mauvais temps, des bossoirs à commande électrique pour une mise à l’eau/un relevage de l’annexe facile et deux belles jupes arrière.
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La nacelle est équipée d’une porte avant ; la cuisine en L à l’avant tribord ne gêne pas la circulation dans la nacelle et profite d’une bonne aération.
Conclusion
Le Leopard 43 PC est non seulement le powercat le plus vendu par son constructeur, mais il tient peut-être encore le titre tous modèles confondus. Une première place sur le podium contestée par l’Aquila 36 et le 44 : tous deux ont largement dépassé la centaine d’exemplaires construits et sont toujours en production. Les 43 PC sont pour la plupart présents en Méditerranée, dans la zone Caraïbes, aux Etats-Unis, aux Seychelles, et même en Thaïlande. Si ce modèle était relativement présent sur le marché de l’occasion jusqu’en 2020, le Covid a changé la donne, allongeant les carnets de commandes du neuf. Du coup, le 43 PC s’est sensiblement renchéri et part très vite, avec des marges de négociation très faibles… A l’heure où nous écrivons ces lignes, seuls deux exemplaires cherchent encore preneur. Si ce modèle particulièrement convaincant pour la croisière côtière et semi-hauturière vous intéresse, sachez que la plupart des exemplaires proposés à la vente sont recensés par Leopard Brokerage.

Les premiers millésimes sont équipés de moteurs de 260 CV – la puissance est passée ensuite à 2 x 320 CV.
Les points à vérifier
Le Leopard 43 PC est encore un powercat récent, et sa robustesse générale est indéniable ; deux qualités qui évitent les grosses mauvaises surprises. Evidemment, les unités qui sortent de location sont un peu plus fatiguées que les catamarans de propriétaires. Ce sont principalement les moteurs et tous les périphériques (électricité, électronique, plomberie) qui souffrent les premiers d’une utilisation intensive. Un coup d’oeil aux compte-tours en dit long quand on estime que la durée de vie moyenne d’un moteur diesel est de l’ordre de 10 000 heures. De nombreuses pièces de quincaillerie trop légères ont sans doute été remplacées ou risquent de l’être, à l’instar des clips qui tiennent en place les panneaux de vaigrages ou encore les gâchettes de tiroirs ou de portes.

Les + :
+ Silhouette plaisante
+ Qualités marines
+ Confort général
+ Immense flybridge convivial
Les - :
- Pas de timonerie intérieure
- Quelques pièces de quincaillerie fragiles
- Moteurs bruyants au-dessus de 2 000 tr/min
FICHE TECHNIQUE
Constructeur : Robertson & Caine
Longueur : 13,00 m
Largeur : 6,72 m
Déplacement : 13,89 t
Motorisation : 2 x 320 CV
Vitesse max : 24 noeuds
Carburant : 1 000 l
Eau : 780 l
Cabines : 3 ou 4
Production : 139 unités de 2015 à 2020
Prix : à partir de 325 000 € HT



