Design renouvelé, mais surtout carènes 100 % moteur et volume XXL : ce nouveau 53 PC vient clairement chasser dans le segment du motonautisme de luxe sur une coque. Et ses arguments sont très convaincants.
Infos pratiques
- Le chantier : Leopard 53 PC
- La fiche technique
-
Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Leopard 53 PC
- Assuez votre Leopard 53 PC
- Articles autour du Leopard 53 PC
C’est au Miami Boat Show que le Leopard 53 PC a eu droit à sa première mondiale ; un bon choix si on en juge par le carnet de commandes – six exemplaires vendus ! Le marché du catamaran à moteur deviendrait-il la nouvelle niche à investir ? C’est en tout cas le choix de nombreux constructeurs de multicoques. Pour Robertson & Caine, ça ne date pas d’hier, puisque les premiers powercats ont été lancés dans les années 1990. Le succès est mitigé – à tel point qu’en 2002, Leopard Catamarans n’y croit pas vraiment avec ses Lion 43 et 46. Les affaires s’engagent un peu mieux pour le Leopard Cat 47, proche du 46 à voile. L’arrière des coques est redessiné et les quillons raccourcis. Même opération pour le 39 PC, déclinaison du 39. Pour les modèles suivants, le 51 et le 43 PC, les architectes empruntent un outillage commun aux versions voile correspondantes, mais adoptent des coques – et donc des carènes – spécifiques. Ces deux derniers modèles connaissent un véritable engouement : 120 exemplaires à ce jour pour le 43 PC et 137 pour le 51 PC – ce dernier modèle, à ce jour, pourrait bien être le powercat le plus diffusé au monde. Notre tout nouveau 53 PC proposé à l’essai est donc son remplaçant – grosse pression.

Le design aux commandes
Le salon de Miami vient de fermer ses portes ; rendez-vous est pris à la marina de Dania Beach – camp de base aux USA de Leopard – une poignée de milles plus au nord. Comparé aux précédents modèles, le 53 PC se veut bien plus soigné sur le plan du design. Les hublots de coque accompagnent le décroché du livet de pont, les hublots de la nacelle également – avec une pente inverse, laquelle accompagne le support du bimini dédié au flybridge. Malgré un franc-bord et un volume général imposants, le 53 reste élégant. Sur le plan visuel, le rouf est plus léger, comparé au précédent modèle. Un net effort a également été consenti au niveau de la finition – une foultitude d’options luxueuses est à même de vous offrir un vrai yacht à deux coques. Si le Leopard 51 PC était une évolution moteur du 48, son remplaçant, le 53 PC, assume son statut de powercat, puisqu’il adopte un design et des carènes – et donc des moules – rien que pour lui. Il conserve néanmoins une largeur respectable, de 3 cm supérieure à celle de son aîné.

Plan de pont fluide
Le cockpit est largement protégé par le bimini rigide. La surface de pont est dégagée – presque trop avec la petite table de cockpit triangulaire. Avec un équipage nombreux ou pour recevoir, on optera pour la grande table – en polyester ou en teck – proposée en option. Les assises sont néanmoins nombreuses, et l’accès à la mer privilégié grâce aux amples jupes arrière et à la plate-forme hydraulique. Un escalier doté de larges marches mène à l’impressionnant flybridge. On y découvre un vaste bain de soleil, une banquette et sa table en U pour 8 personnes, un module cuisine/ bar et bien sûr le poste de pilotage, complété par une grande banquette pour deux personnes. Tout le pont est sécurisé par un robuste bastingage en inox. Depuis le cockpit arrière, quelques marches donnent accès aux passavants, larges et bien dégagés. A l’avant, pas de trampolines mais un pontage en dur. Il abrite le guideau et sa chaîne, deux imposants volumes de rangement (transformables en cabine et toilettes skipper) et un coffre pour les bouteilles de gaz. On peut profiter ici de deux grands bains de soleil dotés de dossiers relevables.

Performances optimisées
Moteur ! Le tout nouveau propriétaire de ce 53 PC se risque à la manœuvre pour sa première sortie. La marina a beau être encombrée, Ron s’en sort très bien malgré le courant traversier. Depuis le flybridge, la visibilité sur le plan d’eau est excellente. Un seul détail : les mouvements de notre powercat provoquent la brusque « vidange » de l’eau de pluie retenue sur le bimini – un système de gouttières est à prévoir. Un long cheminement sur l’Intracoastal Waterway nous mène quasiment à Fort Lauderdale ; C’est là qu’on rejoint l’Atlantique. Les deux Yanmar prennent enfin des tours – un peu plus de bruit dans les cabines arrière et dans le cockpit, bien sûr : une insonorisation plus poussée encore serait bienvenue. Mais rassurez-vous : à bord, il est partout possible de parler – sans crier… A la barre, beaucoup de constats positifs. Pour commencer, la direction est très directe, sans être lourde. Un braquage à fond se traduit par un demi-tour de 50 mètres de rayon seulement. Manettes dans le coin – 24 nœuds –, le 53 PC mouille peu et le petit pare-brise inversé casse efficacement le vent. Le clapot résiduel se solde par un peu de tangage, mais les carènes soulagent immédiatement et le fond de nacelle ne tape pas. Nous voilà convaincus par les qualités marines de ce powercat. Le skipper, qui vient de boucler un convoyage de quelques centaines de milles, est lui aussi enthousiaste. Il relève également la rigidité structurelle et particulièrement la bonne tenue du bimini – bien meilleure que celle du 51 PC. On note d’ailleurs qu’avec la même motorisation que son prédécesseur, le 53 PC gagne trois nœuds de vitesse de pointe, alors qu’il est sensiblement plus lourd. Preuve que les architectes ont fait du bon boulot. Vu de l’extérieur, la sensation de glisse est évidente à partir de 16 nœuds de vitesse : le catamaran se cabre légèrement et semble rencontrer une résistance très faible. Les données de consommation démontrent d’ailleurs qu’entre 13 et 18 nœuds, l’autonomie reste constante – environ 450 milles. Pour aller loin, il est évidemment indispensable de réduire les gaz : à 8 nœuds, on peut parcourir 1 550 milles. De quoi voir venir : pour une utilisation classique d’été, on peut compter sur un mois de navigation et 1 000 milles. En revanche, pour boucler une transat, il sera sans doute nécessaire de ne faire tourner qu’un moteur – celui sous le vent si l’angle le permet. Ou d’embarquer des bidons supplémentaires.

Le plein de lumière
L’entrée dans la nacelle s’effectue évidemment de plain-pied ; les baies vitrées offrent une large ouverture. L’impression de volume est saisissante – en grande partie grâce à la hauteur sous barrot, largement supérieure à deux mètres. Le constructeur annonce un gain de 31 %, pas moins ! Les vitrages de grande taille offrent une vue panoramique imprenable. Le constructeur a opté pour une cuisine proche du cockpit arrière avec un module en U sur tribord avec cuisinière quatre feux, four, micro-ondes et rangements (présents également sous les planchers). Sur bâbord, un second module intègre un évier et un imposant réfrigérateur à double ouverture. L’avant de la nacelle est occupé par un immense salon avec des assises sur chaque bord – côté bâbord, les banquettes forment un L autour de la table basse, laquelle peut être remplacée par un plateau repliable plus grand. Tout à l’avant tribord, un poste de barre est aménagé en option. La visibilité, au travers des vitrages, est excellente. En standard, on dispose tout de même de la double assise et d’une table à cartes. Au centre, la fameuse porte avant étanche chère à Leopard offre un accès direct à la plage avant. Cette configuration révolutionne la circulation à bord – plus besoin d’emprunter les passavants extérieurs pour rejoindre les apparaux de mouillage ou d’amarrage, par exemple. Les coques proposent trois ou quatre cabines ; la première version installe le propriétaire dans la coque tribord – elle s’isole de la nacelle par une porte coulissante. Sans surprise, le lit double est à l’arrière, le bureau et son canapé dans la coursive, tandis que la salle de bains – équipée de deux vasques – est aménagée dans la pointe avant. On constate ici encore le niveau de finition, supérieur aux modèles Leopard les plus récents. Eclairages indirects, précision des ajustements, qualités des matériaux : c’est du beau travail. Pour ne rien gâter, rien ne flirte avec le gadget de pacotille : le chantier a une bien trop longue expérience avec l’univers de la location pour se laisser tenter. Ici, tout est solide et bien pensé. La coque bâbord abrite deux cabines, bien sûr moins luxueuses, mais néanmoins très confortables, riches en rangements, bien aérées et éclairées. Le lit avant queen size est installé en travers. La coursive abrite le tableau électrique – possibilité d’installer un lave-linge – et deux salles de bains. A noter : chaque lit offre une large vue sur mer.

Conclusion
Fort de ses 367 powercats construits à ce jour, Robertson & Caine illustre avec son nouveau Leopard 53 PC son savoir-faire et son expertise. Ce nouveau modèle saura convaincre les marins familiers du multicoque à voile, mais également les adeptes du motonautisme monocoque. Marin (relativement), économe en carburant, confortable, robuste, le 53 PC ouvre les portes de tous les programmes de navigation : croisière côtière, expéditions lointaines, bohême tropicale… Jusqu’à présent, les ventes de powercats Leopard aux particuliers représentaient un gros quart de la production totale ; gageons que ce modèle en séduira bien plus.

DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Robertson & Caine
Architecte : Simonis Voogd
Longueur hors-tout : 15,4/16,19 m
Longueur à la flottaison : 15,24 m
Largeur : 7,67 m
Tirant d’eau : 0,97 m
Tirant d’air : 8 m
Déplacement : 18,63 t
Motorisation : 2 x 370 CV
Capacité carburant : 2 200 l
Capacité eau : 700 l
Vitesse : 17,5/25 nœuds
Prix : 829 000 € HT
Principales options :
Pointes avant aménagées : 5 898 €
Stores carré : 5 661 €
Propulseur d’étrave (bâbord) : 10 329 €
Pack électrique : 10 671 €
Convertisseur 3 000 W : 4 852 €
Batteries de service Lithium au lieu des standards : 19 704 €
Générateur 9 kW et pré-installation : 28 748 €
Climatisation et pré-installation : 30 745 €
Dessalinisateur : 18 428 €
Machine à laver le linge : 2 947 €
2 panneaux solaires 150 W et régulateur de charge : 5 644 €
Eclairage sous-marin bleu : 3 686 €
Installation Radio Fusion : 3 318 €
Pack électronique Raymarine : 14 517 €
Poste de barre intérieur : 9 337 €
Ecran Axiom 12 au poste de barre intérieur : 3 789 €
Pilote auto P70 avec seconde commande moteur à l’intérieur : 6 662 €
Grande table de cockpit arrière et deux sièges : 6 156 €
Teck synthétique (cockpits, flybridge, escalier, jupes et plate-forme) : 26 238 €
Plate-forme électrique de bain et support annexe : 48 386 €
Radar : 3 244 €
Sondeur : 2 360 €
Caméras avant et arrière : 1 816 €
Mouillage, patte d’oie et défenses : 2 531 €
Equipement de sécurité CE : 5 236 €
Préparation et livraison à Cape Town : 17 996 €

Les +
Carènes réellement optimisées pour naviguer à 16/20 nœuds
Facilité de manœuvre
Confort en mer comme au mouillage
Les -
Autonomie trop juste pour une transat
Insonorisation moteurs perfectible
Evacuation de l’eau sur le bimini à revoir