Pensé et fabriqué pour la longue croisière, ce powercat renoue avec la longue tradition des trawlers en y apportant de l’espace en plus, une polyvalence inédite et une bonne dose de personnalisation.
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Conditions : mer calme puis mer agitée de face
Le concept du Longreach a été imaginé par l’équipe australienne de Multihull Central à Sydney ; cette structure s’est associée au chantier PowerPlay, dont la réputation n’est plus à faire. Propriété de James Dewing, concepteur et maître d’œuvre depuis 20 ans, PowerPlay est aujourd’hui basé en Thaïlande – après avoir quitté le Queensland, où réside toujours son architecte naval Tim Withrington. « J’ai visité la zone portuaire d’Ocean Marina et je me suis dit que c’était vraiment fantastique, avec nombre de services et un accès à l’eau très facile », explique James. Ce site est de plus situé à une heure seulement au sud de Bangkok, dans le golfe de Thaïlande. Les plaisanciers australiens connaissent déjà les bateaux produits par PowerPlay, des unités aux lignes pures et galbées ; la plus récente a été lancée en 2020.
A l’origine du projet, il y a le constat par Andrew McLeod et Brent Vaughan d’un vide sur le marché des trawlers catamarans à long rayon d’action. Ils ont donc décidé de créer Longreach avec pour objectif de produire des powercats offrant une autonomie d’environ 3 000 milles à une vitesse de 8 nœuds. Trois ans après, alors que les premières coques viennent de toucher l’eau, l’objectif semble atteint. Pour pousser le concept encore plus loin, Longreach propose même deux versions du bateau, Bluewater et Expedition. Cette dernière configuration offre une plus grande autonomie grâce à l’énergie solaire, et une meilleure protection contre les intempéries, puisque le cockpit et le flybridge sont fermés, ce qui est assez unique.
Un profil qui concilie élégance et aérodynamisme
A ce jour, la gamme comprend trois modèles, le Longreach 1200 (12 m), le Longreach 1400 (14 m) et le Longreach 1900 (19 m). Tous les modèles utilisent une évolution des coques PowerPlay dessinées que James Dewing. Ces coques sont conçues pour minimiser la traînée tout en offrant un volume suffisant pour s’adapter aux besoins d’un navire de croisière. Le profil comporte également des étraves inversées et une face avant inclinée vers l’arrière, que ce soit au niveau des superstructures ou des pare-brises. Ce coup de crayon est plutôt réussi sur le plan esthétique ; il améliore aussi l’aérodynamique de l’ensemble, y compris au niveau du flybridge.
Bronzage à l’avant, convivialité à l’arrière
Même si le Longreach est un catamaran assez fermé, il possède tout de même de beaux espaces extérieurs, à commencer par le pont avant. Entouré de balcons, ce pont offre assez de place pour les bains de soleil, tandis qu’une passerelle rejoint directement le flybridge. Parmi les aspects pratiques, citons les coffres profonds pour les défenses et bien d’autres choses encore, ainsi que les éléments essentiels : un guindeau horizontal Muir de 4 000 W à l’intérieur d’un coffre à chaîne profond, avec une courte longueur de chaîne jusqu’à une solide ancre Excel de 65 kg située sous la poutre transversale en alliage. On trouve bien sûr des taquets d’amarrage – ils mériteraient d’être un peu plus gros.
La poupe n’est pas en reste. Outre le fait qu’elle profite d’un revêtement de sol Plasdeck, la zone est entièrement couverte par l’arrière du flybridge. Sur la version Expedition, cet espace est fermé de tous les côtés par des portes, tandis que, sur la version Bluewater, le cockpit est ouvert. On y trouve une banquette adossée au tableau arrière, une grande table et des trappes d’accès aux moteurs.
Un pont principal complètement ouvert
Destiné à la croisière au long cours, le Longreach fait sans surprise la part belle à l’habitabilité. Pour cela, le catamaran profite d’un pont principal très large (7,62 m). Des dimensions qui ont permis d’installer un grand salon et une cabine Propriétaire particulièrement volumineuse.
Ce pont bénéficie ainsi d’une grande cuisine en L avec îlot central. Celle-ci comporte un grand réfrigérateur et tout l’électroménager nécessaire à une longue croisière, à savoir un four, un congélateur ou encore un lave-vaisselle. Les plans de travail en Corian offrent quant à eux une surface nette et facile à entretenir.
Plus en avant, la table réglable en hauteur est entourée d’assises, le tout pouvant se convertir en couchage additionnel, Sur bâbord, on trouve des rangements et une télévision escamotable. A tribord, un grand lit de jour (qui utilise les coussins du cockpit avant) constitue le spot parfait pour une bonne sieste. Cet espace très ouvert bénéficie également d’une très belle luminosité grâce aux larges fenêtres latérales.
La finition en placage chêne Delano est moderne, mais plusieurs finitions existent. Le Longreach est d’ailleurs largement personnalisable. Le second modèle arbore par exemple une décoration en chêne roumain, et surtout, il propose une cuisine implantée sur l’avant. « Nous ne déplacerons pas les cloisons, mais nous pouvons personnaliser la plupart des autres parties du powercat », explique le constructeur Dewing. Ainsi, comme évoqué plus haut, les versions Expedition et Bluewater diffèrent, avec un flybridge et un cockpit fermés pour le premier, contre des espaces ouverts à bord du deuxième – comme cela a été déjà décliné sur les deux premiers modèles livrés.
Des aménagements généreux et accueillants
La cabine Propriétaire est située sur le pont principal, ce qui représente une caractéristique majeure de la gamme 1900. Cet espace intègre un grand lit, des fenêtres sur trois côtés et une salle de bains, quelques marches plus bas sur bâbord. La grande cabine de douche à l’arrière est séparée du reste de la salle d’eau située à l’avant, ce qui crée un espace très généreux. Je me suis juste demandé s’il ne fallait pas ajouter un deuxième lavabo pour parfaire le luxe. Le lit est entouré d’une commode aux bords arrondis et d’une télévision encastrée dans la cloison arrière. La hauteur sous barrot est également généreuse. Les panneaux ouvrants, y compris ceux orientés vers l’avant, créent une bonne circulation d’air, et j’ai également apprécié le solide plancher en bois plaqué – qui pourrait facilement être recouvert de moquette. L’air conditionné et divers équipements, en particulier sur la version Expedition, complètent agréablement cette zone (voir l’encadré pour plus de détails).
Outre cet espace Propriétaire, le Longreach possède deux autres cabines, une dans chaque coque. En pénétrant dans la partie tribord de l’Expedition, j’emprunte un large couloir jusqu’à la couchette double transversale avant, avec un grand lit et une salle de bains longitudinale à l’avant. La partie arrière accueille quant à elle une buanderie avec banquette et un lave-linge séchant. Parmi les caractéristiques notables de cette coque, citons les grands hublots rectangulaires, la chasse d’eau électrique ou encore le lavabo très profond.
La coque bâbord offre quant à elle une cabine avec une salle de bains spacieuse à l’arrière. Que ce soit dans l’une ou l’autre cabine, l’espace couchage est bien sûr un peu limité, mais, avec le couloir et la porte ouverte, cela devient raisonnable. Qui plus est, cette partie nuit compte pas mal de rangements.
Dernier point et pas des moindres, le bateau est équipé d’un dessalinisateur à haut rendement, de sorte que le temps consacré aux ablutions n’est pas limité.
Un flybridge ouvert ou fermé
Du salon, un escalier intérieur mène au flybridge, qui représente le troisième étage de ce Longreach 1900. C’est là que se fait toute la navigation, mais c’est aussi un espace de divertissement très agréable ouvert ou en partie fermé. L’espace peut accueillir des chaises, une table et d’autres accessoires, tandis que derrière, sur la partie qui reste ouverte, on peut hisser une annexe ou des kayaks grâce à une grue.
Derrière la console de pilotage, deux sièges baquets garantissent un certain confort. Face au pilote, le tableau de bord intègre deux écrans Raymarine et plusieurs afficheurs pour les données du moteur Yanmar. A côté du volant se trouve un joystick pour contrôler les deux propulseurs d’étrave combinés aux hélices entraînées par l’arbre. Plus utile encore, une télécommande Dockmate est également disponible. Cela permet au skipper de se déplacer sur le pont pour effectuer des manœuvres rapprochées. On peut aussi profiter du pont portugais pour avoir une visibilité optimale de chaque côté.
Solide et confortable en mer
Grâce à cette télécommande Dockmate, la sortie de l’étroit poste d’amarrage à Ocean Marina, dans le golfe de Thaïlande, s’effectue sans problème. A bord du 1900 Expedition et avec notre sistership à nos côtés, nous filons vers l’ouest en direction des îles – un terrain de croisière parfait. La direction hydraulique se révèle agréable, et nous atteignons rapidement une vitesse de croisière de 8 nœuds. La consommation s’établit à 12,5 litres par heure, soit une autonomie impressionnante d’environ 3 500 milles nautiques. La vitesse pour échapper à une mauvaise météo est toutefois au rendez-vous si nécessaire : nous avons en effet relevé 17 nœuds au GPS. Notre 1900 Expedition était pourtant lourdement chargé. L’excellente visibilité depuis le poste de barre et le faible bruit du moteur contribuent à créer une atmosphère conviviale sur le flybridge alors que nous approchons de l’îlot recouvert de jungle où nous avons décidé de jeter l’ancre.
Après avoir profité de notre escale, nous attaquons le voyage de retour, cette fois sur la version Bluewater. Entre-temps, les conditions de vent et de mer se sont considérablement renforcées. Un peu chahutés au départ, nous changeons finalement de cap pour attaquer la mer avec un angle de 30 degrés. Cette route, conjuguée à un peu plus de puissance, améliore significativement la conduite. Face aux vagues, la mini coque centrale minimise le tangage et, au final, on profite d’un catamaran confortable aussi à l’aise pour pratiquer du cabotage que pour se lancer dans de longues traversées.
Conclusion
Bien construit et profitant d’un aménagement optimal, le Longreach 1900 est vraiment idéal pour s’évader vers les confins du monde et partir à l’aventure grâce à une autonomie transocéanique. Grâce à son volume habitable et à la surface de ses ponts, le Longreach est également parfait pour organiser une fête à bord. Enfin, cerise sur le Pavlova (un dessert à base de meringue, nappé de crème chantilly et recouvert de fruits frais, NDLR), grâce à sa robustesse, le Longreach est même capable de beacher, ce qui est assez incroyable pour une unité de 57 pieds !
Focus technique
Les Longreach sont dotés de systèmes intelligents, dont un bus numérique, via le système de gestion Czone. Ce bus utilise une interface intuitive pour contrôler tous les systèmes du bord et certaines fonctions du moteur. Le câblage est réduit au minimum grâce à l’utilisation d’interrupteurs sans fil et la climatisation inversée est super efficace. Le Bluewater et l’Expedition sont largement autonomes grâce à une énergie solaire de 4,9 à 6 kWc sur le toit, à quatre à six batteries au lithium Mastervolt et des onduleurs qui peuvent faire fonctionner tous les systèmes domestiques, y compris les climatiseurs.
Si le temps est raisonnablement ensoleillé, il n’est pas nécessaire d’utiliser le petit générateur Whisper de secours situé dans la salle des machines. Une autre source d’énergie, à savoir deux alternateurs optionnels sur les moteurs, peuvent également recharger rapidement les batteries au lithium par temps nuageux. Les salles des machines sont spacieuses et abritent des Yanmar biturbo de 440 CV qui utilisent un « Python Drive » couplé pour abaisser l’arbre de transmission parallèlement à la coque, créant ainsi un angle d’attaque plus efficace pour les hélices. Etant donné que ces catamarans reposent sur des coques à déplacement, avec une faible élévation de l’étrave, c’est une bonne idée.
En grimpant sur le powercat, j’ai également remarqué que tous les points d’entretien étaient bien accessibles, y compris les tringleries de direction surdimensionnées des deux safrans.
Les réservoirs sont également très bien conçus, avec des réservoirs centraux intégrés de chaque côté, ainsi que des réservoirs avant, ce qui permet de modifier l’assiette en déplaçant le carburant. Les coques sont conformes aux normes CE classe A, et à celles du Lloyds. La construction utilise l’infusion avec une structure en mousse monolithique dans les structures clés, comme autour des réservoirs de carburant en fibre de verre ou des berceaux moteur. La ligne de quille comporte des renforts adaptés à l’échouage, la section arrière protégeant entièrement les hélices et les deux safrans.
Personnalisation possible
Gestion de l’espace intérieur
Déplacement élevé
Descriptif technique
Design : Longreach/PowerPlay Catamarans
Longueur hors-tout : 19,06 m
Largeur : 7,60 m
Tirant d’eau : 1,70 m
Hauteur de la nacelle : 0,90 m
Tirant d’air : 6,60 m
Déplacement lège : 30 t
Déplacement en charge : 38 t
Moteurs : 2 x 440 CV 6LY Yanmar ou 2 x 600 CV QSC 8.3 Cummins
Réservoir carburant : 10 000 l
Réservoir d’eau douce : 1 800 l
Réservoirs d’eaux noires : 2 x 180 l
Prix de vente : 3,25 à 3,7 millions de US$
A vous de choisir !









