Ce nouveau powercat a été lancé après une longue et minutieuse mise au point : l’objectif était de proposer un produit aussi innovant que séduisant sur un marché encore immature mais assurément à fort potentiel. Longueur contenue à 37 pieds (pour ce premier modèle), design très abouti et motorisation inboard, voilà un portrait flash du M37 qui a été présenté en Première mondiale en avril dernier lors du Palma International Boat Show. Nous avons pu essayer le premier des Makai à domicile, entre Trogir et Split.
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Conditions : mer calme à petit clapot, 10 à 20 nœuds de vent
Makai Yachts est une nouvelle marque lancée en 2020 par des spécialistes du multicoque ; le challenge a été de mettre au point et de lancer un premier powercat compact, séduisant, efficace et… universel. Ce cahier des charges mérite qu’on s’y attarde un peu. Le choix pour ce premier modèle a été de se positionner à 37 pieds car il s’agissait d’un angle mort en termes d’offre. Grossièrement, les confortables cabin-cruisers démarrent à 40 pieds, tandis que l’offre des day-cruisers se tarit au-delà de 35… Mais ça, c’était avant ! Depuis, YOT a lancé un 36 pieds, puis un 41… et Aventura Catamarans peaufine son 38 MY. Le design italien d’Emanuele Rossi (ERYD Design) offre à ce powercat Sedan des lignes aussi sportives qu’attrayantes : l’un d’entre vous a même commenté notre vidéo en qualifiant le Makai de « Porsche 911 sur l’eau ». Les concepteurs ont tenu à profiter d’une motorisation inboard, mieux adaptée aux longues distances. Associés à une carène très aboutie grâce à un effet coussin d’air alimenté par le tunnel entre les deux coques, les deux moteurs garantissent puissance, fiabilité et confort. Un soin particulier a été apportée à la construction, laquelle est réalisée grâce au procédé d’infusion de résine sous vide avec une âme en mousse Divinycell.
Dernier point : le M37 a été conçu pour séduire les plaisanciers du monde entier. Ce powercat pourra donc ravir des plaisanciers en Méditerranée, en mer Baltique ou aux Bahamas. Le M37 est décliné en version Open, c’est-à-dire débarrassé de son toit rigide. Cette version sera plus adaptée à un usage day-cuiser dans des contrées au climat généralement chaud et ensoleillé.
Un prochain modèle de 42 pieds est annoncé dès l’année prochaine.
Un plan de pont intelligent
Le projet M37 a élu domicile près de Split, en Croatie. Et c’est donc à Trogir, à quelques milles au nord-ouest, que le rendez-vous a été pris. Le temps, en ce milieu de journée, est un peu brouillon et venteux – l’amélioration est prévue dans l’après-midi. J’embarque prestement à bord depuis un vieux ponton de barques de pêche pour découvrir une vaste plage arrière bien pratique pour l’exercice – et bien sûr pour se baigner. Shane Grover, co-fondateur et directeur de la marque, est accompagné de Nina Secak, responsable marketing et administratif. Tous deux m’accueillent chaleureusement, car il ne semble pas si fréquent qu’un journaliste nautique se rende jusqu’en Croatie pour un essai.
Le cockpit de quelque 19 m2 est très large et sa partie découverte propose un immense solarium dont le dossier mobile permet de disposer d’une classique banquette côté intérieur, face à une table repliable. Une deuxième banquette est logiquement orientée vers la poupe. Plancher, assises et pavois recèlent de très nombreux rangements. Partout, des mains courantes inox sécurisent les déplacements, c’est un excellent point. Les supports noirs du hard-top, en forme de Z, sont presque plus impressionnants sur le plan du design quand ils sont observés de l’intérieur. L’habillage vaigré procure un aspect cosy plutôt réussi. La zone de vie semi-abritée exploite toute la largeur disponible grâce au passage central vers la plage avant qui permet de se dispenser de passavants. Un petit carré en L est aménagé sur bâbord ; le poste de pilotage, quant à lui, est décalé sur tribord. Un autre siège jouxte celui du pilote. L’ergonomie des commandes est excellente ; le constructeur a tenu à doter son Makai d’une technologie moderne et intuitive, à l’instar de ce qu’on trouve aujourd’hui sur les tableaux de bord des voitures. Les deux grands écrans multifonctions font ainsi office d’interface avec tous les éléments techniques et électroniques du bord.
Un peu plus à l’avant, on découvre une descente sur chaque bord ; elles mènent chacune à une cabine (2,04 m de hauteur sous barrot) généreusement éclairée par un grand hublot de coque. La cabine bâbord, avec son lit travers à la marche, est un peu plus vaste que la cabine tribord, plus classique avec son lit dans l’axe. Les couchages offrent une belle surface de 2 x 1,50 m. A l’arrière, sur chaque bord, on découvre un cabinet de toilette compact mais bien conçu. Trois marches mènent à l’ouverture centrale du pare-brise enveloppant – un système sur vérins s’impose pour sécuriser et simplifier la manutention de ce panneau incliné. On se retrouve alors sur une vaste plage avant sécurisée par un robuste balcon inox. Un coffre abrite le guideau de 700 W et les 50 mètres de chaîne livrés en standard. Des chaumards élégants – mais sans doute agressifs pour les doigts avec des amarres en tension – renvoient vers des taquets rabatables. Une banquette est aménagée tout à l’avant. Le plan de pont prévoit également un accès à l’eau (ou sur la plage) à l’étrave grâce à une échelle escamotable.
30 nœuds en vitesse max
Confortablement installé dans le siège baquet, je prends la barre – et les manettes. Les Yanmar ronronnent à 1 000 tours/minute. A ce régime, la vitesse est presque de 6 nœuds et la consommation s’établit à un litre au mille, ce qui permet de naviguer plus de 800 milles sans refueler. Cette frugalité des moteur inboard diesel – surtout à bas régime – est à saluer. Notez que les embases sont relevables, de sorte que le M37 puisse beacher voire s’échouer dans un plan d’eau à marée. 6 nœuds est assurément la vitesse de croisière économique. Si on cherche un peu plus d’adrénaline, il suffit évidemment de pousser les manettes… L’accélération est franche, puisque le 0 à 20 nœuds ne réclame que 13 secondes, mais les 6 secondes avant le déjaugeage incite le pilote à se mettre debout en raison du cabrage. Une petite retouche du tableau de bord assortie à une rehausse des sièges serait bien bienvenue. Une fois dans ses lignes, le Makai M37 fait étalage de son comportement marin. Il vire presque à plat, et surtout amortit considérablement le clapot. Je ressens immédiatement l’efficacité de l’Air Glide que vient de me décrire Shane. Le dessin spécifique du tunnel entre les coques est en mesure de capturer l’air – à condition que le powercat soit bien déjaugé – et de générer un véritable coussin amortisseur. J’avais déjà pu constater l’efficacité de ce design à bord du Four Winns TH36 et du Yot 36 : c’est bluffant et ça fonctionne parfaitement à bord du M37. Quand la mer est vraiment confuse, il arrive parfois que le fond de la nacelle tape un peu, mais c’est rare. La vitesse de croisière rapide optimale se situe autour de 20 nœuds, avec une consommation qui reste raisonnable (4 litres au mille). En revanche, avec 2 x 450 l de carburant, l’autonomie se limite à un peu plus de 200 milles. La vitesse de pointe avec nos deux moteurs de 370 ch (la motorisation standard est de 2 x 320 ch) s’établit à 30 nœuds. Dans l’absolu, il s’agit d’une valeur très respectable, mais on est tout de même loin des 38 nœuds promis sur le papier avant les premiers essais… Cette différence de vitesse significative est sans doute due au déplacement, au final de 2 tonnes plus élevé que prévu lors de la conception du M37. En termes de robustesse et de durabilité, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle.
Conclusion
A peine mis à l’eau, le Makai M37 a écumé la Méditerranée pour se faire connaître grâce aux salons nautiques – en l’occurrence Palma, Cannes et Venise. Un sacré galop d’essai qui démontre que ce nouveau powercat, même s’il fait moins de 40 pieds, ne rechigne pas à prendre le large… Le confort dispensé par le M37 associé à d’indéniables qualités marines font de ce powercat un excellent support pour le cabotage le long des côtes, et pourquoi pas des incursions fluviales grâce à sa largeur et son tirant d’air contenus. La possibilité d’échouer et de débarquer par l’avant parachèvent une polyvalence d’usage particulièrement séduisante.
Programme de navigation très étendu
Design séduisant
Autonomie réduite en vitesse de croisière
Descriptif technique
Architecte : ERYD Design
Longueur : 11,10 m
Longueur à la flottaison : 9,40 m
Largeur : 4,60 m
Tirant d’eau : 0,66/1,10 m
Déplacement : 9,7 t
Motorisation : 2 x 320/370 ch Yanmar Sterndrive
Carburant : 900 l
Vitesse max : 38 nœuds
Autonomie : jusqu’à 700 milles à 6 nœuds
Eau : 450 l
Catégorie CE : B12/C18/D26
Prix : 559 000 € HT (529 000 € HT pour la version Open)



