Alliant une ambiance à bord luxueuse et une grande autonomie, le MC82p offre ainsi plusieurs qualités recherchées pour les amateurs de longues croisières. Bienvenue à bord du monde exclusif de la grande plaisance...
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Conditions de l’essai : mer calme à agitée
Le chantier naval australien McConaghy a fait ses preuves dans la construction de bateaux rapides, souvent à voile, où les bonnes performances de la coque sont essentielles. Depuis l’arrivée de nouveaux investisseurs, l’usine McConaghy, en Chine, est aujourd’hui beaucoup plus grande et à la pointe de la technologie, comme l’ont prouvé les constructions pour l’America’s Cup et d’autres événements majeurs. Ce très haut niveau de compétences se traduit par la construction en composite carbone de la gamme MC. Celle-ci combine un sandwich E-glass/époxy/mousse avec des éléments structurels en fibre de carbone pour plus de rigidité.
Le chantier s’est également engagé avec succès dans la conception de coques économes en carburant, comme me l’a démontré ce 82 pieds. Issues de la gamme de catamarans MC conçue par l’Anglais Jason Kerr, ces coques semi-personnalisées sont disponibles en version à moteur ou à voile, dans des dimensions allant de 55 à 115 pieds. Toutes sont équipées d’un flybridge, offrant ainsi trois niveaux d’espace de vie. Le MC82p ne fait pas exception, et cela se voit notamment à l’extérieur avec une superstructure audacieuse.
Cockpit modulable et ouvert sur le salon
Amarré au Sanctuary Cove Boat Show dans le Queensland, le MC82p se distingue par ses coques blanches assez hautes et ses étraves verticales. Les hublots allongés à deux niveaux soulignent habilement la ligne de coque qui s’abaisse brusquement au milieu de la longueur. Sur l’arrière, une grande plate-forme de baignade permet d’embarquer et peut accueillir un bateau rigide de 1 500 kg ou un bateau pneumatique de 16 pieds sur des cales. En montant dans le cockpit, on découvre un espace ouvert ombragé qui utilise toute la largeur (10 mètres) du MC82p, avec une banquette-solarium au dossier basculant et une table à manger, laissant suffisamment d’espace pour danser sur le plancher en Flexiteek. Avec un bar à bâbord et d’autres banquettes à tribord, cet espace est une parfaite entrée en matière avant le salon situé au même niveau.
Salon et pont avant
Du cockpit, de larges postes coulissantes donnent accès au salon. Vraiment très spacieux, comme seul un catamaran de 82 pieds peut se le permettre, cet espace est totalement ouvert, avec en sus de grandes baies vitrées tout autour pour faire entrer la lumière. La cuisine occupe la majeure partie du côté bâbord et est superbement équipée, principalement avec des appareils électroménagers Miele et des réfrigérateurs Vitrifrigo. Elle comprend un congélateur à double porte, un réfrigérateur (lui aussi à double porte), une plaque de cuisson à induction à quatre feux, deux fours, un micro-ondes, un lave-vaisselle et un autre réfrigérateur à tiroirs. Le plan de travail en Corian intègre deux éviers en acier inoxydable, avec des placards en dessous et sur les côtés, y compris un garde-manger coulissant à commande électrique. En face du salon en L, de nombreux rangements sont disposés le long de la cloison, y compris un téléviseur encastré.
Sur tribord, face à la cuisine, un espace repas peut accueillir jusqu’à dix personnes, tandis que l’avant tribord reçoit une jolie banquette en L.
L’agencement de type loft convient peut-être mieux à la vie en marina qu’en navigation, mais c’est bien sûr là que la plupart des bateaux – ou plus exactement des yachts – passent leur temps. Les Propriétaires australiens ont évité de trop décorer leur powercat – cette absence de fioritures a tout à fait mon approbation ! D’ailleurs, les placages en bois clair élégants s’harmonisent bien avec la finition brillante de l’ensemble.
Une autre porte s’ouvre sur le salon avant, un espace encastré et cosy qui peut être utilisé en toute sécurité même en cours de navigation. Entouré de banquettes et offrant un accès facile à la chaîne, le pont avant est un espace à la fois confortable et fonctionnel, surtout si vous ajoutez le voile d’ombrage en option. Une gouttière profonde mène à la grande ancre Ultra, tandis que l’on trouve des coffres de rangement de chaque côté. Un guindeau au milieu et un filet trampoline à l’avant complètent l’ensemble. De grands taquets tout autour, y compris au milieu du multiyacht, garantissent également un amarrage sûr.
Enfin, grâce aux larges passavants et à la ligne de chandeliers, le déplacement vers le cockpit arrière s’effectue sans trop de problèmes, même si quelques mains courantes pourraient être ajoutées.
Un vaste flybridge et un poste de pilotage digne d’un Airbus
Accessible par un large escalier protégé situé à tribord, le flybridge donne l’impression d’être sur un superyacht et son agencement est à la hauteur, tirant parfaitement parti de la largeur et de la longueur de cet espace. Cet espace se compose d’une cuisine extérieure complète sur tribord comprenant un barbecue, deux éviers en acier inoxydable, un réfrigérateur à tiroirs et une machine à glaçons. Sur bâbord, une longue assise en L reçoit huit convives, le tout bien abrité par un hard-top. Pour les voyages en haute mer, un bossoir peut être installé à l’arrière pour hisser le canot – l’espace y est suffisant.
La partie avant est dédiée au poste de pilotage et offre une vue dégagée lors de l’accostage, tandis que ce poste de barre surélevé est presque digne d’un Airbus. Compte tenu de la prise au vent et de la taille de ce navire, les commandes sont nombreuses pour manœuvrer la coque à propulsion par arbre. Les deux manettes des gaz des moteurs John Deere de 300 ch tombent bien sous la main et l’on profite de deux propulseurs d’étrave – des modèles hydrauliques rétractables de Side Power – ainsi que d’une télécommande filaire Glendinning pour l’accostage. La console est dominée par une touche d’élégance : un volant en carbone de style America’s Cup situé en face du siège baquet. La navigation s’effectue via deux écrans Garmin de 16 pouces qui permettent de tracer des cartes et d’afficher des images en temps réel provenant du grand radar à antenne ouverte (4 pieds). De plus, plusieurs caméras Raymarine, y compris celle de la salle des machines, permettent de garder un œil sur les systèmes depuis ce poste de conduite. L’autre écran regroupe le système C-Zone qui gère tous les systèmes internes.
Jusqu’à 12 couchages et des quartiers équipage
Avec une longueur utile de 82 pieds, l’espace nuit est naturellement généreux, d’autant que les coques sont assez larges. Au final, le McConaghy compte quatre cabines doubles pour les invités, et deux autres à l’arrière pour le skipper et l’équipage. Les deux cabines avant sont symétriques, avec une salle de bains longitudinale à l’avant et un lit à l’arrière. Bien éclairés par les hublots rectangulaires et ventilés par des capots de pont ouvrants, les lits queen size bénéficient d’un cadre agréable. Parmi les détails pratiques, on trouve des rebords le long des cloisons pour ajouter des espaces de rangement et des stores à toutes les fenêtres et à tous les panneaux de pont. Les salles de bains sont également bien pensées, avec des surfaces faciles à nettoyer, de grands lavabos carrés et une ventilation naturelle, les robinets dorés étant la seule touche d’opulence. Les cabines centrales partagent les mêmes escaliers que les cabines avant, et sont également presque symétriques dans leur agencement avec des lits similaires, mais une surface au sol plus petite. Profitant d’une entrée séparée, les cabines de l’équipage garantissent l’intimité des invités et sont bien équipées avec une salle de bains/douche et une buanderie spacieuse. Sur tribord, on trouve un lit double avec un accès par un passage rampant, tandis que deux couchettes prennent place sur bâbord.
Coque, propulsion et systèmes
Pour la réalisation du MC82p, le chantier s’est orienté vers des coques comprenant un bouchain surdimensionné près de la ligne de flottaison, ce qui permet d’obtenir un volume beaucoup plus important sur la partie haute, et donc une bonne capacité de charge et un bon espace de vie. De leur côté, les entrées d’eau fines minimisent la traînée. Le pont est suffisamment haut et la nacelle présente un V prononcé et profond en dessous, ce qui facilite la pénétration des vagues et ajoute de l’espace de rangement interne. Les autres caractéristiques sous-marines importantes sont les hélices à arbre situées devant les deux safrans. Les arbres permettent de décaler les deux moteurs John Deere M3 de 300 ch plus vers l’avant, ce qui améliore l’assiette et réduit la traînée à l’arrière. Chaque hélice est également équipée d’un coupe-orin. Les moteurs ont été choisis pour leur faible régime et leur consommation modérée, tandis que le réservoir comprend un système de polissage du carburant (il filtre l’eau, les sédiments et la contamination microbienne) et un système de transfert d’huile pour faciliter l’entretien. L’accès se fait par de grandes trappes situées dans le cockpit arrière, ce qui me permet d’inspecter facilement les salles des machines, où tous les points d’entretien sont accessibles, ainsi que tous les équipements auxiliaires, tels que le générateur Onan de 27 kW, le dessalinisateur et les unités de climatisation. L’énergie est stockée dans un parc de 12 batteries lithium-ion de 180 Ah.
Pour alimenter ces batteries, les toits du flybridge et du salon abritent pas moins de 7,2 kW de panneaux solaires avec deux chargeurs-onduleurs Victron 48 V/10 000 W, ce qui signifie que, la plupart du temps, le catamaran fonctionnera sans générateur.
Autonomie transocéanique
Au moment de me mettre à la barre, j’ai pu clairement constater les avantages du MC82p, à commencer par son évolution tout en douceur à très bas régime (environ 900 tr/min), ce qui n’empêche pas d’atteindre déjà 9 nœuds. Bien que ses modestes moteurs de 300 ch (eu égard au gabarit de la plateforme à propulser) limite la vitesse maximale à 15 nœuds, le MC82p a été spécialement conçu pour naviguer en mer à presque 10 nœuds avec une autonomie d’environ 3 500 milles marins, à affiner en fonction de la direction du vent et de l’état de la mer. Sur la Gold Coast, lors de notre essai, la mer était assez agitée, avec une houle de deux mètres qui nous secouait alors que nous traversions les vagues à l’entrée du Seaway. A la barre, je ne sentais pas le choc des vagues, le V profond coupant bien la houle. Une fois sur une zone un peu plus calme, j’ai accéléré, pour atteindre sans encombre 15 nœuds. Avec la présence de baleines dans la région et la nécessité d’une bonne surveillance, j’ai apprécié la vue dégagée depuis le poste de pilotage, qui m’a donné la confiance nécessaire pour pousser le MC82p dans une série de virages serrés, avant de surfer sur les vagues en direction des plages dorées de Surfers Paradise. Des tests concluants, puisque le catamaran n’a jamais été pris en défaut.
Dans ces conditions, les coques ont démontré une grande efficacité. Conçu pour fonctionner principalement en mode déplacement, mais avec des vitesses de pointe à deux chiffres, le MC82p profite d’un poids relativement modeste de 55 tonnes, ce qui lui permet de faire de la croisière longue distance sans affoler la jauge du réservoir.
Conclusion
Fidèle à la réputation du chantier, le MC82p est un powercat bien conçu et bien construit, au look moderne et attrayant. Il propose également une surface habitable assez exceptionnelle et un confort soigné. Si on ajoute à cela la fiabilité des moteurs John Deere, on comprend aisément que ce multiyacht est avant tout pensé pour les longues croisières et qu’on profitera à son bord d’une atmosphère luxueuse et un équipement complet. Bref, il ne reste plus qu’à choisir sa destination et à lever l’ancre, le MC82p fera le reste.
Économie et performances
Habitabilité
Fardage important
Descriptif technique
Concepteur : Ker Yacht Design/ M2Atelier design intérieur
Longueur : 23,90 m
Largeur : 10,22 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Déplacement : 55 t
Motorisation : 2 x 300 ch John Deere
Carburant : 8 000 l
Eau : 1 500 l
Prix : 6 990 000 $ HT




