Fountaine Pajot est un des rares grands constructeurs, avec Robertson & Caine, à miser depuis longtemps et sans relâche sur le powercat. Aujourd’hui, les ventes de catamarans à moteur représentent 20 % du marché du multicoque : de quoi motiver plus que jamais le lancement de nouveaux modèles ! Le MY4.S, plus petit modèle de la gamme, remplace donc le MY37. Un nouveau modèle à découvrir au Cannes Yachting Festival.
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Lieu de l’essai : La Rochelle
Conditions : Mer peu agitée, 10 nœuds de vent de nord-est
Le constructeur a profité du lancement de ce nouveau modèle pour rebaptiser toute sa gamme Motor Yachts : le MY40 devient MY5 et le MY44 MY6. L’idée est de donner un « équivalent monocoque » en termes de surface et de volume ; le 5 correspond à une vedette de 50 pieds, le 6 à un petit yacht de 60 pieds… Rappelons que toute la gamme MY est produite à partir de dessins et de moules spécifiques 100 % moteur –on n’utilise pas ici la base d’un catamaran à voile. Quant au 4.S qui nous intéresse, il se confronte donc à des vedettes monocoques de 40 pieds. Et son S signifie Sport Top ou Sedan, comme vous voudrez. Fountaine Pajot a donc opté pour un design racé en sacrifiant le flybridge, option proposée sur le modèle précédent. Difficile d’éclipser le MY37, puisque le 4.S lui emprunte ses carènes. Le constructeur a d’ailleurs bien fait : le dessin de Daniel Andrieu offrait déjà d’excellentes qualités marines au 37. Les carènes sont caractéristiques, avec un redan si marqué qu’il forme un profond décroché sur les étraves. En revanche, au-dessus de ce redan, tout est nouveau ! Et ce qui saute aux yeux, c’est la finesse du toit du rouf. Débarrassé du flybridge, le 4.S devient un très élégant Sedan, à même de jouer dans la cour des rutilants weekenders à une seule coque.

Le design des superstructures mérite d’être salué : beau, sobre, efficace…
Un peu plus puissant que le MY37
Les moteurs proposés par le constructeur sont des Yanmar de 150 ou 250 CV – c’est cette dernière motorisation dont nous bénéficions sur notre modèle d’essai. Le MY37 était lui aussi équipé en standard de deux moteurs de 150 CV (des Volvo) et en option de 2 x 220 CV. Les 60 CV de gagnés sur les plus fortes motorisations se traduisent par une vitesse maximum qui passe de 20 à 23 nœuds – malgré un déplacement un plus important de 600 kg. La barre, sans être dure, répond parfaitement, et la trajectoire est toujours précise. Les carènes se caractérisent, on l’a vu, par un redan très marqué et des entrées d’eau particulièrement fines. Sans surprise, on retrouve en navigation l’excellent comportement déjà relevé à bord du 37 : virages parfaitement à plat, passage souple dans le clapot court, absence d’embruns – ils sont littéralement cassés par le redan – et surtout des coques réellement optimisées pour une vitesse de croisière à spectre large, soit 9 à 15 nœuds. La meilleure illustration de l’efficacité de ces carènes à ces vitesses relativement élevées, c’est que l’autonomie est supérieure quand on navigue à 13 nœuds plutôt que 11 ! On relève – grâce à des moteurs globalement peu gourmands, ces carènes performantes et des réservoirs de carburant totalisant 1 200 litres – une autonomie de 1 600 milles à 5 nœuds, et encore supérieure à 1 000 milles à 6 nœuds. Des chiffres à comparer avec l’autonomie réduite à 265 milles à fond... Vélocité, facilité d’utilisation, faible consommation en ne poussant pas trop sur les manettes : le MY4.S se prête avec facilité à un programme de sortie en week-end comme de croisière semi-hauturière. Curieusement, c’est lors des navigations à faible vitesse que le dessous de la nacelle ou le plat des redans sont susceptibles de taper un peu. Lors des manœuvres de port, on joue bien sûr avec les deux moteurs pour pivoter à loisir – le constructeur propose un propulseur d’étrave en option. Les moteurs, logés dans de larges caissons à l’arrière, sont faciles d’accès. Une surveillance des soutes par caméra est possible.

En baissant les gaz sous les 1 400 tours/minute, l’autonomie est supérieure à 1 000 milles, autorisant un large programme de croisières…
Un plan de pont tout simple
La volonté croissante des constructeurs à caser des flybridges sur toutes leurs unités nous a presque fait oublier le charme et les atouts du Sedan. En plus d’une silhouette bien plus élégante, cette configuration profite d’un meilleur centrage des poids et libère le cockpit ou les passavants d’un ou deux escaliers d’accès. Evidemment, en contrepartie, pas de terrasse à l’étage ! A ce sujet, précisons que le bureau d’études de Fountaine Pajot pourrait au final plancher sur une déclinaison flybridge si la demande se faisait sentir. Le cockpit est doté d’une grande banquette de 2,60 m convertible en bain de soleil. En option : une plate-forme fixe ou hydraulique, une cuisine et bien sûr une table extérieure. Les passavants, avec 43 cm à la sortie du cockpit, sont relativement étroits comparés à ceux des multicoques à voile ; rien d’étonnant quand on relève la largeur du MY4.S : 5,10 m, quand un Excess 11 affiche 6,59 m ! La circulation est sécurisée par un bastingage complet en inox, mais la petite main courante proche du cockpit mérite d’être complétée par d’autres prises sur le rouf – c’est prévu, mais en option. Le pontage avant, en dur, propose de vastes bains de soleil. Apparaux de mouillage et coffres sont prêts à l’emploi.

Finition flatteuse, éclairage généreux : on se sent bien dans cette nacelle !
Finition flatteuse et toit ouvrant
La baie vitrée arrière permet une belle ouverture ; on découvre un salon organisé comme celui du MY37 – cuisine à bâbord, carré à tribord, timonerie au fond –, mais la finition semble bien plus flatteuse. Le constructeur a mis la barre très haut, toujours dans le but de se poser en concurrent crédible des vedettes weekenders à une seule coque, généralement assez luxueusement traitées. La hauteur sous barrot dans la nacelle est très confortable – on relève 2,07 m. Le plan de travail de la cuisine ne manque pas d’aisance avec ses 2,71 m ; on peut compter sur un double évier, une plaque deux feux, un frigo et de nombreux rangements. Le carré est un peu plus chiche, avec sa banquette en L et sa table de 70 cm x 60 cm. Heureusement, ce plateau peut se dédoubler et remonter – mais c’est une option. On peut partager un repas à cinq, guère plus sans utiliser des tabourets qui nuiraient forcément à la circulation. A l’avant, voilà le poste de pilotage. On peut s’y installer debout ou assis grâce à l’assise pivotante. Le siège gagnera à être relevé de quelques centimètres pour les gabarits petits à moyens. Quant à l’essuieglace, il est trop court pour balayer le bas du pare-brise. Depuis le poste de commande, on bénéficie d’une excellente vision sur tout le plan d’eau, à l’exception de deux petits angles morts à l’arrière. Reconnaissons que la lumière naturelle rentre à flots : d’abord parce que les hublots sont imposants – 80 cm à 90 cm de haut – et peu teintés. Ensuite parce que les montants du rouf, quant à eux, sont affinés. Et au-dessus de nos têtes, un toit ouvrant façon automobile, mais en version XXL. La commande est un peu paresseuse, mais on peut naviguer décapoté ou presque. Précisons que cette option pèse tout de même plus de 24 000 € HT et qu’il faudra débourser en plus du prix de départ près de 200 000 € de packs et d’équipements en tout genre pour disposer d’un powercat complet et attrayant. Sur notre modèle d’essai, une version Maestro, la coque bâbord est dédiée au propriétaire. On relève un grand lit en semi-island-bed de 1,60 m de large, des rangements nombreux, une vue sur mer incroyable, deux ouvertures pour l’aération et une belle salle d’eau à l’avant. La hauteur sous barrot est ici de 1,91 m ; on est 1,03 m en dessous du niveau de la nacelle, soit quatre marches. La coque tribord accueille deux cabines et un cabinet de toilette central. La couchette arrière est aussi généreuse que celle de l’autre coque, mais la couchette avant l’est un peu moins : 1,50 m de largeur à la tête et 0,70 m aux pieds. A l’arrière, le volume sonore reste contenu, même à bon régime. On relève parfois quelques couinements. Chaque cabine est pourvue de deux ouvertures afin d’assurer une aération efficace.
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A bord de la version Maestro, c’est toute la coque bâbord qui est dédiée au Propriétaire.
Conclusion
Plus encore que de convaincre d’anciens adeptes de la voile au moteur, le pari de Fountaine Pajot avec sa gamme MY est bien de faire vaciller l’hégémonie des vedettes monocoques ; en optant pour un jeu de gamme – et des chiffres – qui met en avant la surface et le volume offerts par un catamaran et en déclinent une version Sedan très élégante, le constructeur sort l’artillerie lourde. Et on ne saurait lui reprocher l’utilisation des carènes de l’ancien MY37. D’abord parce ce que le dessin est très réussi, et ensuite parce que ce modèle a tout de même été diffusé à 72 exemplaires… Un score de bon augure pour le 4.S !
Les Plus
+ Excellent comportement en navigation
+ Consommation raisonnable en vitesse de croisière
+ Silhouette élégante
Les Moins
- Carré un peu juste en équipage nombreux
- Siège de barre légèrement trop bas et balai d’essuie-glace trop court
- Prix élevés de certaines options – très nombreuses
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DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Fountaine Pajot
Architecte : Daniel Andrieu
Design intérieur : Pierangelo Andreani
Matériau : polyester
Longueur hors tout : 11 m
Largeur hors tout : 5,10 m
Tirant d’eau : 0,80 m
Tirant d’air : 3,78 m
Déplacement lège : 9,5 t
Motorisation : 2 x 150 CV ou 2 x 250 CV
Réservoir carburant : 2 x 600 l
Réservoir d’eau : 350 l
Nombre de cabines : 3 ou 4
Prix HT MY4.S Maestro : 395 000 €
Prix HT MY4.S Quatuor : 397 000 €
Principales options HT :
Pack Exclusive : 16 500 €
Pack Gold : 26 000 €
Pack Platinium : 49 000 €
2 moteurs Yanmar 4LV 250 : 13 600 €
Propulseur d’étrave 80 kg : 11 076 €
Taud de cockpit : 2 663 €
Taud de baies vitrées de carré : 1 095 €
Toit ouvrant et store électrique : 24 200 €
Toile d’ombrage de plage avant : 2 200 €
Table de cockpit : 785 €
Mains courantes sur passavants : 246 €
Teck synthétique jupes et cockpit : 11 400 €
Table basse de carré électrique convertible en table repas : 4 973 €
Pack Garmin 1 : 13 000 €
Caméra arrière : 889 €
Radar : 2 592 €
Climatisation : 13 702 ou 14 402 € suivant nombre de cabines
Chauffage complet (coques et salon) : 11 220 €
Corne de brume : 269 €
Panneaux solaires 3 x 90/100 W : 2 798 €
Dessalinisateur 60 l/h : 10 311 €
Ailerons d’échouage : 6 265 €
Plate-forme hydraulique avec teck synthétique : 25 646 €
Annexe 2,40 m et moteur 6 CV : 3 648 €
Armement sécu complet avec radeau : 3 966 €
Mouillage 60 m chaîne + ancre 16 kg : 707 €





