Si la première sortie du Nautitech 47 Power date de janvier 2018, ce powercat a eu droit il y a quelques mois à un profond restyling des aménagements et à un poste de pilotage intérieur. Bref, c’est presque une nouveauté que nous avons pu tester sous le soleil de Floride.
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Ce modèle est une première pour le chantier Nautitech – basé à Rochefort, au sud de La Rochelle, France (EN) – puisqu’il s’agit du premier catamaran à moteur pour cette marque créée en 1994. Le constructeur et son architecte attitré, Marc Lombard, ont décidé de partir de la base d’un modèle voile, le très réussi 46 Open. Un parti- pris plutôt malin sur le plan des investissements puisqu’on (ré)utilise une bonne partie des études, des moules, de l’outillage, etc. La silhouette du 47 rappelle donc logiquement celle du 46 Open – en version Fly –, soit des coques plutôt fines, un rouf assez court sur l’avant et une largeur importante – respectivement un mètre et 0,5 m de plus si on les compare à celles de l’Aquila 44 et du 48. Un design moins « motonautique », mais qui reste élégant en version flybridge avec son arceau/ bimini (option). Reste que la transformation d’un catamaran à voile en powercat n’est pas aussi simple. Le bureau d’études et l’architecte sont contraints de renforcer considérablement la structure, de caser des moteurs de 300 CV là où on montait des bien plus modestes 40 CV, et enfin de redessiner le tiers arrière des carènes – encombrement des blocs moteur, répartition des poids différentes et enfin adaptation à des vitesses supérieures. Côté design, le 47 Power profite du même restyling du rouf que le 46 : les montants latéraux et la casquette de l’ensemble rouf/bimini sont devenus gris foncé, affinant la silhouette générale.
Juste au sud de Miami downtown, le plan d’eau protégé de Biscayne Bay s’est avéré parfait pour nos essais.
Biscayne Bay comme terrain de jeu
Rendez-vous est pris dans une marina de Coconut Grove, à quelques milles au sud ouest du Miami Boat Show. Ce plan d’eau – Biscayne Bay – qui s’offre à nous est vaste tout en bénéficiant de la protection d’un chapelet d’îles. En revanche, la sortie du port réclame un minimum d’attention, car les chenaux sont étroits, tortueux et… multiples. Pas question de couper le fromage : il n’y a pratiquement pas d’eau à l’extérieur des balisages. C’est donc à vitesse modérée que nous progressons vers le large. Installé sur le flybridge, on profite d’une excellente visibilité sur le plan d’eau. La banquette est assez grande pour deux voire trois personnes. Les deux poignées de gaz tombent parfaitement sous la main droite et l’instrumentation simple et bien visible. Une fois les dernières marques franchies, nous pouvons enfin pousser les deux moteurs Volvo – nous disposons de deux D4 de 300 CV au lieu des 225 en standard. L’accélération est franche ; nous dépassons rapidement les 20 nœuds. A la barre, le contrôle est facile lors d’une utilisation normale. En revanche, la direction peut devenir plus dure quand on enchaîne des courbes serrées – pas si serrées d’ailleurs, puisque le rayon d’un demi-tour est de 70 mètres environ. Le premier constat de cet essai ? Les moteurs sont étonnamment silencieux – et ce, même à l’intérieur. Intéressons-nous ensuite à la remarquable stabilité de la plate-forme : quelle que soit la trajectoire, le 47 reste parfaitement à plat, bien campé sur ses deux coques. Plus au large, nous guettons les plus gros sillages des bateaux à moteur – ils ne manquent pas ici. Nous voilà lancés à près de 24 nœuds à différents angles contre les vagues les plus abruptes ; le Nautitech tangue et ralentit à peine. Les carènes (re)dessinées par Marc Lombard font merveille et se joue littéralement de l’état de la mer. Un comportement convaincant qui promet un grand confort, même au large en mer ouverte. Les redans qui bordent les coques – à l’intérieur comme à l’extérieur – font office de déflecteurs d’embruns efficaces. L’agrément de navigation est bien supérieur encore quand on se cale sur la vitesse de croisière recommandée – 15 nœuds. Une seule déception à ce beau tableau : l’autonomie est inférieure à 300 milles. Il faudra croiser à une vitesse inférieure à 7,5 nœuds pour boucler les 1 000 milles sans refueler. Un passage tout près des villas luxueuses de Key Biscayne ne génère aucun complexe à notre équipage : notre Nautitech n’a certes pas la longueur d’un yacht, mais il se fond parfaitement dans cet univers luxueux… et pour ne rien gâter, le tirant d’eau de ses petits quillons se limite à 1,20 m, ce qui autorise l’accès aux mouillages les plus reculés.
Le flybridge offre un poste de pilotage complet avec une grande banquette. Sur l’avant, un portillon mène à un vaste solarium
Vive le fly !
Si le débat pour ou contre le flybridge a tout son sens pour un catamaran à voile, il n’a plus lieu d’être à bord d’un powercat. Pas de gréement amputé, d’ombre des voiles ou autre danger de la bôme. Ici, le fly, c’est 100 % de plaisir en plus ! A haute vitesse, un discret pare-vent casse le plus gros du vent ressenti. Le bimini rigide (option) protège du soleil et des intempéries. Le constructeur propose un salon en U à l’arrière du poste de pilotage, un module cuisine sur bâbord et un solarium à l’avant – il est accessible par un petit portillon (son ajustement est perfectible). Nous voilà donc à l’avant du rouf : une échelle permet de rejoindre le pontage avant. Car évidemment, le plan de pont ne se limite pas à ce fameux fly si convivial – dont l’accès principal est assuré par cinq marches, sur bâbord. A l’avant du rouf, deux grands coffres et une baille à mouillage sont disponibles. Comparé à la version voile, le pont en dur se prolonge plus loin sur l’avant de façon à aménager deux cockpits. Lesquels peuvent être agrémentés par une sellerie dédiée, et même deux tables amovibles. On rejoint tout de même des trampolines avant la poutre qui relie les deux étraves. Les passavants sont très larges. Tout le pont est bordé par un bastingage inox très sécurisant. Une main courante est intégrée dans le moulage du rouf. Quatre marches plus bas, nous voilà dans le cockpit principal, à l’arrière. La zone est bien sûr protégée par le flybridge. La distribution est sobre et efficace : une banquette en L avec une table à tribord, une banquette droite à bâbord et une dernière à l’arrière, perpendiculaire à la marche. La circulation est fluide et les accès sont larges vers les jupes arrière. En option, on peut commander une plate-forme hydraulique capable de supporter 250 kg.
Cette nouvelle version du Nautitech 47 Power propose une timonerie intérieure – un plus appréciable lors des navs de nuit ou par mauvais temps.
L’agrément de la timonerie intérieure
La nacelle, à bord de tous les Nautitech, présente une très grande ouverture vers le cockpit, sans différence de niveau. Globalement, les aménagements sont identiques à ceux de la première version découverte au boot Düsseldorf en janvier 2018 – à quelques détails près de coloris et de finition, plus haut de gamme. Au sujet de la finition, un petit effort encore quant aux ajustements des panneaux – découpe de la poubelle, plans de travail –, et ce sera parfait. La grosse différence, c’est la timonerie intérieure disponible en option. On ne peut que vous recommander de vous l’offrir ! Piloter bien à l’abri est un plaisir rare quand il pleut, pendant la nuit ou tout simplement quand les températures sont fraîches. Ce poste de pilotage est installé dans l’angle avant droit de la nacelle, avec une bonne vision générale du plan d’eau. Plus à bâbord, le carré en U est capable d’accueillir six convives. Deux options sont proposées pour la table : celle-ci peut se rabaisser en table basse, ou se transformer en couchette double d’appoint. La cuisine en U jouxte le cockpit, côté tribord. Un très large panel d’options permet d’équiper ce 47 à sa guise – générateur, électroménager, dessalinisateur, climatisation, etc. Dans les coques, 3 ou 4 cabines au choix. Là, les plans sont identiques à la présentation du 46. La cabine Propriétaire est proposée à bâbord – lit à l’arrière, rangements et bureaux en coursive et cabinet de toilette XXL à l’avant. La coque « invités » distribue deux cabines, mais aussi désormais deux salles d’eau. Tous les couchages font 2 mètres de longueur par 1,60 de large. En option, une ou deux pointes avant peuvent être équipées d’une couchette simple.
Conclusion
Dans la famille des catamarans à voile transformés en powercat, celui-ci est une réussite ; A croire que Marc Lombard est devenu un expert de l’exercice – la déclinaison du Privilège Série 5 en Euphorie nous avait déjà emballés ! Agréable à piloter, incroyablement marin, ce 47 Power est une plate-forme très séduisante pour vivre et voyager sur l’eau. Il ne lui manque que des réservoirs plus grands pour croiser encore plus loin, plus longtemps…
Dans les virages, le Nautitech 47 Power reste bien à plat, et le contrôle de la trajectoire est irréprochable. Les redans évitent aux embruns de s’inviter sur le pont.
Les +
Qualités marines exceptionnelles
Insonorisation des moteurs très poussée
Option timonerie intérieure
Les -
Autonomie limitée pour les grandes traversées
Quelques détails de finition perfectibles
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Nautitech Catamarans
Architecte : Marc Lombard
Matériau : sandwich polyester (infusion)
Longueur : 14,23 m
Longueur à la flottaison : 14,16 m
Largeur : 7,54 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Poids lège : 14,31 t
Motorisation : 2 x 225 ou 300 CV
Autonomie : 1 000 milles
Vitesse de croisière : 8,5 nœuds
Vitesse de pointe : 22 nœuds
Capacité gasoil : 2 x 654 l
Capacité eau : 2 x 300 l
Nombre de cabines : 3 ou 4
Prix : 641 898 € HT
Prix du catamaran essayé : 838 190 € HT
Principales options HT :
Version 4 cabines : 5 562 €
Version Charter : 21 900 €
Version Elegance : 37 900 €
Version Premium : 54 900 €
Nav-Pack Premium : 27 900 €
Supplément 2 x D4 Volvo 300 CV : 20 890 €
Poste de pilotage intérieur : 8 290 €
Propulseur d’étrave avec 2 joysticks : 13 600 €
Teck synthétique cockpit et jupes arrière : 10 490 €
Plate-forme Tenderlift : 42 900 €
Sellerie cockpit avant : 3 990 €
Table de cockpit convertible en lounge : 1 900 €
Teck synthétique flybridge : 4 950 €
Table basse fixe : 1 190 €
Bimini rigide : 29 800 €
Meuble bar avec évier et réfrigérateur : 5 630 €
Sellerie flybridge : 5 630 €
Table de carré convertible en lit double : 1 580 €
Dessalinisateur 100 l/h : 14 900 €
Ventilateurs : 990 €
Climatisation réversible carré et cabines : 24 900 €
Eclairage sous-marin : 6 230 €
Générateur 7 kW : 21 600 €
Convertisseur 2 000 W : 2 380 €
Système Hi-Fi Fusion : 3 100 €
Annexe semi-rigide 3,1 m et HB 15 CV : 8 980 €
Armement de sécurité Cat. A 12 personnes : 4 450 €
Antifouling Platinium (eaux chaudes) : 4 900 €
Mise à l’eau et livraison à La Rochelle : 8 650 €
