Fabriqué en France, sur la côte ouest, le Pinball est le résultat d’un projet original et ambitieux. Visant principalement le marché des sorties à la journée et de la location, il propose aussi quelques solutions inédites pour la croisière et regorge de technologie. De quoi offrir un beau programme à des équipages pas encore forcément très expérimentés.
Lieu : La Rochelle
Conditions : mer calme, 3 à 4 noeuds de vent
Infos pratiques
- Le chantier : Pinball
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A l’origine du projet Pinball, il y a un homme, Pascal Duclos, industriel accompli et toujours à la recherche de nouvelles idées et de solutions pour ménager notre chère planète. Ingénieur électronicien de métier, Pascal était auparavant dans le domaine de la voiture électrique. Après avoir quitté le monde de l’automobile, notre homme s’est mis à la recherche d’un bateau qui réponde à ses besoins. Ne trouvant pas la perle rare, il décida donc de le faire fabriquer. Un challenge qui l’amena à faire la rencontre de Stéphane Chaurial, architecte naval et concepteur pendant 15 ans pour le chantier Ocqueteau, en Charente-Maritime. Au passage, le chantier ayant cessé son activité, Pascal en fit l’acquisition, ce qui lui permit de disposer d’une usine pour construire le bateau. Le projet était de concevoir une embarcation polyvalente, avec de bonnes qualités marines, facile à utiliser autant durant l’été qu’en mi-saison et bien adaptée à la location sans skipper. Un cahier des charges relativement précis qui a permis de passer à l’étape suivante. Ayant tout à la fois le sens de l’innovation et la fibre écologique, notre homme souhaitait, dès le départ, que le bateau soit respectueux de l’environnement, et le choix se porta donc sur une propulsion hybride électrique/thermique, ce qui offre l’avantage d’une énergie non polluante, d’un mode de fonctionnement silencieux, mais aussi d’avoir une grande autonomie en cas de longues navigations. Côté carène, c’est presque naturellement vers le catamaran que les deux hommes se sont dirigés. Ce type de carène offre à la fois une faible résistance à l’avancement en mode électrique grâce à la surface mouillée réduite et, en navigation rapide, le confort et la stabilité sont bien supérieurs à ce que garantit un monocoque. Restait à définir la taille. Là encore, pour offrir un compromis idéal entre une surface habitable correcte, de bonnes qualités marines et une taille qui reste facile à manoeuvrer sans skipper, une longueur de neuf mètres représentait une bonne longueur.
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De face, le Pinball dévoile deux étraves acérées tandis qu’il est impossible de suspecter un multicoque si on regarde le powercat de l’arrière.
Un plan de pont plein de surprises
Une fois à bord, difficile d’imaginer que nous sommes sur un catamaran. L’embarcation profite ainsi d’une surface généreuse, même si les concepteurs ont souhaité conserver une largeur modeste (2,95 m) pour pouvoir occuper une place de port presque normale. Qui plus est, le creux de pont est assez important, notamment au niveau du cockpit. On pénètre donc à bord par la plage arrière, laquelle dispose d’une plancha avec un plan de travail dépliable et un petit réceptacle en dessous pour récupérer les graisses. Un simple détail, mais qui facilite la vie. On y trouve également une échelle de bain bien intégrée à la plateforme. Enfin, une seconde plate-forme s’abaisse pour accéder à l’eau, et se remonte pour faire route. La manipulation est pour le moment manuelle et un peu artisanale, espérons que cela se fera de manière électrique dans le futur. Le plan de pont est relativement original puisqu’il est organisé comme un bateau double console. On peut compter sur un grand espace cockpit, deux consoles évidemment, un passage central et un espace bronzage sur l’avant. Le cockpit profite ainsi d’un grand carré sur tribord où 8 personnes peuvent s’asseoir autour d’une grande table. La banquette arrière peut être utilisée en version « face à la mer » et le tout peut être transformé en un très grand bain de soleil de 3 m2. Toutes les assises dissimulent des espaces de rangement et l’on trouve aussi de grands coffres dans le plancher. La circulation demeure aisée grâce au large passage laissé sur bâbord, un chemin qui même directement à la console bâbord où se trouve un bloc-cuisine comprenant un évier et des placards. La console tribord est quant à elle dédiée au poste de pilotage, qui profite au passage de deux sièges de type leaning-post assez confortables. Outre le fait d’abriter le poste de conduite, la console tribord tire parti du creux de coque pour offrir une vaste « pièce de rangement » qui peut être aménagée selon les désirs du client. Sur notre modèle d’essai, une série de boîtes coulissantes avait été installée, un peu à la manière des rangements d’un avion. La coque bâbord reçoit quant à elle un cabinet de toilette avec WC, évier, douche et même un hublot, c’est bien vu. Reste la partie avant qui, en apparence, est uniquement consacrée au farniente grâce à un solarium de 6,2 m2, probablement un record pour un bateau de 9 m de long. Confortable et bien protégé par les hauts balcons, cet espace permet aussi d’accéder à la baille à mouillage au cas où. Toutefois, ce bain de soleil dissimule une surprise bien plus grande. En effet, en appuyant sur un bouton, toute cette surface se lève pour créer une grande tente offrant un couchage de très belle taille (2 x 1,40 m) pour deux ou trois personnes. Une idée inspirée du fameux combi Volkswagen, et là encore, c’est vraiment malin. Le tour se termine avec le bimini-top, qui abrite le poste de pilotage et une partie du carré. Au besoin, il peut être étendu pour abriter totalement le carré, une bonne initiative pour les zones très ensoleillées. Au final, le Pinball offre donc une habitabilité intéressante, puisque l’on peut décemment envisager de faire du cabotage à son bord en profitant d’un espace assez généreux et de toutes les commodités nécessaires en croisière. La finition est pour l’instant encore perfectible et l’équipement mériterait d’être un peu plus généreux, mais nous sommes là sur le premier modèle et le constructeur prévoit déjà d’apporter des modifications.
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Une baille à mouillage est découpée à l’étrave.
Le constructeur a prévu de très nombreux coffres et rangements.
Une motorisation très originale
Original au niveau de son plan de pont, le Pinball l’est encore plus quand on en vient à sa motorisation. Pour des raisons écologiques, le bateau possède donc une propulsion hybride, à savoir un moteur thermique central et deux moteurs électriques. En mode électrique, le bateau dispose de deux moteurs de 8 kW (un dans chaque coque). En outre, pour accroître la sécurité et l’efficacité, chaque moteur est relié à une hélice logée dans une tuyère en coude qui part du côté de la coque et termine à l’arrière de la jupe. Pour propulser le bateau et pour le manoeuvrer, on joue alors sur le flux, en marche avant ou en marche arrière, ce qui va permettre de faire pivoter le bateau. La vitesse maximale autorisée en « Emode » est de 6 noeuds et l’autonomie à 4 noeuds est de 2 heures grâce à des batteries lithium 20 kWh - 48 V. Pour aider au pilotage, le Pinball dispose d’un écran de 10 pouces affichant les principaux indicateurs, à savoir la puissance disponible, l’énergie utilisée et celle restante. On peut également utiliser ce mode électrique avec le volant et la manette ou avec les deux manettes en jouant sur le flux de chaque moteur pour une manoeuvre très précise. Autre point intéressant, les batteries profitent d’un système de recharge multiple. Concrètement, on peut bien évidemment les recharger en se reliant à une prise de quai 230 volts sachant qu’une recharge complète s’effectue en 6 heures. On peut également prolonger l’autonomie des batteries lorsque l’on navigue avec la motorisation thermique. Une génératrice (moteur électrique Regen) reliée au moteur va ainsi, à partir de 2 000 tr/min, recharger les batteries. Enfin, ce mode « Emode Regen » permet même, en utilisant le moteur au point mort, de fonctionner comme un groupe électrogène pour recharger les batteries. Au final, cet « Emode » est plutôt bien pensé, et permet d’évoluer dans une marina ou dans une zone naturelle sans perturber l’environnement. Pour parcourir de plus grandes distances, on bascule en mode « Hmode », c’est-à-dire en propulsion classique avec un moteur thermique. La manipulation se fait au point mort avec un simple interrupteur. Pour la motorisation traditionnelle, le choix s’est porté sur un moteur diesel de 350 CV couplé à un Z drive. Une puissance qui reste raisonnable et qui permet à l’embarcation d’atteindre 25 noeuds en pointe selon le constructeur. Lors de notre essai, nous ne disposions malheureusement pas de la motorisation définitive, mais d’un bloc Nanni Diesel développant 265 CV et notre vitesse maximale a plafonné à 21 noeuds. Pour être franc, au vu de la taille du bateau et du programme de ce catamaran, une puissance un peu supérieure lui permettrait de dépasser 30 noeuds et de filer à une vitesse de croisière d’environ 20 noeuds, des performances qui ouvrent des perspectives un peu plus grandes. Sur le plan de la carène en ellemême, le Pinball s’appuie donc sur deux flotteurs au profil très effilé, avec notamment une étrave très acérée. Les deux coques bénéficient également d’un bouchain qui part de l’étrave et qui assure la stabilité tout en empêchant l’effet de spray. Ce dessin permet au bateau de littéralement découper la vague. Le volume d’air sous la nacelle est lui aussi très important, apportant un effet coussin d’air qui rend la navigation confortable. Enfin, pour loger le système de propulsion thermique, une partie centrale, presque comme une mini coque, vient prendre place sous la nacelle. C’est cette protubérance qui supporte le Z drive du moteur diesel. Autant le dire, la prise en main requiert quelques explications au début, notamment sur le mode électrique, avec l’utilisation à une manette ou à deux manettes. De même, il faut se familiariser un peu avec le fonctionnement des tuyères. Par exemple, le démarrage et l’accélération sont plus rapides quand les tuyères sont vides… bon à savoir. Une fois ces notions acquises, le Pinball est plutôt intéressant à conduire. Le basculement du mode électrique au mode thermique est lui aussi assez facile, puisqu’il suffit d’appuyer sur un bouton. Dommage toutefois que l’on soit obligé de revenir au point mort pour effectuer l’opération, alors que sur d’autres bateaux hybrides de ce type, le passage de l’électrique au thermique se fait de manière fluide sans devoir revenir au point mort. En mode thermique, on dispose également de nombreuses informations sur l’écran du tableau de bord. La tortue qui s’affiche indique ainsi que le moteur n’est pas assez chaud. A 3 200 tr/min, un symbole « boost » nous indique que le moteur électrique Regen (qui agit aussi comme une génératrice pour recharger les batteries) vient additionner son équivalent de 30 CV à la puissance du moteur diesel pour aider au déjaugeage. Lors du déjaugeage justement, un symbole s’affiche et, finalement, un autre indicateur prévient le pilote que le système entre en mode recharge des batteries (normalement après 2 000 tr/min). Une interface qui peut paraître complexe, mais qui reste toutefois assez facile à assimiler. Une fois dans ses lignes, le Pinball redevient donc un powercat classique, avec l’avantage de la stabilité induite par les deux coques. Très confortable grâce à ses étraves très fines, le bateau procure également un grand sentiment de sécurité, d’autant que l’on est assez haut sur l’eau. Le jour de notre essai, nous avions des conditions plutôt clémentes, mais le croisement de quelques sillages nous a rassuré sur les qualités marines du navire. Pas grand-chose donc à lui reprocher sur le plan marin, si ce n’est un certain manque de peps auquel il serait facile de remédier en ajoutant plus de puissance.
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Une cuisine extérieure est aménagée ; de nombreux éléments sont modulables et/ou escamotables.
Conclusion
Le Pinball apporte résolument quelque chose de nouveau sur le marché, tant au niveau de son plan de pont, plutôt original pour un catamaran, qu’au niveau de sa propulsion, très innovante et surtout très écologique. Capable de s’aventurer dans des zones protégées en mode électrique, il est aussi prêt à accueillir un couple ou une petite famille pour du cabotage côtier ou pour une journée multi-activités sur l’eau. Du coup, même si ce powercat souffre encore de quelques défauts et demande encore un peu de mise au point, il promet déjà d’offrir un programme complet et ouvre d’ores et déjà des perspectives intéressantes. Bref, un bateau qui fait tilt !
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Le solarium se relève façon combi VW pour offrir une vraie petite cabine équipée d’un cabinet de toilette.

LES + :
+ Motorisation innovante
+ Habitabilité
+ Plan de pont original
Les - :
- Manipulation manuelle de la plateforme
- Finitions
- Temps d’adaptation à la conduite
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DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Pinball Boat (France)
Concepteur : Stéphane Chaurial
Longueur hors-tout : 9,00 m
Longueur de coque : 8,33 m
Largeur : 2,95 m
Tirant d’eau : 0,69 m
Hauteur (au-dessus de la flottaison) : 3,00 m
Déplacement à vide : 3 500 kg
Nombre de personnes : 15
Cabines : 1
Couchages : 2
Carburant : 285 l
Eau : 135 l
Puissance maximale diesel : 350 CV
Puissance maximale électrique : 8 kW
Capacités batteries : 20 kWh - 48 V
Catégorie d’homologation : C
Prix : à partir de 207 500 € HT avec 350 CV diesel + 2 x 8kW électrique
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Pinball signifie flipper en anglais ; le constructeur n’a pas hésité à en personnaliser un (ce flipper était présent sur le stand du Grand Pavois de La Rochelle, fin septembre dernier) et joue volontiers sur la fibre vintage…












