Prestige Yachts complète sa gamme M-Line de luxueux powercats en lançant opportunément un modèle entre le M48 le premier de la série, et le M8, pour l’heure le flagship. Ce M7 très attendu nous a été présenté dans la coquette et très bien fréquentée marina de Porto Piccolo, à proximité du chantier dédié aux unités de luxe du groupe Bénéteau à Monfalcone, sur la mer Adriatique.
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Conditions de l’essai : mer plate, 2 à 3 nœuds de vent
D’emblée, cela en jette d’apercevoir le Prestige M7 à flot dans l’ambiance très select de la petite marina de Porto Piccolo. On arrive par le haut de cet amphithéâtre composé de villas et de somptueux appartements ; la scène en contrebas n’est autre qu’un élégant et modeste bassin, véritable écrin pour les belles unités qui y sont amarrées. Le décor est parfaitement approprié pour le nouveau M7, un powercat qui entend bien consolider, au sein de la gamme de catamarans M-Line, la croissance de la marque Prestige Yachts dans le monde du motor yachting de luxe. L’objectif de M-Line ne s’arrête pas en effet à concurrencer les autres acteurs du secteur des grands powercats et autres multiyachts ; il s’agit également de rivaliser avec les faiseurs du segment tout entier – composé de monocoques pour la plupart, il faut bien le dire.
D’ailleurs, ce ne sont à l’origine que des monocoques qui sont sortis des chaînes de fabrication de Jeanneau, marquant la montée en puissance de la gamme Prestige depuis ses débuts en 1989. Et lorsque Prestige Yachts devient en 1998 une marque à part entière – saluons à cette occasion la clairvoyance de l’instigateur de cette idée de génie, Jean-François de Prémorel –, ce sont toujours des monocoques, certes de plus en plus luxueux, qui sont fabriqués. Le positionnement de Prestige était de concurrencer les ténors du marché comme Princess, Sunseeker et autre Fairline (Monte Carlo Yachts, à cette époque, étant plus destiné à marcher sur les plates-bandes des marques italiennes) en proposant des prestations relativement standards, mais avec une petite longueur d’avance en ce qui concerne l’ergonomie des aménagements et un positionnement tarifaire attractif. En parfaite adéquation avec le cabinet de design Garroni, les modèles comme le Prestige 500 ont séduit la clientèle en répondant aux nouvelles attentes en termes d’agencement et de confort de vie, tout en réduisant les coûts liés à la motorisation, à sa maintenance et à sa consommation. Et ce ne sont pas les 5 000 exemplaires (tous modèles confondus) qui vont venir contredire cela… Mais chez Prestige, on a eu envie d’évoluer et donc de s’intéresser au marché des multipowers en lançant la gamme M-Line, laquelle répond aux dernières exigences de la clientèle en termes de volume, de luxe, d’espace de vie à bord et d’économie de carburant. Le défi, sur le plan du design, a été de conserver les coques de Prestige – le M7 s’inscrit très exactement dans cette logique… avec succès puisque, à l’heure où nous bouclons ce numéro, quatre M7 sont en commande et neuf exemplaires de la M8 ont déjà été vendus.
Une distribution extérieure exemplaire
Le cabinet de design Garroni a la réputation de créer partout, tels des magiciens, des centimètres, voire des mètres carrés dans chaque nouveau modèle sans agrandir la longueur des coques, mais aussi de créer la surprise avec une organisation des espaces de vie qui ne craint pas d’être, parfois, radicalement innovante. Le tout en conservant un certain classicisme en termes de design extérieur – un sacré tour de force ! On se souvient, entre autres, de la descente privative vers la cabine Propriétaire sur la 500 et des différents ponts des modèles X. Revenons à bord de la gamme M-Line : plus récemment, c’est la cage d’escalier façon super-yacht du M8 qui a fait sensation.
A bord du M7, la surprise commence par le cockpit arrière, ou plutôt terrasse ou beach club, devrait-on dire. Une différence de niveau place cet ensemble trois marches en dessous du pont principal, créant un espace lounge plus près de l’eau. Deux installations des sofas différentes sont possibles – l’une avec un canapé central dégageant les passages près des pavois et l’autre avec canapé et sofa de chaque bord privilégiant le passage central vers l’intérieur. Cet espace est très vaste, et la juxtaposition de la grande plate-forme hydraulique permet, en déplaçant les chandeliers, de bénéficier d’une immense terrasse. Il est même possible d’y installer une table amovible pour des repas, les pieds dans l’eau. Les passavants sont larges et bordés de hauts pavois avant de monter de quelques marches sur la plage avant qui, assez haute de franc-bord, donne un sentiment de sécurité aussi bien qu’elle procure un volume sous pont impressionnant pour les aménagements intérieurs. Les bains de soleil modulables en petit lounge ou méridienne, sous toile d’ombrage au besoin avec une circulation centrale et latérale, n’a rien à envier aux très grosses unités. Mais c’est en revenant vers l’arrière que l’innovation majeure du cabinet Garroni se révèle, avec une montée au flybridge dans le sens inverse de la marche. Ce véritable escalier est enfermé entre le hublot de roof et la cloison intérieure. On y accède par un sas depuis le passavant bâbord qui dessert également le salon, via une porte vitrée coulissante. On monte aisément les marches, encadré et protégé par cette « cage ». Cerise sur le gâteau, la soupente de cet escalier sert de descente à la cabine double équipage depuis une porte trompe-l’œil à l’arrière du rouf – on gagne sur tous les tableaux. Le flybridge, divisé en trois zones, est aussi un modèle d’ergonomie. On découvre un grand bain de soleil en avant de la console de pilotage, une vaste table repas au milieu et une cuisine bar à l’arrière avec en vis-à-vis une zone aménageable à souhait. Notre seule réserve concerne l’absence de toilettes de jour, qui n’ont pas pu trouver place dans ces aménagements.
Un intérieur luxueux et modulable
En pénétrant dans la nacelle, on ressent immédiatement une douce ambiance zen. Sur cette première mouture, le carré est donc un vrai salon avec un très large et confortable divan- méridienne et des fauteuils. Alessandro Tolino et Clémence Cessou, les responsables produits, précisent que ce salon peut être remplacé par une grande table de repas. Mais comme on l’a vu, les possibilités pour s’attabler à l’extérieur sont tellement convaincantes que cela ne se justifie pas selon nous – mieux vaut consacrer cet espace à la détente. Plus avant, près de l’escalier du flybridge et sans gêner la circulation, une superbe cuisine américaine en U est équipée des ustensiles dernier cri qui raviront les amateurs de gastronomie et les chefs embarqués. En face, on trouve une descente vers la cabine VIP accompagnée d’une cabine pullman. En avant de cette descente, la timonerie peut devenir si sobre qu’elle peut faire office de coins bureau ; il est néanmoins possible d’opter pour des fauteuils de veille, l’équipement de navigation étant réduit aux écrans de contrôle, pilote automatique et joystick. Dans cet open space, la vue n’est pas à 360° de par la cloison qui soutient l’escalier, mais la surface vitrée agrandit l’espace et le miroir sans tain cache un écran géant faisant face au divan. Entre le bar de la cuisine et le coin navigation, on accède à une autre cabine VIP sur bâbord. Mais c’est à l’avant que se situe le vrai morceau de choix, la fameuse cabine Propriétaire. Avec la grande hauteur de pont avant, celle-ci est de plain-pied sur toute la largeur et baignée de lumière grâce aux immenses hublots latéraux, qui sont pourtant habilement occultés et n’altèrent en rien la fluidité du design extérieur. Cette suite est un havre de paix, sa décoration y participant grandement. Le commanditaire peut choisir parmi une palette de beaux matériaux présélectionnés, comme pour le reste des aménagements, d’ailleurs. Double vasque, douche, cabine, dressing, sofa et beau bureau, tout y est. Les accommodations pour l’équipage se situent à l’arrière avec une cabine double sous l’escalier, et une autre, pour un Capitaine, est optionnelle sous la plage arrière, après les moteurs.
Facilité de manœuvre et (relative) sobriété
Comme pour les autres modèles, l’accent n’est pas mis sur la vitesse – aucun powercat de la gamme M-Line ne revendique une vitesse maximale supérieure à 20 nœuds, un choix qui est relativement inédit sur ce segment du marché. On peut tout de même compter sur de belles moyennes et une consommation raisonnable. La seule motorisation disponible est composée de deux Volvo D8 de 550 chevaux. Le montage sur V-drive permet de placer longitudinalement les moteurs, optimise l’assiette des coques et préserve un important volume pour le stockage et la cabine d’équipage arrière optionnelle. Le poste de pilotage au flybridge est très agréable. Sa situation près de l’escalier facilite la communication avec le pont inférieur. Nos relevés montrent une vitesse maximum de 20 nœuds – cette valeur pourrait être un peu plus élevée dans des conditions optimales car nous étions très nombreux à bord. Une vitesse de croisière rapide à 17 nœuds demande 170 litres/heure aux réservoirs, octroyant une autonomie de presque 300 milles et même 350 milles en choisissant les 500 litres supplémentaires optionnels – largement de quoi boucler de belles croisières côtières estivales. Nous avons été un peu surpris de constater qu’à ces vitesses, le bruit est assez omniprésent à bord, les échappements extérieurs en sont pour partie responsables, mais il semble qu’une insonorisation renforcée pourrait améliorer ce point. Aux allures de trawler (8 à 10 nœuds), la quiétude règne à bord, avec une consommation d’une trentaine de litres qui autorise 1 000 milles d’autonomie. Les coques passent très bien par mer plate, mais par mer formée de face, il faudra faire attention, car la nacelle est assez basse au profit de la cabine avant. Le cabinet Lombard a cependant concocté une remontée vers le milieu de la nacelle pour écouler les vagues d’étraves qui se croisent sans encombre. Au mouillage, avec un clapot de travers, la question d’un stabilisateur peut se poser, car ses catamarans assez étroits sont un peu sensibles au roulis – rien à voir avec une carène monocoque, rassurez-vous !
Conclusion
Le Prestige M7, c’est avant tout 200 mètres carrés de luxe et d’aménagements raffinés ; ce nouveau powercat distille, comme le vante la marque, un véritable art de vivre en mer. Le M7 repousse encore les limites du confort dans cette taille. En navigation, monter et redescendre du flybridge est non seulement facile, mais aussi réellement sécurisant, une vraie avancée sur le plan de l’ergonomie.
Aménagements réussis
Accès au flybridge très sécurisant
Manque des toilettes de jour
Manque un système de stabilisation en option
Descriptif technique
Architecte : Marc Lombard Yacht Design
Design : Garroni Design
Longueur hors-tout : 17,94 m
Largeur : 7,54 m
Tirant d’eau : 1,55 m
Déplacement lège : 39,5 t
Déplacement en charge : 45,9 t
Motorisation : 2 x 550 ch Volvo D8 Vitesse max : 20 nœuds
Vitesse croisière : 17 nœuds
Cabines : 4 plus 1 ou 2 équipage
Carburant : 2 900/3 400 l
Eau douce : 760 l
Panneaux solaires : 2,6 kWc
Catégorie CE : A12/B14/C16/D20
Tarif de base : 3 800 000 € HT
www.prestige-yachts.com



