Chers amis voileux, ne tournez pas la page de cet essai moteur, au contraire… Il est vraiment fait pour vous ! Oubliez le prix de ce bateau et mettez votre sac à bord, je vous invite à un essai exceptionnel : celui du SANTORINI 65. Il comblera vos attentes : silence, glisse et comportement marin exemplaires sont au menu.
Infos pratiques
- Le chantier : Santorini 65
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Ce catamaran océanique prévu pour un tour du monde tutoyant les latitudes sud rassemble autour de son concept quelques-uns uns des fantasmes les plus puissants de notre inconscient plaisancier. Il y a du KARABOUDJIAN dans ce bougre de multicoque là, et le capitaine Troy peut surgir à tout moment pour transformer vos rêves de voyage en expédition. Pourtant s’il faut chercher une filiation plus réelle à ce bateau c’est indiscutablement à Marin Marie qu’il convient de songer. Le légendaire capitaine aurait sans doute battu des mains sur la grève de son île de Chausey en apercevant la digne héritière de son "ARIELLE" mouillée dans le Sound. On pense aussi à Joshua Slocum qui a tant bataillé dans les canaux de Magellan ou à l’improbable Marcel Bardiaux songeant dans les mêmes lieux à la construction de son "INOX". SANTORINI n’est pas un voilier, mais il en a les qualités : surfs silencieux, autonomie totale. Ce n’est pas un yacht car il est simple et rationnel, pas encore un grand navire, pourtant son programme ne connaît que les limites de son skipper. Mon avis personnel est que cette belle barque est une des plus fantastiques machines à rêver et à réaliser une vie voyageuse qu’il est possible d’imaginer !
Aussi à l'aise dans les canaux de Patagonie, que dans un port ou un mouillage méditerranéen, Santorini affiche en toute circonstance un potentiel d'adaptation et une personnalité exceptionnelle…
Le concept du SANTORINI 65
Le propriétaire du SANTORINI effectua, il y a quelques années, une croisière autour de l’Atlantique sur un monocoque de 14m. L’aller-retour fournit à cet esprit créatif et insatisfait la matière expérimentale nécessaire au grand projet qui commence à l’habiter. Le bilan de cette première aventure fut mitigé : il confirma le bonheur d'être sur l’eau et le plaisir du vagabondage océanique mais les défauts du voilier l’emportèrent sur ses qualités. La lenteur du bateau et le caractère capricieux des phénomènes météorologiques poussèrent ce perfectionniste à tenter de s’en affranchir tout en restant fidèle aux valeurs fondamentales des unités de voyage : autonomie, silence et budget de fonctionnement réduit. Le défi à relever se présenta de lui-même ; ce sera un catamaran qui proposera la qualité de vie et la simplicité d’un voilier tout en permettant de négliger le temps qu’il fait ; que ce soit pour la variété des destinations choisies, tropicales ou polaires, ou de la prévision des temps de traversée. Tout cela pour un budget de tour du monde équivalent à celui du jeu de voiles d’un 15m…

La plate-forme
Décidé à faire mouche du premier coup, le concepteur –propriétaire du SANTORINI consacre deux années à la maîtrise d’ouvrage de son catamaran. Il confie l’architecture à Joubert-Nivelt et la chaudronnerie à Prometa. Il choisit et coordonne lui-même les sous-traitants du chantier aménagements et finitions et aucun compartiment ne lui échappe. Un exemple : avant de bloquer définitivement le dessin des œuvres vives et en accord avec Michel Joubert les lignes d’eau seront optimisées sur un puissant ordinateur aux Etats-Unis : gain 5% ! Le procédé Strongall, choisi pour ses nombreuses qualités, sera poussé dans ses retranchements afin que l’ergonomie générale et l’esthétique soient aussi bonnes qu’avec un matériau plus facile à former.
L’esprit et la réalisation des aménagements défient les modes et créent une atmosphère de chalet de montagne dépouillée et chaude à la fois…
Le travail du cabinet Joubert-Nivelt mérite une mention particulière pour avoir rendu parfaitement homogène un cahier des charges aussi exigeant, car si le coup d’œil est flatteur, rassemblant néophytes et connaisseurs, la simplicité apparente ne doit pas cacher un énorme travail architectural : performances économiques, sécurité, qualité de vie au large, confort en toutes saisons et qualités nautiques sont les maîtres mots d’un programme totalement abouti et maîtrisé. Contrairement à certaines unités à moteur brillantes et complexes que vous quittez dans l’expectative, ne sachant s’il faut embaucher un capitaine ingénieur ou acheter une chaîne de stations services, SANTORINI vous rassure, vous prend par la main et vous invite au voyage. Pour l’essentiel, c’est-à-dire pour les carènes, de longues coques fines au franc bord élevé supportent une nacelle réduite et les aménagements d’un quinze mètres… Ce qui n’est pas si mal ! L’avantage de ce concept, exactement transférable sur nos voiliers, étant un passage dans la mer sans équivalent. Tout est grand sur ce bateau. Le cockpit généreux accueille 10 personnes à table, les passavants sont un modèle du genre, l’accès aux jupes arrière est pratique, le toit du roof est immense et les trampolines accueillants et secs. Le jour de notre essai un bi-crosser, un peu entreprenant, aurait pu effectuer un show avec figures libres du plus bel effet, c’est du moins ce que j’imaginais et cela par 35 nœuds établis. Le teck s’étale à profusion sur l’ensemble du bateau et constitue sous forme de lattes ou de caillebotis l’essentiel des surfaces marchantes. Le traitement peinture polyuréthane bi-composant est mat ce qui permettra d’effectuer soi-même les retouches au rouleau, ou de refaire un voile complet dans n’importe quel endroit du monde sans tomber dans l’environnement haute technologie, et les coûts d’une laque de yacht.
Il n'est pas courant d'avoir une telle vue de sa salle de bain…
Les aménagements
Très proches de ceux d’un catamaran voilier de 15m, les aménagements de SANTORINI 65 en diffèrent pourtant par l’incroyable sensation d’ouverture sur l’extérieur ressentie à bord et une accessibilité très soignée, les déplacements sur ce bateau restent un plaisir et l'on ne ressent nulle fatigue. La nacelle abrite une vaste cuisine dotée des meilleurs équipements, un grand carré en Alcantara permet à 8 convives de s’installer à table sans rompre la conversation avec le ou la cuisinière. La grande table à cartes-bureau abrite également le module de commande électrique qui réussit la prouesse d’être simple à utiliser et très facile à comprendre. Ce qui mérite une mention spéciale sur un tel bateau où 220, 24 et 12V sont disponibles en permanence et sans limites d’utilisation, sachant que si l’on reste dans des consommations normales l’approvisionnement solaire suffira. A tribord la cabine du pacha. Comme tout à bord de SANTORINI la décoration reste parfaitement sobre et fonctionnelle, on ne passera pas son temps à entretenir des matériaux inadaptés à la mer ! La salle de bains de dimensions inhabituelles est dotée d’une douche à jets multiples, et il n’est pas commun d’effectuer ses ablutions en contemplant la houle qui déroule sa puissance à quelques mètres de vous…unique ! ! ! L’arrière bâbord est occupé par un dressing ultra fonctionnel regroupant le froid positif et négatif, l’osmoseur et la machine à laver le linge, la vue sur la mer étant la même que dans l’appartement du propriétaire ; il s’agit là d’une alternative romantique à la traditionnelle désaffection des tâches ménagères. L’avant des flotteurs accueille deux belles cabines très privatives avec leurs cabinets de toilettes. Loin de toute ostentation, l’esprit et la réalisation de ces aménagements défient les modes et créent une atmosphère de chalet de montagne dépouillée et chaude à la fois, l’isolation phonique et thermique associée à la climatisation confère à ce bateau un confort de jet privé.
Simplicité et architecture parfaite pour cette salle des machines. L'isolation phonique est si poussée, que le fonctionnement des moteurs n'est pas perceptible en dehors de ce cocon.
En mer
Le SANTORINI 65 a hiverné à Port Napoléon et le réveil de la bête s’effectue à la première sollicitation. Une bonne 1/2 heure de chauffe permet aux deux horloges agricoles de monter en température à l’unisson du mistral qui décoiffe sérieux ! C’est en quittant l’abri des jetées de la marina que je prends conscience de la taille et de la hauteur majestueuse de ce catamaran, nous dominons carrément la scène, pontons et bateaux compris. La manœuvrabilité est très bonne, bien supérieure à celle d’un Trawler mono de même taille. Mais déjà nous sommes dans le chenal de sortie à 10 nœuds, la sensation de vitesse est très atténuée et en attendant de franchir le Cap Couronne où les choses sérieuses vont commencer, nous en profitons pour découvrir l’ensemble du pont avec Bernard le propriétaire. Assis sous la casquette, trottinant à 11 nœuds en regardant la houle se former. Ses commentaires avisés traduisent sa compétence. C’est un concepteur enthousiaste, objectif et précis qui parle. Après la pointe de Carro, c’est la mer libre, cap sur le phare du Planier ; sous le vent les vagues ont des reflets très cuivrés, blancs et métalliques alors que derrière nous c’est le bleu violent qui révèle les tourments du mistral... Ca va souffler ! Il n’est que 11h et déjà les rafales accrochent 35 nœuds. Je suis secrètement heureux car nous allons franchir cette zone particulièrement agitée entre les îles de Marseille et le cap Sicié en plein midi solaire au moment où mer et vent seront les plus forts. Pour l’instant je m’installe dans la chambre des machines bâbord, j’y resterai une bonne demi-heure, fasciné par la parfaite architecture des lieux et la présence amicale de ce "cœur de sportif" qui à 1500 tr/mn donne vie à la bestiole. Dans la plupart des cales moteurs le fracas est tel que vous n’y résidez que par obligation, un peu comme on pénètre sur le territoire d’une bête féroce. Ici rien de tel, le ronronnement de ces géants pacifiques en fonte de 6L de cylindrée est rassurant et affirme leur vocation transocéanique. Maintenant que nous sommes amis, il est temps de voir quelles sont les possibilités de ces coques dans le baston.
Dans près de 40 nœuds de vent, Santorini trace sa route… presque comme si de rien n'était !
Depuis quelques temps déjà, les petits surfs à 13-14 nœuds s’enchaînent, la puissance du Robertson de chalutier remet vite les étraves dans l’axe de la houle, je lui coupe la chique pour voir ce que cela donne en direct. La grande barre à roue de voilier n’est pas là pour faire joli et c’est avec plaisir que je lance au lof le SANTORINI, les surfs sont plus longs, plus réguliers et une pichenette sur les gaz permet à l’engin de rester sur la crête entre 15 et 18 nœuds. Le spectacle est total et l’exercice de barre a encore augmenté ma confiance dans le bateau. A fond les manettes, je m’amuse comme j’ai l’habitude de le faire en multicoque voilier, sauf qu’ici je ne ressens aucune appréhension ni au lof ni à l’enfournement et pourtant croyez-moi les 40 nœuds sont établis et la mer de ce coin-là est énergique. Les longues étraves fines et le franc bord élevé font un travail magnifique, spatulant comme un pro de la poudreuse SANTORINI me bluffe, m’amuse et m’envoie sur un nuage : la magie de ce bateau réside dans la paix intérieure qu’il vous communique liée au silence total de fonctionnement et à l’élégance de son passage dans la mer. La mer est maintenant encore plus formée et croisée, nous prenons plaisir avec Bernard, installés sur la plage arrière, à observer les vagues catapulter notre bateau chaque fois plus vite, sans doute proche des 20 nœuds dans les plus belles glissades, mais nous ne regardons plus le loch et rions comme des gosses fiers de leur incroyable jouet. Je m’aperçois au bout d’un moment que je suis assis sur le capot moteur bâbord, mais je l’avais oublié, il n’y a plus que nous, le bateau, la glisse et le ciel. Comme dans l’Alizé nous aurions pu rester des heures à contempler un tel spectacle ! Nous décidons de nous approcher du cap Sicié qui crée, par vent fort, une marmite bouillonnante à plusieurs milles au large. L’infernal ressac sur 3 mètres de houle ne fait que révéler l’agilité et la puissance de SANTORINI qui l’écrase de son sillage en surfant à 16 nœuds, moteur toujours à 1600 tr/mn. En rentrant à Toulon je prends conscience que ces quelques heures à bord de SANTORINI resteront pour moi une expérience inoubliable. Parcourir 60 milles par un bon mistral force 9 dans un tel climat de plaisir et de détente est réservé à une élite de bateaux ; le faire avec une telle économie de puissance est sûrement unique au monde. Seuls les trimarans à moteur de Nigel Irens ouvrent les portes de cet univers réservé, mais leur habitabilité est faible. Pouvoir donner rendez-vous en Grèce à des amis, sachant qu’à une heure près vous respecterez vos 11 nœuds de moyenne, est un défi que SANTORINI a déjà relevé pour le rodage de ses moteurs. Partir de Méditerranée pour l’Amérique du Sud ou le canal de Panama ne posera d’autres difficultés que celle de le décider, sachant que le prochain plein s’effectuera au Vénézuéla. Si vous choisissez la route sud, la transat des Îles du Cap Vert à la Barbade ne consommera que 50% des réserves de fuel ! !
Un catamaran qui donne des envies de voyages !
Conclusion
Silencieux et agile comme un voilier, solide et robuste comme un remorqueur de haute mer mais sobre comme un chameau, ce vaisseau du désert liquide est aussi confortable et douillet qu’un chalet suisse dans la tempête. Ses qualités marines m’ont fait rêver d’itinéraires hors-pistes, de longs séjours en autonomie dans des contrées froides ou brûlantes ; mon imagination n’a fait qu’un tour, bousculée par l’invitation permanente au voyage que représente ce si joli bateau. J’ai oublié de vous parler des gros ou petits défauts que tout essayeur doit débusquer, pardonnez-moi, mais le charme de cette diabolique unité me les a cachés ou alors SANTORINI n’en a pas. Pour approfondir ce point je suis prêt à me rendre, sur invitation du futur propriétaire (SANTORINI est à vendre), n’importe où dans le monde pour un essai de longue durée.
SANTORINI 65
Fiche technique Longueur : 20 m Largeur : 7,40m Tirant d’eau : 1,30m Déplacement lège : 20T Déplacement en charge : 28T Vitesse de croisière océanique : 11 nœuds à 1500 tr/mn Vitesse maxi : 15 nœuds Autonomie : 4200 milles à 11 nœuds Consommation en vitesse de croisière : 1,65L au mille Fuel : 2 réservoirs de 3500L chacun Eau : 2X800L Electricité : 13 batteries de 105 AH Modes de charge et de conversion 12 panneaux solaires de 65W sur le toit du cockpit 2 alternateurs 24V 1 génératrice 220V 6kW 1 convertisseur-chargeur 24V-220V : 2500W continu, 4000W en pointe 1 convertisseur-chargeur 24V-12V Motorisation 2X135 CV, 6cylindres Perkins Sabre de 6L, inverseurs Hurth, lignes d’arbre inox Ø 45mm, hélices quadripales Ø 610mm Hydraulique Pompe associée à la génératrice 220V.6kW sur moteur bâbord Groupe hydraulique dans compartiment arrière bâbord pour la grue de la plate-forme arrière (annexe, chargement, etc.…) Equipement de confort 1 climatiseur déshumidificateur. Chauffage central au fuel par 2 chaudières Eberspasher de 4 kW et radiateurs aluminium, ce système assurant la production d’eau chaude au mouillage. 1 armoire frigo - 1 coffre congélateur. Compresseur de plongée Bauer 6m3/h. Télévision magnétoscope multi-standards avec antenne multidirectionnelle. Lave-linge - lave-vaisselle. Radio stéréo CD. Dessalinisateur Sea Recovery 100L/h. Navigation GPS Furuno interfacé avec le pilote Sondeur vidéo Furuno Radar Furuno Anémomètre Pilote automatique Robertson VHF BLU Icom émetteur-récepteur Mouillage et annexe 1 guindeau principal à l’avant Lofran Titan 2000W 1 guindeau plage arrière Lofran Progress 1000W Mouillages : Britany 35 Kg + 80 m de chaîne Ø14mm ; C.Q.R 30 Kg Annexe Lomac 4m semi-rigide + Yamaha 25CV 4temps Assèchement 4 pompes de cale électriques. 2 pompes manuelles. Prix :7 MF (1 067 143 euros)