Qui n’a pas remarqué le nouveau Sunreef Supreme 68 au dernier Festival de la Plaisance de Cannes ? Son allure tenant plus du penthouse d’une tour ultra design du Nouveau Monde que de celle d’un yacht destiné à naviguer autour, la réflexion forte menant à ce concept tant prisé des happy few mérite présentation et décryptage.
Infos pratiques
- Le chantier : Sunreef Supreme 68
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Le chantier polonais a déjà marqué le yachting en introduisant en 2003 une gamme de catamarans semi custom de plus de 70’ à voile et moteur. Leur coût de production et de fonctionnement maîtrisé procurait une nouvelle accessibilité au monde de la plaisance élitiste. Grand flybridge, double pont, mess équipage, aménagement et décoration sur mesure communiaient largement avec les us et coutumes des yachts plus grands et coûteux. Aujourd’hui, Sunreef repousse encore les limites en proposant une véritable maison flottante aux caractéristiques d’habitabilité et de design intérieur hors normes. Francis Lapp, le créateur du chantier, considère que sa vision du bateau doit être celle du client, alors, pour la circonstance, il s’est mis à la place de l’armateur potentiel, s’octroyant au détour les désirs inédits des utilisateurs modernes du nautisme de luxe créés eux-mêmes par la nouvelle répartition géographique des marchés de la grande plaisance et des tendances incontournables allant vers toujours plus de confort urbain et moins de contraintes maritimes, en un mot, le fameux Life Style.
La silhouette du Supreme 68 rompt avec nos habitudes, mais il offre au mouillage des prestations de détente inégalables.
Des caractéristiques immobilières
Avec une surface habitable annoncée de 300 m², dont 65 m² pour le salon et idem pour le flybridge, enfin la terrasse, devrait-on plutôt dire, des baies vitrées ouvrant sur un balcon circulaire de plain-pied, un solarium avant de 40 m² avec jacuzzi, une vue panoramique depuis les chambres, une plate-forme arrière relevant de la plage de bain ou autre beach club et un immense garage de 6 mètres par 6 détenant une réserve substantielle de jouets nautiques, il est vrai que l’argumentaire de vente ressemble plus à celui d’une luxueuse résidence de bord de mer, les pieds dans l’eau, qu’à celui d’un pur circumnavigateur prêt à affronter caps et océans. Et c’est précisément ce qu’appréhende Francis Lapp, qui précise que, si le souhait du client est la navigation intensive, il l’orientera sur la gamme Sailing. Par contre, s’il est habité par l’envie de plier son loft new-yorkais dans ses bagages de vacances, alors son désir sera exaucé avec cette gamme, qui ne fait pas de distinguo entre voile et moteur, si ce n’est sous la ligne de flottaison, bien sûr. Car cela ne fait plus aucun doute (voir notre article sur l’évolution du multicoque), la plupart des estivants nautiques vont préférer se mouvoir comme dans une villa ultra design, quitte à se contenter d’un comportement marin moins performant ; le but étant ici de profiter au mieux de la baignade et du soleil au mouillage, de pouvoir vivre nombreux à bord sans promiscuité et en tout confort. Et si, malgré tout, les longs surfs sur bord de reaching déferlant d’écumes, à l’équilibre défiant la loi de la pesanteur constituent l’essentiel de votre hobby…, le cat de vos rêves peut aisément se trouver à portée de main dans le garage ! Les trois premiers bateaux, deux voiliers et un moteur yacht, reprennent ainsi le concept immobilier de la plate-forme livrée brute (finitions inachevées sans cloisons), dans lequel le futur commanditaire va pouvoir agencer et aménager son intérieur comme il le ferait pour son appartement, mais avec le chantier pour la finition custom, qui est ici comprise dans le devis.
A bord du Supreme 68, on est dans un véritable loft aux espaces qui semblent s'affranchir de toute contrainte maritime.
Le design mis à l’honneur
Pour ce faire, le chantier a mis en place une cellule design bien rodée et encadrée depuis 12 ans par Joanna Szulc, afin de concevoir l’intérieur du bateau sur mesure avec le client. Un atelier de décoration, capable de s’approvisionner en matériaux venant de tous lieux, de réaliser selleries, tapisseries, passementeries, plaquages et ébénisterie, collabore en concertation directe avec le futur propriétaire, et même dans certains cas avec des designers missionnés spécialement. Il en est ainsi de Mindori, exposé à Cannes, pour lequel le designer Flamant Bram Van Scharen a exercé ses talents, s’efforçant d’utiliser des ressources naturelles et technologiques afin de créer une ambiance luxueuse minimaliste. Le salon de Mindori est une grande pièce vide où vous n’avez plus qu’à poser vos meubles où vous le désirez. Leur interchangeabilité permet une modularité fonctionnelle sans égale, transformant cet espace tour à tour en salle de conférence, en lounge bar, en salle à manger ou encore en salon de jeux, avec vue omniprésente et accès absolu sur l’extérieur. Le premier de la série, Eagle Wind, a réussi à disposer toutes ces fonctions, avec en plus la cuisine dans cet espace, et est le premier moteor yacht à privilégier une cabine armateur panoramique sur l’avant du pont principal, séparée par une cloison implantable sur le seul impératif stylistique, puisque non structurelle.
Dans les coques, la grande hauteur sous barrot procure une perspective dégagée et permet de préserver l’intimité des couchages king size décalés vers la nacelle.
Une technicité ingénieuse
Le chantier a redoublé d’ingéniosité à différents niveaux pour arriver à ses fins en matière d’espace et d’ouverture. Les efforts de la mâture sont repris et dispersés dans un immense porque en carbone, véritable structure en U inversé au-dessus du salon façon IPN, soutenant directement le mât à travers un étambrai de roof et dont les piliers reviennent directement dans les fonds de chaque coque. Les calculs de résistance ont été réalisés par un bureau d’études aéronautiques, afin de ne prendre aucun risque. L’autre innovation importante est au niveau de la liaison entre la nacelle et les coques, qui permet d’avoir le salon au même niveau que le pont afin de créer cette plate-forme à la communication intérieure/extérieure inédite, mais aussi de la présence, sous son plancher et en avant du garage, d’une vaste soute qui reçoit tous les équipements techniques (énergie, groupe, pompe, desal, clim, etc.) et sur lesquels l’équipage peut donc intervenir pour la maintenance sans perturber la vie dans les cabines ou le salon. Enfin, la hauteur sous barrot importante des coques procure des perspectives dégagées dans les cabines, et l’escalier d’accès coudé renforce le degré d’intimité des parties nuit.
La modularité du salon est totale : il suffit de déplacer les meubles pour changer d'ambiance et de fonction. Encore mieux qu'à la maison ! Un véritable balcon encercle le salon avec son accès de plain-pied par les baies vitrées.
Conclusion
Evidemment, cette habitabilité de palace se paye avec une hauteur de franc-bord et hors-tout nettement supérieure à la moyenne, et une silhouette très angulaire rappelant les superstructures des motors yachts les plus vindicatifs en matière de design avant-garde. Le Wally, A Better Place avait défrayé la chronique il y a quelques années avant de finalement faire des émules. Comme tous les navires du chantier, le Supreme 68 est transocéanique, mais le fait de devoir arrimer le mobilier par mer formée destine plus la croisière hauturière aux convoyages de l’équipage afin de rallier les petits paradis du littoral, où il excellera pour recevoir ses invités cosmopolites.
Fiche Technique :
- Longueur ht : 20,05 m
- Largeur max : 10,50 m
- Tirant d’eau : 1,80 m
- Grand-voile : 134,99 m²
- Génois : 96,99 m²
- Motorisation : 2 x 110 CV/2 x 225 CV
- Carburant : 1800 l/4500 l
- Eau douce : 1000 l