On connaissait les catamarans de sport, les catamarans de croisière, les yachts catamarans, les fishing catamarans, etc. Il faut désormais compter avec les catamarans baroudeurs taillés pour l’aventure, à l’instar de ce robuste Vandal 46 Explorer construit en aluminium.
Infos pratiques
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Conditions : Mer calme à agitée, 4 à 5 nœuds de vent
Les bateaux qu’on pourrait qualifier de 4x4 des mers représentent une tendance de plus en plus importante depuis quelques années. L’univers du multicoque n’y échappe pas, à l’image des powercats Cheetah Marine ou 2 Oceans… La société Vandal Marine, quant à elle, lance le concept des unités 40 à 50 pieds avec un catamaran conçu et construit aux Pays-Bas. Derrière sa construction en aluminium et son look de baroudeur, le Vandal 46 Explorer réserve bien d’autres surprises…
A l’origine du projet, il y a Tender Works, une société néerlandaise basée à un jet de pierre d’Amsterdam et constructeur d’annexes de yachts depuis plus de 25 ans. Lorsque Ben Mennen, cofondateur de la société, s’est mis en quête du bateau de ses rêves et qu’il n’a rien trouvé, il a décidé de le construire. L’idée du projet était de concevoir un powercat solide comme un navire de travail, mais aussi en mesure d’être aussi accueillant qu’un multicoque de plaisance moderne. Il souhaitait également que le catamaran offre un passage en mer exceptionnel, même dans le gros temps, et que sa consommation de carburant soit minimale.
Un chantier spécialiste des constructions en aluminium
Pour relever ce challenge, Ben s’est associé aux architectes navals Espen Øino et Scott Jutson. Afin de répondre à tous les critères développés plus haut, le choix d’un catamaran à coques asymétriques s’est rapidement imposé. En outre, pour obtenir un passage en souplesse dans la vague et pour réduire la consommation, l’équipe en charge de la conception a décidé d’installer un foil entre les deux coques. Spécialiste de l’aluminium avec Tender Works, Ben a tout naturellement opté pour ce matériau, d’autant qu’il permet de construire des coques solides et légères et presque totalement personnalisables. En effet, l’autre exigence était de concevoir un bateau qui puisse être adapté aux besoins des différents propriétaires. Restait à définir le nom et, pour un catamaran d’aventure, robuste et bagarreur dans la vague, Vandal s’est vite imposé en hommage aux anciennes peuplades européennes.
L’aspect esthétique n’a pas été oublié, puisque le 46 Explorer revendique un look industriel chic qui se marie parfaitement avec une Jeep Wrangler, par exemple.
Le résultat est pour le moins unique. Dès le premier coup d’œil, ce catamaran ne laisse pas indifférent. Très longiligne, le catamaran possède un long flybridge, et l’ensemble des superstructures est supporté par une structure en tubes de gros diamètre. Pour renforcer l’aspect bateau de travail, le Vandal est entouré d’un gros liston en caoutchouc, un vrai plus pour protéger les coques. Ces dernières ont d’ailleurs été réalisées dans un aluminium industriel très solide, et cette robustesse se manifeste un peu partout sur le powercat, à commencer par les taquets surdimensionnés.
Autre surprise, le catamaran ne mesure que 4,15 m de large, ce qui est plutôt inusuel pour une unité de 46 pieds. Toutefois, cela permet d’occuper une place de port de monocoque, un réel avantage.
Suivant l’idée du look industriel chic, le Vandal est assez dépouillé, du moins en apparence. Le 46 est également presque entièrement Open, tant au niveau du pont principal que du flybridge, qui ne comporte pas de T-Top.
Un plan de pont très bien conçu
Une fois à bord, on découvre une autre facette de ce catamaran. En fait, tout a vraiment été pensé dans les détails. Le sol est ainsi équipé d’un revêtement antidérapant très confortable sous les pieds. Le creux de pont important garantit la sécurité, alors que l’arrière est fermé par des balcons réalisés là encore avec des tubes de gros diamètres. Pour accéder à la baignade ou pour remonter une prise de pêche, un large portillon est installé sur chaque bord. Si cela ne vous suffit pas, vous pouvez utiliser la longue plate-forme arrière située entre les deux moteurs hors-bord. Petite astuce, l’échelle de bain, elle aussi surdimensionnée, peut être installée soit sur les côtés, soit à l’arrière. Autre surprise, la plate-forme centrale est surmontée d’une pomme de douche « comme à la maison » pour se rincer après la baignade. L’arrière du cockpit est occupé par une banquette modulable pouvant être transformée en solarium et intégrant de beaux rangements sous les coussins.
En continuant vers l’avant, on profite d’un bel espace dans le cockpit, dommage qu’il n’y ait pas de table. Sur tribord, un escalier en aluminium évoque l’ambiance d’un loft new-yorkais – nous y reviendrons. Juste à côté de cet escalier métallique, la partie principale de la cuisine intègre un évier et une plaque de cuisson. On peut également utiliser la table dépliable pour avoir plus d’espace, tandis qu’une glacière trouve sa place sous cet élément. Le reste de la cuisine regorge de rangements – que ce soit sous la forme de tiroirs ou de placard. Au passage, il convient de noter que l’ensemble du powercat offre des rangements partout, tirant notamment avantage de l’épaisseur des pavois.
Juste après la cuisine, le poste de pilotage est installé en position centrale. Très bien protégé grâce à un grand pare-brise qui ferme totalement la face avant et à des baies vitrées latérales coulissantes, ce poste de conduite est assez ergonomique. Une fois aux commandes, la visibilité est excellente, et il y a assez de place pour l’électronique, les poignées des gaz et le joystick. Pas de vide-poche, mais une boîte compartimentée sur chaque bord, ce qui est bien mieux. Autre détail intéressant, un panneau de pont juste au- dessus apporte de la lumière et contribue à l’aération. Si l’idée est bonne, c’est dommage qu’il faille faire un peu d’escalade pour l’ouvrir ou le fermer…
Sur tribord, juste à côté du poste de conduite, une porte s’ouvre sur un spacieux cabinet de toilette. Comportant des WC ainsi qu’un lavabo et quelques rangements, l’endroit brille surtout par sa hauteur sous barrot de plus de 2 m.
A bâbord, l’autre porte donne accès à la cabine. Généreusement vitré, cet espace offre un couchage queen size en position transversale, c’est-à-dire positionné au-dessus du tunnel. On trouve également une petite assise et quelques rangements. Toutefois, ce plan de pont peut largement être largement modifié, car nous sommes ici sur une unité semi-custom. En fait, on peut parfaitement imaginer une version deux cabines du 46 Explorer.
Extrêmement bien construit, le Vandal bénéficie également d’un très bon niveau de finition, même s’il ne s’agit que de la coque numéro 3. Les vaigrages sont appliqués avec soin, les boiseries sont de belle qualité, et même l’aluminium est traité de telle manière que l’on peut presque se croire sur un bateau en fibre de verre.
Poste de pilotage extérieur
Du cockpit, il suffit d’emprunter l’escalier central pour se rendre sur le flybridge. Equipé de marches de bonne largeur et de mains courantes de chaque côté, cet escalier est vraiment confortable. De bonnes dimensions, ce flybridge comporte évidemment le poste de pilotage extérieur, très complet et disposant même d’un repose-pieds. La partie arrière peut être laissée libre ou recevoir un peu ce qui vous convient. Sur notre multicoque test, il y avait une banquette convertible en solarium. De là, on accède également à la grue intégrée à l’arceau, c’est plutôt intelligent. Cette grue permet de mettre l’annexe à l’eau ou de la remonter sur la plate-forme prévue à cet effet. Une solution simple et fiable. Enfin, la plate-forme soutenant l’annexe est recouverte de panneaux solaires pour une puissance totale de 360 Wc.
Dernière partie du pontage, le pont avant est uniquement accessible par les passavants, pas très larges. Heureusement, une solide main courante est implantée le long du toit de cabine. Une fois sur l’avant, un curieux balcon permet de se tenir, mais bloque aussi un peu l’espace. On peut éventuellement y installer un solarium, mais la surface est donc un peu comptée. En revanche, le guindeau est bien dégagé et l’ancre à poste est protégée par une sorte de pare-buffle comme sur un 4x4, ce qui complète le look baroudeur.
2 x 425 CV et près de 40 nœuds en pointe
Un joli plumage donc, reste à savoir si le ramage est de la même trempe. Pour l’occasion, notre catamaran est équipé de deux moteurs Yamaha XTO de 425 CV. Les hors-bords sont légèrement inclinés avec les embases vers l’extérieur pour plus d’efficacité. Il s’agit à ce jour de la puissance maximale, mais il est possible de découvrir une version avec un peu plus de chevaux encore dans le futur.
Reste qu’avec un poids de 11 tonnes et une carène catamaran, cette configuration de quelques 850 CV au total suffit largement. Qui plus est, le Vandal profite d’un grand foil installé entre les coques. Les avantages de cet appendice sont multiples. Il permet ainsi de naviguer environ 60 cm plus haut qu’un catamaran classique, ce qui fait que l’on vole presque sur les crêtes des vagues pour un passage tout en douceur. Cela diminue également la surface mouillée – et donc la traînée –, ce qui réduit la consommation d’environ 30 %. Le constructeur annonce ainsi 200 milles d’autonomie à 20 nœuds, ce qui est assez impressionnant.
Une fois sorti du chenal, il est temps de pousser la poignée des gaz. On constate très vite que la théorie tient toutes ses promesses. Le déjaugeage s’effectue en seulement 6 secondes, plutôt pas mal pour un catamaran de 46 pieds. Le GPS continue à grimper jusqu’à notre vitesse de croisière d’environ 25 nœuds. A ce stade, le 46 Explorer évolue facilement sur le haut des vagues dans un confort maximal. Le relief marin est avalé sans même que l’on s’en aperçoive. Les courbes s’enchaînent à une cadence soutenue sans que le bateau ne gîte, c’est vraiment surprenant. En outre, ce powercat ne demande aucune compétence particulière, il est facile à régler et à mener sans jamais toucher les limites. En mettant un peu plus de gaz, on atteint rapidement 36 nœuds, un peu en deçà des 40 nœuds annoncés par le constructeur, mais il nous manque 400 tours alors que nous tirons une hélice Saltwater de 16 pouces.
A ce niveau, la performance est de toute façon un peu secondaire. Ce qui séduit, c’est la facilité de l’embarcation dans la houle et la souplesse de l’ensemble, un vrai bonheur pour le pilote, mais aussi pour l’équipage, sans oublier les bénéfices sur le budget carburant. Au regard des capacités du catamaran, on a presque envie d’aller se frotter au gros temps, car nul doute que ce « tout-terrain » des mers ne décevra pas.
Conclusion
Le Vandal 46 Explorer est vraiment unique en son genre. Outre un look de baroudeur très réussi, ce catamaran profite d’une excellente qualité de construction. Nous avons également été impressionnés par le soin apporté à la finition et aux détails, et par les nombreuses astuces présentes à bord. Enfin, difficile d’oublier son comportement marin, tout simplement exemplaire. Bref, un powercat taillé pour l’aventure, mais également capable de se plier à presque tous les programmes de navigation, puisqu’il est quasi entièrement customisable, difficile de faire mieux !
Finitions
Comportement marin
Passavants étroits
Descriptif technique
Architecture et design : Espen Øino et Scott Jutson
Longueur hors-tout : 14,00 m
Longueur flottaison : 12,00 m
Largeur : 4,40 m
Tirant d’eau : 0,80 m
Déplacement lège : 11 008 kg
Carburant : 1 260 l
Eau : 300 l
Puissance max : 2 x 425 CV HB
Homologation CE : B
Prix de départ version SC : 950 000 € HT






