Aller plus vite que la plupart des autres powercats et ce quelles que soient les conditions de mer ou presque, c’est l’un des buts recherché par cet étonnant catamaran. Une quête qui ne s’arrête pas aux performances, puisque le Voodoo XF75 cache de nombreuses surprises…
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Conditions de l’essai : vent fort, mer formée avec creux de 2 m
Voodoo Yachts, basé en Nouvelle Zélande, construit des bateaux innovants depuis 38 ans, et, au fil des ans, le chantier s’est construit une jolie réputation sur le marché des catamarans à moteur haut de gamme. Un succès qui s’explique en partie au travers de plusieurs caractéristiques, comme le fait de produire des coques avec une traînée très faible, une grande stabilité et une capacité de charge élevée. A cela s’ajoutent une construction composite légère et un système de foils innovants, ce qui, au final, donne un résultat stupéfiant, comme j’ai pu le constater en prenant la barre – ou plus exactement aux commandes – du Voodoo XF75.
Pour repérer le catamaran au milieu du salon nautique de Sanctuary Cove, il suffit de suivre l’hélicoptère, ou plutôt de repérer le bel oiseau blanc posé sur le toit du Voodoo et qui, ça va de soi, fait donc office d’hélipad. Tout en grimpant dessus, le cofondateur de la société, Mitch Pachoud, m’explique que le toit a été conçu et renforcé avec une structure supplémentaire en fibre de carbone pour pouvoir accueillir cet Airbus H130 à sept places. L’hélicoptère utilise le XF75 comme navire-mère, il n’est donc a priori présent à bord que lorsque le Voodoo est à l’arrêt et pour le ravitaillement, via un système conçu sur mesure et un réservoir Jet A-1 de 3 000 litres. Le Propriétaire australien, un plaisancier expérimenté qui vient d’un grand monocoque à flybridge, voulait un navire capable d’atteindre rapidement les régions les plus reculées du nord de l’Australie, puis de les explorer par voie aérienne et maritime – tout s’explique.
Premier catamaran de 75 pieds de la gamme des foilers, le XF75 est un bateau important pour l’entreprise familiale Voodoo Yachts, où le père Dave, sa femme et sa fille contribuent tous aux côtés de leur fils Mitch. « Ce qui distingue ces powercats, c’est leur grande autonomie et leur vitesse élevée », explique Dave. De fait, le XF75 est un foiler à propulsion jet, une combinaison assez unique sur le marché.
Sur un plan purement esthétique, le Voodoo surprend, puisqu’il affiche une ligne basse avec un profil qu’on peut qualifier de sportif. La perception change radicalement en vue frontale, révélant une large nacelle entre les coques et un tunnel important. Des caractéristiques architecturales qui permettent au XF75 de naviguer aussi bien en eaux côtières qu’en haute mer, à une vitesse moyenne impressionnante de 35 nœuds. « Cela permet à nos multicoques de profiter des courtes fenêtres météorologiques et d’effectuer des traversées océaniques rapides, comme celle que nous venons de faire entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie en seulement un jour et demi », explique Dave.
De grands espaces extérieurs
Avec une largeur de 25 pieds, le XF75 profite d’un espace habitable remarquable, à commencer par le cockpit arrière dédié à la détente. Entièrement couvert par le roof, ce cockpit profite d’une large banquette, de quelques chaises et d’une grande table capable d’accueillir jusqu’à dix personnes. On trouve également d’autres banquettes adjacentes autour. Le teck au sol donne une impression de naturel, y compris sur les deux trappes du moteur. Derrière le tableau arrière, en contrebas, la large plateforme de baignade hydraulique sert également pour l’annexe, et l’on trouve également, entre cet espace et le tableau arrière, un grand bar qui fait office de beach club.
Du cockpit, on peut aussi facilement se rendre sur la proue grâce aux mains courantes robustes et aux balcons, et ce, même si l’on considère le fait que les passavants ne sont pas très larges.
Ce pont avant dispose de trois bains de soleil, de plusieurs coffres de rangement, et c’est bien entendu de là que l’on peut accéder au guindeau à tambour. La chaîne passe sous la poutre principale jusqu’à l’ancre SHHP de 80 kg, ce qui permet de maintenir un faible poids sans sacrifier la sécurité.
Pont principal convivial et poste de conduite high-Tech
La transition entre le cockpit et le salon est largement ouverte, et profite d’un plancher totalement plat, sans aucun seuil, un plus pour le confort. Le style est contemporain, avec des placages en bois satiné s’accordant parfaitement avec les têtes de lit crème et les armoires laquées.
La cuisine se trouve à l’arrière, pour communiquer avec le cockpit, avec la dînette à tribord et le salon à l’avant. Elle regorge d’équipements pour les longues croisières : des tiroirs réfrigérés côté cockpit et à l’intérieur de la cuisine en U elle-même, où se trouve un grand réfrigérateur. La cuisson se fait sur une plaque à induction avec four en dessous, ainsi qu’un micro-ondes. Parmi les autres équipements, on trouve un lave-vaisselle, un évier profond avec mitigeur et de nombreux rangements. Un haut réfrigérateur à vin avec un compartiment intérieur pouvant accueillir des verres à vin apporte une touche finale raffinée.
Le salon en U est surélevé d’une marche afin de garantir une vue dégagée, et sa réalisation témoigne du savoir-faire artisanal du chantier Voodoo avec sa table basse élégante qui intègre un rangement discret, tandis que les coussins en cuir m’ont semblé très confortables, un détail important compte tenu de la vitesse atteinte par le XF75.
Face au salon, sur tribord, se trouve le poste de pilotage, dont la caractéristique la plus remarquable est l’absence de volant. A la place, un petit joystick permet de commander les propulseurs à jet pour diriger le XF75. A côté, un autre joystick permet de manœuvrer lentement et de contrôler les propulseurs avant et arrière (en option), mais ils ne sont pas absolument nécessaires grâce à la précision des commandes des jets. On trouve également deux manettes pour les deux moteurs MTU et, finalement, la console est surmontée par trois écrans de navigation Furuno qui sont facilement lisibles depuis les deux sièges baquets. Parmi les autres équipements intelligents essentiels, citons le pilote automatique Furuno et l’écran du moteur MTU, les autres systèmes du catamaran étant gérés par le système de bus numérique Czone. Les fenêtres à ouverture électrique de chaque côté sont idéales pour permettre au skipper de communiquer avec l’équipage sur le pont ou de faire entrer de l’air frais, et, avec les repose-pieds, complètent un poste de pilotage très bien pensé.
Quatre confortables cabines
Avec 75 pieds de longueur, le Voodoo offre sans surprise une bonne capacité d’embarquement. Dans les faits, l’aménagement comprend trois cabines doubles, plus une quatrième avec deux lits simples. A cela s’ajoute la cabine du Propriétaire située sur l’avant et qui occupe toute la largeur du multiyacht. Pour accéder à cette dernière, il suffit d’emprunter les quelques marches qui se trouvent devant la console. Très spacieuse, cette cabine comporte un lit king-size, une grande salle de bains sur bâbord et un espace de travail sur tribord. La cloison arrière accueille la télévision. La salle de bains en elle-même intègre deux lavabos et une grande cabine de douche. La décoration est élégante et les matériaux sont faciles à entretenir. Si la dominante de blanc vous dérange, le chantier propose de nombreuses possibilités de personnalisation.
Sur tribord, la cabine VIP dispose elle aussi de son propre escalier et d’un couchage avec un lit queen-size, ainsi que d’une salle de bains spacieuse. Enfin, la coque bâbord accueille une autre cabine pour des invités avec un lit lui aussi queen-size et une salle de bains plus petite. Son couloir est partagé avec la cabine à lits superposés à l’arrière. Cette dernière cabine peut d’ailleurs recevoir l’équipage, puisqu’elle est connectée à une buanderie sur l’arrière. Enfin, des toilettes sur le pont arrière complètent cet aménagement, que je considère comme très réussi.
Dernier élément et pas des moindres, le XF75 regorge de rangements, qu’il s’agisse de tiroirs ou d’armoire hautes.
Hydrofoil, propulsion jet et systèmes pour les longues croisières
Unique sur bien des points, le Voodoo affiche des performances assez exceptionnelles pour la catégorie. Des vitesses obtenues en partie grâce au système d’hydrofoil Xpedition Wing, à la conception de la coque du Voodoo, aux solutions développées en interne au cours de 15 années de recherche, mais aussi de nombreux développement et essais. Le foil, qui fait partie intégrante de la construction (principalement en carbone), soulève les coques, minimisant ainsi la traînée et créant une entrée en douceur dans l’eau. J’ai pu l’observer en grimpant à la proue à vitesse de croisière (35 nœuds) pour regarder sous la partie supérieure. Un exercice de style rendu possible par la douceur en navigation, et qui permet de constater que le sillage est minimal. Il en résulte une efficacité extrême, qui se traduit par une très faible consommation de carburant et un impact environnemental réduit. La propulsion et le contrôle de l’assiette sont assurés par les propulseurs Hamilton, qui sont également le seul moyen de direction, sans qu’il soit nécessaire d’utiliser des gouvernails. Grâce à cette conception, le XF75 a un tirant d’eau très faible, idéal pour les incursions dans les régions coralliennes auxquelles ce bateau est destiné. Ces propulseurs, construits en Nouvelle-Zélande, ont été installés sur de nombreux navires dans le monde entier et sont compatibles avec différents constructeurs de moteurs, en l’occurrence MTU. La vitesse maximale et la relative simplicité sont les deux principaux atouts de cette propulsion.
Toutefois, le client peut aussi choisir une autre propulsion, puisque le chantier propose également des lignes d’arbre dans des tunnels. L’accès aux moteurs se fait par le pont arrière, où se trouvent sur chaque bord trois compartiments : un pour le MTU, un à l’arrière où la propulsion jet passe par le tableau arrière, et une salle d’équipement/atelier à l’avant. Les réservoirs sont situés devant les moteurs, ce qui est idéal. Parmi les autres systèmes de ce bateau d’expédition, on trouve un dessalinisateur (capacité de 220 l/h, deux générateurs et une climatisation canalisée.
Des vagues de deux mètres à la sortie de la Gold Coast Seaway
Pour mettre à l’épreuve ce catamaran, nous n’avons pas choisi la facilité, puisque l’entrée de la Gold Coast Seaway est l’une des passes parmi les plus difficiles de la côte est de l’Australie, de plus, le récent cyclone Alfred a créé de nouveaux hauts-fonds. Des vagues de deux mètres déferlaient sur la majeure partie de cette voie navigable. C’est la scène à laquelle a été confronté le XF75, alors que le rugissement des vagues se mêlait à celui des MTU poussant la coque à se cabrer pour affronter les vagues qui arrivaient. A la barre, le skipper Dave Pachoud actionnait le joystick de commande, nous avons carrément décollé, la coque de 75 pieds jaillissant franchement au-dessus de la crête des vagues de deux mètres qui se brisaient. Puis, de manière surprenante, il y eut seulement un léger bruit sourd lorsque nous avons atterri, sans aucun tremblement, vibration ou grincement des équipements internes. Impressionnant. Mais ce n’était que le début du plaisir, car nous avons mis le cap vers les gratte-ciel de Surfers Paradise pour foncer droit dans la houle du sud, atteignant la vitesse stupéfiante de 45 nœuds, avec seulement quelques embruns occasionnels sur les vitres du poste de pilotage. En poussant légèrement le joystick, nous avons effectué un virage assez plat, mais néanmoins serré. Les performances du XF75 nous ont permis de choisir entre surfer sur les vagues ou les devancer, et cela sans aucune nervosité, contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’un bateau sans safrans. La large nacelle et les coques ont également conféré au XF75 une stabilité exemplaire à grande vitesse, et cela nous a prouvé que ce multiyacht peut rendre vos voyages vers des destinations lointaines palpitants sans pour autant vous mettre en danger ou rendre la croisière inconfortable.
Conclusion
Totalement unique en son genre, le Voodoo XF75 est un concentré de technologie, mais, plus important, il s’agit d’un concept qui fonctionne vraiment et qui permet de se rendre rapidement où vous voulez sans sacrifier le confort ni même certains aspect pratiques puisque, une fois parvenu à destination, ce multiyacht dispose d’une annexe, voire d’un hélicoptère.
Descriptif technique
Architecte : Voodoo Yachts
Design : Voodoo Yachts
Longueur hors-tout : 22,80 m
Largeur : 7,60 m
Tirant d’eau : 0,90 m
Déplacement : 50 t
Moteurs : 2 x MTU 10V2000 M96L – 1 600 ch
Transmissions : 2 x HamiltonJet série HTX
Carburant (diesel) : 15 000 l
Carburant (Jet A-1) : 3 000 l
Eau : 1 800 l
Prix : sur demande
www.voodooyachts.com



