Incontestablement, le Wama a fait sensation lors du dernier Cannes Yachting Festival. Ce powercat de 42 pieds conçu et construit en Tunisie affiche en effet un design bien à lui tout en dévoilant des solutions aussi innovantes que séduisantes. Il n’en fallait pas plus pour convaincre l’équipe de Multicoques Mag de monter à bord et, vous allez voir, ça déménage !
Infos pratiques
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Conditions de l’essai : vent d’est 2-4 nœuds, clapot court (0,50 m de creux)
Wama Yachts est un nouveau chantier établi en Tunisie et dont le nom est inspiré du prénom de son fondateur, Walid, et de celui de sa femme, Mariam, tous deux passionnés de navigation. Il y a quelques années, le couple achète un bateau, et est rapidement déçu des prestations offertes. Ne trouvant pas ce qu’ils cherchent, ils décident donc de construire le bateau de leurs rêves. Pour cela, ils ne font pas dans la demi-mesure et recrutent les meilleurs spécialistes du domaine. Au fil des mois, la construction d’un seul bateau devient un projet bien plus complet ; la marque Wama est créée avec de vraies ambitions (voir notre rubrique Chic et Choque dans le MM233). Après un petit monocoque de 26 pieds, le projet principal voit enfin le jour. Il s’agit cette fois d’un catamaran de 42 pieds réalisé en aluminium et en carbone avec un look high-tech et des performances sportives. Sur les pontons du Cannes Yachting Festival où il était présenté en avant-première, ce powercat n’est pas passé inaperçu, loin s’en faut : lignes tendues et flancs structurés, étraves hautes et fines avec un relief sur la partie intérieure des coques, nacelle épaisse et largeur respectable (5,40 m), le Wama 42 XL fait le show, d’autant que ses superstructures noires sont entièrement réalisées en carbone. Un look résolument moderne et une allure sportive confirmée par la présence de deux moteurs Mercury V12 de 600 ch accrochés sur des brackets arrière. Les longs hublots latéraux ajoutent encore à l’aspect moderne tout en promettant un intérieur assez habitable. Quant au prolongement du toit, il permet d’abriter le cockpit tout en ajoutant une touche dynamique (si besoin est) à l’ensemble. Bref, un très joli coup de crayon que l’on doit à Ali Kastally, l’architecte naval du chantier.
Pour la réalisation, le chantier maîtrise aussi bien la fibre de verre que l’aluminium ou le carbone. Pour ce modèle, c’est donc l’aluminium qui a été choisi pour la coque, et le carbone pour les superstructures. Des matériaux solides et légers. Pour l’anecdote, l’aluminium est ici si bien traité qu’il est difficile de reconnaître ce matériau
Des lignes tendues et ultra-modernes
Grâce aux brackets supportant les moteurs et à la grande plate-forme arrière, l’accès à bord est aisé depuis le quai. La plateforme hydraulique est un peu petite pour supporter un dinghy, mais, sur un 42 pieds, ce n’est pas vraiment nécessaire. En revanche, elle se révèle parfaite pour la baignade, accéder à un jet-ski ou toutes sortes d’activités nautiques.
De là, deux marches sur chaque bord mènent au cockpit, mais il faudra ajouter un portillon pour la sécurité des enfants. Le cockpit en lui-même est de taille correcte pour la longueur du powercat, sans pour autant être impressionnant. On y trouve une longue banquette arrière capable d’accueillir cinq personnes, et deux tables séparées et dépliables qui permettent de former une grande table si besoin. A noter que ces tables, comme beaucoup d’éléments sur le Wama, sont réalisées en carbone !
Face à cette banquette, on trouve sur bâbord un réfrigérateur, et un gril sur tribord.
Enfin, une grande cale technique est installée dans le plancher et permet d’avoir accès à tous les systèmes, comme les batteries lithium ou le générateur.
De chaque côté, de très larges passavants mènent au pont avant. Ces chemins d’accès nécessitent toutefois plus de mains courantes, un élément que le chantier va modifier immédiatement.
S’appuyant sur une nacelle épaisse, le pont avant dispose de plusieurs coffres de rangement très bien intégrés, et surtout d’un joli solarium pour deux personnes. C’est là aussi que ce trouve l’ancre à poste, très bien dissimulée derrière une coque en fibre de verre et profitant d’un accès facile à la chaîne et au guindeau. Présenté ici sans protection, le Wama dispose de balcons latéraux amovibles pour améliorer la sécurité.
Un pont principal fonctionnel
Du cockpit, deux portes coulissantes s’ouvrent sur le pont principal. Au premier abord, on pourrait penser que ce catamaran n’est pas si large. Une fausse impression car, dans les faits, il est 55 cm plus large qu’un Aquila 42 Coupe ou un Dracan 42. Le Wama 42 se positionne donc comme un confortable daycruiser ou un weekender, mais reste bien plus compact qu’un powercat dédié à la croisière côtière – le Leopard 40PC affiche 6,61 m au maître-bau. En fait, les coques du Wama sont réservées aux cabines, et les superstructures se limitent à la partie habitable du pont principal.
Dès lors, la nacelle comprend sur bâbord une banquette en U avec une table pour dîner à l’abri, et sur tribord une longue cuisine bien équipée avec une table de cuisson à induction, un réfrigérateur et un évier ultra moderne. On trouve également des rangements un peu partout.
Sur chaque bord, un escalier mène aux cabines tandis que, sur l’avant, juste à côté de la console de pilotage, on trouve une petite pièce polyvalente qui peut servir de rangement ou de couchage d’appoint pour le Capitaine ou pour un enfant. C’est là aussi que se trouve une petite machine à laver (en option), c’est toujours pratique.
Située sur tribord avant, la console de pilotage est extrêmement complète, avec deux grands écrans, un volant réglable, tous les interrupteurs et un joystick. Le Wama 42 XL est également équipé de plusieurs caméras au niveau de la cale technique ou de l’ancre, et l’on peut ainsi vérifier que tout se passe bien à partir des écrans. En sus, le siège pilote est entièrement réglable grâce à un système qui rappelle celui d’une voiture haut de gamme.
Conçu dans un pays habitué au soleil et aux étés très chauds, le 42 XL bénéficie de vitres teintées dont le rôle n’est pas qu’esthétique. Enfin, clou du spectacle, le toit de la cabine est équipé d’un système de persiennes orientables que l’on peut fermer totalement ou ouvrir selon l’angle choisi pour moduler la « quantité » de soleil et d’air que l’on désire, le tout grâce à un simple bouton sur le tableau de bord. C’est vraiment bien vu.
Trois cabines dans une ambiance zen
Pour ce qui concerne l’hébergement, le Wama 42 XL comporte trois cabines – une cabine Propriétaire sur tribord et deux cabines invités sur bâbord.
Accessible au travers de quelques marches, la cabine Propriétaire dispose d’un couchage double sur l’arrière, d’un petit canapé au centre et d’une grande salle de bains sur l’avant avec une douche aux dimensions XXL. L’ensemble est bien éclairé grâce aux longs hublots de coque, et la finition, très moderne, est assez flatteuse. En fermant la porte coulissante au niveau de l’escalier, on peut vraiment profiter d’un endroit paisible et relaxant.
Sur tribord, l’espace est séparé entre deux cabines pour les invités, chacune avec un couchage double. Le couchage à l’avant est un peu plus étroit, tandis que la cabine située à l’arrière accuse une hauteur sous barrot un peu plus faible et présente un angle assez proéminent auquel il faudra faire attention. La salle de bains, située entre les deux cabines, est bien plus petite que sur bâbord, et devra être partagée. Là encore, la finition et la décoration sont soignées ; l’atmosphère très apaisante contraste même un peu avec l’aspect sportif du reste du catamaran.
L’autre bonne surprise de ce catamaran, c’est le niveau d’équipement, et cela, dès la version standard. En effet, si Wama propose bien des options, la mise de base est déjà assez impressionnante, puisqu’elle comprend l’électronique, la cuisine équipée, la climatisation, le système anti-buée, un système audio Fusion, deux caméras de contrôle, le revêtement de pont, le guindeau électrique ou encore la télévision.
Il convient toutefois de noter qu’en version standard, le hard-top est en composite et non pas en carbone. De même, le système de foils (voir plus loin) est lui aussi en option, tout comme la table électrique.
Deux Mercury V12 de 600 ch et près de 40 nœuds en pointe
On l’a vu, le Wama 42 XL attire le regard, et sa construction mixte alu/carbone intéresse les connaisseurs… mais ce n’est pas tout : le powercat intègre également un système de foils inédit en deux parties. Le plan porteur avant, situé juste derrière le point médian de la coque, est constitué d’une lame latérale entre les deux coques et d’une lame verticale au centre pour apporter un point d’ancrage supplémentaire. La deuxième partie est constituée de deux petits foils presque horizontaux attachés à l’intérieur des coques, quasiment au niveau du tableau arrière. Leur angle, savamment calculé, permet de seconder l’effet induit par le premier foil et de garder l’arrière des coques surélevé quand on navigue.
Les foils étant désormais très en vogue, nous avons déjà essayé nombre de powercats qui en disposent ; les résultats sont plus ou moins convaincants, mais force est de constater que, sur le Wama, le comportement marin est tout simplement impressionnant.
Une fois à la barre, on apprécie en premier lieu le réglage du siège, qui permet de trouver la bonne position. L’autre bonne surprise, c’est le faible niveau sonore grâce à la discrétion des V12 Mercury, mais aussi au bon travail d’isolation fait sur ce powercat. Comme il se doit avec les 600 ch, on pousse doucement la poignée des gaz. Ensuite, tout s’enchaîne naturellement. Le déjaugeage s’effectue autour de 3 000 tr/min, et la « montée » sur foils très peu de temps après. A partir de là, le Wama affiche une légèreté et une souplesse à la barre remarquables. En dépit des 50 centimètres de creux de la baie d’Antibes, rien ne semble perturber le powercat tunisien. J’enchaîne quelques virages et, là encore, bonne surprise, les foils ne décrochent pas, les courbes se prennent à plat, au grand plaisir de l’équipage qui peut vaquer à ses occupations sans être en mode survie. Profitant de la confortable puissance disponible, je pousse la manette pour quelques évolutions rapides. Le GPS grimpe à 25 nœuds, puis à 30, 35, et nous touchons un max de 38 nœuds, un peu en deçà des 40 nœuds annoncés par le chantier, mais, dans 50 cm de creux et avec 7 personnes à bord, c’est tout à fait honorable. Qui plus est, notre hélice est un peu trop grosse, puisque nous ne passons pas 5 700 tr/min et surtout, ce résultat ne s’obtient pas dans la douleur, mais dans un confort remarquable. Dans cette configuration, la vitesse de croisière s’établit entre 25 et 27 nœuds, ce qui est parfait pour un programme familial. De même, la version essayée, avec deux Mercury V12 de 600 ch, devrait plutôt attirer une clientèle nord-américaine ou basée au Moyen-Orient, alors que pour l’Europe, c’est certainement la version avec deux Yanmar diesel de 440 ch qui aura la faveur des clients.
A noter également que le 42 est disponible dans une version non « XL », un peu plus étroite et construite en fibre de verre, ce qui devrait représenter une première marche dans l’univers des powercats Wama.
Conclusion
Ce premier coup d’essai est incontestablement un coup de maître. Non seulement le Wama 42 XL est beau à regarder, mais il propose aussi des solutions high-tech et un comportement marin parmi les meilleurs de la catégorie. L’utilisation de l’aluminium et du carbone lui permet d’être léger et en partie recyclable, ce qui ne gâche rien et, dernière bonne surprise, il arrive avec un équipement déjà bien fourni.
Equipement high-tech
Comportement marin
Pas de portillons arrière du cockpit
Budget conséquent et foils en option
Descriptif technique
Architecte : Ali Kastally
Longueur hors-tout : 13,03 m
Largeur : 5,40 m
Tirant d’eau : 0,85 m
Déplacement lège : 13 t / 28,660 lbs
Motorisation hors-bord : 2 x 600 ch Mercury V12
Motorisation inboard : 2 x 440 ch diesel Yanmar
Carburant : 1 500 l
Eau : 800 l
Cabines : 3/4
Cabinets de toilette : 2
Certification CE : B
Prix de base : 1 200 000 € HT
www.wamayachts.com
