Après le Yot 36 présenté au Cannes Yachting Festival 2023, c’est donc au tour du 41 de faire son entrée dans le segment décidément très agité des powercats weekenders. Elégant, marin et modulable, ce nouveau modèle a bien des atouts à même d’attirer les plaisanciers de tous horizons.
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Conditions : Mer peu agitée à agitée, 10 à 20 nœuds de vent de sud
Quel succès ! Dans le marché des bateaux à moteur conçus pour des sorties à la journée ou au week-end, la formule catamaran est clairement en train de s’imposer, ringardisant à jamais les embarcations à une seule coque… Du coup, de très nombreux fabricants « historiques » de vedettes monocoques se lancent dans l’univers – totalement nouveau pour eux – du powercat. Cette démarche est, pour les clients potentiels, très bénéfique, car riche en innovations et nouvelles idées. En ce qui concerne les Yot, c’est un peu plus compliqué, puisque Catana Group avait déjà lancé un powercat, le Bali 4.3 MY, élaboré à partir de la plate-forme voile. Ensuite, le constructeur a lancé le même type de projet avec le Bali Catspace MY, avant de faire machine arrière. Selon lui, le marché souhaite des projets 100 % moteur. Finalement, une nouvelle marque – Yot – est lancée dans cet esprit, avec son propre site de production au Portugal, bientôt opérationnel à 100 %. Le Yot 41 est donc le deuxième modèle proposé. Logiquement, il reprend les grandes lignes de son petit frère, mais avec bien sûr plus d’aisance en termes de confort et une circulation centrale inédite. Les prochains modèles annoncés sont un 50 tourné vers la croisière et un 46, weekender XXL…
Cockpit modulable et passage central
Rendez-vous a été pris à Canet- en-Roussillon début octobre ; la météo nous réserve des conditions correctes, mais il faut faire vite avant que mer et houle ne se lèvent, un coup de vent de sud étant annoncé. Django Fontaine, le directeur commercial de la marque, m’accueille à bord. Je remarque tout de suite un gain très net en termes d’aisance de déplacement, comparé au 36. La surface de pont supplémentaire y est pour beaucoup, mais c’est surtout le principe du passage central qui allège considérablement la problématique de la circulation à bord. Si le constructeur a conservé le principe de modularité du cockpit avec les deux carrés-dînettes extérieurs qui se transforment en solariums (on en compte 5 à bord !), l’effet « Mc Gyver » un peu trop prononcé à mon goût à bord du Yot 36 est ici intelligemment estompé.
On retrouve également à bord du Yot 41 une vaste plate-forme arrière (désormais mobile, elle supporte 200 kg) entre les deux moteurs hors-bord, et surtout les deux pavois basculants. Ces trois éléments sont électriques. Quand ces deux panneaux sont ouverts au mouillage, la perception qu’on a dans le cockpit est radicalement transformée – l’espace de détente atteint les 25 m2, avec une largeur portée à précisément 5,82 mètres.
Précisons qu’une fois les pavois rabattus, la vue est imprenable ; c’est vraiment l’invite à plonger, d’autant que chaque « terrasse » peut supporter 300 kg.
Le constructeur a pris soin d’aménager un maximum de rangements sous les assises et sous les planchers côté tribord – les bandes leds multicolores à l’angle des sièges et du pont qui s’illuminent au rythme de la musique ne sauraient faire de ce powercat une unité juste fun pour quelques heures sur l’eau ; le Yot 41 se veut un vrai weekender, voire plus ! A bâbord, la soute est éventuellement dédiée aux batteries lithium ou au groupe électrogène.
Un peu plus en avant, on gagne l’abri du rouf – ouvert à 100 % sur le cockpit – pour découvrir une banquette convertible à bâbord et une cuisine à tribord ; le meuble en L intègre un évier, un gril, un frigo de 90 l, des rangements et une poubelle. En option, il est possible de commander un deuxième frigo plus petit de 51 l ou un icemaker. Et si cela ne vous suffisait pas, un troisième groupe froid peut être intégré à bâbord. Sur le toit du rouf, on peut demander l’installation de 900 Wc de panneaux solaires.
Une nacelle ouverte et deux cabines identiques
En face du pare-brise, on retrouve les quatre sièges déjà vus à bord du 36, mais cette fois, on dispose, grâce à la nacelle qui s’étend sur toute la largeur, d’une belle méridienne sur chaque bord. Le poste de barre très moderne est doté de deux écrans de 16 pouces – l’instrumentation est particulièrement bien visible avec des boutons rétroéclairés. Le constructeur propose une commande joystick pour faciliter les manœuvres de port, et a développé une interface spécifique Yot en partenariat avec Mercury, Brunswick, Navico, Simrad et Mastervolt.
En avançant encore un peu, on parvient aux accès aux coques. Les descentes, un peu raides, adoptent des marches en quinconce. Contrairement au Yot 36 qui privilégie une des deux cabines – celle de bâbord profite en effet d’un passavant surélevé –, le 41 dispose d’un volume suffisant, grâce à ses 50 cm de largeur supplémentaires, pour faire la part belle (et égale) aux deux couchages. Chaque lit mesure 2 m de longueur par 1,58 de largeur. L’arbitrage a donc été fait en faveur de la surface maximum, et non de la facilité d’accès – il n’y a pas de découpe « island bed ». Dans chaque cabine, deux grands meubles verticaux, des équipets et un vaste volume sous le lit sont dédiés aux effets personnels. Les salles de bains sont vastes, avec une respectable hauteur sous barrot de 1,95 m. En option, une climatisation des cabines est proposée.
La porte avant est constituée en partie basse d’un petit panneau en plexi et d’un plus grand qui s’intègre, une fois fermé, au pare-brise. La manipulation, aisée au port, peut devenir un peu plus difficile en navigation.
Pontage avant bowrider
La circulation parfaitement rectiligne, après nous avoir fait traverser la nacelle, nous mène au pontage avant. Sous nos pieds, on découvre un drain qui permet d’évacuer instantanément l’eau embarquée vers le tunnel entre les coques – ce qui est bien plus sécurisant que les évacuations via les petits dalots qu’on retrouve à bord de nombreux daycruisers monocoques avec pontage avant bowrider. Car c’est bien de ce type d’aménagement que nous profitons ici ; comprenez qu’il n’y a toujours pas de classiques passavants, mais seulement des bains de soleil accessibles par la découpe centrale. Un léger pavois assure tout de même une relative protection. Saluons les porte- gobelets, les vide-poches et la main courante en inox qui ceinture tout cet espace. Dans les étraves, des profonds rangements sont disponibles, tandis qu’au-dessus du tunnel, c’est l’inverse : on profite d’un coffre très long mais peu profond. Au centre, à l’avant, on découvre un coffrage qui intègre le guindeau, et juste en dessous la baille à mouillage. Le constructeur a prévu des protections du pontage avant tout comme un système de fermeture de la nacelle grâce à un jeu de bâches. En option, un système de rafraîchisseur d’air/chauffage est disponible.
Effet tunnel : vive le coussin d’air !
Les manœuvres de port deviennent une simple formalité avec le système de pilotage via le joystick ; une fois sortis de la marina de Canet, nous constatons que le vent ne s’est pas encore trop levé, mais la houle commence à rentrer. On note tout de suite l’aisance de la carène catamaran face aux vagues. Mieux : dès que le Yot 41 s’installe au planning, c’est-à-dire vers 18 nœuds, le tunnel relativement étroit entre les coques fait office de coussin d’air amortisseur ; installé au-dessus de la baille à mouillage, on sent même l’air se faire refouler vers l’avant et on peut observer régulièrement les embruns se faire curieusement aplatir devant les étraves.
Le Yot 36 affiche 7,8 t au peson et peut être motorisé par 2 hors-bords de 300 ch ; son grand frère, le 41, passe à 12 t et 2 x 400 ch, soit un rapport puissance/poids de respectivement 76,92 et 66,67 ch/t. Avantage donc au 36 en ce qui concerne la vélocité et les accélérations, mais pas forcément la vitesse de pointe, puisque, lors de notre essai du Yot 36 l’an passé, nous avions relevé 31 nœuds, alors que le 41 grimpe à 36 nœuds.
Les nombreuses nervures de coques garantissent déjà une bonne raideur structurelle ; celle-ci est également « blindée » par une construction soignée. De fait, même face aux vagues à 30 nœuds, rien ne bronche à bord. Le pilote est parfaitement calé dans son siège et peut opérer debout ou assis, à sa convenance, d’autant que le volant est réglable. Le seul inconvénient de la disposition générale retenue est que l’équipier installé à tribord du pilote se retrouve un peu coincé en navigation. A l’arrière du cockpit, on relève de temps à autre des retours d’embruns à haute vitesse.
Depuis le poste de commande, les virages s’enchaînent parfaitement, avec juste une légère et rassurante contre-gîte ; le Yot 41 se montre toujours sain et rassurant.
Conclusion
Elégant, marin et convivial, le Yot 41 tient ses promesses : ce powercat s’avérera un support parfait pour passer une journée voire un week-end aux îles. La modularité des éléments du cockpit (pavois rabattables, plate-forme arrière et banquettes transformables en bains de soleil) complète parfaitement l’intimiste pontage avant et les emménagements, à la fois ouverts et confortables.
On attribuera enfin un bon point pour le configurateur en ligne, qui permet de personnaliser à loisir son Yot avec l’appui d’images 3D animées dont le rendu est excellent ; il y a moyen de se faire plaisir, puisque ce powercat propose près de 285 000 € HT d’options cumulables…
Design séduisant
Configurateur en ligne
Pas d’island bed
Porte avant difficile à manipuler s’il y a de la mer
Descriptif technique
Architectes : J&J Design
Longueur hors-tout : 12,57 m
Longueur de coque : 11,86 m
Longueur à la flottaison : 14,60 m
Largeur : 4,49 m
Tirant d’eau : 1,13 m
Déplacement : 12 t
Motorisation : 2 x HB 300/400 ch
Carburant : 2 x 850 l
Eau : 400 l
Prix : à partir de 475 000 € HT
Principales options en € HT :
2 x Mercury V10 400 ch : 49 900
Batteries lithium 4 x 6 kWh : 47 500
Pack électronique de navigation : 29 500
Plate-forme de bain : 23 500
Revêtement de pont : 17 900
Panneaux solaires 900 Wc : 17 500
Climatisation cabines : 14 500
Bimini arrière : 13 400
Système JL Audio Premium : 8 800
Set complet de housses de protection : 7 900
Toile de fermeture du cockpit : 7 500
Lumières d’ambiance extérieures : 6 900
Passerelle pliable carbone : 4 950
Sellerie version Luxe Spradling : 4 500
Lumières sous-marines : 4 320
Plan de travail cuisine : 3 900
Toile d’ombrage avant sur perches : 3 600
Stores de hublot dans les cabines : 3 200
Pare-battages personnalisés YOT : 2 800
Réfrigérateur à tiroir 51 l : 2 600
Grill 220 V : 2 400
Echelle de bain latérale sur pavois tribord : 1 980
4 arceaux verticaux de protection moteur : 1 650
Chauffe-eau : 1 500
Projecteur de pont LED : 1 300
Compresseur air 12 V : 650
2 taquets de remorquage pour water toys : 350


