Un trimaran léger et bien voilé, ça peut faire peur à ceux qui découvrent la voile et/ou le multicoque… Pas d’inquiétude à bord de l’Astus 18.2, une unité à la fois ludique et sûre. Débutants bienvenus !
Infos pratiques
- Le chantier : Astus 18.2 Sport
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Astus 18.2
- Assuez votre Astus 18.2
- Articles autour du Astus 18.2
Le cahier des charges de ce modèle, c’était de satisfaire un équipage désireux de pratiquer les sorties à la journée en se faisant plaisir, à la barre d’un engin simple, rapide et adapté au transport sur remorque. Un engin de plage XXL, en quelque sorte. Le constructeur a réalisé les coques en polyester monolithique au contact. Le pont est en revanche en sandwich PVC/polyester. Au sein de la gamme Astus Boats – le chantier est né en 2004 –, il s’agissait aussi de remplacer le 16 et de renforcer la nouvelle gamme, étrennée avec le 20.2. Le 18.2 reprend d’ailleurs une grande partie des recettes de son aîné, à commencer par ses carènes modernes avec un redan sur la coque centrale très bas sur la flottaison. En gros, c’est un 20.2 à peine plus court et surtout débarrassé de cabine qu’a lancé Jean-Hubert Pommois, créateur du chantier. Sur ce créneau, peu de concurrents – le Magnum 21 cesse sa production et l’Aventura 20 n’a pas vraiment décollé – mis à part… l’Astus 20.2 ! Car finalement, le 18.2 est un peu lourd pour être manipulé sur la plage – un chariot spécial a bien été mis au point, mais il réclamait un 4x4 ou un tracteur – et bien proche en prestations du 20.2, qui, lui, offre une vraie cabine. Mais l'Astus 18.2, de l’avis de tous ceux qui ont navigué à son bord, est une réussite.
Cette version Sport, avec ses voiles Mylar de plus grande surface, démarre dès les premières risées.
Carène moderne !
La voilà, la deuxième génération ! Ce 18.2 présente des flotteurs plus volumineux et plus larges que ceux du 16. La clientèle du chantier, principalement issue du catamaran léger, est en effet plus exigeante en matière de performances. Ce n’est pas parce qu’on souhaite désormais embarquer un ou deux enfants à bord qu’on va se traîner sur l’eau ! Un constat validé par le succès de la version Sport, plus toilée et mieux accastillée. C’est Philippe Roulin, un ancien du cabinet VPLP – 15 ans dans la célèbre agence –, qui s’est chargé du dessin du 18.2. Grâce au long redan sur la coque centrale, on gagne un peu de volume au-dessus de la flottaison. Autre avantage non négligeable à bord d’une petite unité : les embruns sont déflectés. Dérive et safran sont pivotants avec taquets largables en cas de choc sur les fonds. Quant au gréement, le chantier a opté pour un simple mât de 7 m de cata de sport, sur rotule et sans barres de flèches. Les haubans sont repris sur des pattes d'oie, sur les flotteurs. Les bas-haubans sont là pour améliorer la tenue latérale de l’espar… mais aussi pour soutenir le mât quand les flotteurs sont rapprochés de la coque centrale – les bras de liaison sont télescopiques. Toutes ces opérations sont simples – 15 minutes tout au plus – et gérables par un homme seul.
Le tulipage de l’Astus 16 est remplacé sur le 18.2 par un redan marqué juste au-dessus de la flottaison.
Capable de taquiner les 20 nœuds !
Pas besoin de naviguer par 5 Beaufort pour constater ce qu’un 18.2 a sous le capot. Par 12 nœuds de vent mer plate, à peine les écoutes sont-elles bordées que l’Astus démarre très fort. Au près, votre engin à trois pattes cavale à 7 nœuds, parfois 8. Le cap n’est pas très pointu – 50° environ –, mais, grâce à la vitesse élevée, le VMG demeure très supérieur aux monocoques petits ou grands. Et dans le clapot ? A l’instar des multicoques légers, les mouvements de tangage sont un peu secs. La structure semble bien encaisser les efforts, avec peu de déformations visibles : les trois étraves ne saluent pas les vagues séparément ! Au débridé, en choquant un peu les écoutes, l’Astus gagne encore un bon nœud. Si le vent est faible, on a la possibilité d’envoyer le gennaker dès le bon plein. Au portant, la voile de 15 m² en nylon vous tire à plus de 10 nœuds, tout en souplesse… En jouant avec le vent apparent, on lance le bateau dans une longue accélération. Grisant et facile ! A vous les records – 17 nœuds relevés par un vendeur du chantier. Pas d’inquiétude par vent fort, les flotteurs soulagent efficacement, sans velléité d’enfournement. Pour les jours de pétole ou les manœuvres de port, Astus Boats proposait une chaise moteur et recommandait un hors-bord de 2 ou 3 CV. Un client sur deux a fait le choix de motoriser son Astus 18.2 – qui peut très bien s’en passer.
Au départ, le cockpit devait être équipé de coffres – qui font office de bancs. Le chantier a finalement proposé un espace dégagé… dont la finition reste brute.
Plan de pont très dépouillé
Un tube métallique coudé fait office de barre ; il épouse la poutre arrière, mais reste derrière la barre d’écoute et le palan de grand-voile. Ce qui impose une petite gymnastique des mains avec le stick lors des virements de bord et des empannages. Les sensations, sans égaler celles d’un vrai catamaran de sport, sont agréables : la barre est douce, le contrôle de la trajectoire excellent. De nombreux propriétaires relèvent toutefois un peu de jeu. Le cockpit, long de 2,50 m, joue la carte de la simplicité : la coque est brute, sans pontage sur les flancs intérieurs de la coque. Au départ, le chantier avait prévu des bancs rapportés, mais les premiers essais sans les assises ont montré que la circulation à bord était plus facile et que l’équipage s’asseyait tout simplement plus à l’extérieur. Le chantier a du coup étudié des assises rapportées. C’est donc là qu’on s'installe et/ou sur les trampolines. C’est très confortable, mais vite humide pour les fesses dans la brise. L’accès à l’eau est facile depuis l’échelle de bain (elle était proposée en option) grâce au cockpit, complètement ouvert. Pas de cabine à bord, mais tout de même une grosse soute aménagée à l’avant – qu'on aurait préférée équipée d'un vrai panneau étanche. On a aussi la possibilité de stocker des caisses et du matériel dans les fonds, sous le cockpit.
L'Astus est transportable et ses bras de liaison sont télescopiques : replier les flotteurs ne prend que quelques minutes ! Un bateau parfait pour le camping côtier.
Conclusion
Avec son rapport voilure/poids de 65 m2/t, voire 77 en version Sport, l’Astus 18.2 est un petit engin survitaminé sur le papier… Et il se révèle rapide et grisant à souhait sur l’eau. Pour autant, il reste facile à manœuvrer et pardonne beaucoup d’erreurs. Homologué en C, il permet de belles sorties à la journée grâce à son rayon d’action important. Ce petit trimaran nous semble également un excellent support pour vagabonder le long des côtes. Car on peut facilement se passer de cabine, pour peu que le temps soit sec et doux ; la nuit, on déplie une ou deux tentes, et le tour est joué !
Les points à vérifier
La coque et les flotteurs, réalisés en polyester, sont robustes et faciles à réparer. Quant au système de repliage, il est fiable et surtout très simple. Bref, peu de problèmes à craindre sur cette petite unité. Vérifiez tout de même le bon état des appendices – dérive et safran et leurs systèmes de relevage. Pensez également à jeter un œil sur la base et la tête de mât, qui ont pu souffrir lors du transport routier.
On aime :
- Voilier rapide et sain
- Programme d’utilisation bien plus large qu’il n’y paraît
- Facilité de manœuvre et de mise en œuvre
On n’aime pas :
- Déplacement élevé pour une utilisation plage
- Finition peu flatteuse du cockpit
- Jeu dans le safran
Caractéristiques Astus 18.2
- Longueur hors-tout 6,6 m
- Longueur de coque 5,49 m
- Longueur à la flottaison 5,35 m
- Largeur 2,5/3,85 m
- Tirant d’eau 0,25/1,2 m
- Poids 260 kg
- Voilure au près 17 ou 20 m2
- Grand-voile 12 ou 13,5 m2
- Génois 5 ou 6,5 m2
- Gennaker/Spi asy 15/20 m2
- Moteur HB 2 à 3 CV
- Matériau polyester
- Architecte Perspective Yacht Design
- Constructeur Astus Boats
- Production 34 exemplaires de 2011 à 2016
- Prix occasion à partir de 8 000 € HT avec gennaker et remorque