Les catamarans de moins de 30 pieds sont devenus rares sur le marché alors que les trimarans, avec largeur variable le plus souvent, font florès. Parmi eux, l’Astus 20.5 présente de nombreux arguments particulièrement convaincants – à commencer par un budget raisonnable.
Infos pratiques
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C’est un fait : dans notre dernier Guide d’Achat, plus de catamarans – sinon de rares prototypes – en dessous de 10 mètres. Le créneau du multicoque côtier est donc investi par les trimarans. Les trois coques, avec une structure repliable ou des bras de liaison télescopiques, permettent de fréquenter une place de port classique et le transport routier. Un avantage indéniable face à un catamaran non démontable ou presque. Ces petites unités offrent un programme de navigation assez large : navigation à la journée, raid et croisière côtiers, régates… seul le grand large et la vie à bord longue durée sont réservés aux vrais aventuriers, peu regardants sur le confort.
Astus Boats, spécialiste du petit trimaran
Basé dans le sud de la Bretagne, le chantier Astus Boats est né en 2004 sous l’impulsion de Jean-Hubert Pommois. Spécialisé dès son premier modèle – Astus 20.1 – dans le trimaran compact équipé de flotteurs sur tubes télescopiques, le constructeur se démarque des Dragonfly, Corsair et même Tricat par des multicoques plus dépouillés avec des prix attractifs. Un positionnement qui s’avère payant, puisque pas moins de 400 Astus sillonnent les plans d’eau du monde entier. La taille clé du chantier est assurément 20 pieds : après le précurseur 20.1 diffusé à 73 exemplaires puis son remplaçant le 20.2 – best of d’Astus avec 120 unités –, le 20.5 est lancé en 2018. C’est donc ce modèle, déjà produit à 30 exemplaires, que nous testons aujourd’hui.
La signature VPLP
Jean-Hubert, en 2004, n’aurait jamais osé solliciter le cabinet d’architectes VPLP ; ce n’est qu’en 2016, avec l’Astus 16.5, que le pas a été franchi. A la clé, un design bien plus flatteur et des redans plus nerveux comparés aux précédents modèles. L’étrave de la coque centrale est particulièrement réussie : elle confère une sportivité indéniable à notre trimaran. Autre avantage de cette signature prestigieuse : un équilibre général – assiette longitudinale surtout – remarquable. Le 20.5 est donc le deuxième plan signé VPLP – avant le 22.5 attendu cette année.
Petit de loin, plus grand une fois à bord
Vu au corps-mort, notre Astus fait tout petit comparé aux autres multicoques présents sur le plan d’eau. Et pourtant, dès qu’on monte à bord, on ne se sent pas du tout à l’étroit. Pas si étonnant : avec ses deux trampolines de 3,25 m de longueur par 1,15 m de largeur et son cockpit plutôt vaste (1,58 m de long), la surface totale exploitable est de 16 m2. Le rouf, dont les hublots vont être agrandis, exploite toute la largeur disponible au pont ; on utilise les trampolines pour se rendre sur la petite plage avant. Les déplacements, en navigation, ne posent pas de problèmes particuliers. La baille à mouillage est astucieusement intégrée à un coffre, intégré sur la face avant du rouf. L’accastillage de base est plutôt minimaliste, mais les options proposées et la version Sport permettent de l’étoffer quelque peu – winches supplémentaires, barre d’écoute de grand-voile. A noter : un kit de mâtage est disponible en option.
Une cabine abri
Une première version promettait quatre couchettes… au final, le constructeur s’est contenté d’une couchette double à l’avant de deux mètres de longueur pour une largeur limitée à 1,10 m à la tête et 55 cm aux pieds. La hauteur minimale est de 39 cm au-dessus du matelas. La cabine propose tout de même un petit carré pour quatre personnes (banquettes de 76 cm par 23 cm) et quelques rangements. La hauteur sous barrot à l’entrée de la descente est de 1,40 m. L’ensemble est simple, robuste et bien pensé – compte tenu de la longueur de ce multicoque, difficile de faire mieux…
Sensations garanties !
Le moteur, positionné assez loin du barreur, n’est pas très facile d’accès lors de la mise en route, de la réduction ou accélération des gaz, ou encore du braquage pour les manœuvres. Mais une fois en route, on se rend vite compte qu’une très faible puissance de 3 CV suffit largement à propulser ce poids plume. La mise en place des voiles est évidemment aisée vu les petites surfaces. Quelques nœuds de vent suffisent à démarrer le 20.5 : particulièrement véloce, il accélère à la moindre risée et vire sur place sans broncher. Au près, le cap est excellent. Impossible de se rendre compte, à la barre, que notre dérive est décentrée sur la coque centrale – encore une astuce pour ne pas encombrer l’intérieur. A noter : cette dérive comme le safran sont pivotants et sont tous deux équipés d’un taquet déverrouillable. En revanche, pour obtenir un rendement optimal, le bon réglage du point de tire du foc s’avère essentiel : le système d’écoutes mouflées sur points de tire fixes est perfectible. Le gennaker permet aux carènes de donner toute leur mesure – d’autant que le vent dans la baie de Quiberon frise maintenant les 15 nœuds : l’Astus progresse à 10 nœuds, pointes à 12. Le flotteur au vent ne touche plus l’eau, la coque centrale soulage un peu, la structure ne bouge pas d’un ongle… la marge de sécurité (et de vitesse !) est encore énorme. Dans le cockpit, on reste globalement au sec. Les embruns ne fouettent avec entrain que la zone sous le vent.
Conclusion
Véloce dans toutes les conditions, toujours amusant et facile à mener, l’Astus 20.5 est un parfait support pour profiter sans se prendre la tête de la plupart des plans d’eau. La version Sport, un peu plus légère et plus toilée que la version Loisirs, garantit un peu plus d’adrénaline. Les appendices pivotants du 20.5 lui permettent d’échouer et de s’approcher sans crainte au plus près du rivage. Ses emménagements sommaires permettent de passer une nuit à bord. Un petit multicoque qui en donne beaucoup pour son prix !
Vive les bras de liaison télescopiques !
Doc : MM200-110-113-Astus-20-5-plan
Le 20.5, comme tous les Astus, utilise la technique des bras télescopique. Légèrement décalés de 15 cm – tribord devant, bâbord derrière –, ils s’encastrent dans leurs supports. Cers derniers, pour préserver l’étanchéité, sont placés sur le pont et sont invisibles grâce à la baille à mouillage. Avantage de ce système : c’est mécaniquement très simple, l’ensemble replié conserve la même longueur, et… ce n’est pas cher. En revanche, les bras sont des simples tubes droits, forcément plus bas que des « vrais » bras carénés. Du coup, dans la brise et le clapot, ça peut mouiller un peu. Pas trop quand même, puisque les 930 litres de chaque flotteur correspondent à près de 50 % du déplacement lège. Pour rentrer les bras, on détend le trampoline, les goupilles sont ôtées. Reste à saisir la patte d’oie du haubanage extérieur et à la tirer vers l’intérieur : le flotteur vient s’appliquer contre la coque centrale. Une affaire rondement menée en moins de cinq minutes.
Constructeur : Astus Boats
Longueur hors-tout : 5,95 m
Longueur à la flottaison : 5,90 m
Largeur : 2,48/4,50 m
Tirant d’eau : 0,3/1,25 m
Hauteur du mât : 8 m
Surface de voile au près : 21/24 m2
Gennaker : 19/23 m2
Spi asy : 30 m2
Poids à vide : 470 (coque centrale en infusion) ou 490 kg
Homologation : C/5 D/7
Nombre de couchettes : 2
Matériau coque : polyester
Motorisation : HB 3 à 5 CV ou HB électrique
Prix : à partir de 22 417 € HT
Principales options en € HT
Gennaker 19 m2 et emmagasineur : 1658
Spi asy 30 m2 : 1992
Voiles Sport Armaid : 1500
Rail d’écoute GV : 575
Table amovible : 242
Coque en infusion : 1658
Mât et bôme carbone : 3250
Remorque 900 kg freinée : 3317
Les +
Performances
Facilité d’utilisation
Prix
Les –
Maniement du moteur entravé par la poutre arrière
Pas de réglage des points de tire du foc