Lancé en 2009, ce modèle est alors le plus grand de la gamme. Son programme ? Le cabotage et la sortie à la journée, en famille. Le constructeur a donc porté l’accent sur la facilité de mise en œuvre et le confort de la coque centrale.
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10 ans de production ou un peu plus, puisque ce modèle disparaîtra prochainement du catalogue d’Astus Boats : le design du 22 – baptisé à son lancement 22.1 – trahit quelque peu son âge. Face à ses petits frères signés VPLP – Van Peteghem et Lauriot-Prévost sont sans doute les architectes les plus réputés dans l’univers des multicoques de course –, il accuse même le coup. Mais il ne s’agit que de l’apparence : pas d’étraves inversées et un rouf un peu pataud, mais tout de même des flotteurs volumineux (900 litres) et une coque centrale qui conserve une largeur à la flottaison modérée – un tulipage prononcé offre plus de volume dans les hauts. Pour le reste, toutes les recettes d’Astus sont bien au rendez-vous. A commencer par le système de repliage…

Repliage facile
Un système tout simple : les bras de liaison rentrent dans la coque centrale pour limiter la largeur à 2,53 m. Pour permettre ce tour de force, les tubes en aluminium sont astucieusement décalés ; chacun glisse dans un tube de plus fort diamètre. Un système de goupilles et une reprise du haubanage latéral sécurisent la tenue de l’ensemble en configuration navigation. Replié, l’Astus 22 reste manœuvrable au moteur ; son gréement conserve également une bonne tenue. L’opération s’effectue à deux ; elle réclame quelques minutes à peine (3 pour chaque flotteur), le temps de détendre les trampolines. Certes, les tubes n’ont pas l’élégance de bras carénés en composite, mais ils proposent une alternative efficace, fiable et économique. Il est possible, grâce à une chèvre attelée au palan de grand-voile, de mâter seul. En deux heures, deux personnes parviennent à préparer l’Astus 22 démâté sur sa remorque routière. C’est peu dans le cadre d’une semaine de navigation – mais trop long pour une sortie à la journée.

Un cockpit pour quatre
Un plan de pont étriqué : c’est souvent ce que l’on reproche aux plus petits trimarans ; l’Astus 22 se sort plutôt bien de l’exercice, puisque son cockpit de 3 mètres de long accueille facilement quatre ou cinq personnes. Seul bémol : le barreur se retrouve isolé à l’arrière de la poutre, et sa vision sur le plan de voilure et le plan d’eau est entravée par le rouf, haut et large. Avec un grand stick, il est toutefois possible de se décaler latéralement. Les passavants sont étroits, mais les trampolines de 4 m2 sont tout à fait fréquentables : pas de problèmes pour gagner la plage avant. Au total, la plate-forme de l’Astus 22 totalise 12,5 m2. Côté rangement, on peut compter sur une baille à mouillage et des coffres extérieurs.
Vif sous voile
Léger et plutôt bien toilé, l’Astus 22 n’a aucun mal à se déhaler dans les petits airs – surtout avec son gennaker. Au près, les deux petites dérives n’ont pas un rendement extraordinaire ; relever l’appendice au vent peut être bénéfique sitôt que la vitesse dépasse 6 nœuds. La puissance maximum du moteur a été fixée à 9 CV, mais 2 ou 3 CV suffisent largement pour les évolutions portuaires ou les jours sans vent. Dans la brise, le 22 affiche un comportement très sain ; il est capable de belles accélérations, et même de pointes à près de 20 nœuds. Les appendices, tous pivotants, permettent de beacher facilement.
Aménagements succincts
Le carré est constitué par les deux banquettes latérales ; quatre personnes peuvent y prendre place, même si la tête des plus grands gabarits bute sur l’angle pont/rouf. La hauteur sous barrot est certes réduite, mais le capot de descente sur vérins améliore la circulation vers le cockpit. Deux meubles de rangement latéraux peuvent être équipés en mini-cuisine. Un grand volume de rangement est également disponible sous le cockpit. Un panneau ouvrant assure une aération bienvenue. La nuit, la pointe avant se transforme en couchette double. Mais la largeur maximum à la tête se cantonne à 1,20 m. Une solution pour plus de confort : les tentes igloo sur les trampolines !
Conclusion
L’Astus 22 est sans doute sur le marché de l’occasion l’un des meilleurs compromis confort/prix. Il n’a pas le look d’un racer dernier cri, certes, mais les solutions proposées sont pertinentes et fiables. Sa facilité de mise en œuvre permet l’hivernage chez soi. Avec une remorque, à vous les belles découvertes de nouveaux plans d’eau !
Les points à vérifier :
La structure et le système de bras télescopiques ont largement prouvé leur robustesse ; l’ensemble, même plus de 10 ans après l’achat, ne présente pas de jeu et reste fonctionnel. Idem pour le gréement, plutôt robuste et bien tenu. C’est donc plutôt des « petites misères » qu’on surveillera, comme les bouts de relevage des dérives, le jeu éventuel de la pelle de safran, l’état des sangles qui équipent les voiles et, bien sûr, les roulements et le système de freinage de la remorque – si elle est proposée par le vendeur.
Les +
Très facile à replier, à mâter et à transporter sur route
Performant même par petit temps
Prix attractif
Les –
La poutre arrière coup le cockpit en deux
Le rouf gêne le champ de vision du barreur
Couchette double étroite
Fiche technique :
Constructeur : Astus Boats
Architecte : Stephan Vallet
Matériau : polyester en infusion
Longueur hors-tout : 7,95 m
Longueur de coque : 6,65 m
Largeur : 2,53/4,60 m
Déplacement : 665 kg
Tirant d’eau : 0,32/1,30 m
Hauteur du mât : 9,60 m
Surface de grand-voile : 19 m2
Foc génois : 9 m2
Gennaker : 25 m2
Cabines : 1
Motorisation max : 9 CV
Catégorie CE : C5/D7
Production : 37 exemplaires depuis 2009
Prix occasion : à partir de 20 000 HT