Avec ce modèle, le constructeur Astus Boats achève le renouvellement de sa gamme. Tous les modèles – le 14.5, le 16.5, le 20.5 et désormais le 22.5 – arborent la signature prestigieuse de VPLP. L’Astus 22, présent depuis 12 ans, s’est éclipsé sans surprise. Quant au 24, il figure encore un temps au catalogue, mais s’apprête à tirer sa révérence. Le positionnement du chantier est donc plus que jamais le petit multicoque transportable, simple et accessible.
Infos pratiques
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Lieu de l’essai : La Trinité-sur-Mer, France
Conditions : vent d’ouest 12 à 16 nœuds, mer peu agitée
Le timing était très serré pour que nous parvenions à publier cet essai dans ce numéro : de fait, Jean-Hubert Pommois, fondateur et dirigeant d’Astus Boats, nous a accueillis à bord de son tout nouvel Astus après une journée seulement de tests chantier… Pari risqué mais gagné, puisque ce 22.5 s’est avéré particulièrement bien né. Pour commencer, nous avons été vernis par la météo ; ce mois de juillet en Bretagne s’est révélé frais, humide et très venté… mais nous avons pu profiter, le temps d’une journée, d’un franc soleil et d’une brise idéale de 3 à 4 Beaufort.
Design moderne
Nous découvrons l’Astus 22.5 au corps-mort, quasiment sous le fameux pont blanc de Kérisper. Les étraves fortement inversées, les redans marqués et les livets de pont plongeants à l’avant évoquent immédiatement la performance – la VPLP touch est à l’œuvre. Le mât est élancé (le profil mesure 9 mètres) et la plate-forme reste stable grâce à un dièdre peu marqué. La coque centrale parvient à concilier une flottaison étroite et une belle largeur au pont. Les flotteurs, avec 1 150 litres, affichent un volume remarquable de 160 % par rapport au déplacement lège. Ils sont solidaires de la coque centrale grâce à de robustes tubes cylindriques en aluminium télescopiques.

Les redans, en plus d’affiner la largeur à la flottaison tout en préservant le volume en partie supérieure, défléchissent très efficacement les embruns.
Facile à gréer
L’avantage des petits multicoques, c’est la facilité de mise en œuvre : en moins de cinq minutes, le moteur est démarré, le corps-mort largué, la grand-voile à corne hissée et le solent déroulé. Le plan de pont offre un grand cockpit avec des banquettes de 1,60 m et des vastes trampolines de 3,75 m de longueur. A l’étrave, le large balcon ouvert facilite la mise en place du bout-dehors et du gennaker – mais aussi les opérations de mouillage ; la baille se cache d’ailleurs à l’avant du rouf afin d’optimiser le centrage des poids. La circulation est aisée. En revanche, les supports des tubes à l’arrière séparent quelque peu le barreur des commandes du moteur hors-bord – idem pour les opérations de mise en place et relevage. En revanche, l’accès à la petite plateforme arrière et à l’échelle de bain ne pose pas de problème. A l’arrière encore, le constructeur a prévu un vaste coffre de 1,10 m de long, 0,55 m de large et 0,45 m de profondeur. L’accastillage est simple, presque trop – une paire de rails de foc ne serait pas un luxe. L’avantage, c’est que ce petit trimaran s’apprivoise immédiatement, y compris par un équipage peu expérimenté. Les navigations en solitaire, pour peu qu’on dispose d’un petit pilote automatique, ne posent aucun problème. Dans chaque flotteur, un grand volume de rangement est prévu, accessible par un capot de pont. Une petite zone située au tiers arrière devra être renforcée – le pont du flotteur manque de rigidité sous le poids d’un équipier.

Le cockpit est bien agencé, mais la double poutre arrière gêne l’accès au moteur.
Des moyennes largement supérieures à 10 nœuds
Nous démarrons notre essai avec des courts bords de près et du débridé dans le chenal du port de La Trinité. Le vent est établi à 14 nœuds. Nous relevons 7 nœuds au près à 45° du vent réel et déjà 9 nœuds au travers. Virements et empannages s’enchaînent avec facilité – aucun manque à virer à signaler. La dérive pivotante est décentrée sur bâbord, mais cette dissymétrie est imperceptible à la barre. Le barreur, justement, est bien calé grâce aux balcons qui lui soutiennent le dos – il manquait la mousse sur cet Astus 22.5 #1, mais nous sommes sûrs que l’ensemble sera confortable ! Nous repartons un peu plus au sud-sud-ouest dans la baie de Quiberon afin de gagner au vent. Avec un clapot un peu plus marqué, l’Astus 22.5 confirme son aisance sous voile : les coques passent dans la mer en souplesse et les redans défléchissent quasiment tous les embruns. Quant aux tubes – qui n’ont forcément rien de bras de liaison carénés –, ils sont suffisamment rehaussés pour s’affranchir des paquets de mer qui courent à ras du trampoline sous le vent. Il est maintenant temps de dérouler le gennaker – la voile de notre trimaran d’essai sera retouchée ; elle souffre d’un trop important volume sur le tiers supérieur, ce qui complique l’enroulement. Sans surprise, nous passons en mode turbo avec une navigation à 13,5 nœuds de moyenne et quelques pointes à 16 à la faveur des risées. La barre est à peine dure ; elle l’était la veille avec un vent sensiblement plus fort. Mais une grande GV à corne non arisée et un gennaker XXL par 18 nœuds de vent réels, ça commence à charger… Nous retiendrons de ces longs bords une excellente sensation de glisse et le plaisir de naviguer deux fois plus vite que des monocoques plus longs de 10 pieds…

On déroule le gennaker, on borde, et c’est parti pour les pures sensations de glisse !
Un volume surprenant
Le capot de descente se démonte complètement de façon à libérer l’accès par beau temps. On est surpris par le volume offert ; la hauteur sous barrot atteint 1,59 m, et on compte bien quatre couchettes. Certes, les banquettes latérales sont étroites – 46 cm –, mais la couchette double avant parvient à s’étaler sur 2 mètres de longueur, 1,40 à la tête en largeur et encore 0,70 aux pieds, tout à l’avant. A noter : les empreintes des tubes sont relativement hautes, puisqu’on mesure 0,41 m au-dessus du matelas. On accède à l’intérieur en prenant appui sur une mini – mais vraiment mini – marche en bois fixée sur le puits de dérive décalé sur bâbord. En jonglant avec les meubles cuisine, on peut s’installer à cinq dans le carré. Le réchaud à gaz devra se trouver un emplacement un peu plus sûr – histoire ne pas mettre le feu aux rideaux… La table proposée est pliante de façon à officier dans la cabine ou dans le cockpit. De nombreux coffres et rangements sont accessibles – sous le cockpit, sous les banquettes. Le constructeur propose également des équipets supplémentaires.
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Dans la cabine, des aménagements bien plus confortables et cosy que ce à quoi on pouvait s’attendre.
Bras de liaison télescopiques
On l’a vu, le 22.5 reprend la formule de tous les précédents Astus en termes de structure/ repliage : les bras de liaison sont constitués par de robustes tubes inox qui coulissent chacun dans une empreinte – un tube de diamètre tout juste supérieur. De ce fait, les bras sont légèrement décalés ; celui de tribord est légèrement avancé par rapport à celui de bâbord. Une fois amarrés à notre bouée, Jean-Hubert replie le flotteur bâbord ; il convient de choquer la patte d’oie du gréement latéral et de détendre le trampoline (côté arrière). On ôte ensuite les clavettes des tubes pour ensuite rapprocher le flotteur de la coque centrale. L’opération est très facile… à condition que l’assiette du trimaran n’exerce aucune pression sur les tubes. Un coup de main à trouver.
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1- Cette image montre le décalage des deux bras de liaison télescopiques.
2- Le repliage des flotteurs est possible à flot à condition de gérer l’assiette latérale et longitudinale afin que tubes et supports ne soient pas sous contrainte.
Conclusion
Ce nouvel Astus 22.5 est un petit trimaran très convaincant ; sans être high-tech, il offre à un équipage sans prétentions des performantes étonnantes, une réelle facilité d’utilisation, un confort suffisant pour la croisière côtière et la possibilité d’être transporté par un véhicule depuissance moyenne pour rejoindre un nouveau plan d’eau. Un programme séduisant, non ?
Les Plus
+ Performances exceptionnelles
+ Aménagement et volume de la coque centrale compatibles avec la croisière côtière
+ Trimaran réellement transportable
Les Moins
- Accès moteur éloigné des assises du cockpit
- Renfort à l’arrière du pontage des flotteurs à prévoir
- Repliage des bras pas évident à flot
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Astus Boats
Architectes : VPLP Design
Matériau : infusion polyester
Longueur hors-tout : 8,30 m
Longueur de coque : 6,90 m
Longueur flotteurs : 6,85 m
Largeur déplié/replié : 4,70/2,52 m
Tirant d’eau : 0,34/1,40 m
Hauteur du mât : 9 m
Déplacement lège : 720 kg
Grand-voile lattée : 21 m2
Solent : 9 m²
Gennaker : 32 m²
Motorisation : 3,5 à 9 CV
Couchages : 4
Certification CE : C5/D7
Prix Astus 22.5 : 41 500 € HT
Principales options HT :
Pack électricité : 1 125 €
Matelas et planche de couchette : 1 292 €
Table cockpit amovible : 217 €
WC Chimique : 162 €
2 blocs cuisine et réchaud : 479 €
Gréement carbone et haubans textile : 5 333 €
Gennaker Sport sur emmagasineur et bout-dehors : 2 333 €
Voiles Sport en Aramid Black Technora : 1 833 €
2 winches ST15 Harken : 817 €
Balcons arrière et dossiers barreur : 742 €
Echelle de bain : 242 €
Chaise moteur : 292 €
Feux de route : 650 €
Kit de mouillage : 150 €
Remorque route et mise à l’eau freinée : 4 000 €
Chèvre de mâtage : 292 €



