Malgré sa conception ancienne, le Corsair 24 reste dans le coup : grisant sur l’eau et facile à mettre en œuvre, il se fait oublier sur sa remorque et répond au gabarit routier. Bref, le bateau plaisir par excellence !
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Les trois étraves du Corsair 24 MK2 crissent sur le sable. Je me hisse sur le trampoline bâbord et c’est parti. "Quand tu as 15 nœuds de
vent, tu vas à 12 ! Mon record, c'est 17 nœuds avec grand-voile haute et gennaker. Il y avait 21 nœuds de vent. On atteint ces vitesses sans s’en rendre compte tant le bateau est facile.". Alain Lemardeley, propriétaire depuis deux ans d’Entre deux mers, me met l’eau à la bouche avant même que les voiles ne soient hissées. Une formalité à bord d’un petit trimaran d’à peine plus de 7 mètres : la grand-voile toute lattée est envoyée à la volée, le foc déroulé, et hop, le speedo dépasse allègrement les 10 nœuds. Aussi simple que ça. Le tout bien à plat et presque sec !
Flashback : dessinés et conçus par un architecte / navigateur incroyablement avant-gardiste, les Corsair restent aujourd’hui une référence chez les petits trimarans rapides. L’ Australien Ian Farrier a élaboré son système de repliage des bras de ses multicoques en… 1975 avec les Trailerti et les Tramp. Soit bien avant les problèmes de places de port ! Le prototype du premier Corsair, le F-27, est lancé en 1985. Le plus petit, le F-24, est dévoilé en 1991. Trois ans plus tard apparaît la version MK2, dont le mât pivotant remplace avantageusement le gréement classique de son prédécesseur, alors que la dérive devient sabre. C’est ce modèle, un millésime 1996 construit en Australie, qu’a acheté Alain il y a deux ans contre 35 000 euros avec la remorque. Le trimaran perd son "F" en 2000 pour devenir "C24" (ce point est lié à un problème de droits entre le chantier et l'architecte), sans changements notoires, et sera produit jusqu’en 2008, totalisant plus de 300 exemplaires. Il est alors remplacé par le Dash 750, qui présente un nouveau dessin de flotteurs – plus volumineux –, un gréement textile et un bout-dehors plus innovant.
Convaincu par le trimaran en une sortie
Notre skipper n’était pas un mordu de multicoques : il a longtemps navigué sur un Edel 6, un First 24 puis un 300 Spirit, un croiseur de 9 m sur lequel il s’embarque pour la Transquadra – en double – en 2002 et 2005. A son retour des Antilles, Alain s’intéresse aux voiliers transportables et remisables dans son jardin. Il essaye le Multi 23. Le voilà convaincu par le trimaran ! "J’ai trouvé le bateau génial, mais pas assez habitable." Alain s’intéresse alors au Corsair et autre Dragonfly. Et craque finalement pour ce F-24, particulièrement séduisant avec ses bras repliables (en cinq minutes, pas plus) et son kit de mâtage. Son seul regret ? Ne pas l'avoir fait plus tôt ! Le bateau s'avère en effet très ludique sur les plans d'eau à marée. Et le trimaran fait le bonheur de toute la famille. "Les femmes adorent, ça ne gîte pas !" rappelle Alain. Les emménagements présentent grâce au redan très marqué un volume intéressant, un bloc cuisine fonctionnel et quatre vraies couchettes. Il manque un "vrai" cabinet de toilette, objecteront certains… Le WC chimique est néanmoins en place, sous le couchage avant. En revanche, pas de limitations pour la hauteur sous barrot grâce au pavillon relevable. Alain retrouve ici un des charmes de son ancien Edel 6, lui aussi équipé d’un tel panneau... Le plan de pont est très convaincant à l'usage : le cockpit est relativement large – pour un trimaran. La finesse de la coque centrale s'oublie vite grâce aux deux trampolines, qui sécurisent les déplacements vers l'étrave. Un bon point pour les manœuvres regroupées sur une batterie de bloqueurs de part et d'autre du rouf et l'écoute de foc en continu. La dérive sabre est actionnée par deux bouts et le gennaker peut rester à poste sur le bout-dehors à condition d’être équipé d’une bande anti-UV. À la barre, c'est le bonheur : non seulement les sensations sont excellentes, dignes des meilleurs monocoques, mais en plus on peut se permettre de lâcher le manche, le Corsair F-24 file tout droit, le temps de régler une voile. Le bateau est donc facilement gérable en solitaire ou en équpage réduit. Et question vitesse, on l'a compris d'entrée de jeu, ça va très vite : "On fait jeu égal au près serré avec un monocoque, mais alors, dès qu'on débride, le bateau lâche les chevaux." Le chantier annonçait des pointes à plus de 20 nœuds dès la première version avec mât fixe. Un potentiel de vitesse intact aujourd’hui !
Taillé pour le grand large ?
Certes, au-dessus de 10 nœuds, ça mouille un peu. Mais le plus gros des embruns n’atteint pas le cockpit. En habitué de la course au large, Alain n’a pu résister à faire perdre pied à son sondeur, cap sur l’horizon. Pour l’instant, il s’agit de petites virées tests dans les passes du bassin d’Arcachon, parfois dans un dur clapot… Convaincu par les qualités marines de son F-24, le skipper a bien l’intention d’aller plus loin, sans négliger la sécurité. Alain est bien conscient que 24 pieds, ça reste petit pour le grand large : "Cet été, je suis assez partant pour le tour d'Espagne, avec retour par la route depuis Port-Leucate. En solo ou en famille, à voir…" Le trimaran est insubmersible d’origine, mais Alain en veut plus en cas de grosse voie d’eau : "J'ai rempli les flotteurs de bouteilles d'eau minérale, sans doute 1500 bouteilles. Ça m'a pris 6 mois, tous mes amis et collègues s'y sont mis." A l’étrave, Corsair a prévu une crash box, et puis un coffre étanche. Chaque flotteur est cloisonné en trois compartiments. "J'ai rajouté un panneau étanche sous le cockpit, doublé par un autre sous la descente pour bénéficier d’un volume supplémentaire de flottabilité." Il faudra se pencher sur la production d'énergie, pour l’instant insuffisante. "Je m’intéresse aux piles à combustible." Avant le grand saut pour les Antilles ? "Après mon tour d’Espagne, pourquoi pas ?"
Les + :
+ Performances exceptionnelles
+ Robustesse générale
+ Programme très vaste
Les - :
- Pas évident de protéger les flotteurs de la salissure et des chocs quand ils sont repliés
- Prix demandé élevé
FICHE TECHNIQUE
Chantier : Corsair Marine
Architecte : Ian Farrier
Longueur de coque : 7,3 m
Longueur à la flottaison : 7,2 m
Largeur : 2,50/5,50 m
Tirant d’eau : 0,3/1,4 m
Poids lège : 768 kg
Surface de grand-voile : 22 m2
Surface de génois : 14 m2
Surface du gennaker : 30 m2
Surface du spi asy : 60 m2
Moteur : hors-bord 6 CV
Production : 300 exemplaires de 1991 à 2008
Prix occasion : 30 000 à 40 000 euros