30 ans après son lancement, ce trimaran, dont les bras de liaison se replient, est toujours aussi séduisant, confortable et rapide… une occasion rare, à saisir sans attendre !
Infos pratiques
- Le chantier : Corsair F 27
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Corsair F 27
- Assuez votre Corsair F 27
- Articles autour du Corsair F 27
Américain, le Corsair F 27 ? Oui, mais l’aventure de ces trimarans repliables démarre de l’autre côté de la planète, en Australie. C’est là qu’en 1975, l’architecte Ian Farrier cogite sur un de ses dadas, les bras de liaison repliables. Le principe est tout bête : profiter d’une largeur maximale en navigation pour favoriser la puissance et donc la vitesse… mais également d’une taille de guêpe pour se faufiler dans une place de port réservée d’ordinaire à un petit monocoque. Autre facilité : grimper en deux temps trois mouvements sur une remorque routière, cap sur un nouveau plan d’eau. L’opération consiste à enlever deux boulons et à desserrer le haubanage latéral ; en cinq minutes, le tour est joué. Parfois, replier un seul flotteur suffit… Cette année-là est lancé le Trailerti 18 : ce multicoque sera diffusé à plusieurs centaines d’exemplaires. Cinq ans plus tard apparaît le Trany et enfin le modèle qui nous intéresse, le Corsair F 27. Et celui-là tient de la révolution, comparé aux multicoques présents alors sur les plans d'eau – rien à voir avec le design déjà suranné des catamarans anglais de l’époque ! Un coup d’œil aux carènes pour commencer : les flotteurs sont particulièrement volumineux pour ne pas s’enfoncer sous la charge et au contraire favoriser les performances, d’autant que la largeur de la structure dépliée frise les 6 mètres. La coque centrale, quant à elle, est très étroite à la flottaison et s’évase ensuite : les redans sont en effet importants. Autre spécificité, le matériau de construction employé : le carbone est déjà présent afin d’alléger le bateau au maximum. Soit des caractéristiques toujours d’actualité : regardez les derniers Multi 50, on n’en est pas loin, toutes proportions gardées, bien sûr ! Ce trimaran, devenu rapidement un véritable best-seller, sera diffusé à 450 exemplaires jusqu’en 1997. Il s’agit donc d’un des multicoques habitables les plus diffusés au monde. Le 27 est alors remplacé par le Corsair 28, très proche de conception. En Europe en revanche, l'importation a été rendue difficile par le cours du dollar, très défavorable au début des années 90. Voilà pourquoi ce bel engin est assez rare sur le vieux continent et si présent aux USA !
Rapide, fun, et pourquoi pas hauturier ?
Le plan de pont adopte un cockpit central, des passavants relativement larges et bien pourvus en antidérapant – débordés par les trampolines. L’ensemble des manœuvres est repris sur deux paires de winches, de part et d’autre de la descente principale. Si le gréement d’origine arbore une grand-voile à rond de chute modéré et un génois à faible recouvrement, il est évidemment possible de booster le plan de voilure et de gagner encore de la pêche par petit temps. L’engin démarre déjà, dans son jus d’origine, au quart de tour : il dépasse sans peine la vitesse du vent en dessous de 2 Beaufort. Alors, avec un gros rond de chute et un gennaker amuré sur un bout-dehors, vous imaginez le tableau… Pour faire clair, pas un voilier ne peut rivaliser en vitesse ! Et quand la brise rentre, le Corsair sort le grand jeu. Il mouille plutôt peu, se cale sur le flotteur sous le vent et ne cesse de faire grimper le speedo. Les 20 nœuds sont à la portée de tous les équipages, sans forcer ni se faire peur ! Grisant, non, pour un croiseur ? Et c’est dans la mer formée que vous apprécierez tout particulièrement les qualités du Corsair F 27. Rigide et particulièrement sûr, il a épaté plus d’un marin dans les conditions difficiles. Pas pour rien que plusieurs skippers se sont embarqués pour une Transpacifique à son bord. Le chantier l’a d’ailleurs bien compris en aménageant dans le cockpit un caisson équipé d’un double jeu de trappes – le volume où l’on peut ranger des équipements de survie est accessible même si par malheur le bateau était retourné. Pour les manœuvres au port et par calme plat si le temps presse, on utilise les services d’un hors-bord de 6 ou 8 chevaux. Soit une mécanique qui coûte environ 4 000 euros – facile à entretenir et tellement moins coûteuse qu’un diesel.
Vive la cabine arrière !
La descente est coiffée par un pavillon relevable, formule qui améliore considérablement le confort à bord. Le carré paraîtra étroit comparé à celui d’un monocoque de même taille… mais il intègre tout de même une cuisine et des rangements suffisants. Et un tri, c'est mieux qu'un mono, non ? Dans l’étrave, une couchette un peu difficile d’accès et les WC chimiques. A l’arrière du cockpit, le chantier a prévu une cabine arrière. Ne vous emballez pas tout de même : en réalité, il n’y a pas vraiment de la place pour deux. Mais ce couchage bien isolé du reste des emménagements reste très agréable. Et dans les flotteurs ? Rien, ils sont absolument vides ! Les emménagements se limitent donc à cette coque centrale qui fait ce qu’elle peut avec ses redans pour offrir un confort décent. Mais le trimaran offre, lui, un compromis vitesse/confort diablement séduisant !
Les points à vérifier
Cette construction US est très robuste : pas de tissus de verre délaminés, pont bien rigide, système de pliage toujours opérationnel – pas de jeu ni de points de blocage. On part donc, a priori, sur une base très saine. A surveiller tout de même : la dérive sabre et son puits, forcément exposés aux arrivées un peu brutales sur la plage ou pire aux cailloux. Le gréement des unités qui ont vraiment baroudé est également à inspecter de près… Une traversée océanique ne ménage pas les câbles, barres de flèches et vit-de-mulet, pour ne citer qu’eux.
Les + :
+ Trimaran rapide et très marin
+ Système de repliage des flotteurs pratique et fiable
+ Cabine arrière autonome
Les - :
- Couchettes trop étroites
- La dérive sabre demande quelques précautions lors des approches à terre
- Repliés, les flotteurs se couvrent rapidement de fouling
FICHE TECHNIQUE
Matériau : sandwich mousse/polyester, renforts Kevlar® et carbone
Chantier : Corsair Marine, USA
Année de construction : de 1984 à 1997
Architecte : Ian Farrier
Longueur de coque : 8,25 m
Longueur à la flottaison : 8,00 m
Largeur : 5,82/2,50 m
Déplacement lège : 1 180 kg
Tirant d’eau : 0,35/1,50 m
Surface de voile : 46,55 m2
Motorisation : hors-bord 8 ch
Prix occasion : 40 000 euros