Diffusé à 300 exemplaires pendant plus de 20 ans, le F-31 est assurément un des trimarans de 9 mètres les plus remarquables du marché. Longtemps surcoté, ce bolide repliable et transportable est désormais bien plus accessible.
Infos pratiques
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Voilà un trimaran qui n’a pas vieilli : son design reste toujours dans le coup, avec un rouf élégant et des carènes fines et racées. Ce modèle est une adaptation du F-9, destiné à la construction amateur. La réalisation de petits trimarans « at home » a toujours été très populaire en Australie – c’est toujours le cas aujourd’hui. Comme de nombreux modèles qui ont connu une longue carrière, le F-31 se décline sous de nombreuses versions. Les plus connues sont la C comme Cruising et la R comme Racing. Entre les deux, une différence de surface de voilure à même de donner des chevaux en plus par petit temps à la seconde. Quand Ian Farrier et Corsair ont pris des chemins différents, ce modèle a poursuivi sa carrière sous le vocable Corsair 31. Le modèle C devient CR, et la version R adopte le vocable RS. Un gréement carbone est proposé puis, plus tard, une série monotype (1D ou One Design). Corsair a également mis au point un cockpit central assorti d’une cabine arrière : il s’agit du modèle CC.

Bien mené, le F-31 est un toujours un adversaire redoutable en régate.
Pour les amateurs de glisse
Dès les voiles hissées et bordées, quelques secondes vous suffiront pour saisir le caractère du F-31 : il s’agit bien d’une excellente unité, avant tout taillée pour la performance. Du côté des appendices, on peut compter sur une profonde dérive sabre pour le cap au près, et un safran relevable à fort allongement pour un contrôle optimum des trajectoires. Les habitués du F-27 ne seront pas dépaysés, à ceci près que le 31 offre logiquement un potentiel encore supérieur avec des moyennes souvent comprises entre 12 et 16 nœuds. Les unités menées les plus sportivement ont parfois dépassé les 25 nœuds. L’agrément du 31 tient dans cette facilité à aller vite. Certes, un mât rallongé et une grand-voile à corne vous permettront de naviguer à plus vive allure encore… mais une configuration basique dispose déjà d’extraordinaires possibilités.
La taille limitée de ce trimaran recommande plutôt un usage côtier, mais de nombreux équipages se sont aventurés dans des traversées océaniques. Une seule limite : la capacité de charge, très limitée ici.

La version CC se reconnaît grâce aux hublots de la cabine arrière.
Merci aux trampolines
Etroite à la flottaison, la coque centrale du F-31 le reste également au pont, ce qui n’augure rien de bon quant au confort… le cockpit est donc tout en longueur. Le barreur dispose d’un grand stick pour s’installer sur le flotteur. Mais il est entravé par une imposante barre d’écoute. Pas si simple donc de manœuvrer en solitaire sans un bon pilote automatique à poste. La version CC, quant à elle, repousse la barre d’écoute au-dessus de la barre franche. A l’arrière, un évidement assure un accès « minimum » à l’eau ou l’annexe. Le rouf à teugue ne libère aucun passavant ; on enjambe les superstructures ou on emprunte les trampolines latéraux. Une fois que l’équipage s’est approprié les fameux filets, le F-31 devient beaucoup plus agréable à vivre – pour autant que les conditions et/ou le temps restent cléments. Le fameux système de repliage mis au point par Ian Farrier permet de passer de 6,84 m à 2,50 m ; le F-31 est donc transportable. A noter : lors des carénages, il est recommandé de gruter et de stocker le trimaran « déplié » pour conserver un bon accès aux œuvres vives.

6,84 m de largeur à 2,50 m en quelques minutes : pratique, non ?
Volume limité
Si les millésimes ont apporté quelques variantes au plan d’aménagement – WC à l’avant, contre le puits de dérive ou près de la descente, une constante demeure : à bord du 31, le volume est compté, tout comme la largeur des couchettes ! La version CC apporte tout de même un brin d’aisance supplémentaire – et surtout un peu plus d’intimité. Pour le reste, le carré s’accommode d’une table mobile pour libérer le passage, et le trou d’homme pour accéder à la pointe avant réclame une certaine souplesse ; la finition est ici rustique, contrastant avec la qualité du gelcoat à l’extérieur.

Des emménagements dépouillés, mais tout de même compatibles avec la croisière.
Conclusion
Rapide, élégant, mais rustique. Voilà comment résumer en quelques mots la personnalité de ce F-31. Un trimaran attachant, parfaitement à l’aise en régate comme en croisière côtière. Le tout à un tarif abordable : comment résister ?
FICHE TECHNIQUE
Constructeur : Corsair Marine
Architecte : Ian Farrier
Longueur de coque : 9,40 m
Longueur à la flottaison : 8,23 m
Largeur : 6,84/2,50 m
Tirant d’eau : 0,4/1,68 m
Déplacement : 1 700 kg
Surface de voile au près : 59,70 m2
Génois : 20 m2
Grand-voile : 39,7 m2
Gennaker : 92 m2
Motorisation : HB 10 à 20 CV ou Diesel
Construction : sandwich PVC/verre/vinylester et renforts carbone
Nombre d’exemplaires construits : environ 310 de 1992 à 2013
Prix : à partir de 70 000 $ HT

Les +
+ Performances exceptionnelles
+ Largeur limitée à 2,50 m replié
+ Version avec cabine arrière
Les -
-Confort limité
- Cockpit étroit et coupé par la barre d’écoute
- Faible capacité de charge
LES POINTS À VÉRIFIER
La construction des Corsair est reconnue comme une des meilleures du marché. Les afficionados de la marque sont également attachés au remarquable travail de l’architecte Ian Farrier – aujourd’hui disparu. Du coup, ils sont nombreux à recommander les millésimes où Ian était aux commandes de son chantier – c’est-à-dire avant 2000. Dans la pratique, tous les propriétaires sont en général très satisfaits de la fiabilité du F-31 comme du Corsair 31. L’astucieux système de pliage s’avère robuste ; tout au plus quelques bagues et axes à changer. Finalement, ce sont les habituels « consommables » qu’on surveillera : voiles, moteur, gréement… et pas grand-chose de plus !