Vous avez aimé le Corsair 24 ? Alors vous allez adorer le Dash 750 ! Plus puissant et plus toilé, il se révèle sur l’eau encore plus excitant que son aîné. Un pur-sang qui sait se faire discret au port et sur la route. Bouclez vos harnais, on vous emmène !
Infos pratiques
- Le chantier : Corsair Dash 750
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Franchement, on peut se demander si les dirigeants de Corsair Marine avaient bien besoin de remplacer leur 24. Il avait tout pour plaire, ce plus petit modèle du chantier diffusé à 250 exemplaires ! Mais reconnaissons qu’une petite cure de jouvence, après 15 ans de bons et loyaux services, ne peut faire de mal… Alors quoi de neuf ? Le bureau d’études a essentiellement travaillé le « moteur ». La coque centrale à redans a été conservée mais boostée par un mât rehaussé d’un mètre. Et pour encaisser les m2 supplémentaires – 5 au près, plus de 15 avec le spi asy –, les architectes ont dessiné de nouveaux flotteurs. Au final, 20 % de volume en plus, des fonds plus plats à l’arrière pour favoriser le départ au planning. Le mode d’assemblage évolue également : coque et pont sont emboîtés et non plus seulement collés. Légèrement relooké à l’intérieur et affublé d’un patronyme punchy – Dash signifie élan, mordant ou se lancer, se jeter –, le nouveau trimaran est également décliné en version day boat sous le vocable Sprint 750. L’engin conserve un embryon de rouf, juste de quoi caser une couchette double, et affiche un cockpit XXL. Un excellent support pour le raid ! Mais revenons à notre Dash, que nous retrouvons dans sa configuration de navigation, c’est-à-dire déplié. Le système utilisé depuis 25 ans par le chantier est diablement efficace. Ce n'est pas pour rien que Corsair Marine, avec 1 600 bateaux vendus depuis 1985, est le leader mondial du trimaran repliable ! Concrètement, les bras se désolidarisent de la coque centrale. Tandis que les flotteurs s’inclinent et se plaquent contre la coque centrale, les bras se dressent à la verticale. Le chantier est resté fidèle à la construction en sandwich mousse PVC/verre pour conserver un devis de poids light comme on les aime chez Multicoques Mag. Pour déhaler ce poids plume de moins d’une tonne, le 6 CV préconisé par le constructeur s’avère largement suffisant. Les commandes sont facilement accessibles pour le barreur, pour peu que ce dernier recule un peu de sa position habituelle, juste devant la barre d’écoute. La seule difficulté, lors des toutes premières manœuvres, est d’intégrer les 5,6 m de largeur. En solitaire ou en équipage réduit, y aller tout doux : on ne pare pas le flotteur avant tribord en deux secondes quand on s’affaire de l’autre côté de la plate-forme. Le système de bôme à rouleau évite de quitter (ou de rejoindre) le ponton avec un gros paquet de toile devant le nez. La grand-voile toute lattée monte proprement le long du mât en aluminium.
Des pointes à 20 nœuds ? C’est possible, surtout si le spi asy ou le gennaker sort de son sac.
Un tri qui a vraiment la pêche…
Le bateau accélère déjà, avant même que l’on borde l’écoute ! Précisons que, lors de notre essai, le vent était de la partie, avec des rafales à 30 nœuds… Il est temps de relever le moteur et d’établir le solent. La voile d’avant est endraillée sur mousquetons. Les équipages familiaux pourront bien sûr opter pour un enrouleur, mais franchement, selon nous, ce n’est pas nécessaire. Pour deux raisons : d’abord parce que la plage avant, défendue par un puissant balcon, est facile d’accès depuis le cockpit. On peut enjamber le rouf large et plat ou faire le tour par les trampolines. Ensuite parce que cette voile de 15 m2 n’a pratiquement jamais besoin d’être réduite. Si les conditions musclées du jour ne nous ont pas rebutés à sortir, la décontraction flegmatique de Christian Malardeau nous convainc de garder tout dessus… A chaque claque, le bateau bondit immédiatement, parfaitement appuyé par le flotteur sous le vent. La vitesse est flatteuse, plus de 8 nœuds au près dès 10 nœuds de vent. Le cap ? 45° du vent réel. Merci la dérive sabre. Et dès que les écoutes sont choquées, les 10 nœuds sont très largement dépassés. Pointe du jour : 15 nœuds ! Dans les plus grosses bouffes, le flotteur sous le vent s’enfonce un peu, puis le Dash soulage en se cabrant franchement. Malgré les efforts importants encaissés par la structure, les bras articulés ne bronchent pas. Bref, pas de velléités de chavirage ou de galipettes, le 750 reste bien campé sur ses trois pattes. A la barre, c’est l’éclate. Confortablement assis dans le cockpit, l’écoute à portée de main, on double tous les voiliers du plan d’eau. Même pas mouillés : les paquets de mer se contentent de faire fumer le flotteur sous le vent. Un plaisir que vous pourrez partager en famille tant le bateau est facile à mener. Les manœuvres, distribuées sur un accastillage Harken de qualité, sont évidentes et faciles. Pas d’ambiance usine à gaz malgré le mât pivotant. Les drisses restent sur le profil, c’est tout.
Concilier avec brio performances pures et paisibles sorties en famille, voire mouillage de rêve, c’est le défi relevé avec succès par le Dash 750.
Les étraves sur la plage
Taper des runs à fond, c’est sympa, mais à l’heure du pique-nique, se poser dans un mouillage tranquille, c’est pas mal non plus. Le Dash 750 sait s’adapter : la dérive sabre et le safran relevable autorisent les arrivées sur le sable de cette petite crique qui vous plaît tant. Mais attention, pas trop vite : les appendices en puits – donc non pivotants – n’apprécient pas du tout les touchettes, même sur des fonds peu agressifs. Ne parlons pas de granit bien dur. A vous de gérer l’approche, éventuellement au moteur pour maîtriser le cap (difficile de lutter contre le fardage une fois les appendices relevés) et la vitesse. Le chantier a bien prévu une baille à mouillage. Le volume est suffisant pour y stocker l’ancre et son câblot. Mais pas de davier à l’étrave. Ce qui incite à utiliser un mouillage léger ancre alu/bout plombé. La tenue n’égalera pas celle d’un mouillage classique, surtout sur fond très dur ou sur vase, certes, mais c’est le seul moyen de préserver le gel coat. Et aussi de gagner un peu de poids mal placé. A l’escale, on profite du long cockpit et bien sûr des vastes trampolines. Difficile de résister à l’appel de la sieste. L’accès à la mer ou à l’annexe depuis le tableau arrière est plutôt satisfaisant. Ledit tableau n’est pas bien large, et pourtant, le moteur hors-bord, le safran et le passage proprement dit font bon ménage. Les rangements extérieurs comptent des équipets dans le cockpit et des coffres aménagés dans les flotteurs.
A bord, on est en partie protégé par le rouf plus large. Et il y a la possibilité de sortir les fesses au rappel… sur le trampoline.
Aménagements : la largeur est comptée.
Autant l’écrire tout de suite, le rouf a beau être large et les redans marqués, le volume intérieur de la coque centrale ne vaut pas celui de la nacelle centrale d’un catamaran. Cela dit, rares sont les catas si petits à arborer un abri central. Avantage du cockpit profond : il y a seulement une marche à descendre. La zone est stratégique. Conviviale, elle incite l’équipage à multiplier les allers-retours. Grâce à la largeur du panneau et surtout au fameux pavillon relevable, même les grands gabarits ne rechigneront pas à chercher à l’intérieur une polaire, une bouteille d’eau ou de la crème solaire. Car le capot, monté sur rails, peut se rehausser de 40 cm au-dessus du rouf. La finition est flatteuse, claire et nette, sans ajustements approximatifs. Notre seule réserve ? L’emploi de moquette – grise ou beige – pour les bordés… On a vu ça il y a 30 ans. Et depuis pu constater que ce matériau retient volontiers l’humidité, moisit et se décolle. Le constructeur assure tout de même employer de la moquette imputrescible. Le carré est constitué par deux longues banquettes. Une table de 80 par 42 cm s’encastre sur le puits de dérive. Sous le cockpit, à bâbord, un bloc cuisine suffisant pour se chauffer un café ou l’eau des pâtes. En plus du réchaud, un petit évier et une vache à eau de 20 l. Les rangements se concentrent sous les banquettes et les équipets, le long du bordé. Et les WC ? Pas de cabinet de toilette mais un simple WC chimique caché dans un coffre. L’étrave abrite une couchette double de bonne longueur, mais un peu étriquée à la tête : seulement 1,20 m de large. Le standard est plutôt de 1,40 m. Attention : ce couchage est pratiquement inutilisable si le bout-dehors est rentré. Et il peut être délicat de sortir deux mètres de carbone au-dessus d’un ponton ! A anticiper, en s’amarrant au besoin cul à quai. Fin de notre balade décoiffante. Les aussières sont frappées sur les taquets, à l’étrave de la coque centrale et sur des cadènes inox réparties à l’arrière et sur les flotteurs. Le lendemain, le bateau est replié, démâté et repart sur la route, prêt pour un autre essai. Magique !
Belle trouvaille que ce capot articulé ! Grâce à ses deux rails, la hauteur sous barrot peut passer de 1,52 à 1,92 m. Les grands gabarits apprécieront.
En conclusion
Plus complet qu’un Tricat 25, mais moins pointu que le Bandit 800, le Dash 750 est assurément un voilier qui ne laisse pas indifférent : peu d’unités, et surtout pas un monocoque, peuvent se targuer de naviguer sans stress à 20 nœuds, d’embarquer un équipage familial pour quelques jours de croisière et changer de plan d’eau à la demande. Juste un bémol : son prix. En dollar, départ chantier, l’engin est encore accessible. Mais le transport et les frais de douane pèsent lourd. Quand on aime…
Quelques boulons à desserrer, et hop, la largeur passe de 5,6 à 2,5 m. Bien pratique pour emprunter une place de monocoque au port et se promener sur la route.
LES PLUS
Unité robuste et performante Système de repliage simple et efficace
LES MOINS
Prix élevé Vaigrages en moquette
Fiche technique
Dash 750 Longueur de coque 7,40 m Longueur à la flottaison 7,35 m Largeur 2,5/5,6 m Tirant d’eau 0,3/1,65 m Poids 850 kg Voilure au près 39,8 m2 Grand-voile 24,4 m2 Génois 15,4 m2 Spi 58,3 m2 Moteur HB 6 CV Catégorie CE C Architecte Corsair Marine Constructeur Corsair Marine Année de lancement 2009 Prix 54 996 euros HT
