Evolution réussie du Corsair 24, le Dash 750 est un petit trimaran incroyablement séduisant et toujours dans le coup. Sur l’eau, il affole le speedo avec ses pointes à 20 nœuds, le tout sans gîte, évidemment, et sans stress… Une sacrée occasion !
Infos pratiques
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Depuis le lancement du Corsair 24 en 1992, le chantier Corsair a construit pas moins de 700 trimarans de cette taille. Rapide focus historique : le Corsair 24 MKII a été lancé en 1998, suivi par le Sprint – version plus dépouillée et moins habitable – en 2006. Le Dash 750 qui nous intéresse, plus moderne, a navigué dès 2009. Il est suivi par le Sprint MKI en 2011, avant un nouveau plan de pont du Dash (MKII en 2013). Ce modèle est remplacé en 2017 par le Dash 760 – on le reconnaît facilement avec ses étraves de flotteurs inversées. Une version plus performante, le 760R, a été lancée en 2018. Point commun de tous ces modèles : un système de repliage des flotteurs qui permet de se glisser dans une place de port standard et de transporter le bateau sur route sans la contrainte d’un long et fastidieux démontage.

Un trimaran bien construit et fonctionnel
Coque et pont sont réalisés en fibre de verre avec âme en PVC : certainement le meilleur compromis robustesse/légèreté/facilité de réparation. Le système de repliage, présent depuis les tout premiers modèles du chantier, est parfaitement opérationnel et optimisé. Du côté des appendices, le bureau d’études a opté pour une dérive sabre dans la coque centrale. Là encore, c’est la formule la plus simple pour obtenir des performances de bon niveau au louvoyage – allongement optimum et absence de traînée dans le puits. Côté gréement, le chantier a adopté un mât tournant en alu pour améliorer le rendement de la grand-voile. L’équipage n’a rien à faire, le mât s’oriente tout seul. Du coup, les drisses restent sur le profil, à l’ancienne. Le haubanage est réalisé en textile pour gagner du poids. L’étai d’origine a été livré en câble, puis en textile également. Les manœuvres combinent un subtil mélange de modernité et de tradition : le mât auto-orientable côtoie une bôme à rouleau bien pratique au moment de dégréer – on doit tout de même prendre les ris de manière classique après avoir roulé la bôme. L’accastillage tout Harken reste au top.
Plan de pont bien pensé, mais parfois exposé
La largeur du cockpit est modeste. Mais les hiloires étroites préservent des bancs aux assises plutôt larges. Ce cockpit est équipé de quatre grands équipets toujours accessibles. Un coffre est aménagé dans chaque flotteur. Sous voile, le barreur s’empare du stick et s’installe juste devant la grande barre d’écoute. Attention à la bôme, relativement basse. Le rouf est large, le cockpit assez profond : on n’a pas la sensation, même par forte brise, d’être très exposé ; les paquets de mer se déchaînent le plus souvent sur le flotteur sous le vent. Jusqu’à ce qu’une vague mal négociée offre à l’équipage un copieux bain de mer… Pour gagner la plage avant, ceinturée par un imposant balcon, deux parcours au choix : escalader le rouf ou emprunter les trampolines. A l’étrave, on trouve une baille à mouillage, mais pas de davier. On utilisera de préférence une ancre légère en aluminium et du câblot plombé pour préserver le liston en polyester. Pour l’amarrage, deux taquets à l’avant bien placés, deux cadènes à l’arrière et encore deux prises possibles sur chaque flotteur. La baignade et l’accès à la page sont assurés par une petite échelle de bain fixée sur le petit tableau arrière.

Grisant à la barre
Avec son foc sans recouvrement aux points de tire bien rentrés et sa profonde dérive sabre, le 750 met tous les atouts de son côté pour assurer un excellent cap au près. La barre est douce, précise et efficace : pas de manque à virer à craindre, le bateau pivote parfaitement autour de sa dérive profonde. Nos relevés lors de notre essai : 90° d’un bord sur l’autre et 8 nœuds au GPS dès 2/3 Beaufort. A partir de 20 nœuds, si l’eau est plate, on gagne encore un ou deux nœuds. Au débridé, attention à l’effet turbo ! Bien calé sur son flotteur sous le vent, le Dash accélère pour largement dépasser les 10 nœuds – pointes à 20 au programme. Les plus grosses rafales se traduisent par un léger coup de gîte avant un franc cabrage. Un comportement très sain. Volontairement surtoilés lors de notre test, nous n’avons jamais craint de nous retrouver sur le toit. La grand-voile à corne déverse de façon très efficace le surcroît de puissance. Contre le clapot à pleine vitesse : le Dash tangue à peine et pulvérise les paquets de mer. Vu son poids plume, un hors-bord de 5 à 6 CV (ou électrique) est largement suffisant. Les commandes du moteur sont faciles d’accès pour le barreur. En jouant avec la barre de direction du moteur et le safran, on place le bateau où on veut. Le tout est d’intégrer le gabarit : 5,60 m de large, ce n’est pas rien !
Vive les redans et le toit ouvrant !
L’accès à l’intérieur est aisé grâce à la descente très large et à la seule marche. L’impression de volume est plutôt bonne grâce aux redans de la coque centrale, marqués au niveau des banquettes. La finition est propre et nette avec une sellerie déclinée en rouge, bleu ou vert et des vaigrages en moquette grise ou beige. Le carré est tout en longueur, mais finalement très fonctionnel avec sa table de 80 cm par 42 encastrable sur le puits de dérive. Ce plateau fait également office de table à cartes. Le chantier a conçu un astucieux pavillon relevable – le capot coulissant se soulève grâce à deux articulations sur rail. La hauteur sous barrot passe alors de 1,52 m à 1,92 m. C’est le plus de ce modèle… La version MKII adopte un rouf en pente continue vers l’étrave, dégageant plus de volume à l’avant. Côté rangements, deux coffres sous les banquettes et des équipets le long des bordés. A l’heure de dormir, on profite des deux banquettes du carré et d’une couchette double nichée dans l’étrave. La largeur est réduite à 1,20 m à la tête, mais on relève tout de même 2,30 m de longueur. Pour utiliser ce couchage, il convient de sortir le bout-dehors. Quant à la cuisine, elle coulisse sous le cockpit, à bâbord. Le bloc comprend un réchaud, un évier et une vache à eau de 20 l.
Conclusion
Ce petit bolide n’a rien d’inaccessible en termes d’utilisation : le Dash 750 est en effet capable d’accueillir une famille quelques jours à bord en croisière… mais également de régater. Même si les plus accros aux performances seront sans doute tentés par la déclinaison Sprint, qui sacrifie les emménagements pour obtenir un déplacement plus léger encore.
LES POINTS A VERIFIER
En utilisation normale, le Dash 750 est un trimaran très fiable – et il est encore très récent. Les problèmes éventuels peuvent survenir suite à des chocs ou des erreurs de manutention, particulièrement quand le bateau est en position repliée. Jay Nolan, directeur commercial et marketing Europe de Corsair Marine, recommande de contrôler tout d’abord l’absence de jeu du système de pliage et son bon fonctionnement. Dans le détail, inspectez le mécanisme – bagues, jambes de forces, articulations. Autres points à vérifier : les haubans s’ils sont en textile, l’état de la dérive et de son puits, et enfin l’état de la moquette intérieure – elle peut être sujette aux moisissures en milieu très humide. Tous les autres matériaux employés sont de bonne facture. Et la structure costaude. La garantie de profiter longtemps de ce bel engin à trois pattes.
Les plus
Performances et agrément de barre au rendez-vous
Système de pliage éprouvé
Design très réussi
Les moins
Flotteurs et poutres exposés en mode replié
Son prix reste élevé, surtout en Europe
Dérive exposée en cas de talonnage
FICHE TECHNIQUE
Chantier : Corsair Marine
Architecte : BE Corsair Marine
Matériau : sandwich verre/PVC
Longueur de coque : 7,40 m
Longueur à la flottaison : 7,35 m
Largeur : 2,5/5,6 m
Tirant d’eau : 0,3/1,65 m
Déplacement : 850 kg
Voilure au près : 39,8 m2
Grand-voile : 24,4 m2
Génois: 15,4 m2
Spi : 58,3 m2
Moteur : HB 6 cv
Catégorie CE : C
Production : environ 200 exemplaires de 2009 à 1017
Prix occasion :à partir de 24 000 € HT